Rappel important pour comprendre
La Terre Sainte est depuis le VII ème siècle aux mains des Musulmans. Pendant deux siècles les pèlerinages Chrétiens en terre sainte seront très dangereux, c’est pour remédier à cette situation que Charlemagne négocie et obtient le droit pour les Chrétiens d'aller en pèlerinage à Jérusalem. Cette situation perdure jusqu'en 996, à cette date, les Musulmans révisent leur position et tolèrent les pèlerins, contre l'acquittement d'un tribut. La situation s'aggrave pour les Chrétiens lorsque les Fatimides (dynastie musulmane qui règne en Afrique du Nord, en Egypte puis au Proche-Orient) prennent la ville sainte en 996. Puis, avec l'arrivée des Turcs le Saint Sépulcre est détruit par ces mêmes Turcs Musulmans en 1078. Cette situation nouvelle bouleverse un équilibre précaire : la destruction du symbole Chrétien et les horreurs répétées seront à l'origine de la guerre pour délivrer Jérusalem. Face à la gravité de la situation en Terre Sainte, devenue inaccessible aux pèlerins, et face au danger que les nouveaux maitres du proche Orient font courir à l'empire Chrétien de Byzance, les Papes Grégoire VII, et Victor III sillonneront pendant 20 longues années tous les royaumes d'Occident pour sensibiliser les Rois au péril que représente cette nouvelle situation. Pendant 20 ans ces Papes appelleront de leurs vœux une réaction des royaumes Chrétiens d'Occident pour délivrer les lieux saints et soulager l'empire Byzantin !! Vingt années pendant lesquelles les grands des royaumes Chrétiens se hâteront lentement, très lentement ! Un troisième Pape prendra la relève, et, tirant la leçon des échecs des deux précédents Papes il s'y prendra différemment pour prêcher la guerre sainte, il cachera son projet derrière celui d'une réforme nécessaire du clergé. Il semble bien que cette nouvelle approche fût meilleure que les précédentes. Dans la deuxième moitié de l’année 1095 Urbain II entreprendra un périple en France méridionale pour propager la réforme grégorienne. Celle-ci tire son nom de son principal inspirateur, le pape Grégoire, mais elle fut amorcée avant lui et elle s’est prolongée après lui. Son objectif est ambitieux puisqu’il s’agit non seulement de réformer le clergé, de mettre fin aux « abus du clergé », selon une formule consacrée par l’historiographie, mais encore de réformer l’ensemble de la société chrétienne, pour rendre la conduite des hommes plus conforme à la morale chrétienne. Elle concerne donc les clercs et les laïcs, tous conduits dans cette voie vers le salut, par la papauté. Urbain II passa au Puy, où il rencontra l’évêque Adhémar de Monteil, puis il alla à Clermont pour présider un important concile régional. Ouvert le 18 novembre et clos le 26, ce concile traita donc de la réforme de l’Église, des abus du clergé (en particulier des pratiques simoniaques reprochées à nombre d’évêques), ainsi que des liens que l’Église devait entretenir avec une société laïque dont elle se séparait de plus en plus dans sa pratique. Le concile de Clermont était aussi un concile de paix : le pape entendait y promouvoir le mouvement de la paix et de la trêve de Dieu qui visait à réduire et à canaliser les violences de la turbulente et dynamique caste des chevaliers.
Le 27 novembre 1095,lors de son discours de Clôture du concile de Clermont, le Pape Urbain II lance un appel vibrant à libérer les lieux Saints à Jérusalem. Il demande aux seigneurs et chevaliers l’arrêt immédiat de leurs guerres stériles et permanentes sur le sol Franc, il leur propose de dépenser leurs énergies à reconquérir les lieux saints, avec à la clé la récupération de nouveaux fiefs, de Constantinople à Jérusalem. Cet appel n’est pas une nouveauté, mais cette fois la supplique est très argumentée et très habilement présentée. Si bien présentée qu’elle reçoit immédiatement un écho enthousiaste dans les classes populaires, et, même les seigneurs semblent cette fois intéressés par ces arguments. Sans attendre, devant un tel succès, le lendemain le Pape convoque les seigneurs encore présents dans la ville, pour les implorer de partir délivrer les lieux Saints.
Godefroy de Bouillon qui avait fait le serment de reconquérir les lieux Saints s’il guérissait d’un mal contracté en 1089 et que tous croyaient mortel, était présent à Clermont et avait recouvré la santé. Sans hésiter il accepte la proposition du Pape, tous les autres seigneurs, pris de court sont obligés de le suivre dans cette démarche, mais posent une condition : Godefroy devra être le chef des armées Chrétiennes. Mandaté par le Pape pour diriger les armées, Godefroy propose alors le mois d’aout 1096 et Boulogne sur mer, comme date et ville de départ pour cette pérégrination.
Le Pape venait de réussir un coup de maitre, car pensez donc, Il avait fallu plus de vingt années, 2 conciles ( Rome en 1079 et Avignon en 1080 ) et 3 Papes pour obtenir enfin l’engagement officiel des seigneurs Francs à libérer les lieux Saints !
En France et bien au-delà, la nouvelle se répand comme une trainée de poudre, l'enthousiasme pour cette entreprise est démesuré, et, dans les semaines qui suivent le discours du Pape, des dizaines de milliers de Serfs et de Vilains y compris femmes, vieillards, enfants, se déclarent prêts à partir libérer le Saint-Sépulcre. Saint-Omer comme les autres villes de Flandre est traversée par cet immense élan d’espérance, dont les ressorts principaux sont la libération des lieux Saints, et, la promesse d’une vie meilleure. En effet, le Pape promettait que tous les pèlerins qui partiraient pour Jérusalem seraient libérés de leurs liens vis à vis de leurs seigneurs, ce qui vous en conviendrez rajoutait à leur joie de servir le Christ.
C'était une aubaine pour des milliers de petits vassaux, mais encore plus, pour des dizaines de milliers de vilains et de serfs, pour qui la croisade était l'occasion inespérée de sortir de leur condition en devenant plus riches. De plus, l'indulgence plénière, c'est-à-dire le pardon pour tous les péchés qu'ils commettraient en cours de route, leur était accordée, ces derniers ne pourraient être jugés, s'ils commettaient quelque crime, que par des tribunaux ecclésiastiques disposés à fermer les yeux sur les exactions commises pour la cause sacrée. Partout, du plus petit hameau aux plus gros bourgs, les conversations gravitaient autour de la grande pérégrination.
Les seuls à n’être pas trop enthousiastes n’étaient pas nombreux, il s’agissait des seigneurs locaux car ces derniers commençaient à se poser la question de savoir qui resterait sur place en Occident pour effectuer le travail quotidien. Pour eux ce Pape était fou, car il déstabilisait un système établi depuis plusieurs siècles : la féodalité. Ce qui se passait ne relevait plus du rationnel, toutes les conventions étaient abolies, c’était une véritable révolution !
Histoire très agitée de Jérusalem
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De l'an 71 à l'an 335 après J.C, Jérusalem est une ville ouverte
Elle est peuplée en majorité de Juifs et de Chrétiens qui acceptent la domination de Rome. La population paiera un lourd tribut à Rome qui en contre partie les laissera commercer et pratiquer leurs religions, en les défendant des envahisseurs. En l'an 71 les Juifs n'ont plus le droit de résider à Jérusalem, mais malgré cet interdit une communauté juive se réinstalle dans la ville. Vers 130, l'empereur Hadrien décide de faire rebâtir la ville, sans doute pour lui rendre sa splendeur passée et pour promouvoir les élites juives hellénisées qui habitent encore la ville. Des Temples sont édifiés sur les sites qui seront identifiés comme ceux du Saint-Sépulcre et de la Nativité à Bethléem. Deux proches du patriarche Juda Hanassi, qui entretient de bonnes relations avec les Sévères, figurent parmi les dirigeants de la communauté juive de Jérusalem.
Le nom « Palestine », originellement celui de la zone côtière, l’ancien pays des Philistins, ne fut donné à une partie de la Judée sous l’empereur Hadrien qu’en 135, lorsque l’empire romain voulut punir les juifs de leurs révoltes. Le délitement de l'empire Romain, coincidera avec la montée en puissance du Christianisme. Au IV ème siècle la mère de Constantin, Hélène, visite Jérusalem de 325 à 327, et y identifie les lieux saints. En 324, Constantin
restitue son nom à la ville Jérusalem. Le 13 septembre 335, selon la liturgie de Jérusalem, est célébrée la dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre.
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De l'an 335 à l'an 614 après J.C, Jérusalem est une ville Chrétienne
En 451, le patriarcat de Jérusalem est créé. La ville (Hagiapolis Ierusalem, Cité Sainte) ou Hierusalem, est représentée sur plusieurs mosaïques chrétiennes du V ème au VIII ème siècle, en particulier sur la Carte de Madaba (560-565). Lorsque Jérusalem devient une ville Chrétienne, le site même du Temple est un immense champs de ruines. C'est sur ce site dévasté que les Chrétiens contruisent avec l'accord de Justinien, entre 531 et 543, au bord de l'esplanade à l'emplacement exact de l'ancien palais du Roi Salomon, une église appelée "Sainte-Marie-la-Neuve", commémorant la Présentation de Jésus au Temple, selon les chroniqueurs (Antoine de Plaisance, Cyrille de Scythopolis, Grégoire de Tours) cette église est détruite par les Perses lors du siège de Jérusalem en 614.
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De l'an 638 à l'an 1099 après J.C, Jérusalem est une ville Musulmane
Les Perses de religion 'mazdéiste' occupent Jérusalem de 614 à 638, mais ils se montreront incapable d'endiguer le raz de marée Musulman en 638. Devenus maîtres de Jérusalem en 638, les musulmans bâtissent à l'emplacement du Temple de Salomon la Coupole du Rocher ( Qubbat As Sakhra ) entre 688 et 692. D’après la tradition Musulmane, durant son voyage nocturne, Mahomet se serait élevé vers les cieux depuis le rocher que recouvre ce monument. En 692 les Musulmans détruisent l'église "Sainte Marie la Neuve". En 693 les Musulmans entreprennent la construction de la mosquée al-aqsa à l'emplacement de cette église, mosquée inaugurée en 705. En 1073 Les Turcs Seldjoukides contrôlent la ville, après leur victoire sur les Fatimides. Les Seldjoukides refuseront pendant les deux décennies suivantes, contrairement à leurs prédécesseurs, le passage des pèlerins chrétiens à Jérusalem, c'est ce qui déclenchera la première croisade, décidée par le pape Urbain II en 1095. Alors que les croisés progressent vers Jérusalem, les Fatimides parviendront à reprendre la ville en 1098 .
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De l'an 1099 à l'an 1187 après J.C, Jérusalem est une ville Chrétienne
Après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, le dôme du rocher est transformé en église Chrétienne. Il est alors surmonté d'une croix, orné à l'intérieur d'images pieuses mais on y laisse les inscriptions arabes (et alors indéchiffrables) qui niaient la divinité de Jésus. C'est aussi à cette époque qu'est reconnu le chemin qu'aurait suivi Jésus pour monter au Calvaire, c'est-à-dire la Via Dolorosa. Le palais et les bâtiments royaux sont établis autour de la Tour de David et de l’actuel quartier arménien. Devenu le Templum Domini ou temple du Seigneur, il est confié aux chanoines (des prêtres vivant en communauté) du Saint Sépulcre. La ville devient la capitale du Royaume latin de Jérusalem aussi appelé royaume franc de Jérusalem et Godefroy de Bouillon prend le titre d’avoué du Saint-Sépulcre. Les Musulmans et les Juifs sont interdits d'établissement à Jérusalem tant que dure la domination des Croisés sur la ville. Les Francs agrandissent et transforment considérablement le Saint-Sépulcre. Les fondations de La mosquée Al-aqsa et du dôme du rocher, redevenus des lieux de culte Chrétien, sont méthodiquement fouillés de l'an 1106 à l'an 1116 par Geoffroy de Saint-Omer et ses hommes qui créeront également la milice des pauvres chevaliers du christ.
Ces chevaliers habitent alors dans les écuries du roi Salomon à coté de la mosquée Al-aqsa, tandis que le roi Baudouin habite dans la mosquée Al-aqsa ( à l'emplacement du palais du roi Salomon rasé par les Romains, puis rebati en église "Sainte Marie la Neuve" par les chrétiens, puis rasée par les Musulmans qui construisirent en lieu et place la mosquée Al-aqsa ). Lors de ces fouilles, ces derniers découvrent des écrits concernant la vie de Jésus, de nature à les déstabiliser, mais Bernard de Clairvaux reprend les choses en main et missionne Etienne Harding pour traduire ces parchemins et en agréger certaines parties au nouveau testament 'revu et corrigé'. Il ne fait guère de doute non plus que des objets de la plus haute importance y furent découverts, objets cachés par les prêtres qui exerçaient dans le Temple. l'origine du nom « Templiers » ne fait donc pas référence au lieu qu'ils occupent dès 1106, mais à l'emplacement où se dressaient les deux Temples des hébreux, puis le Templum Domini ( dome du rocher transformé en lieu de culte Chrétien ) considéré comme leur siège symbolique. Pour preuve, cet édifice figurait au verso du sceau des grands maîtres de l’Ordre du Temple. Jérusalem étant dépeuplée après les massacres et l'exil des musulmans et des juifs, le roi de Jérusalem fait appel vers 1102 à des colons syriens chrétiens pour la repeupler et en assurer la défense. Les pélerinages donnent une nouvelle prospérité à Jérusalem au milieu du XII ème siècle et justifient la construction et l'agrandissement de plusieurs hôpitaux dont celui de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En 1177, à l'occasion d'un effondrement des murailles, sont entrepris d'importants travaux de refortification.
En 1187, après l'attaque de Renaud de Châtillon malgré une trêve conclue entre Saladin et le royaume de Jérusalem, Saladin attaque les croisés, capture Châtillon lors de la bataille de Hattin (4 juillet 1187) et le fait décapiter. Lors de cette bataille il fait également prisonnier le roi Guy de Lusignan, met le siège devant Jérusalem le 20 septembre 1187 et enfin s'empare de la ville le 02 octobre 1187. Il reprend rapidement toutes les cités croisées, à l'exception de Tyr.
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De l'an 1187 à l'an 1917 après J.C, Jérusalem est une ville Musulmane
- Une période instable : du règne de Saladin au contrôle de Jérusalem par les Mamelouks (1187 - 1261).
- Le règne des Mamelouks (1261 - 1516).
- Période ottomane (1516 - 1917). Le statut des résidents du territoire aujourd’hui appelé Palestine, (inclus dans l’Empire ottoman à partir de 1516) durant la période comprise entre le début de l’occupation anglaise le 9 décembre 1917 et la mise en application de l’Ordonnance sur la citoyenneté palestinienne le 1er août 1925, en matière de droit international est le suivant : (
sous la domination turque, conformément à la Loi sur la nationalité ottomane du 19 janvier 1869, les habitants de la Palestine étaient citoyens ottomans. À l’époque, légalement parlant, il n’existait ni Palestine, ni nationalité palestinienne, ni Palestinien, pas plus qu’existait Israël, nationalité israélienne ou Israéliens ).
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De l'an 1917 à l'an 1948 après J.C, Jérusalem est sous protectorat Anglais
Après la bataille de Jérusalem (novembre-décembre 1917) où les deux camps choisissent d'opérer à l'écart de la ville par égard pour les lieux saints, le général britannique Edmund Allenby entre solennellement à pied dans Jérusalem le 11 décembre 1917. Il est flanqué de près par le haut commissaire français pour la Palestine Georges Picot. Il lit une proclamation en anglais garantissant tolérance religieuse et protection dans tous les Lieux saints. Cette proclamation est ensuite lue en français, italien, hébreu, arabe, grec, russe et arménien, ce qui constituait la première utilisation officielle de l'hébreu en Terre d'Israël depuis la chute du Second Temple. La ville reste sous mandat britannique jusqu'en 1948, dans un climat d'instabilité (attentats terroristes, violences). À partir de 1918, des quartiers juifs voient le jour à l'ouest et au sud de la vieille ville, et le nombre des réfugiés juifs d'Europe centrale augmente. Cette implantation juive accrue provoque des réactions arabes, qui éclatent à Jérusalem en 1920 et 1928. Le haut-commissaire britannique Herbert Samuel freine l'immigration juive. En 1933, avec la montée du nazisme, les Britanniques commencent à s'orienter vers un partage du pays, Jérusalem devant se trouver sur la ligne frontière, à titre de ville ouverte. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni désire limiter l'entrée en Palestine des nombreux rescapés juifs des camps hitlériens, d'autant que les revendications arabes deviennent de plus en plus vives. L'opposition au gouvernement britannique monte donc rapidement, tant côté juif qu'arabe. Le 22 juillet 1946, l'Irgoun, organisation juive clandestine, fait sauter une aile de l'hôtel King David, siège de l'administration britannique. Des combats à Jérusalem entre Juifs et Arabes commencent dès novembre 1947.
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De l'an 1948 à l'an 2018 après J.C, Jérusalem est une ville partitionnée
Dans l'après-midi du 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël. Le 15 mai 1948, les Britanniques quittent la région, laissant Juifs et Arabes se déchirer pour la possession de la ville. Le 27 mai, la Légion arabe contraint les Israéliens à évacuer la Vieille Ville. Le 6 juin, les Israéliens parviennent à relier la ville au reste du pays. En juillet, l'aviation arabe bombarde la ville.
Le 7 janvier 1949, le Conseil de sécurité des Nations unies impose la fin des combats. Les combats ont eu lieu dans la Vieille Ville finalement abandonnée par les Israéliens et à la périphérie de la ville (Massacre du convoi pour l'hôpital du mont Scopus, « Route de Béthanie »). À partir de novembre 1948 et l'établissement de la ligne cessez-le-feu matérialisée par un no man's land, la ville se retrouve partagée entre une partie occidentale contrôlée par Israël et une partie orientale (qui inclut toute la vieille ville) contrôlée par la Jordanie. La circulation entre les deux parties est impossible. Seuls le personnel de l'ONU et les touristes étrangers peuvent passer le check-point de la porte de Mandelbaum. La plupart des lieux saints, ainsi que le quartier juif de la vieille ville (vidé de ses habitants), se trouvent alors sous contrôle jordanien. Toutes les synagogues et de nombreuses églises de la vieille ville sont saccagées, ainsi que le cimetière du Mont des Oliviers (dont les pierres tombales sont utilisées pour construire des latrines).
Alors que la Jérusalem arabe est délaissée par les autorités politiques, la Jérusalem israélienne bénéficie d'importants investissements : elle est proclamée capitale de l'État d'Israël — pour la première fois depuis près de deux mille ans à l’exception de la période croisée, la ville sainte redevient une capitale politique — et la Knesset et la plupart des ministères s'y installent. La population de la Jérusalem israélienne passe de 90 000 à 190 000 entre 1949 à 1967. Le quartier du gouvernement est bâti dans les années 1950 et 1960 et le musée d'Israël avec les prestigieux manuscrits de la mer Morte est inauguré en 1965. L'université hébraïque de Jérusalem rouvre à Givat Ram en 1953 et le nouvel hôpital Hadassah emménage à Ein Kerem en 1961. Un fossé politique, démographique, économique et culturel sépare les deux parties de la ville à la veille de la guerre des six jours. Le 5 juin 1967, après l'attaque préventive israélienne qui a détruit au sol l'aviation égyptienne, le roi Hussein de Jordanie ordonne à son artillerie d'ouvrir le feu sur les positions israéliennes de Jérusalem et l'infanterie jordanienne pénètre dans le no man's land où elle s'empare du quartier général de l'ONU. Le 6 juin, l'armée israélienne entame un mouvement tournant autour de la Vieille Ville et fait la jonction avec l'enclave du Mont Scopus. Le 7 juin à une heure du matin, heure de Jérusalem, le Conseil de sécurité vote une demande de cessez-le-feu immédiat mais les troupes de Uzi Narkiss occupent rapidement et sans combat la Vieille Ville et atteignent le mur des lamentations. Le 11 juin commence, après l'évacuation du quartier des Maghrébins, le dégagement de l'esplanade du Kotel.
Le 14 juin, 250 000 Israéliens y célèbrent Chavouot (la Pentecôte juive). Le 28 juin, la municipalité arabe est dissoute mais ce n'est que le 30 juillet 1980 que la ville est formellement entièrement unifiée et devient la capitale d'Israël, alors que l'Assemblée générale des Nations unies avait voté dès le 4 juillet 1967 une résolution déclarant l'annexion de Jérusalem nulle et non avenue. À la suite de la guerre des Six Jours, Israël contrôle l'ensemble de Jérusalem. Les juifs retrouvent leurs lieux saints à l'exception du Mont du Temple où il leur est interdit de prier, sans que pour autant Chrétiens ni Musulmans ne voient l'accès à leurs lieux saints contesté l'accès à l'Esplanade des Mosquées est parfois rendu plus difficile aux musulmans, dans les moments de tension. Israël prend d'ailleurs à sa charge la restauration de nombreux lieux de culte, réduits à un état de délabrement sous l'occupation jordanienne. Israël proclame Jérusalem « capitale éternelle et indivisible de l'État d'Israël » et annexe en 1982, puis en 1993, des territoires supplémentaires dans les limites de l'État d'Israël et de la municipalité de Jérusalem. Le Conseil de sécurité de l'ONU, dans ses résolutions 476 et 478, déclare que la loi israélienne établissant Jérusalem capitale « éternelle et indivisible » est nulle et non avenue, et constitue une violation du droit international. La résolution invite les États membres à retirer leur mission diplomatique de la ville, et jusqu'en 2017 aucune ambassade n'est installée à Jérusalem >.
En 2018 les USA transfèrent leur ambassade à Jérusalem, d'autres pays lui emboitent le pas.
Vous connaissez à présent un peu mieux l'histoire de Jérusalem, je vous ai épargné ci dessus la période antérieure à l'an 71 de notre ère,
ainsi que les rapports conflictuels qu'Israel entretient avec ses voisins depuis 1949.
Rappel étymologique
Le terme "Croisades" apparaît très ponctuellement à la fin du XIII ème siècle en latin médiéval. Les textes médiévaux font le plus souvent référence à « voyage à Jérusalem » pour désigner les "Croisades", ou encore de peregrinatio, "pèlerinage". Sont aussi employés les termes de auxilium terre sancte, "aide à la Terre sainte", expeditio, transitio ainsi que "passage général" ( expéditions d'armées nationales ), "passage régulier" et "passage particulier", ces passages étant des incursions ponctuelles et non des "guerres saintes" pour désigner les "Croisades".
Le terme de "Croisades" n'apparaît que tardivement en Français, voici ce que mentionne le dictionnaire "le Trésor de la langue française informatisé" (TLFi) qui fait remonter l'expression "soi cruisier" ( se croiser ) à la Vie de St Thomas le martyr de Guernes de Pont-Sainte-Maxence datée de 1174, et le terme de "Croisade" aux
Chroniques de Chastellain
datées de 1475, notant qu'il s'agit d'un substitut de termes proches tels que "croisement", "croiserie" ou "croisière" qui sont plus anciens, sans qu'on puisse les signaler avant la fin du XII ème siècle. le Dictionnaire historique de la langue française note une première apparition du mot vers 1460 et note également qu'il dérive de "croisement", que l'on rencontre avant la fin du XII ème siècle. Pourtant, l'ancien français « croiserie » apparaît dans la chronique de Robert-de-Clari durant la quatrième "Croisade" (1204), tandis que l'on trouve l'espagnol cruzada dans une charte en Navarre de 1212. En réalité, tous ces termes sont des substantifs de l'adjectif crucesignatus, croisé ( littéralement, marqué par la croix ) qui, lui, apparaît dans la chronique d'Albert d'Aix ( sans doute écrite, pour sa première partie, dès 1106 ) ou du verbe crucesignare, prendre la croix, qui est fréquent au XII ème siècle. Il est donc évident que ce que nous appelons "première Croisade" n'était pas appelée ainsi par ses contemporains. Du point de vue Musulman, les "Croisades" ne sont d'ailleurs pas perçues comme une nouveauté, mais comme la continuation de la lutte contre l'Empire romain d'Orient, qui durait depuis plusieurs siècles. Pourtant, il est aussi évident que les contemporains ont eu très tôt conscience que la Croisade n'était plus un simple pèlerinage armé ni une opération militaire comme les autres mais bien une réalité différente, alliant les caractéristiques du pèlerinage à Jérusalem aux impératifs d'une guerre contre les musulmans pour la défense de la chrétienté.
Motivation des Catholiques
Les premières croisades ❎ vers la terre sainte ont lieu dès le IV ème siècle, elles sont encouragées par l’édit de Constantin en l'an 313 par lequel le christianisme devient la religion de l’Empire romain, dès lors, les croisades ne cesseront plus jusqu'au XI ème siècle, mais en 1073, les Turcs Seldjoukides, prennent Jérusalem et chassent les Arabes Abbassides de la Judée Samarie, en interdisant dans la foulée l’accès aux chrétiens à la Terre Sainte, dès lors, les grandes Croisades Chrétiennes verront le jour pour libérer puis conserver la Terre Sainte.
Première croisade débutée en 1096
Avant garde d'inconscients
assés des tergiversations des seigneurs pour organiser la reconquéte des lieux Saints, et galvanisés par les déclarations du Pape en Novembre 1095, les pauvres décident de partir seuls pour Jérusalem. Inconscients des dangers qui guettent cette croisade mal préparée, ils partent persuadés que leur foi suffira à vaincre les Musulmans !
Le 08 mars 1096 Départ d’une « armée de pèlerins » d'avant garde de 15 000 hommes conduite par 'Pierre l’Ermite' et 'Gautier sans avoir'.
Le 12 avril 1096 Pierre l’Ermite arrive à Cologne.
Le 20 mai 1096 l’avant garde de pèlerins massacre des Juifs à Mayence.
Le 06 juillet 1096 Concile de Nîmes encourageant le comte de Toulouse à prendre la tête d’une expédition pour rejoindre Godefroy de Bouillon à Constantinople.
Le 06 juillet 1096 Pillage de Belgrade par l’avant garde de pèlerins conduite par Pierre l’Ermite. Quelques jours plus tard, une armée de Serfs descendue du nord rejoint celle de Pierre l'Ermite.
Le 01 août 1096 Pierre l’Ermite et l’avant garde de pèlerins arrivent à Constantinople.
Le 02-06 août Pillages des alentours de Constantinople par l’armée de pèlerins qui compte à présent 25 000 hommes et qui est conduite par Pierre l’Ermite.
Le 07 août 1096 L'Empereur Alexis 1er prend peur devant cette armèe de gueux, et, pour se débarrasser de ce cadeau fort encombrant à gérer, suggère perfidement à Pierre l’Ermite de traverser le Bosphore afin que son armèe puisse tranquillement attendre la grande armèe de Godefroy. Alexis 1er savait fort bien que les pélerins n'attendraient pas, et cette fourberie fonctionna à merveille.
Le 10 août 1096 L’avant garde « populaire » qui compte désormais 25 000 hommes se dirige vers Nicée. Elle remportera quelques victoires faciles mais sera anéantie fin Octobre 1096 par les Turcs près de Nicée. 4 000 survivants se barricaderont dans la forteresse de Civitot. Ils seront rappatriés par la marine Byzantine et ramenés à Constantinople pour y attendre la véritable armée de Godefroy de Bouillon.
Départ de Boulogne/mer
e 15 août 1096 à Boulogne sur Mer, départ des armées de Godefroy de Bouillon pour la première Croisade. Cette Croisade regroupe 5 armées :
La 1 ère armée, dirigée par Godefroy de Bouillon qui comprend une partie de l'armée Anglaise (croix blanche), l'armée Flamande de Basse Lotharingie et l'armée de Haute Lotharingie (croix verte), l'armée Française (croix rouge), une petite armée du Saint Empire Germanique (croix noire). En Mai 1097 les Croisés seront plus de 300 000 à Constantinople.
La 2 ème armée, des Français du centre dirigée par Hugues de Vermandois, frère du roi de France Philippe 1er (le roi ne peut y participer car il a été excommunié) quitte Paris le 20 Aout 1096.
La 3 ème armée, des Français de l'Ouest sous la direction de Robert Courteheuse part peu après en septembre, il est accompagné de son oncle Odon, de ses beaux frères Alain Fergent comte de Bretagne et Etienne, comte de Blois et de Chartres (chroniqueur Foulcher de Chartres), et des comtes voisins comme Robert de Flandre, quitte Rouen le 22 Aout 1096. Il convient de noter qu'une autre partie de l'armée Anglaise accompagne Robert Courteheuse.
La 4 ème armée, des Français du Midi sous les ordres du comte de Toulouse, Raymond IV de St Gilles, accompagné par le légat du Pape quitte Toulouse le 17 Septembre 1096.
La 5 ème armée quitte Palerme début Octobre 1096 sous le commandement du prince normand Bohémond de Tarente (les croisés de cette armée portent une croix jaune).
Ces 5 armées seront sous les ordres de Godefroy de Bouillon au départ de Constantinople le 1er Mai 1097.
Le 15 Septembre 1096 Les armées de Godefroy de Bouillon pillent Selymbria, ville de Thrace située sur la rive nord de la mer de Marmara, à l'ouest de Constantinople, point stratégique important à la fin de la Via Egnatia.
Le 29 septembre 1096 Défaite des survivants de l’avant garde de pèlerins près de Civitot. Civitot est un campement militaire, situé à moins d’une journée de marche de Nicée, alors aux mains du sultan seldjûqide de Rum Kilij Arslan. Sensible aux conseils du basileus Alexis Ier, Pierre l'Ermite tente de convaincre les Croisés d'attendre les barons, mais il perd le contrôle de la foule qui, croyant que la foi seule suffit à remporter à la victoire, s'attaque aux territoires turcs tout proches. Ils seront presque tous massacrés.
Le 10 Octobre 1096 Les armées de Bohémond de Tarente (ou de Hauteville) quittent Bari (Italie) pour rejoindre les armées de la première Croisade à Constantinople.
Le 25 octobre 1096 Rencontre à Lucques entre Robert de Normandie, Robert de Flandre et Urbain II.
Le 23 décembre 1096 Arrivée de Godefroy de Bouillon à la tête des armées croisées à Constantinople.
Le 18 février 1097 Victoire de Bohémond (Normand) contre les impériaux et Byzantins à Vardar.
Le 01 avril 1097 Arrivée de Bohémond et ses armées à Constantinople.
Le 05 avril 1097 Arrivée de Robert de Flandre et Étienne de Blois à Brindisi.
Le 12 avril 1097 Prise de Roussa (Byzantine) par Raymond de Saint-Gilles.
Le 21 avril 1097 Arrivée de Raymond de Saint-Gilles à Constantinople.
Le 26 avril 1097 Arrivée de Robert de Normandie à Constantinople, ce qui porte le nombre des Croisés à plus de 300 000 hommes.
Le 30 avril 1097 Les barons prêtent serment à l'empereur Bizantin Alexis Ier.
Première leçon donnée aux Croisés
e 1er mai 1096 traversée du Bosphore par toutes les armées croisées, elle durera 60 heures sans interruption.
Le 06 mai 1097 Arrivée des premiers Croisés devant Nicée.
Le 10 Mai 1097 Prise de Tyr par les Fatimides.
Le 26 mai 1097 Les Croisés assiègent Nicée.
Le 19 juin 1097 Victoire des armées croisées sur l’armée de secours turque envoyée à Nicée. Pendant une semaine Godefroy soucieux d'économiser ses forces se contente de faire le blocus de la ville, il ne sait pas que dans son dos Alexis 1er négocie la reddition avec les Musulmans qui occupent Nicée. Dans la nuit du 25 au 26 juin les Byzantins entrent très discrétement dans la ville et scellent l'accord de la reddition.
Le 26 juin 1097 Au petit matin alors que Godefroy va donner le signal de l'assaut final il constate que le drapeau d'Alexis 1er flotte sur les remparts de la ville. Ce sont les Byzantins qui lui ouvrent les portes de la ville et les croisés sont furieux d'avoir été roulés dans la farine à ce point par Alexis 1er, l'accord prévoit que les Musulmans sont autorisés à fuir. Les chefs croisés sont furieux contre ce fourbe d'Alexis 1er mais ce dernier leur accorde une partie des richesses de la ville. En fin de journée Nicée est restituée officiellement à l’empereur. Les croisés viennent de prendre leur première leçon sur l'art de faire la guerre à l'orientale ! Ils se souviendront longtemps de cette fourberie Byzantine, néanmoins comme ils ont d'autres préoccupations ils se remettent en marche en se félicitant d'avoir vaincu sans devoir combattre.
Le 01 juillet 1097 Victoire des Croisés à Dorylée contre les Turcs qui commencent à pratiquer la politique de la terre brûlée en s'enfuyant. Cette bataille consacrera la différence entre deux traditions de combat, différence qui perdurera tout le temps des Croisades, les Francs préfèrant la charge lourde de cavalerie, les Turcs le harcèlement par des archers montés.
Le 13 juillet 1097 Division des armées Croisées. Les premières grandes difficultés commencent pour les Croisés même s’ils ne rencontrent plus de réelle opposition militaire, c’est un nouveau monde qu’ils découvrent, auquel ils ne sont pas habitués. Chaleur, insuffisance des vivres, de l'eau, du fourrage, se font de plus en plus sentir et les terres désertiques d’Anatolie sapent le moral des pèlerins : la lègende raconte que l'on en vint à boire le sang des chevaux... Les tensions grandissent au sein de l’état-major croisé, le légat du pape n’ayant jamais pu imposer son autorité. Après deux nouveaux affrontements contre les Turcs à Iconium et Héraclée, les Croisés décident de se séparer en deux groupes dès septembre 1097.
Le 05 Septembre 1097 Prise de Loadicée par Guynemer de Boulogne.
Le 22 Septembre 1097 Baudoin et Tancrède prennent Tarse mais ils se disputent juste après cette victoire car chacun a l’ambition de se tailler un fief. Baudouin se dirige alors vers Edesse où il abusera la confiance du vieux Thoros avant de créer un peu plus tard le comté d’Edesse. Tancrède, de son côté, prend Adana et Mamistra, sans toutefois pouvoir créer un véritable territoire à cause de sa rivalité avec Bohémond. Il est alors contraint de rejoindre l’armée principale devant Antioche où le siège de la ville commence.
Mauvaise surpise à Antioche
e 13 octobre 1097 Jonction des armées Croisées près d’Antioche.
Le 20 octobre 1097 Arrivée des armées Croisées devant Antioche.
Le 21 octobre 1097 Début du siège d’Antioche.
Le gros de l'armée remonte vers Césarée pour éviter les portes de la Cilicie, et, dès la fin octobre ils sont devant Antioche, que les Turcs ont pris à Byzance en 1085. Le reste de l’armée, menée par Tancrède et Baudouin de Boulogne, passe elle par la Cilicie.
Le 10 novembre 1097 Bohémond s’empare de la forteresse de Harim.
Le 12 novembre 1097 Baudoin rejoint l’armée de Godefroy de Bouillon.
Le 15 novembre 1097 Baudoin quitte l’armée Croisée en direction de l’Arménie.
Le 31 décembre 1097 Victoire de Robert de Flandre contre les Turcs à Al-Bara.
Le 09 février Victoire de Bohémond contre les Turcs. Prise de Laodicée par des corsaires anglais pour le compte des Byzantins.
Le 10 mars 1098 Prise d’Édesse par Baudouin de Boulogne.
Le 19 mars 1098 Construction du fort « Château-Raymond » pour assiéger Antioche.
Le 05 avril 1098 Prise d’une citadelle au sud d’Antioche par Tancrède.
Le 04-26 mai 1098 Échecs des tentatives de reprise d’Édesse aux Croisés par les Turcs de Kurbuqa.
Le 29 mai 1098 Les barons assiégeant Antioche se rangent sous les ordres de Bohémond.
La ville est gouvernée par un émir seldjoukide, vassal de l’émir d’Alep. Le siège est long, difficile, les problèmes s’accumulent, les Turcs résistent, le ravitaillement se fait rare, il manque des machines de siège, pour couronner le tout il y a des désertions, et la rivalités entre barons bat son plein ... Il faut la complicité d’un chrétien converti à l’islam, un Arménien, pour pouvoir pénétrer dans la ville, Bohémond met le pied dans Antioche le 2 juin 1098, beaucoup de Turcs sont massacrés mais certains se sont retranchés dans la citadelle.
Le 03 juin 1098 Antioche tombe aux mains des Francs qui sont aussitôt assiégés par les renforts turcs, arrivés un peu tardivement.
Le 04 juin 1098 Victoire turque contre les Croisés près d’Antioche.
Le 07 juin 1098 Les Croisés sont assiégés dans Antioche par les armées turques de Kurbuqa.
Le 10 Juin 1098 Robert de Flandre abandonne la forteresse de la Mahomerie aux Turcs.
Le 13 Juin 1098 Bohémond abandonne la forteresse de Malregard aux Turcs. La situation devient catastrophique : famine, maladies, dans ces conditions la libération du Saint Sépulcre ne semble plus être qu’un lointain souvenir !! C’est alors qu’opportunément est découverte la Sainte Lance dans la cathédrale d’Antioche : le moral remonte, les croisés font une sortie et profitent à leur tour des dissensions au sein du commandement Turc.
Le 28 juin 1098, la victoire Franque est définitive à Antioche. Le grand vainqueur est le Normand Bohémond de Tarente, qui revendique et obtient le gouvernement de la ville malgré l’opposition de Raymond de St-Gilles et surtout des Byzantins qui comptaient, comme promis, récupérer la cité. Rien ne va plus entre l’empereur et les barons Francs. Les Croisés, après un voyage long et éprouvant, désirent prendre plusieurs mois de repos avant de reprendre la route vers Jérusalem, en fin d'année. Les Francs sont divisés sur la stratégie à adopter. Certains pensent qu’il faut prendre successivement toute les villes côtières puis Jérusalem. Tancrède préfère opter pour la prise de la ville sainte et de mener la conquête des terres à partir de ce symbole .
Les croisés à Jérusalem
es croisés en guenilles et décimés à 90% arrivent en vue de Jérusalem. Mais cette armée réduite garde la foi dans une victoire grâce à Dieu !
Le 03 juillet 1098 Échec du conseil des barons sur la question du contrôle d’Antioche.
Le 26 août 1098 Les Fatimides s’emparent de Jérusalem.
Le 08 novembre 1098 Désaccord entre Bohémond et Raymond de Saint-Gilles sur le contrôle d’Antioche.
Le 12 décembre Prise de Ma’arrat par les Croisés.
Le 10 décembre 1098 Révoltes anti-Francs violemment réprimées par Baudouin en Arménie.
Le 13 janvier 1099 Départ des armées du comte de Toulouse de Ma’arrat en direction de Jérusalem.
Le 23 janvier 1099 Prise de la forteresse de Kalaatel-Hosu (Kral) par les Croisés.
Le 17 février 1099 Prise de Tortose par des vassaux du comte de Toulouse.
Le 01 mars 1099 Bohémond délivre Guynemer de Boulogne capturé à Laodicée.
Le 14 mars 1099 Godefroy de Bouillon et Robert de Flandre rejoignent Raymond de Saint-Gilles assiégeant Arqa.
Le 10 avril 1099 Premier 'conseil des barons' sur la conduite des opérations vers Jérusalem.
Le 13 mai 1099 Raymond de Saint-Gilles lève le siège d’Arqua.
Le 06 juin 1099 Les armées croisées s’emparent de Bethléem.
Le 07 juin 1099 Les armées croisées arrivent devant Jérusalem, 20 000 Chrétiens en guenilles campent au pied des remparts.
Le 08 juillet 1099 Procession des Croisés autour de Jérusalem.
Le 14 juillet 1099 Échec du premier assaut contre Jérusalem.
Le 15 juillet 1099 Prise de Jérusalem par les croisés qui vont se livrer au pillage et au massacre de la population.
Le 17 juillet 1099 Conseil de barons pour organiser l’élection d’un patriarche ou d’un roi.
Le 22 juillet 1099 Godefroy de Bouillon est élu avoué de Jérusalem.
Le 01 août 1099 Arnould Malcorne est élu patriarche de Jérusalem.
Le 04 août 1099 Débarquement des Fatimides à Ascalon.
Le 12 août 1099 Victoire des armées croisées à Ascalon contre les armées égyptiennes.
Le 21 décembre 1099 Pèlerinage de Bohémond et Baudoin à Jérusalem.
Le 26 décembre 1099 Arnould Malcorne, patriarche de Jérusalem est déposé.
Le 31 décembre 1099 Daimbert est élu patriarche de Jérusalem.
Le 28 avril 1100 Bulle du pape Pascal II appelant à la poursuite de la Croisade.
Le 10 Mai 1100 Campagne de Godefroy de Bouillon et Tancrède à l’est de Tibériade.
Le 10 juin 1100 Arrivée de la flotte Vénitienne à Jaffa.
Décès de Godefroid
odefroy de Bouillon décède en revenant d'une expédition contre le sultan de Damas, les causes de sa mort sont incertaines : le chroniqueur Albert d'Aix veut qu'il ait été empoisonné après avoir mangé une pomme de cèdre que lui a offerte l'émir de Césarée au cours d'un repas. Le chroniqueur arabe Ibn al-Qalanisi évoque une flèche empoisonnée musulmane. Il se peut également qu'il meurt de fièvres, mal fréquent dans cette région touchée par des épidémies de peste.
Baudouin est couronné roi
pprenant la nouvelle, son frère cadet Baudouin abandonne Édesse et rentre à Jérusalem, il s'y fera couronner roi de Jérusalem le 25 décembre en la Basilique de la Nativité de Bethléem.
Le 15 août 1100 Bohémond de Tarente est fait prisonnier par les Turcs seldoukjides.
Le 20 août 1100 Tancrède s’empare de Caïffa (Haïfa).
Le 11 Septembre 1100 Départ d’une armée lombarde pour la Croisade.
Le 10-12 novembre 1100 Arrivée de Baudouin de Boulogne à Jérusalem.
Le 15 Novembre-décembre 1100 Campagne de Baudouin au-delà de la mer Morte.
Le 25 décembre 1100 Baudouin de Boulogne est couronné roi. Baudouin de Boulogne né en 1065, est le troisième fils d'Eustache II, comte de Boulogne, et d'Ide de Lorraine. Il participe à la première Croisade de 1096, à la suite de laquelle il devient comte d'Édesse de 1098 à 1100, puis premier roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier de 1100 à sa mort le 2 avril 1118.
Le 10 Février 1101 Départ de Guillaume II comte de Nevers pour la Croisade.
Le 10 Mars 1101 Départ de Guillaume II d’Aquitaine pour la Croisade.
Le 05 Avril 1101 Prise d’Arsûf par les armées croisées.
Le 17 mai 1101 Prise de Césarée.
Le 10 Juin 1101 Arrivée de Guillaume II d’Aquitaine à Constantinople.
Le 23 juin 1101 Prise d’Ankara par les armées croisées.
Le 01 Août 1101 Défaite de Guillaume de Nevers à Eregli.
Le 05 août 1101 Défaite des armées croisées à Amasia.
Le 05 septembre 1101 Défaite de Guillaume d’Aquitaine à Eregli.
Le 07 septembre 1101 Victoire des armées franques de Jérusalem contre les Égyptiens.
Début 1102 Baudouin 1er demande à geoffroy de créer une milice pour défendre tous les états latins.
Le 10 Février 1102 Prise de Tortose par Raymond de Saint-Gilles avec l’aide des Vénitiens. Prise de Loadicée par les Normands aux Byzantins.
Le 17 mai 1102 Défaite de Baudouin face aux armées égyptiennes près de de Ramlah.
Le 18 mai 1102 Mort d’Étienne de Blois lors de la prise de Ramlah par les Égyptiens.
Le 27 mai 1102 Victoire de Baudouin à Jaffa.
Le 10 Février 1104 Baudoin, roi de Jérusalem invite les Vénitiens en Terre sainte.
Le 28 avril 1104 Raymond de Saint-Gilles s’empare de Giblet avec l’aide des Génois.
Le 26 mai 1104 Prise de la ville d’Âcre par Baudouin avec l’aide des Génois.
Le 07 mai 1104 Défaite et capture de Baudouin de Boulogne et Baudouin du Bourcq qui sont fait prisonniers par les Turcs à Harran.
Le 28 février 1105 Mort du comte de Toulouse devant Tripoli.
Le 20 Avril 1105 Tancrède commence à reconstituer le trésor d’Edesse. Le 20 avril, il défait Ridwan à Tizin et reprend la forteresse d’Artah.
Le 27 août 1105 Victoire des Francs contre les Égyptiens à Ramlah.
Le 14 Septembre 1106 Tancrède prend Apamée.
Le 20 Septembre 1108 Bohémond est contraint de signer le traité de Déabolis qui reconnaît la principauté d’Antioche comme vassale de l’Empire byzantin.
Le 12 juillet 1109 Prise de Tripoli par Guillaume Jourdain par les Croisés.
Le 20 décembre 1109 Prise de Beyrouth par les Croisés.
Le 19 octobre 1110 Sidon est assiégée par les Croisés aidé par les flottes Norvégienne et Vénitienne.
Le 04 décembre 1110 Prise de Sidon par les armées Croisées.
Le 06 mars 1111 Bohémond meurt en Apulée .
Le 12 décembre 1112 Tancrède meurt après avoir confié la régence à Roger de Salerne. Ce dernier promet alors, selon le souhait de Tancrède, de rendre la principauté au fils de Bohémond, dès sa majorité. Par ailleurs, il doit aussi marier sa veuve Constance au comte Pons de Tripoli afin de consolider l’alliance des deux états.
Le 15 février 1113 Fondation de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem par Gérard Tenque.
Le 20 mars 1115 Défaite de l’atabeg de Mossoul face à Roger d’Antioche à Tell Danîth.
En 1116 La milice des pauvres chevaliers du Christ est opérationnelle dans tous les états latins, Geoffroy de Saint-Omer à rempli sa mission auprès de Baudouin 1er.
Le 02 Avril 1118 décès de Baudouin 1er.
Le 10 avril 1118 La milice des pauvres chevaliers du Christ prend le nom d’Ordre du Temple à Jérusalem par 2 chevaliers Français amis du Roi Baudouin de Boulogne ( Geoffroy de Saint-Omer et
Hugues de Payns ).
Le 28 juin 1119 Défaite et destruction de l’armée d’Antioche face aux Turcomans lors de la bataille de l' "Ager Sanguinis".
Le 30 mai 1123 Victoire navale Vénitienne contre les Égyptiens à Ascalon.
Le 07 juillet 1124 Prise de Tyr par les Croisés.
Le 14 janvier 2218 Concile de Troyes sur la création de l’ordre des Chevaliers du Temple.
Le 08 aout 1137 Reddition de Mont-Ferrand face à Zengi, atabeg de Mossoul.
Le 31 décembre 1144 Les troupes de l’émir de Mossoul s’emparent d’Édesse.
Le 01 décembre 1145 Bulle « Quantum Predecessores » d’Eugène III appelant à la Seconde Croisade.
Deuxième croisade débutée en 1145
Louis VII prend la croix
près la chute du comté d'Édesse en 1144, le pape Eugène III lance l'appel à la seconde croisade, avec Bernard de Clairvaux ( Saint Bernard )
qui prêche pour la reprise de cette partie de la Terre Sainte devant le roi, les barons, et une foule immense à Vézelay en 1146.
C’est avec enthousiasme qu’il est suivi dans sa démarche, et, dans la foulée prend l’initiative d’en appeler également à l’empereur d’Allemagne Conrad III.
C'est le roi Franc Louis VII dit "Le Jeune".
qui conduit cette croisade. Louis VII, a beaucoup à expier Lors d'un conflit avec le compte de Champagne, il fit brûler une église avec plus de mille personnes
à l'intérieur. Il espère ainsi obtenir une rédemption.
C'est en Juin 1147, que Louis VII "prend la croix", accompagné par la reine Aliénor d’Aquitaine
son épouse, qui a tenu à participer à la croisade montrant par là un courage exemplaire aux yeux de tous.
Les deux armées, la française et l’allemande, comptent chacune à peu près soixante dix mille hommes, et, le ravitaillement constitue a lui seul un exploit de taille.
Conrad III, L'empereur germanique lui est déjà parti, Il doit attendre Louis VII à Constantinople. Mais là, Manuel Ier Comnène, l'empereur Byzantin appelé communément "le Basileus",
lui demande de prêter serment d'allégeance à l'instar des seigneurs de la première croisade. Conrad III refuse catégoriquement et décide de traverser le Bosphore sans attendre le roi français.
Louis VII en Terre Sainte
n mois après Conrad III, en Octobre 1147,
Louis VII dit "Le Jeune".
arrive enfin à Constantinople. "Le Basileus", qui veut rétablir sa souveraineté dans la ville d'Antioche craint que les croisés renforcent leur principauté.
Pire encore qu’ils s’accaparent de nouvelles villes. Il demande donc au roi de France de prêter allégeance, et tout comme Conrad III, Louis VII le Jeune refuse.
La méfiance s'installe entre l’empereur et les deux souverains.
Certains barons proposent au roi d'attaquer Constantinople, mais le roi dans sa grande sagesse préfère garder de bonnes relations avec l’empereur Byzantin.
Comme lors de la première croisade il convient de se mettre d’accord sur l’itinéraire à emprunter pour traverser l’Anatolie.
Les deux armées se séparent, Conrad III préférant suivre la route principale de la première croisade, la plus difficile d’accès et dangereuse pour son relief.
Pour cela, il divise son armée en deux parties en espérant ainsi traverser l'Asie mineure ( Turquie actuelle ) le plus vite possible.
Hélas pour lui, il est trahi par ses guides, et, une de ses deux armées se fait décimer à Dorylée.
Le 26 octobre 1147, ils sont surpris par les Turcs et subissent d’effroyables pertes. Conrad ordonne la retraite vers Nicée pour rejoindre l'armée franque, son armée est réduite au quart.
Le roi Louis VII, après avoir réconforté Conrad III, lui propose d’unir les deux armées et de faire route ensemble. Mais Conrad se trouve humilié par cette offre pourtant généreuse autant que désintéressée.
En novembre, les deux armées se remettent en marche en direction de Nicée et Éphèse.
Sitôt arrivé à Éphèse, Conrad III, écœuré de ne plus pouvoir traiter d'égal à égal avec le roi Louis VII suite à sa défaite au combat d’une partie de son armée,
décide d'abandonner le roi Franc pour retourner à Constantinople et regagner les faveurs du "Basileus.
Ne voulant pas faire la même erreur que Conrad III, Louis VII préfére suivre la côte, qui est sous la garde des Byzantins pour se rendre à Antioche,
l’empereur Comnène l’ayant assuré de l’aide de ses troupes et d’un bon accueil de la population.
Les byzantins qui sont sensés ravitailler l'armée franque, profitent de ce moment pour obliger tous les seigneurs à prêter serment et ainsi restituer les villes conquises.
Continuant vers d'Antioche, l'armée de Louis VII dit "Le Jeune".
, gagne ses batailles sur les turcs qui se réfugient dans les villes fortifiées. Faute de machines de sièges, Louis VII ne peut en faire le siège.
L'armée continue son périple, vers Antioche, faisant halte en Janvier 1148, à Laodicée. Laquelle ville est désertée de ses habitants craignant pour leurs vies à l'arrivée des croisés.
Bataille du mont Cadmos
près avoir quitté Laodicée, les croisés s'engagent dans une région inhospitalière, celle des monts Cadmos et le défilé de Pisidie.
Le roi tente, avec l'aide des Templiers, d'imposer un peu plus de discipline à ses hommes, en vain...
Les ordres qui ne sont respectés désorganisent l'avancée franque dans le défilé. Une falaise abrupte d'un côté, un précipice de l'autre ! C'est l'aubaine pour les musulmans qui les guettent.
L'assaut est donné, sabre à la main, les turcs mettent en pièce la colonne franque engagée dans le défilé, tous sont poussés dans le vide.
Le roi qui montre son courage en combattant vaillamment comme un simple chevalier s'échappe in extremis et, à la faveur de la nuit, avec l'aide d'un détachement de templiers il s'échappe pour rejoindre
l'avant garde de son armée.
Embarquement pour Antioche
ouis VII rejoint Attalia le 20 Janvier, et s'embarque pour Antioche avec ses chevaliers abandonnant les civils et les blessés. Ces derniers seront acheminés par les byzantins via une route protégée lui dit-on.
Mais à peine le roi a-t-il prit la mer, que les troupes restées à terre sont assaillies par les turcs.
Les byzantins ne leur offrent aucune protection, et malgré cela, ils réussissent à faire front aux turcs qui finalement se replient.
Les croisés décident donc de rester sur place pour soigner leurs blessés.
Malheureusement, ils subissent un nouvel assaut turc, et sont pratiquement tous massacrés.
Louis VII arrive à Antioche le 19 Mars 1148, il est accueillit par Raymond de Poitiers, l'oncle de sa femme Aliénor d’Aquitaine.
Il lui demande son aide pour défaire les Turcs sur la route d'Alep, qui est une ville musulmane, et aussi une porte d'entrée sur le compté d'Édesse.
Le roi, voyant aussi d'un mauvais œil l'amitié que porte Raymond de Poitiers à sa nièce et obnubilé par son pèlerinage qu’il considère comme sacré, il prend un prétexte pour refuser son aide.
Et comme le trésor royal est vide, il est obligé de demander de l'argent aux Templiers.
C’est alors que plein de gratitude, le roi écrit à Suger combien sa reconnaissance est grande envers le Temple, sans lequel ils n’auraient pu subsister sans leur aide et assistance.
Il demande à son ministre de rembourser sans retard à l’Ordre du Temple la somme de deux mille marcs d’argent.
Dans cette croisade si mal commencée, il est dit que la fatalité la tourne une autre fois à son désavantage.
Il est évident que Raymond de Poitiers ne va pas accorder son aide au roi pour rien, il compte sur un appui des croisés pour reprendre certaines places et surtout s’emparer d’Alep.
En ce sens il peut compter sur l’entière acceptation d’Aliénor d’Aquitaine, qui est disposée à l’aider, sans doute par esprit de famille.
Aussi devant le refus de Louis VII de recourir à son aide, et voyant ses plans de reconquête déjoués Raymond de Poitiers sème la discorde entre le roi et sa femme, laquelle se rallie à son oncle sans condition.
Louis VII après avoir tergiversé tout en admettant que la croisade avait été prêchée pour relever le comté d’Édesse et qu’il était logique de reprendre Alep, soutenait malgré tout qu’il avait d’abord pris
la croix pour faire ses dévotions au Saint Sépulcre.
Il faut dire pour son honneur, que Louis VII est choqué par le luxe, par les mœurs fort libres de cette cours, mais il en est aussi jaloux.
Nul ne sait, si Aliénor a eut une liaison avec son oncle Raymond, mais elle oppose un refus catégorique au roi quand il annonce son départ pour Antioche.
Elle veut rester dans cette ville où elle se divertit mieux que dans les forteresses capétiennes.
Un couple royal qui bat de l'aile
liénor le menaça de rupture, ce qui fut de nature à précipiter les choses, et, furieux, il quitta la ville pour rejoindre Jérusalem, sans prendre congé de Raymond
obligeant sa femme à le suivre.
On pourrait penser que l’échec de la deuxième croisade est imputable à un désaccord dans le couple royal.
Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il y ait eu une autre cause, mais rien n’explique la décision du roi. Louis VII dit "Le Jeune".
est reçu à Jérusalem avec les honneurs exceptionnels et il a le loisir de visiter les Lieux Saints.
Il y retrouve Conrad III qui vient de débarquer à Saint-Jean d’Acre avec les restes de son armée. Le basileus met une escadre à sa disposition.
Il y trouve également un contingent de chevaliers languedociens arrivé en même temps, placé sous les ordres d’Alphonse-Jourdain comte de Toulouse et fils de Raymond de Saint Gilles, le fondateur du comté de Tripoli.
Illustre par ses qualités personnelles, et plus illustre encore par la pieuse mémoire de son père, le comte partit pour Jérusalem afin d’aller rendre grâce au Seigneur de l’heureuse issue de son pèlerinage.
C’est en passant à Césarée que le comte de Toulouse meurt empoisonné.
L'attaque de Damas : une bévue
e 24 juin 1148 la reine Mélisande tient une importante assemblée concernant l'évolution de la croisade en cours.
Il est décidé d’assiéger la ville de Damas, mais c'est une grave erreur de jugement, les nouveaux venus ne connaissent rien à la situation orientale, et se fient uniquement à leur supériorité numérique.
Damas se situe au milieu d’une plaine stérile qui est entièrement aride et uniquement arrosée par les eaux qui y sont conduites par des canaux antiques.
Ce sont les eaux d’un fleuve qui descend d’une montagne proche et va alimenter en partie ces canaux pour cultiver un sol rocailleux.
Le reste arrose des vergers couverts d’arbres fruitiers et coule ensuite le long du mur oriental de la cité.
Le siège de Damas commence le 24 juillet 1148, pour s'achever quatre jours plus tard. Les assiégés font fait appel à Nûr-al-Din.
Les archers ennemis font des ravages dans le camp des croisés, qui tentent d’accéder aux rives du fleuve pour étancher leur soif et celle des chevaux.
L’Empereur et le roi ordonnent la retraite, ils se résignent à repartir vers Jérusalem.
Par la suite, le roi Louis VII, passe quelque temps en Terre Sainte et finit par rentrer en France après les fêtes de Pâques 1149.
Au bout du compte, la deuxième croisade, se solde par un énorme fiasco. Une suite d'échecs et de mauvaises décisions.
Une croisade 'pour des prunes'
es croisés défaits à Damas, rapportèrent une variété de prunier à pruneaux. Ils furent raillés alors, en disant qu'ils étaient allés là bas "pour des prunes",
d'ou l'expression populaire bien connue signifiant : pour "pas grand chose".
Le 01 mars 1146 Nouvelle promulgation d’une bulle du pape Eugène III appelant à la Croisade.
Le 31 mars 1146 Saint Bernard prêche la deuxième Croisade à Vezelay. Les armées de Jocelin II reprennent Édesse.
Le 26 décembre 1146 Prise d’Édesse par Zenghî, atabeg de Mossoul.
Le 27 décembre 1146 Conrad III décide de participer à la seconde Croisade.
Le 20 Avril 1147 à Nuremberg, départ des armées germaniques.
Le 11 Mai 1147 L’armée germanique quitte Ratisbonne en direction de Constantinople.
Le 10 Juin 1147 Départ de Louis VII en Croisade depuis Metz.
Le 04 octobre 1147 Arrivée des armées croisées françaises à Constantinople.
Le 10 Novembre 1147 Défaite des armées croisées germaniques à Dorylée.
Le 06 janvier 1148 Défaite des armées croisées françaises à Pisidie.
Le 10 mars 1148 Visite de Conrad III, empereur du Saint-Empire germanique à Constantinople.
Le 11 Avril 1148 Arrivée des armées croisées à Antioche.
Le 25 Mai 1148 Arrivée des armées croisées à Jérusalem.
Le 06 Juin 1148 Le conseil des Barons, réuni à Âcre, décide d’attaquer Damas.
Le 28 juillet 1148 Les armées croisées lèvent le siège de Damas.
Le 11 mai L1149 ouis VII lève le siège de Damas marquant la fin de la seconde Croisade.
Le 17 janvier 1153 Prise d’Ascalon par les Francs.
Le 28 septembre 1158 Prise de Harim par Baudoin III et Thierry de Flandre.
Le 14 juillet 1173 Traité entre Saladin et Pise.
Le 03 juin 1175 Saladin devient gouverneur d’Égypte et de Syrie.
Le 17 mai 1178 Victoire de Saladin contre les Francs à Harim.
Le 15 décembre 1180 Trêve entre les Francs et Saladin.
Le 14 avril 1181 Traité entre Saladin et Byzance.
Le 03 janvier 1182 Renaud de Chatillon attaque en Arabie une caravane se rendant à La Mecque.
Le 10 Juin 1183 Saladin s’empare d’Alep.
Le 03 novembre 1185 Renouvellement de la trêve avec Saladin.
Le 10 mars 1186 Prise de Mossoul par les armées de Saladin.
Le 03 mars 1187 Renaud de Châtillon rompt la trêve et capture une caravane de Saladin.
Le 31 mai 1187 Défaite d’un détachement de Templiers contre Saladin.
Le 03 juillet 1187 Une armée franque marche sur Tibériade assiégée par Saladin.
Le 04 juillet 1187 Premiers accrochages entre les Francs et Saladin.
Le 05 juillet 1187 Saladin écrase les armées chrétiennes à Hattin Guy de Lusignan, Renaud de Châtillon sont fait prisonniers.
Le 05 juillet 1187 Saladin fait exécuter Renaud de Châtillon ainsi que les membres des ordres militaires templiers et hospitaliers.
Le 02 octobre 1187 Capitulation et prise de Jérusalem par les armées de Saladin.
Le 11 novembre 1187 Appel à la Croisade pour défendre les Etats Latins d’orient.
Troisième croisade débutée en 1189
En 1189, des nouvelles arrivent en occident, le pape Grégoire VIII en appelle aux rois chrétiens pour former une troisième croisade.
cette date, les rois Francs et Anglais, Philippe Auguste et Henri II se livrent à leur passe temps favori : la guerre !
En 1152 la reine de France, Aliénor d'Aquitaine, quitte le roi Louis VII, après une répudiation consentie d'un accord mutuel entre les époux.
Elle épouse Henri de Plantagenèt, comte d'Anjou et duc de Normandie le 18 mai 1852, et devient ainsi reine d'Angleterre.
Dès lors, le territoire d'Aquitaine tombe aux mains des Anglais. C'est de cette union, et des dissensions qui vont en découler que naitra la Guerre de Cent ans.
C'est dans ce contexte que le pape réussit, non sans mal à calmer les deux belligérants.
Le roi de France Philippe Auguste, prend la croix avec le fils d'Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'aquitaine,l'illustre Richard Coeur de Lion.
Son père Henri II qui vit très mal cette alliance contre nature, meurt peu de temps après. Richard Coeur de Lion devient roi d'Angleterre.
La croisade franco-anglaise
Saint Jean d'Acre, Guy de Lusignan libéré en 1189 par Saladin, et contrairement à son engagement devant Saladin, fait le siège avec les quelques chevaliers restants.
Il est rejoint par une partie de l'armée de croisés allemande qui a perdus son chef Frédéric Barberousse, noyé durant la traversée d'un fleuve en Turquie.
Des croisés francs et Anglais arrivés avant leur roi respectifs se joignent aussi aux forces de Guy de Lusignan.
Ne voyant dans ces agissements aucune menace, Saladin s'éloigne pour se consacrer à la prise d'Antioche.
Philippe Auguste débarque à Saint Jean d'Acre en avril 1191, Richard Coeur de Lion, le suit de près, et arrive 2 mois plus tard accompagné du maître du Temple Robert de Sablé.
Lors du voyage, à cause d'une mauvaise mer, Richard Coeur de Lion a débarqué sur l'ile de Chypre.
L'ile est gouverné par Isaac Doukas Comnène, le descendant de l'empereur Byzantin Manuel Ier Comnène, ayant participé à la deuxième croisade.
Isaac qui voit les croisades d'un mauvais oeil en informe Saladin et laisse ses troupes piller les navires anglais en difficultés. Le roi Richard Coeur de Lion excédé combat Isaac et remporte la victoire.
L'ile étant sienne désormais, il la vend pour une bouchée de pain à son ami Robert de Sablé, maître du temple. Richard Coeur de Lion reprend la mer pour se rendre à Saint Jean d'Acre rejoindre le roi de France.
Le siège sous les remparts de Saint Jean d'Acre s'intensifie, Saladin tente en vain une attaque. Au cours de Juillet 1191, la ville tombe et signe sa reddition.
Première victoire de prestige pour les rois de France et d'Angleterre.
Philippe Auguste déserte
hilippe Auguste, plus préoccupé par son propre royaume que par la croisade, annonce 'toute honte bue' son retour vers la France. C'est un scandale que ses hommes ne peuvent comprendre.
Il laisse une partie de son armée et s'en retourne en terre franque au début du mois Aout 1991.
Richard Coeur de Lion reste seul
ichard affronte seul et par deux fois le sultan Saladin, et par deux fois il remporte la victoire. Saladin ne parvient pas à s'emparer de la ville de Jaffa.
De son coté, Richard Coeur de Lion attend de Saladin une rançon contre les soldats défenseurs de Saint Jean d'Acre et la restitution de la Vraie Croix perdue lors de la bataille de Hattin.
Saladin ne se manifestant pas, le roi Richard à bout de patience fait sortir les 3 000 prisonniers qu'il détient à Saint-Jean D'acre, les rassemble sur une colline en face du camp de Saladin,
et les fait tous égorger.
Il compte frapper les musulmans de terreur, anéantir leur combativité. Les soldats de Saladin sont découragés par la chute de Saint-Jean-d'Acre, de plus, ils sont las de combattre.
Mais l'acte monstrueux de Richard Coeur de Lion réveille leur combativité.
Celui-ci, est outré par cette barbarie, il ne fera plus aucun prisonnier, tout chrétien capturé, du chevalier au simple soldat sera exécuté sans exception.
Richard Coeur de Lion a pour intention de reprendre les villes situées le long de la côte de 'Judée Samarie'. Il décide donc de partir vers le sud en longeant le littoral le 22 Aoà»t 1191, la chaleur est extrème.
Les hommes gardent leurs corselets de feutre sous les hauberts et leurs casques de fer.
A peine sorti de la ville, le frère de Saladin, Al-adel, lance une attaque sur les croisés.
Ceux-ci repoussent sans difficultés l'assaut sarrasin et continuent leur marche vers le sud en direction d'Arsouf... ou les attend Saladin et son armée.
Saladin espà¨re arriver par la tactique du harcèlement à fragiliser les colonnes de soldats. Mais Richard est un remarquable chef de guerre qui impose une discipline rigoureuse à ses hommes.
Ils subissent plusieurs escarmouches, la cavalerie musulmane tente de pénétrer les défenses de l'armée chrétienne pour la désorganiser.
Les croisés sont en rangs serrés et forme une masse compacte et homogà¨ne, les assaillants sont incapables de forcer leurs défenses. Les nombreux assauts de la part des cavaliers musulmans s'avà¨rent vains.
Alors, Saladin change de tactique. Lorsque Richard et son armée atteignent Jaffa, il n'y a plus de garnison. A Capharnaûm, la forteresse a été détruite.
Il en est de même à Césarée, qui n'est plus que ruines. Saladin fait le vide devant l'ennemi, et rase ce qu'il ne peut défendre.
L'armée des croisés continue son avancée vers le sud. Ils arrivent dans la plaine d'Arsouf au matin du 7 Septembre.
L'armée de Saladin forte de 20.000 hommes, pour la plupart à cheval est en ordre de bataille et leur fait face.
Du cà´té chrétien, ils sont tout autant auxquels s'ajoute les chevaliers de l'ordre du Temple et ceux de l'ordre de l'hà´pital.
De nouveau les cavaliers musulmans attaquent, ils entourent l'armée chrétienne et la crible de flà¨ches.
Cependant, l'armée franque est bien équipée, cà´tes de mailles et armures leur permettent de tenir bon et peu de pertes sont causées.
Richard Coeur de Lion combat à nouveau et par deux fois le sultan Saladin, et par deux fois il remporte la victoire. Saladin ne parvient pas à s'emparer de la ville de Jaffa.
Le roi Richard met en place une stratégie de combat qui s'avère être payante.
Dans un premier temps, les Hospitaliers, doivent tenir l'arrière garde à tout prix et l'avant garde reste sur ses positions défensives. Surtout ne pas poursuivre l'ennemi lorsqu'il se repli.
Les arbalétriers tirent leurs carreaux et font un massacre parmi les cavaliers sarrasins.
Dans un deuxième temps, à leur tour ils entourent les cavaliers Turcs afin de les prendre en tenailles.
Au moment de "refermer les tenailles" et d'en finir, une charge de cavalerie directe lancée par un hospitalier impatient, rase l'avant garde de l'armée de Saladin prise au dépourvue.
C'est la débandade, l'armée musulmane se disperse.
Saladin regroupe ses hommes et ordonne aussitôt une ultime contre attaque.
Pensant la bataille gagnée, les croisés de leurs côtés, se regroupent eux aussi. Quand la charge de cavalerie sarrasine survient. Les cavaliers chrétiens font rapidement volte face et lance la charge.
De nouveau, la cavalerie Turque est en déroute et se replie. Le roi Richard ordonne de ne pas les suivre à terrain découvert, la bataille est gagnée, inutile de prendre des risques pour les anéantir jusqu'au dernier.
Saladin, qui veut défendre Ascalon à besoin du soutient des émirs et ces derniers, qui ont perdus toute confiance en Saladin la lui refuse.
Il se voit donc obligé de quitter la ville, non sans l'avoir rasée auparavant. Saladin repart pour Jérusalem.
Richard Coeur de Lion à peut-etre commis là une erreur stratégique, car, il aurait du à ce moment profiter de son avantage pour reprendre Jérusalem qui avait ses remparts démolis depuis 1187.
Il préféra reconstruire la ville de Jaffa pour en faire une place forte.
Richard Coeur de Lion vainqueur
assé par cette guerre qu'il entrevoit interminable, Richard Coeur de Lion lance des pourparlers avec Saladin. Ce dernier lui accorde le littoral côtier de Palestine mais lui refuse la ville de Jérusalem.
C'est ainsi qu'en Octobre 1191 Richard se remet en marche vers Jérusalem.
Malgré une météo peu favorable, Il se débarrasse de quelques avant gardes Musulmanes, mais à quelques kilomètres de Jérusalem,
Richard stoppe son avancée, ce qui permet à Saladin de consolider en toute hâte les fortifications de la Cité.
Après réflexion, s'ils réussissent à reprendre la ville, les croisés n'ont aucune envie de s'y installer durablement.
A la surprise générale ( des croisés et des musulmans ), l'armée des croisés fait demi-tour en direction d'Ibelin.
Richard, sait qu'en Europe, le roi de France, Philippe Auguste veut s'emparer de la région d'Aquitaine et son frère Jean en Angleterre combat une révolte du peuple suite à ses exactions répétées.
Il n'a plus qu'une envie, rentrer s'occuper du royaume et contrer les velléités de conquète du roi de France.
Richard Coeur de Lion combat à nouveau par deux fois Saladin, et par deux fois il remporte la victoire, mais il ne parvient pas à s'emparer de la ville de Jaffa.
Richard Coeur de Lion diplomate
lus tard, Saladin entame des négociations avec Richard par l'intermédiaire de son frère Al-Adel, lequel se lie d'amitié avec le roi d'Angleterre.
Un partage se fait alors, le littoral aux chrétiens et l'arrière pays aux musulmans. Et en 1192, les croisés reconstruisent Ascalon dernià¨re ville du sud du littoral.
Les négociations s'accélèrent mais bloquent quant au territoire au sud de la Judée. Celui-ci, s'il devient chrétien couperait la route reliant l'Egypte à la Syrie.
Richard Coeur de Lion, concède donc le territoire aux musulmans à condition d'un libre accès pour les pèlerins chrétiens. Le traité conclu, Richard Coeur de Lion quitte enfin la Terre Sainte.
Ainsi se termine la troisià¨me croisade le 9 Octobre 1192.
Le 09 septembre 1189 Début de la troisième Croisade.
Le 15 décembre 1189 Départ de Frédéric II pour la Croisade de Ratisbonne.
Le 17 mai 1190 Victoire de Frédéric II Barberousse contre les Turcs à Konya (Iconium).
Le 10 juin 1190 Noyade de Frédéric II Barberousse en Cilicie.
Le 04 juillet 1190 Départ de Philippe Auguste pour la troisième Croisade.
Le 20 avril 1191 Arrivée de Philippe Auguste devant Saint-Jean d'Acre.
Le 01 Mai 1191 Richard Coeur de Lion s'empare de Chypre alors sous contrôle Byzantin.
Le 08 juin 1191 Arrivée de Richard Coeur de Lion devant Saint-Jean d'Acre.
Le 10 juin 1191 Prise de Saint-Jean d'Acre par Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion.
Le 12 juillet 1191 Capitulation de Saint-Jean-d'Acre.
Le 07 septembre 1191 Victoire des armées croisées à Arsouf contre les Turcs.
Le 10 octobre 1191 Reprise de Saint-Jean d'Acre par les croisés.
Le 11 aout 1192 Victoire de Richard Coeur de Lion contre les troupes de Saladin à Jaffa.
Le 02 septembre 1192 Traité entre Saladin et Richard Coeur de Lion instaurant une trève.
Le 05 février 1193 Henri VI, empereur allemand capture de Richard Coeur de Lion lors de son retour de Croisade.
Le 11 mars 1193 Libération de Richard Coeur de Lion.
Le 05 aoà»t 1198 Le pape Innocent III appelle à délivrer Jérusalem.
Le 10 novembre 1199 Thibaud de Champagne prend la tàªte de la prochaine Croisade.
Quatrième croisade débutèe en 1202
'est une expédition militaire qui fut lancée de Venise en 1202.
Organisée en vue de conquérir l’Égypte, elle fut détournée par les Vénitiens et aboutit à la prise de Constantinople par les croisés et à la fondation de l’Empire latin d’Orient en 1204.
Contexte historique
ix ans seulement après la précédente en 1198, le pape Innocent III appela à une nouvelle croisade, sa supplique fut ignorée par les seigneurs européens.
En effet, après l’échec de la précédente croisade, personne ne désirait s'engager dans une énième campagne militaire contre les musulmans.
Les Germains luttaient contre le pouvoir papal et l’Angleterre et la France se livraient à leur passe temps favori : la guerre !
'est Foulques de Neuilly, avec ses prêches et son opiniatreté qui réussi à convaincre. Une armée croisée fut finalement constituée lors d'un tournoi à Écry par le comte Thibaut III de Champagne en 1199.
Thibaut mourut en 1200 et fut remplacé par un comte italien, Boniface de Montferrat.
Boniface et les autres chefs envoyèrent leurs émissaires, à Venise, Gênes et dans d’autres états, afin de négocier un contrat de transport des croisés jusqu’en Égypte.
A cette date, il convient de noter que les agissements des Byzantins envers les Chrétiens occidentaux relevaient plus de la grande fourberie que du respect de la parole donnée, et ce, depuis la première croisade.
Les souverains occidentaux avaient donc acquis la conviction que l’empire byzantin leur était hostile, aussi préféraient-ils lancer la nouvelle croisade directement en terre musulmane, sans passer par Constantinople. Par ailleurs, l’Égypte était une des plus riches provinces d’orient, et sa conquête devait porter un coup fatal aux musulmans. Gênes déclina l’offre, mais la République de Venise, qui était la principale puissance maritime de Méditerranée, accepta d’affréter le nombre suffisant de navires pour transporter 30 000 croisés, un nombre considérable.
Les Vénitiens maitres du jeu
En 1201, les croisés affluèrent à Venise, en bien moins grand nombre que prévu.
es Vénitiens étaient dirigés par le vieux, le doge de Venise, Enrico Dandolo. En fin stratège il refusa que les navires quittent le port tant que les croisés ne se soient acquittés
complètement de leur dette à savoir : 85 000 ducats d’argent. Les croisés ne purent en verser que la moitié, la pauvreté régnait dans leurs rangs.
Les Vénitiens sûrs d'eux et dominateurs, reléguèrent les croisés sur le Lido ( île de 12 kms en face de Venise ) en attendant de décider de la suite à donner aux événements.
Finalement, Dandolo accepta de reporter la dette, en contrepartie les croisés devaient reprendre le port de Zara ( Zadar en Croatie ), une ancienne possession vénicienne en Dalmatie, pour le compte de Venise.
Dandolo fit grand bruit de son pacte avec les croisés au cours d'une cérémonie à la basilique Saint-Marc.
Puis, il dirigea la flotte croisée contre la ville portuaire de Zara ( Hongroise ).
Ils y arrivèrent la nuit du 11 novembre et projetaient d’y passer l’hiver. Mais le roi hongrois Émeric lui-même catholique était également dans cette croisade.
De nombreux croisés furent scandalisés par cette attaque fratricide et certains rentrèrent chez eux, dont l'armée commandée par Simon IV de Montfort.
Les Vénitiens et les croisés furent immédiatement excommuniés pour cet acte par le pape Innocent III.
Un petit tour par Constantinople
oniface de Montferrat, qui commandait la croisade, avait quitté la flotte bien avant son départ de Venise, pour rendre visite à son cousin Philippe de Souabe.
Nul ne sait pour quelle raison Boniface prit le risque de rencontrer son cousin. Peut-être voulait-il plutôt rencontrer Alexis IV Ange, beau-frère de Philippe et fils de l’empereur byzantin Isaac II Ange, réfugié chez Philippe après l’usurpation du trône par son oncle Alexis III Ange.
Isaac II avait en effet été déposé en 1195 par son propre frère et était gardé prisonnier dans les geôles de Constantinople, atrocement mutilé.
Toujours est-il qu'Alexis fit une proposition impossible à refuser : la récupération du trône de Byzance contre le paiement du solde de la dette des croisés à Venise.
Peut-être Boniface se rappelait-il aussi des anciennes possessions de son propre frère, Conrad de Montferrat, qui avait épousé une des filles de l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène mais avait dut quitter
les terres de l’empire vers 1190. Alexis et Boniface rejoignirent donc ensemble la flotte croisée à Corfou.
Les Vénitiens furent ravis de la proposition d’Alexis, car ils avaient été scandalisés par le comportement des byzantins à leur égard lors des émeutes de Constantinople de 1182, qui coûtèrent
la vie à de nombreux Vénitiens.
Les croisés n’étaient pas enclins à se battre contre d’autres chrétiens, mais le clergé su les convaincre que les Byzantins orthodoxes étaient presque aussi mauvais que les musulmans.
En effet, ils s’étaient alliés à Saladin lors de la troisième croisade, et n’avaient rien fait pour aider la deuxième croisade, il convenait de remettre les pendules de l'histoire à l'heure.
Alexis IV était quant à lui persuadé d’être accueilli en libérateur : malheureusement les habitants de Constantinople préféraient un usurpateur à un empereur soutenu par les « Latins ».
Les croisés et les Vénitiens décidèrent donc de le placer sur le trône 'manu militari' et un assaut eut lieu en 1203.
Alexis III paniqua et s’enfuit, laissant femmes et enfants dans la ville. Le peuple de Constantinople fit contre mauvaise fortune bon coeur et accepta Alexis IV, qui fut couronné empereur.
Son père, Isaac II fut libéré des geôles et installé co-empereur.
Guerre entre Byzantins et Latins
es croisés étaient opposés à l’accession au trône d’Isaac II car cela ne faisait pas partie du marché, de plus ce dernier s’était déjà allié à Saladin.
Cependant, les citoyens byzantins ne voulaient pas d’Alexis comme seul souverain.
Dans ce climat tendu, Isaac II réalisa que les coffres de Byzance avaient été vidés lors du règne de son frère, ce qui força Alexis IV à revenir sur les termes du marché qu’il avait proposé aux croisés.
Alexis avait également d’autres soucis : une véritable guerre civile commençait à poindre, les Byzantins supportant très mal la présence des « Latins » dans leur ville.
Les Byzantins attaquaient fréquemment les croisés quand ces derniers étaient en petit nombre et Alexis demanda à ses alliés de lever le camp pour s’installer
de l’autre côté de l’estuaire qui divise Constantinople. Les affrontements ne cessèrent pas pour autant, de plus, les croisés ne comprenaient pas que des mosquées puissent prospérer en terre Chrétienne
et lors d'une attaque croisée dans une mosquée, les musulmans résitèrent avec vigueur déclanchant une vague de violences de la part des croisés. C'est dans ce contexte de haine irrépressible qu'une grande partie de Constantinople fut brûlée.
Une révolution contre Alexis IV vit le jour et le chef de l’opposition aux 'Latins', Alexis Doukas prit le pouvoir et se fit couronner empereur ( Alexis V ).
Alexis IV fut étranglé et son père Isaac II mourut également dans les jours suivants.
Répression contre Alexis V
es croisés et les Vénitiens, outrés par le meurtre de leur allié, attaquèrent de nouveau la ville en 1204.
Alexis V, qui avait une armée beaucoup plus grande mais moins entraînée, envoya ses troupes à l’extérieur des murs pour un assaut total sur les croisés.
Ces derniers s’armèrent de tout ce qu’ils purent trouver, et l’armée d’Alexis V fit demi-tour et rentra dans la ville.
Il est possible que ses fantassins aient eu peur des chevaliers occidentaux qui les avaient déjà vaincus lors d’escarmouches, cela dit, cette armée plus nombreuse que les croisés ne brilla pas par son courage.
Les croisés attaquèrent sur terre, les Vénitiens rompirent la lourde chaîne qui barrait l’accès au détroit, et lancèrent l'assaut maritime.
Les Varanges ( garde impériale ), luttèrent aux côtés de l’armée d’Alexis V, mais ce dernier prit la fuite à la nuit tombée.
Les croisés creusèrent des trous dans les murs, ce qui permit aux chevaliers de pénétrer l’enceinte,
les Vénitiens arrivèrent également à détruire les remparts par la mer, après de lourdes pertes humaines.
Les croisés s’emparèrent de la partie nord-ouest de la ville autour du palais des Blachernes et l’utilisèrent comme base pour mener l’assaut contre le reste de la ville.
Ils avancèrent en créant un mur de feu, mais le feu se propagea pour causer un incendie encore plus terrible que le premier.
Les croisés furent finalement victorieux, mais considérés par les byzantins comme des barbares.
Les croisés n’en eurent cure et mirent la ville à sac pendant trois jours, au cours desquels de nombreuses œuvres d’art furent volées ou détruites.
Les quatre chevaux qui ornent la basilique Saint-Marc à Venise sont un des nombreux témoignages du sac de Constantinople.
Partition de l’empire byzantin
’empire byzantin fut dépecé entre les Vénitiens et les seigneurs croisés selon un traité conclu entre les deux parties, véritable acte de naissance de l’Empire latin de Constantinople.
Boniface ne fut pas élu empereur, car les Vénitiens considéraient qu'il était trop proche de l’ancien empire à cause des possessions de son frère, et ils installèrent le 'Baudoin des Flandres' sur le trône.
Boniface créa le royaume de Thessalonique, un État vassal du nouvel Empire latin.
Les Vénitiens fondèrent le duché de Naxos dans la Mer Égée, ils se constituaient un vaste empire colonial constitué de comptoirs situés tout le long de la voie maritime entre Venise et Constantinople.
Les réfugiés byzantins fondèrent leurs propres États, dont le plus grand était l’Empire de Nicée dirigé par Théodore Ier Lascaris et le despotat d’Épire.
La quatrième croisade avait complétement échappé au pouvoir Papal qui en était à l’origine.
La Papauté perdit par beaucoup de son pouvoir au profit des monarques occidentaux.
La République de Venise se renforça et tira le meilleur parti de cette quatrième croisade, au dépend de l’empire byzantin.
Les croisades qui suivront seront initiées par des monarques séculiers.
En Avril 1201 Accord de Venise avec les Croisés en vue de la quatrième Croisade.
Le 06 juin 1202 Arrivée des troupes croisées à Venise.
Le 15 juin 1202 Début de la quatrième Croisade (Jusqu’en 1204).
Le 18 Juin 1202 Arrivée des troupes croisées à Venise.
Le 10 aout 1202 Le doge de Venise demande aux Croisés de l’aider à reprendre Zara.
Le 25 août 1202 Venise participe officiellement à la Croisade.
Le 01 octobre 1202 Départ des armées croisées de Venise.
Le 10 Octobre-novembre 1202 Soumission des villes de Trieste et Pula devant les armées croisées.
Le 10 novembre 1202 Les armées croisées débarquent devant Zara.
Le 24 novembre 1202 Prise et pillage de Zara (hongroise) par les Croisés.
Le 10 décembre 1202 Le pape excommunie les Vénitiens pour la prise de Zara.
Le 15 décembre 1202 Alexis IV demande de l’aide aux Croisés pour récupérer le trône de Constantinople.
Le 07 mai 1203 Prise de Corfou par les armées croisées.
Le 24 juin 1203 Arrivée des armées croisées devant Byzance.
Le 06 juillet 1203 Prise de Galata (Byzantine) par les Croisés.
Le 17 juillet 1203 Prise de Byzance par les Croisés.
Le 25 Juillet 1203 Fuite d’Alexis III, Isaac II récupère son trône.
Le 01 août Alexis 1203 Ange fils d’Isaac II est couronné Basileus associé à Sainte-Sophie. Les Croisés demandent à Alexis IV d’honorer le paiement promis.
Le 03 Janvier 1204 Alexis Murzuphle fait assassiner Isaac II et son fils pour s’emparer du trône.
Le 05 Janvier 1204 Alexis V rejette l’ultimatum croisé, concernant leur promesse de rétribution.
Le 10 Mars 1204 Traité entre E. Dandolo et les barons croisés sur le partage de l’empire byzantin.
Le 09 avril 1204 Premier assaut des Croisés contre Constantinople.
Le 12 avril 1204 Nouvel assaut des Croisés contre Constantinople.
Le 13 avril 1204 Fuite d’Alexis III en Thrace.
Le 13 avril 1204 Prise et pillage de Constantinople par les Croisés marquant la fin de la quatrième Croisade.
Le 01 janvier 1204 Construction par al-Adil d’une forteresse à Thabor (plaine d’Acre).
Cinquième croisade débutèe en 1216
nnocent III lança un nouvel appel à la Croisade lors du Quatrième concile du Latran en novembre 1215, mais il mourrut peu après.
Son successeur Honorius III reprit le projet à son compte. Des prédicateurs sillonnèrent les royaumes d'occident pour lancer des appels à la Croisade.
En France, l'appel eu un faible échos, les chevaliers français étant trop occupé à combattre le catharisme dans le sud de la France.
Frédéric II le fourbe
L'empereur germanique Frédéric II avait promis au pape Innocent III de partir en croisade. Il usera de stratagèmes afin de ne point respecter sa promesse.
Les autres partiront sans hâte
e roi André II de Hongrie et le duc Léopold VI d'Autriche entendent l'appel et prennent la route pour la Judée Samarie.
Sur la route qui les mènent à Saint-Jean-d'Arc, ils sont rejoints par le roi Hugues Ier de Chypre, fils du frère de Guy de Lusignan, Amaury II.
À Acre Jean de Brienne, roi de Jérusalem joint son ost à celle des croisés, les préparatifs peuvent commencer.
L’objectif choisi est une citadelle que le sultan Malik Al-Adel vient de construire sur le Mont Tabor et qui contrôle la Galilée et la Samarie.
La citadelle est assiégée du 29 novembre au 7 décembre 1217, mais c'est un échec, la situation de la forteresse ne permettant pas l'usage d'engins de siège.
Le roi de Hongrie déserte
ans aucun scrupule, le roi de Hongrie décida de retourner dans son pays, laissant à Jean de Brienne, le soin de poursuivre la Croisade.
Celui-ci proposa un plan pour s'emparer d'un port stratégique en Égypte et de l'échanger ensuite contre Jérusalem. Le choix se porta sur Damiette dans le nord-est du delta du Nil.
Le 24 août 1218, Damiette est assiégé par les croisés. Le sultan Al-Adel meurt peu après, le 31 août, et c'est son fils Al-Kamil qui le remplaça.
Le légat pontifical : un âne
u mois de septembre, le légat pontifical Pélage Galvani qui ne connait rien en matière militaire, mais envoyé par le pape, arrive à Damiette et prend la direction des opérations, ce qui déplut à Jean de Brienne. Al-Kamil, cherchant à obtenir le départ des Francs, propose alors un échange, celui de la ville de Jérusalem contre leur départ d’Egypte. Jean de Brienne, comme il l'avait prévu, est favorable à cette proposition,
contrairement au légat Pélage qui repousse cette offre, soutenu par les Templiers et les croisés italiens.
Damiette tombe entre les mains des Croisés le 5 novembre 1219. Jean de Brienne refuse
de continuer la croisade et quitte Damiette avec son armée en mars 1220.
Le reste de l'armée commandé par le légat Pélage tente alors de prendre le Caire , c'est un désastre, les croisés, encerclés devant Mansourah, doivent capituler.
Elle échange alors sa liberté contre la ville de Damiette. Cette épisode mit fin à la cinquième Croisade.
l'ignorance et l'intransigeance du légat pontifical transformèrent une victoire en déroute mèmorable.
Le 07 septembre 1215 Concile de Latran appelant à la cinquième Croisade (jusqu’en 1221).
Le 10 février 1217 Expédition des rois de Chypre et de Hongrie contre le Mont-Thabor.
Le 24 août 1218 Débarquement et siège de Damiette.
Le 05 novembre 1219 Prise de Damiette par les Croisés.
Le 12 septembre 1221 Défaite des Croisés à Mansourah.
Le 25 septembre 1221 Évacuation de Damiette par les armées croisées.
Le 29 septembre 1227 Excommunication de Frédéric II suite au non respect de ses promesses de Croisades.
Sixième croisade débutée en 1228
'est le pape Innocent III qui a permis l'élection du jeune Frédéric. Agé de 21 ans en 1195, et vivant en Sicile, il devient de fait le successeur d'Othon IV quand le Pape lâche ce dernier après sa défaite à bouvines le 27 juillet 1214. Frédéric est élu empereur en 1215 en promettant alors de prendre la croix. Il ne tiendra pas sa promesse, trop occupé à régler les problèmes internes au sein de l'Empire. Néanmoins, avec le temps, il comprend que mener une telle expédition lui permettra de se poser en leader de l’Occident, face au pape mais aussi face aux autres souverains comme Philippe Auguste.
Il faudra attendre 1223, pour que la croisade de Frédéric II passe du stade de voeux pieux, à celui de réalité. Le pape organise en 1223 son remariage avec la fille du roi de Jérusalem, en même temps qu’est fixé le départ de la nouvelle croisade ( juin 1225 ). Toutefois, Frédéric II préfère régler ses problèmes en Sicile plutôt que de se préparer sérieusement, et, c'est ainsi que la croisade sera repoussée à 1227. Frédéric II gagne du temps, et en profite pour mettre la main sur le royaume de Jérusalem sans se rendre sur place, en obligeant son beau-père Jean de Brienne à se réfugier à Rome !
Mais cette situation exaspère le nouveau pape Grégoire IX, qui l’excommunie en 1227.
Après moult atermoiements, Frédéric II se décide enfin, malgré son excommunication, à partir pour la Terre Sainte en fin d'année 1228, avec 500 chevaliers. Il se rend d’abord à Chypre où Jean d’Ibelin assure la régence, et s’impose en prétextant que les souverains de l’île étaient ses vassaux, puisque c’était son père Henri VI qui l’avait attribuée aux Lusignan ! La famille des Ibelin devient alors une ennemie de Frédéric. Il parvient ensuite à Acre, mais les Templiers et les Hospitaliers l'ignorent à cause de son excommunication ! En revanche, il bénéficie du soutien des Teutoniques. Frédéric II décide de fortifier la ville de Jaffa, c’est un succès immédiat car, sans combat, il obtient dans cette même cité le traité qui porte son nom le 18 février 1229 ! Il profite en cela d’une guerre civile au sein du royaume des Ayyûbides. Ce traité restitue la ville Sainte aux Latins ( à l’exception de l’esplanade des Mosquées, mais aussi différentes autres places comme Sidon, et des régions qui permettent de reconstituer un semblant de royaume de Jérusalem autour de celle-ci ). Ce traité acte une paix de dix ans avec les Musulmans. Ce succès inattendu, pousse Frédéric II à se rendre immédiatement à Jérusalem en mars 1229, pour s’y faire officiellement couronner.
Mais rapidement le peuple lui reproche son gôut pour les coutumes orientales, la langue arabe et l'art musulman. Dans ce contexte, peu favorable, il décide alors de repartir à Acre, ou il est accueilli par des quolibets et des insultes ! Ne supportant plus ce climat délétère, il quitte le proche-orient et rentre dans son royaume.
ette expédition sera incontestablement une réussite diplomatique, mais vouée à l'échec.
Frédéric II respectait les Juifs et les Musulmans, mais il détestait "la curie", Frédéric II, petit-fils de Frédéric Barberousse, ultime empereur de la dynastie des Hohenstaufen, fut un empereur atypique. De son vivant, ses contemporains le surnommeront "Stupor Mundi" ( la stupeur du monde ), il sera le second, après Godefroy de Bouillon, à reconquérir les lieux saints de la chrétienté.
Polyglotte, cultivé, épris de beauté, Frédéric II fut néanmoins un souverain brutal, qui n’hésita pas à jeter en prison son propre fils pour défendre son trône.
Nous lui devons les constitutions de Melfi, édictées en 1231, qui conservent une bonne part d'inégalités ( le sang d'un juif ou d'un sarrasin y vaut la moitié de celui d'un chrétien - nul ne subira de violence pour la raison qu'il est juif ou sarrasin ). Les constitutions de Melfi sont la première tentative, au Moyen Age, de substituer un Etat laïque, organisé sur la loi et fondé sur un corps de fonctionnaires, à l'instabilité des structures féodales.
ette expédition fut un succès pour les Croisés, mais les résultats atteints par la diplomatie d’un empereur excommunié plutôt que par ses combats, causa un grand désespoir dans la Chrétienté.
Cette méthode a créé un précédent qui influencera les Croisades suivantes.
L’intervention de Frédéric II s'avérera de plus désastreuse pour les institutions du royaume de Jérusalem qui, se retrouvant sans roi, manque désormais d’un pouvoir central et se retrouve en proie à l’anarchie,
les différentes factions ( les barons, les ordres de chevalerie, les compagnies maritimes commerciales ) ayant chacune sa propre politique sans qu’un souverain puisse arbitrer leurs querelles.
Le 30 Juin 1228 Frédéric II prend la mer marquant le début de la sixième croisade ( jusqu’en 1229 ).
Le 07 septembre 1228 Arrivée de Frédéric II à Âcre.
Le 11 février 1229 Traité de Jaffa, Frédéric II récupère Jérusalem, Bethléem et Nazareth.
Le 17 mars 1229 Frédéric II reçoit la couronne du royaume de Jérusalem.
Le 05 mai 1239 « Croisades des barons » qui récupère une partie du royaume de Jérusalem.
Le 10 juillet 1244 Le Sultan d’Égypte s’empare de Jérusalem.
Le 17 octobre 1244 Défaite des armées franco-damastiques à La Forbie contre les armées du sultan d’Égypte.
Le 25 Juin 1245 Le concile de Lyon prêche pour la septième Croisade.
Le 10 janvier 1247 Les Turcs s’emparent d’Ascalon.
Septième croisade débutée en 1244
a septième croisade se déroule de 1248 à 1254, elle est dirigée par Louis IX dit "saint Louis" le roi de France.
Elle débute en Égypte où Louis IX est battu à Mansourah en 1250 et gardé prisonnier jusqu'au paiement de sa rançon. Une fois libéré Louis IX se rend en Judée Samarie, où il y séjourne quatre ans pour sécuriser le pays. Il quitte la Samarie en 1254.
Causes profondes
ors de la Sixième croisade, l'empereur germanique Frédéric II avait obtenu du sultan d'Égypte qu'il lui cède Jérusalem, Nazareth et Bethléem.
Une trêve de dix ans avait été signée dans ce sens, et les musulmans pouvaient continuer à pratiquer leur culte dans la ville de Jérusalem. Frédéric avait été couronné roi de Jérusalem en mars 1229.
Mais son départ précipité pour l'Europe en mai 1229, laissa son royaume sans représentant.
Naturellement des luttes de pouvoir virent le jour dans le camp des chrétiens résidant en Syrie et en Judée Samarie.
Face aux désordres de toutes sortes, les ordres Templier et Hospitalier se comportaient en arbitres et maîtres.
Les marchands italiens rivaux de Pise, Gènes et Venise installés au proche orient se faisaient une guerre commerciale sans précédent. En 1243, les partisans de l'empereur sont éliminés.
Au même moment, les Kwârizmiens ( musulmans ) ravagent le Proche-Orient, et l'été 1244 ils pillent Jérusalem.
Ils reçoivent le soutien du sultan ayyoubide d'Égypte qui est en guerre avec son frère l'émir de Damas.
Les chevaliers chrétiens résidant en Syrie s'allient à ce dernier pour lutter contre les Kwârizmiens et le sultan d'Égypte.
En octobre 1244, les chevaliers chrétiens et leurs alliés de Damas sont sévèrement battus à La Forbie, près de Gaza, par l'armée du sultan d'Égypte.
Celui-ci pousse son avantage et s'empare de Damas en 1245 puis d'Ascalon en 1247.
Le vœu de Louis IX
entrant malade d'une expédition militaire dans le Languedoc le théâtre des guerres religieuses, à l'automne 1244, le roi Louis IX dit "saint Louis"
souffre d'une dysenterie.
En décembre alors qu'il séjourne à Pontoise, et craignant pour sa vie, il fait le vœu de partir en croisade s’il en guérit.
Ayant recouvré la santé, ce qui parut miraculeux pour ses contemporains, le roi respecta sa promesse et se croisa.
Le pouvoir royal y trouve son compte. Cela permet de détourner les rêves d'indépendance des grands seigneurs qui supportent mal le pouvoir royal qui devient pesant depuis le règne de Philippe Auguste.
La chevalerie a du mal à dépenser ses ardeurs militaires car les tournois sont interdits depuis les décisions du quatrième concile de Latran en 1215, décision difficilement acceptée et non respectée
par les chevaliers. Les envoyer guerroyer hors de France permet d'écarter le danger.
La noblesse franque
e roi de France ne reçoit aucune aide des autres souverains occidentaux. Le pape Innocent IV est occupé par sa lutte contre l'empereur Frédéric II,
il a dû fuir Rome pour se réfugier à Lyon, ville indépendante relevant du Saint-Empire mais proche du royaume de France.
En 1245, le pape réunit un concile à Lyon, et appelle à la croisade, il en profite pour priver l'empereur de son trône.
Frédéric II déteste Louis IX dit "saint Louis"
, et, de plus c'est un grand admirateur de la civilisation musulmane. Depuis la sixième croisade il est en bons termes avec le sultan d’Égypte qu'il avertit des projet de croisade.
En Espagne, les rois chrétiens sont occupés par la lente et couteuse Reconquista de la péninsule aux dépens des musulmans.
Venise commerçant avec l’Égypte, craint que la croisade ne mette fin à ses fructueuses relations commerciales.
Les souverains d'Europe orientale sont menacés par les invasions mongoles et ne peuvent s'affaiblir en envoyant des troupes.
Le roi de France ne peut donc compter que sur lui même.
Le roi appelle avec lui ses vassaux qui sont tenus par le serment de fidélité.
Confiant la régence du royaume à sa mère Blanche de Castille, le roi emmène avec lui ses frères, Robert Ier d'Artois, Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et Charles d'Anjou, ainsi que son épouse Marguerite
de Provence.
Le duc de Bourgogne, le comte de Blois, se croisent eux aussi. Le comte de Champagne envoie près de 1000 hommes dont de très nombreux chevaliers.
Quelques troupes parviennent d'Écosse, d'Angleterre, de Flandres, de Bretagne. Au total le roi parvient à réunir près de 25 000 hommes.
Le transport des troupes vers l'Égypte est financé par le roi et la haute noblesse. Venise, Gènes et Marseille louent leurs navires à l'Ost.
La campagne d'Egypte
ouis IX embarque fin août 1248 à Aigues-Mortes qu'il a fait aménager au préalable.
Il arrive à Chypre à la mi septembre, pour y passer l'hiver. La première étape sera l'Egypte puis la Judée.
Les croisés reçoivent des renforts maritimes venus de Saint-Jean-d'Acre, mais la tempête disperse la flotte qui se dirige vers l'Égypte.
Les premiers croisés débarquent près de Damiette le 4 juin 1249. Les musulmans tentent de les repousser sur les plages. Mais battus ils se replient vers Damiette puis vers le sud en direction de Mansourah.
Le 6 juin les croisés entrent dans Damiette, vidée de sa population musulmane.
Les croisés attendent l'arrivée des navires dispersés par la tempête. De plus la crue du Nil commence et interdit tous mouvements dans des terrains inondés.
En octobre, à la fin de la crue, Louis IX reçoit le renfort de son frère Alphonse de Poitiers. Il est alors décidé, malgré l'avis de la plupart des chefs, de se diriger vers le Caire comme le
préconise Robert d'Artois, un autre frère du roi. Louis IX dit "saint Louis"
rejette les propositions du sultan du Caire qui souhaiterait échanger le départ des Croisés contre les villes de Jérusalem,
d'Ascalon et de Tibériade. Le sultan décéde le 23 novembre 1249.
Le 20 novembre les croisés se sont mis en marche vers Le Caire, ils atteignent Mansourah le 21. Mais ils sont bloqués par un bras du Nil.
Ce n'est que le 8 février 1250, grâce à une trahison dans le camp musulman, que les croisés parviennent à traverser le Nil.
Les soldats de Robert d'Artois entrent dans Mansourah où la résistance musulmane est très forte. Robert et ses soldats sont massacrés par les mamelouks du chef Baybars.
Le nouveau sultan arrivé de Damas, s'empare des bras du Nil et verrouille les communications entrent les croisés et Damiette. Le 11 février, les croisés après une dure bataille sont battus à Mansourah.
Le roi Louis IX dit "saint Louis"
malade, ordonne la retraite vers Damiette le 5 avril. Le 6 avril les croisés capitulent, le roi est capturé.
Le 2 mai, les mamelouks renversent le sultan. Mais ils acceptent de négocier la libération des prisonniers.
Les templiers en absence de grand maitre refusent d'avancer l'argent réclamé pour payer la rançon du roi.
Le roi Louis IX ordonne alors que leurs bateaux où se trouvait une partie de leur trésor soient saisis pour payer la rançon. Louis IX dit "saint Louis"
est libéré le 8 mai. Le 13 mai 1250 il débarque à Saint-Jean-d'Acre.
La Judée fait partie du Royaume de Jérusalem, mais sa capitale est aux mains des musulmans. Le roi titulaire est Conrad IV, roi de Germanie, fils de l'empereur Frédéric II. Mais celui-ci est toujours absent.
Louis IX se comporte alors comme s'il en était le roi du Royaume de Jérusalem. D'abord il rétablit l'ordre en mettant au pas les ordres des moines-soldats.
Il fortifie les villes chrétiennes de Jaffa, Saint-Jean-d'Acre, Césarée et Ascalon afin de repousser plus facilement les musulmans. Louis IX régle les litiges entre princes chrétiens.
Ainsi dans la principauté d'Antioche, il confirme le prince Bohémond VI dans sa souveraineté.
Louis IX doit aussi tenir compte des troubles qui secouent le monde musulman environnant.
L'émir ayyoubide d'Alep n'a pas accepté le coup d'état des Mamelouks contre son cousin le sultan ayyoubide du Caire, il s'empare de Damas, puis de Gaza et envahit l'Égypte.
Mais il est battu en 1251. Aussi propose t-il à Louis IX dit "saint Louis"
une alliance contre les Mamelouks en échange de la cession de Jérusalem aux Français.
Louis IX propose la neutralité aux Mamelouks en échange de la libération des prisonniers qu'ils détenaient depuis la déroute des croisés en Égypte.
Le roi espère ainsi récupérer Jérusalem si les Mamelouks sont vainqueurs. Mais Al-Mutasim le calife de Bagdad, chef suprême des musulmans, contraint les adversaires à faire la paix.
Les espoirs de Louis IX se trouvent donc anéantis.
Louis IX se rapproche alors des Ismaéliens, secte musulmane installée au Liban et qui cherche à être indépendants du calife.
Il envoie également une ambassade auprès du khan des Mongols qui par ses conquêtes menace Bagdad.
Sa mère, qui assurait la régence de la France, étant morte fin novembre 1252, Louis IX rentre en France le 22 avril 1254.
Pour continuer son œuvre il laisse derrière lui une centaine de chevaliers et autant d'hommes d'armes, cette escouade dérisoire encourage les musulmans à reprendre les combats .
Le 28 août 1248 Saint Louis quitte Aigues-Mortes pour Chypre.
Le 05 juin 1249 Débarquement des armées de Saint-Louis devant Damiette.
Le 06 juin 1249 Les armées de Saint-Louis entrent dans Damiette que les armées du sultan ont évacués dans la nuit.
Le 08 février 1250 Défaite de La Mansourah, Saint-Louis échappe de justesse aux Mamelouks, et son frère meurt au combat.
Le 06 avril 1250 Saint-Louis et son armée sont capturés et fait prisonniers.
Le 02 mai 1250 Le sultan est reversé par les Mamelouks, une rançon est exigé pour la libération de Louis IX dit "saint Louis" .
Le 06 mai 1250 Saint-Louis et les survivants de son armée rejoignent Saint-Jean d’Âcre.
Huitième croisade débutée en 1270
arti de Cagliari le 15 juillet 1270, la flotte de Louis IX dit "saint Louis"
débarque devant Tunis le 18 juillet et, même si l’effet de surprise a partiellement joué, les fortifications de Tunis ont pu être réparées et l’approvisionnement de la ville assuré. Une langue de terre qui contrôle l’entrée du port de Tunis est occupée, mais la situation s’avère intenable car ils ne disposent pas d’eau potable. Le 21 juillet, la plaine de Carthage, disposan est occupée, puis la ville de Carthage prise d’assaut le 24 juillet. Mais, contrairement aux espérances, le sultan de Tunis ne veut pas se convertir, et se retranche dans la ville en appellant les Mamelouks à son secours. Baybars, qui croyait que les Croisés viseraient l’Égypte, a fait mettre le delta en état de défense, puis organise une expédition de secours vers Tunis. Le commandeur du Temple annonce l’arrivée prochaine de Charles d’Anjou et Louis IX dit "saint Louis" décide de l’attendre afin de pouvoir attaquer Tunis avec un maximum de forces. Les musulmans harcèlent en permanence le camp Croisé et Louis IX interdit qu’on les poursuive, craignant des pièges. La canicule rend le séjour sous tente insupportable, l’eau des puits n’est pas toujours potable et la maladie se répand rapidement dans le camp. Le 2 août, elle emporte Jean Tristan, le fils du roi, puis le roi lui-même le 25 août, le lendemain de l’arrivée des navires de Charles d’Anjou. Le nouveau roi, Philippe III, est trop inexpérimenté pour prendre le commandement et, de toute manière, également malade. Aussi Charles d’Anjou prend-il la direction des opérations et réussit à s’emparer du camp musulman le 24 septembre. Le frère de Louis IX dit "saint Louis" connaissait les méthodes d’évitement et de harcèlement employées par les Sarrasins. Trois jours après le décès du roi de France, il fit se rassembler des navires de commerce et des bateaux rapides sur un étang proche de Tunis. Effrayés par la perspective d’un débarquement en masse, les musulmans renoncèrent à leur tactique. Ils se massèrent en groupe de combat, permettant aux Croisés de livrer une véritable bataille au cours de laquelle le roi de Sicile et le comte Robert II d’Artois fondirent sur eux et les mirent en pièces. Les morts sont nombreux du fait des maladies : Raoul de Grosparmy, le légat du pape, Alphonse de Brienne, comte d’Eu, Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême, le sire de Fiennes, Mathieu III de Montmorency, le maréchal Gautier de Nemours ou le chambellan Mathieu de Villebéon. Mais Charles d’Anjou ne souhaite pas la prise de la ville et le sultan de Tunis, dont l’armée est également décimée par les épidémies, souhaite négocier.
n accord est conclu le 30 octobre. Le sultan verse une indemnité de 210 000 onces d’or, reprend le versement du tribut dû au roi de Sicile, chasse les partisans gibelins de sa cour, accorde la liberté de commerce aux marchands Chrétiens et le droit de prêcher et de prier publiquement dans les églises aux religieux Chrétiens. En échange, l’armée Croisée évacue Tunis en laissant les armes de siège. Le 10 novembre 1270, le prince héritier Édouard d’Angleterre arrive sur les lieux mais, voyant que la paix a été conclue, repart immédiatement en Terre sainte mener la neuvième croisade. L’armée embarque le 11 novembre et fait relâche le 14 devant Trapani. Dans la nuit du 15 au 16, une tempête particulièrement violente se déchaîne et une quarantaine de navires sombrent. Les Croisés conviennent de rentrer en France pour se préparer à une nouvelle croisade qui ne verra jamais le jour.
Le 16 mars 1270 Départ de Saint-Louis pour la huitième Croisade.
Le 01 juillet 1270 Saint Louis quitte Aigues-Mortes en direction de Tunis.
Le 17 juillet 1270 les armées de Saint-Louis atteignent La Goulette.
Le 03 août 1270 Mort de Jean-Tristan comte de Nevers, fils du roi de la dysenterie à Tunis.
e 25 août 1270 Mort de Louis IX dit "saint Louis" à Tunis, son fils Philippe III le Hardi lui succède. L'échec de la septième Croisade, que Louis IX dit "saint Louis" avait interprété comme la punition divine l'affecta considérablement. Au XIII ème siècle, l'Europe n'est plus, comme au XII ème siècle mobilisée contre les infidèles. Comme le disait le poète Rutebeuf : " On peut bien gagner Dieu sans bouger de son pays, en vivant de son héritage. Je ne fais de tort à personne. Si je pars, que deviendront ma femme et mes enfants ? Il sera temps de se battre quand le sultan viendra par ici ". Le danger représenté par les musulmans était devenu moins pressant : déjà expulsés de Sicile, ils commençaient à être refoulés de la péninsule Ibérique. Bien que le tombeau du Christ fût à nouveau sous le contrôle de l'islam, la ferveur religieuse était retombée, de même que s'était dissipé l'espoir d'une colonisation facile et d'une fortune rapide nourrissant les rêves des Seigneurs Occidentaux. De ce point de vue, Saint Louis était devenu un homme du passé : les bourgeoisies marchandes avaient compris depuis longtemps que sans une politique de colonisation agressive, on ne pourrait déloger ni contenir l'islam car les territoires conquis étaient trop éloignés de la France, mieux valait s'accommoder avec les Musulmans même au prix d'accords déshonorants. Saint Louis ne partageait pas ce point de vue et voulut tenter une nouvelle fois l'impossible. Il commença à accumuler l'argent, les vivres et les armes dès 1267. En juillet 1270, il s'embarqua pour Tunis. Il tenait de son frère Charles d'Anjou, roi de Sicile, que l'émir de cette ville avait l'intention de se convertir au Christianisme. Epuisé par la chaleur et le manque d'eau, le vieux roi mourut devant Tunis d'une dysenterie. Avec cet ultime échec, s'achève l'ère des Croisades dont Louis IX incarne la dernière figure.
aybars, en Février 1271 apprenant la mort de Louis IX, reprend ses conquêtes, attaque le comté de Tripoli et emporte le château de Chastel Blanc.
Le 08 Avril 1271 Baybars reprend le Krak des Chevaliers.
En Mai 1271 Baybars assiège Tripoli. C’est alors que lui parvient l’annonce d’une armée croisée, ce qui l’incite à lever le siège de Tripoli et à conclure une trêve de dix ans avec le comte Bohémond VI de Tripoli.
e 12 Juin 1271 Baybars profite de sa présence au nord de Saint-Jean-d'Acre pour prendre le château teutonique de Montfort. En effet, le prince Édouard d’Angleterre, arrivé trop tard pour participer à la Croisade de Louis IX à Tunis, avait décidé de se rendre en Terre Sainte avec un millier d’hommes. Il est rejoint en septembre par son frère Edmond qui apporte également des troupes. La première réaction d’Édouard à son arrivée dans le royaume est de se scandaliser et de chercher à lutter contre le commerce d’armes avec les Mamelouks effectués par de nombreux marchands Chrétiens, notamment les Vénitiens et, dans une moindre mesure, les Génois. Malgré les protestations des Croisés et les excommunications du Saint-Siège, le bayle vénitien d’Acre montre les diplômes et immunités accordés par la cour de Saint-Jean-d’Acre, et Édouard ne peut lutter contre ce commerce, suicidaire pour la consevation des Etats latins d'Orient.
omprenant l’intérêt de l’alliance mongole, Édouard dépêche une ambassade à Abagha, Khan houlagide de Perse, effectue une incursion à Al-Bana, détruit le bourg et revient avec un joli butin. Il se concerte également avec le roi Hugues III de Chypre et le comte Bohémond VI de Tripoli.
En Octobre 1271 Le khan Abagha envoie une armée en Syrie, mais qui ne comporte que dix mille cavaliers car il est lui-même en guerre contre ses cousins. L’armée mongole pille les régions d’Alep et d’Apamée, mais se retire chargée de butin sans affronter l’armée que Baybars a réunie à Damas. Les Francs et les croisés en profitent pour tenter une incursion, mais en raison d’un effectif réduit et du manque de l’appui mongol, n’obtiennent que peu de résultats.
En Novembre Édouard dirige une offensive sur Qaqun, sur la route de Jérusalem, mais cette attaque échoue.
Le 22 Mai 1272 En quittant la Terre sainte, Édouard ne laisse pas le royaume démuni, car le roi Hugues III et lui-même ont conclu à Césarée une trêve de dix ans avec Baybars, grâce également à l’entremise de Charles Ier d’Anjou, roi de Sicile.
Le 16 Juin 1272 Des Nizârites, peut-être commandités par les Mamelouks, prétendent se faire baptiser et pour cela obtiennent la confiance des Croisés, une fois dans la place font un carnage et manquent de peu d’assassiner le prince.
Le 22 1272 Septembre Face au manque de moyens, Édouard rembarque à Acre en direction de l’Europe pour prendre la succession de son père Henri III mourant.
En 1287 Prise de Marqab aux Hospitaliers par le sultan Kalaoûn. Prise de Lattakié aux Hospitaliers par le sultan Kalaoûn.
Le 15 Avril 1289 Qalaoun (Mamelouk) s’empare de Tripoli.
Le 18 mai 1291 Les Mamelouks s’emparent de Saint-Jean d’Âcre marquant la fin de l’Empire latin.
Le 28 mai 1291 Prise de la citadelle du mont Thabor par les troupes du sultan.
Neuvième croisade débutée en 1271
Un aller et retour à Acre
ette croisade est organisée par le prince Édouard d'Angleterre ( futur Édouard Ier ) entre 1271 et 1272, ce n'est pas à proprement parler une croisade au regard du très faible contingent de croisés et également par sa courte durée.
A la mort de Louis IX, Baybars reprend ses conquêtes, attaque le comté de Tripoli et emporte le château de Chastel Blanc (février 1271) et le Krak des Chevaliers ( 8 avril ), puis assiège Tripoli en mai.
C’est alors que lui parvient l’annonce d’une armée croisée, cet événement l’incite à lever le siège de Tripoli et à conclure une trêve de dix ans avec le comte Bohémond VI de Tripoli.
Toutefois, il profite de sa présence au nord de Saint-Jean-d'Acre pour prendre le château teutonique de Montfort le 12 juin.
Le prince Édouard d’Angleterre, arrivé trop tard pour participer à la 8 ème croisade de Louis IX à Tunis, prit la décision de se rendre en Terre Sainte avec un millier d’hommes.
Il fut rejoint en septembre par son frère Edmond et ses troupes, ce contigent qui comptait 3 000 hommes au plus n'était pas de nature à reconquérir quoique ce soit. Avec le recul nous pouvons légitimement nous interroger sur le but réel de ce voyage.
La première réaction d’Édouard à son arrivée dans le royaume fut de s'emporter contre le commerce d’armes avec les Mamelouks effectués par de nombreux marchands chrétiens, notamment les Vénitiens et les Génois.
gnorant les protestations des croisés et les excommunications du Saint-Siège, le bayle vénitien d’Acre produit les autorisations de la cour de Saint-Jean-d’Acre, et Édouard ne peut lutter contre ce commerce,
suicidaire pour la pérénité des établissements latins en Orient.
Comprenant l’intérêt que représenterait une alliance avec les mongols, Édouard dépêche une ambassade à Abagha,
khan houlagide de Perse, effectue une incursion à Al-Bana, détruit le bourg et revient avec son butin.
Il s'accorde ensuite avec le roi Hugues III de Chypre et le comte Bohémond VI de Tripoli.
la fin d’octobre 1271, le khan Abagha envoie une armée en Syrie, mais qui ne comporte que dix mille cavaliers car il est lui-même en guerre contre ses cousins.
L’armée mongole pille les régions d’Alep et d’Apamée, mais se retire chargée de butin sans affronter l’armée que Baybars a réunie à Damas.
Les Francs et les croisés en profitent pour tenter une incursion, mais en raison d’un effectif réduit et du retrait des mongols, ils n’obtiennent que peu de résultats.
En novembre, Édouard dirige une offensive sur Qaqun sur la route de Jérusalem, mais cette attaque échoue.
Puis des Nizârites, commandités par les Mamelouks, prétendent se faire baptiser, les croisés crédules les accueillent à bras ouverts, mais une fois dans la place font un carnage et manquent de peu d’assassiner le prince le 16 juin 1272.
N'ayant pas les moyens de sa politique, Édouard rembarque à Acre en direction de l’Europe le 22 septembre 1272 pour prendre la succession de son père Henri III, décédé le 16 novembre 1272.
En quittant la Terre sainte, Édouard ne laisse pas le royaume démuni, car le roi Hugues III et lui-même ont conclu à Césarée le 22 mai 1272 une trêve de dix ans avec Baybars,
grâce à l’entremise de Charles Ier d’Anjou, roi de Sicile.
La Reconquista
La péninsule hibérique
es Wisigoths sont apparus pour la première fois dans l'Histoire en tant que peuple distinct en l'an 235, quand ils envahirent et dévastèrent la Dacie. À partir de 268, ils s'attaquent à l'Empire Romain et tentent de s'installer dans la péninsule des Balkans. Cette invasion concerna aussi les provinces romaines de Pannonie et d'Illyrie et menaça même l'Italie.
Cependant, les Wisigoths furent battus près des frontières modernes d'Italie et de Slovénie et à la bataille de Naissus, en septembre 269. Au cours des trois années suivantes, ils furent repoussés au-delà du Danube par une série de campagnes militaires menées par l’empereur Claude II le Gothique, le futur empereur Aurélien étant le commandant de la cavalerie.
Néanmoins, ils purent se maintenir en Dacie, qu'Aurélien fit évacuer en 271, transférant les colons romains vers une nouvelle province créée au sud du Danube sous le nom de Dacia Ripensis. Ils y restèrent établis jusqu'en 376, lorsqu'un de leurs deux chefs, l'arien Fritigern, fit appel à l'empereur Romain Valens et lui demanda l'autorisation de pouvoir s'installer sur les berges sud du Danube, afin de se protéger des Huns,
incapables de traverser en force ce large fleuve.
Valens accorda sa permission et aida même les Wisigoths à traverser le Danube. En retour, Fritigern dut fournir des mercenaires pour l'armée Romaine. L'année suivante, une famine éclata sur les terres occupées par les Wisigoths et les gouverneurs Romains de leurs territoires les traitèrent cruellement.
Comme Valens ne répondait pas aux appels à l'aide de Fritigern, celui-ci prit les armes. La guerre qui s'ensuivit se termina le 9 août 378 lors de la bataille d'Andrinople où Valens mourut. Fritigern, victorieux, fut reconnu comme roi par son peuple et les Wisigoths devinrent la principale puissance des Balkans.
Le successeur de l'empereur Valens, Théodose Ier, conclut la paix avec Fritigern en 379. Le traité fut respecté jusqu'à la mort de Théodose en 395. Cette même année, Alaric Ier, le plus célèbre des rois Wisigoths, monta sur le trône, alors qu'à l'empereur Théodose succédaient ses deux fils : Arcadius en Orient et Honorius en Occident. Au cours des quinze années suivantes, les conflits furent entrecoupés par des années d'une paix précaire entre Alaric et les puissants généraux germaniques qui commandaient les armées Romaines.
Après l'assassinat du général d'origine vandale Stilicon (Stillicho) par Honorius en 408 et après le massacre des familles de 30 000 soldats wisigoths servant dans l'armée Romaine, Alaric déclara la guerre. Il fut bientôt aux portes de Rome, et devant le refus d'Honorius de négocier, les Wisigoths pillèrent la ville le 24 août 410.
Cet événement frappa considérablement les esprits des contemporains, et est, pour certains, l'événement symbolique marquant la fin de l'Empire Romain.
Les Wisigoths et leur nouveau roi Athaulf, beau-frère d'Alaric, entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407 à 409. En 416, les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur migration vers la péninsule Ibérique où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d'autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains est conclue par le fœdus de 416, Honorius accorde aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde (actuellement Bordelais, Charentes et Poitou).
La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l'Empire Romain. Le royaume des Wisigoths eut d'abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis les battit à la bataille de Vouillé en 507, ils ne conservèrent que la Septimanie (correspondant au Languedoc) et une partie de la Provence avec l'aide des Ostrogoths.
Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède . En 575, ils conquirent le royaume des Suèves (situé dans le nord du Portugal et la Galice). En 711, le royaume Wisigothique fut détruit par les Musulmans, mais l'organisation culturelle et juridique datant de la fusion des cultures romaine et wisigothique perdura discrètement.
Fin du royaume Wisigothique
écapitulons :
en 711 les Musulmans envahissent la péninsule Ibérique, ils viennent d'Afrique du Nord par le détroit de Gibraltar, qui doit précisément son nom actuel à Tariq, général qui commande l’expédition, et que le roi Rodéric (Rodrigo en espagnol),
l'un des derniers rois Wisigoths, combat personnellement. Il meurt à la bataille de Guadalete. Tariq est appelé à Damas, capitale du califat, pour informer de sa victoire et ne revient pas. Le gouverneur Abd al-Aziz prend sa place et épouse Egilona, veuve du roi Rodéric, organisant ces territoires sous la forme d’un émirat dépendant du califat.
Si l'invasion islamique est rapide, le retour à la stabilité politique et militaire est long. L’Émirat met immédiatement en place une politique de traités avec les nobles wisigoths qui lui permet de contrôler le reste de la péninsule.
En 716 les Arabes commencent à diriger leurs forces vers les Pyrénées pour tenter d'entrer dans le royaume des Francs alors qu'Abd al-Aziz est assassiné à Séville générant une crise telle que, durant les quarante années suivantes,
vingt gouverneurs se succèdent à la tête de l’Émirat qui fait face à de nombreux soulèvements. L'instabilité se poursuit au-delà de la prise de pouvoir mouvementée d'Abd al-Rahman à la tête de l'Émirat qui laisse néanmoins à son fils un territoire indépendant et relativement stable en 788.
Occupation Musulmane
'expansion de l'Islam est irrémédiable, cette évolution rapide est favorisée par les faiblesses des Wisigoths : en 711, le roi Rodrigo dirige encore une campagne militaire contre les Basques dans le Nord. De plus, les élites sont divisées par des affrontements liés à la succession au trône de la monarchie qui est élective et non héréditaire. Les partisans de Rodrigo, duc de Bétique, s'opposent à ceux d'Agila II à Tarragone.
L'aristocratie terrienne, convertie tardivement au catholicisme, est doublée d’une population libre ou servile, dont les conditions de vie difficiles la rendent mécontente. Beaucoup d'entre eux voient la conquête Musulmane comme une amélioration de leur situation. Enfin, la baisse de l'activité commerciale conduit à une sous-estimation de la population juive, qui participe largement à cette invasion.
Les Juifs, maltraités lors des règnes précédents notamment avec leur conversion forcée en 617, offrent un accueil favorable aux musulmans, trouvant également un avantage dans la situation des minorités hébraïques protégées par la juridiction islamique plutôt que wisigothe.
Enfin, le royaume wisigoth avait été particulièrement touché par des famines consécutives à des sécheresses et par des épidémies — la peste de justinien — créant un fort déficit de population qui contribue à sa faiblesse et à sa chute.
En 718, un noble Pélage (Pelayo el Conquistador) se révolte mais il échoue dans sa tentative, et il est fait prisonnier et envoyé à Cordoue (califat de Cordoue). Il s’échappe et organise, dans les montagnes des Asturies, une deuxième révolte concrétisée en 722 par la bataille de Covadonga.
Cet événement est considéré comme le début de la Reconquête. L'interprétation de la bataille de Covadonga est sujet à controverses : tandis que dans les chroniques chrétiennes, elle apparaît comme « une grande victoire contre les infidèles avec l'aide de Dieu », les chroniqueurs arabes décrivent
une confrontation avec un petit groupe de chrétiens, qu’ils vainquirent et se refusèrent à poursuivre après qu’ils furent considérés comme inoffensifs. La vérité se situe certainement à mi chemin entre ces deux versions, il s'agit probablement d'une victoire chrétienne sur un petit contingent d'exploration.
Cette bataille de Covadonga, malgré des forces en présence minimes, a un tel retentissement qu’elle polarise autour de Don Pelayo un foyer de résistance aux musulmans. Les chrétiens des Asturies acclament Pélage pour roi, il conduit la lutte contre les Maures de 718 à 737.
Dès lors, les Musulmans se retirent pour contrôler la partie la plus méridionale de la péninsule. Ils estiment que la domination d’une région montagneuse aux ressources limitées et aux hivers extrêmement rudes n'est pas intéressante, de plus, contrôler ces territoires marginaux implique plus de coûts que de bénéfices,
d'autant plus que les chrétiens dans cette région ne représentent aucune menace. L'urgence est alors la gestion de la contre-offensive de Pépin le Bref au nord des Pyrénées. À partir de 740, sous le règne d'Alphonse Ier (739-757), successeur de Pélage, à la faveur de luttes confuses entre les différents chefs de guerre qui refusent l'autorité du calife de Cordoue et d'un désintérêt des Musulmans pour les terres
de Galice et du Douro, les cités d'Astorga et de León sont prises. Alphonse Ier installe la capitale d'une monarchie asturio-léonaise à León et organise des expéditions qui conduisent à la prise des cités de Braga, Porto, Viseu et Chaves.
Ce sont des conquêtes sans lendemain car le roi ne dispose pas de forces suffisantes pour les conserver et les administrer. Avant même que toutes ces terres ne soient reconquises, on distingue dans le royaume de León quatre grandes divisions administratives : les Asturies, le León, la Galice et la Castille.
Les habitants de ces territoires harceleront Al-Andalus . Le califat de Cordoue organisera des raids de répression. Du temps d’Alphonse II, il y en a un par an sur le territoire asturien. Mais le royaume survit et continue à se développer. Le Douro est franchi en 878 avec des victoires significatives, comme la bataille de Lutos et celle de Polvoraria . Une campagne à Lisbonne, attribuée à Alphonse II, est relatée en 809.
Le royaume des Asturies accueille des migrants de culture hispano-gothique fuyant vers ce royaume chrétien du Nord. Le Royaume est cependant très lié durant cette période à l’Empire franc, en particulier après la « découverte » de la tombe présumée de l'apôtre saint Jacques. Cette découverte va réussir à lier l'Europe chrétienne avec le royaume des Asturies contre une occupation islamisée du Sud de la péninsule.
Le royaume des Asturies subit plusieurs divisions, la première ayant lieu en 910 à la mort du roi Alphonse III des Asturies. Le Royaume est d’abord partagé entre trois de ses cinq enfants : García, Ordoño et Fruela.
Ces territoires incluent, outre les Asturies, le comté de León, celui de Castille, la Galice, les marches de l’Alava et du Portugal alors à la frontière sud de la Galice. García reçoit le León, la Castille et l’Álava fondant le royaume de León. Ordoño reçoit la Galice et le Portugal, et Fruela garde les Asturies.
Le royaume de Pampelune, plus tard appelé royaume de Navarre, a comme origine la famille Banu Qasi qui signe un accord avec les muladies de Tudela. Son premier roi est Inigo Arista. Au début du X ème siècle, la famille Jimena remplace la famille Arista et Sanche Garcés Ier qui en est le premier roi, remporte de grands succès militaires. Pampelune parvient à contrôler sa Navarre originelle, La Rioja, alors appelée royaume de Nájer, qui prendra plus tard le nom de Pays basque.
Des unions dynastiques permettent de prendre le contrôle des comtés de Castille, dépendant du León quoique très autonome, et d’Aragon après s’être transformées en dynastie héréditaire avec le comte Aznar Galíndez, Sobrarbe et Ribagorza
dans les Pyrénées sous le règne de Sanche III le Grand. À sa mort, il lègue le royaume de Pampelune à García IV de Navarre, à qui doivent être subordonnés les dirigeants des autres parties de son royaume : Fernando, qui reçoit le comté
de Castille et Ramiro, qui reçoit le comté d'Aragon, devenant cependant indépendant après l'annexion en 1045 de Sobrarbe et Ribagorza, comtés hérités par son frère cadet, Gonzalo. Le foyer pyrénéen ( royaume de Pampelune, l’ensemble des comtés catalans et ceux d'Aragon, de Sobrarbe et de Ribagorza ), est issu de la résistance Carolingienne dirigée par Charles Martel qui avait permis, en 732, de faire refluer l’invasion musulmane en Aquitaine.
La marche d'Espagne est créée par les Carolingiens après que Pépin le Bref puis Charlemagne eurent reconquis la Septimanie, faisant de cette dernière une zone de confinement militaire pour arrêter les incursions Sarrasines.
C'est une frontière militaire au sud du Royaume franc qui permet que d’autres Chrétiens se fixent dans la péninsule. Le territoire entre la Navarre orientale et la Méditerranée est alors divisé en comtés. L’Est de la marche d’Espagne est occupé par des comtés catalans et des comtés aragonais, Sobrarbe et Ribagorza formant la zone intermédiaire.
Alors que l'intention initiale des Francs était d'amener ces frontières à l'Èbre, la marche se trouve délimitée par les Pyrénées au nord et par le Llobregat au sud lors de la prise de Barcelone par Louis le Pieux le 2 avril 801.
Au fil du temps, et après la prise de Barcelone en 985 par Almanzor, le comté prend son indépendance durant les règnes des comtes Guifred le Velu et Aznar Galíndez. Le comté d'Aragon appartient lui aussi aux comtés de la marche d’Espagne franque.
Il fusionne en 943 avec celui de Pampelune, suite à l’union dynastique entre Endregoto Galíndez et Garcia II de Navarre. Sanche III le Grand lègue le comté à son fils Ramiro à sa mort en 1035. Ce dernier s'émancipe de la tutelle franque et annexe les comtés de Sobrarbe et Ribagorza. Ramiro Ier établit un royaume de facto comprenant les trois comtés occupant les Pyrénées centrales. En 1076 à la mort de Sanche IV de Navarre, il réussit à annexer la Navarre. Mais après la mort de Alphonse le Batailleur cette union se délite.
Le règne d'Almanzor célèbre pour ses saccages, à la fin du X ème siècle, favorise la reprise de la Reconquista. La prise de Barcelone en 985 accélère l'autonomie des comtés catalans de l'Empire Franc. Le pillage de Saint-Jacques-de-Compostelle en 999 est considéré comme un affront dans toute la Chrétienté. À la mort d'Almanzor, en 1009, dans le royaume ruiné commence une guerre civile qui aboutit à l'effondrement du califat en 1031.
Les royaumes chrétiens soutiennent activement les révoltes qui ont lieu dans diverses villes, en particulier à Cordoue, en s'alliant à des clans séparatistes, ce qui leur permet de regagner les places perdues sous le règne d'Almanzor.
Début de la Reconquista
'est en 1063 que le pape Alexandre II octroie une indulgence spéciale à quiconque irait lutter contre les Musulmans en Espagne dans sa bulle "Eos qui in Ispaniam". Les chevaliers de France, aquitains, normands, champenois notamment, viennent en nombre se joindre à leurs pairs d'outre-monts. C'est au cours de luttes confuses qui opposent les chrétiens aux Maures et aux taïfas que la Reconquista gagne du terrain.
La dislocation du Califat en Taïfas souvent rivales facilite une lente avancée chrétienne par le Nord de la Meseta, et par la vallée de l'Èbre. Après un dur combat contre les Taïfas de Saragosse, le royaume aragonais atteint l'Èbre, et conquiert sa capitale en 1118. Ces avancées permettent de consolider institutionnellement les royaumes.
Durant la dissolution du califat, le jeu des unions dynastiques renforce les royaumes Chrétiens. En 1137, le mariage de Pétronille, fille unique du roi d'Aragon, et de Ramón Berenguer IV, comte de Barcelone, donne naissance à la Couronne d'Aragon,
unissant le royaume et les comtés, bien que chaque territoire conserve ses us et coutumes. La Couronne, affirmant son indépendance du royaume de France, avance jusqu'à l'Èbre. Elle finira par reprendre aux Musulmans les territoires qui forment la Catalogne contemporaine. Inversant la situation des siècles précédents, ce sont les royaumes Chrétiens qui imposèrent des tributs aux États musulmans, les parias,
les convertissant en protectorats. En Castille et León, l'avancée aboutit notamment à la conquête du royaume de Tolède le 6 mai 1085. À cette date, près de la moitié du territoire Espagnol contemporain est sous souveraineté Chrétienne. Cette victoire provoque des vagues successives de renforts.
Ibn Tachfin réunit à Ceuta une armée composée de soldats venus de tout l'empire almoravide, du Sahara, du Maghreb ainsi que des différentes tribus comme les Sanhadja. « mal arabisés, mal islamisés, les berbères n'avaient en réalité jamais accepté la conquête arabe, résistant farouchement à ceux qu'ils tiennent pour des envahisseurs. Après leur défaite et leur conversion, leur amour farouche de l'indépendance ne s'était pas éteint »
D'abord appelée en renfort, son armée passe le détroit le 30 juillet 1086. De retour en 1090 il conquiert rapidement le pays sur la trentaine de Taïfas, moins d'une dizaine ont une réelle puissance militaire et une capacité de résistance.
Ils s'emploient à détrôner les petits émirs dont les Taïfas disparaissent une à une, leur arrivée est acclamée par la foule qui, fatiguée de l'état de guerre permanent entre taïfas, est furieuse de la fragilité d'Al-Andalus face aux rois Chrétiens.
Cette conquête marque la fin d'un âge d'or culturel et la fin de la Convivencia. Les Almoravides, Sahariens austères et rigides, favorisent les religieux aux dépens des poètes et des philosophes. Ils déportent des Chrétiens dans leur territoires d'Afrique du Nord. Le caractère profondément pieux et intransigeant du nouveau maître du pays a pour conséquence une application stricte de la loi islamique dans le pays.
Les églises sont détruites et les Juifs condamnés à payer de lourdes taxes. Rapidement les Almoravides sont haïs par la population, tant à cause des hausses d'impôts que du comportement des leurs soldats qui pillaient, saccageaient le pays.
La corruption de l'État prend des proportions alarmantes. Mais les Chrétiens ne renoncent pas. Trente-cinq ans après, en 1121, le pays est en proie à la famine et une révolte éclate dans plusieurs villes, elle est écrasée dans le sang, notamment à Cordoue.
Cela sonne la fin de la présence almoravide sur la péninsule. Des chefs rebelles font appel aux Almohades d'Afrique du Nord qui venaient de conquérir le Maroc. L'arrivée des Almohades tient autant du renfort que d'une nouvelle conquête supplantant les Almoravides et transformant radicalement la situation politique. En 1147 ils dominent le Maghreb et Al-Andalus après avoir infligé une sévère défaite aux Castillans lors de la bataille d'Alarcos.
Pratiquant leur religion avec une rigueur extrême, les Almohades se montrent particulièrement intolérants vis-à-vis des juifs et des Chrétiens mozarabes parlant arabe et arabisés, parfois révoltés, qu'ils expulsent.
Pour parachever l’œuvre de décadence, l'irruption des fanatismes sema partout la ruine et la désolation. Almoravides, Almohades, par vagues successives, l'intégrisme berbère attisé par des illuminés déferla sur le pays incendiant et tuant.
Accusé de trahir les principes de l'Islam, de s'adonner à la pire débauche, de succomber aux tentations, d'un syncrétisme pernicieux, les princes furent assassinés, leurs bibliothèques incendiées, leurs palais rasés.
En 1179, les princes Chrétiens se partagent les terres à conquérir par le traité de Cazola. La Castille profite ainsi d'un accès à la mer Méditerranée par Carthagène, ce qui arrête l'expansion aragonaise au sud. Sur la côte atlantique, la reconquête avance plus rapidement qu'en Estrémadure. Au sud du Douro, les territoires reconquis forment un autre comté, celui de Coïmbra, ville reprise définitivement en 1063 ou 1064.
En gagnant la bataille d'Ourique en 1139, puis en reprenant Lisbonne en 1147, Alfonso Henriques devient roi de Portugal, une indépendance de la Castille que lui reconnaît le Pape en 1179. La capitale s'établit à Guimarães.
C'est une période d’influence européenne intense, avec l'ouverture de courants culturels continentaux (Cluny, Cîteaux) et l'acceptation de la suprématie religieuse de Rome. Le repeuplement entre le Douro et le Tage s'appuie sur des colons libres et des conseils dotés d'une grande autonomie, les fors, pendant que dans l'Èbre les seigneuries Chrétiennes exploitent une population agricole Musulmane.
L’alliance entre les royaumes Chrétiens permet l’effondrement définitif d’Al-Andalus, avec la victoire majeure de Las Navas de Tolosa 1212 et la conquête rapide de tout le Sud de la péninsule (hors Grenade). Durant la première moitié du XIII ème siècle, entre 1217 et 1249, les chrétiens conquièrent la moitié de la péninsule Ibérique. Cette période est connue sous le nom de Gran Reconquista, d'après l'expression de Derek Lomax.
La bataille du détroit où combat le dernier peuple nord-africain de la péninsule, les Benimerines, est particulièrement célèbre. En 1229, Jacques Ier d'Aragon enlève les Baléares, avec la conquête de Majorque, dont la capitale, Palma, tombe le 31 décembre 1229. La prise des îles fut déterminante pour le contrôle de la Méditerranée, privant les Maures d'une base centrale pour le contrôle du commerce maritime. La prise de Cordoue en 1236 et celle de Séville (siège de Séville) par les Castillans sont complétées par les dernières campagnes de la Reconquista aragonaise à Valence. En 1249, Alphonse III de Portugal entre dans Faro, achevant la Reconquista portugaise. À la fin du XIII ème siècle, les Chrétiens portugais jugeant la situation suffisamment sûre prennent comme capitale Lisbonne.
Les musulmans ne dominent plus que dans le royaume abencérage de Grenade qui représente moins d'un dixième de la péninsule. Les Almohades auparavant chassés par les musulmans andalous perdent l'Ifriqiya ainsi que le Maghreb central et sont supplantés en 1269 par une nouvelle dynastie, celle des Mérinides.
La survivance du royaume de Grenade s'explique par plusieurs facteurs. Allié à l'Afrique du Nord, montagneux, et bénéficiant d'une grande cohérence de population (non mozarabes), sa conquête aurait été difficile par la Castille sans son allié aragonais.
En outre, le royaume de Grenade devient alors un vassal utile du royaume de Castille, servant de refuge aux populations musulmanes du Nord. Entre 1350 et 1460, la frontière est, d'une manière générale, en paix ceci malgré la prise d'Antequera.
Le royaume de Castille accepte alors le contrôle de Gibraltar et une vassalité des derniers territoires du royaume de Grenade dans les affaires duquel la Castille intervient souvent.
Fin de la Reconquista
a reconquista espagnole marque le pas après 1250 et en profite pour se refaire une santé . Après 1260 La noblesse Espagnole remporte succès après succès lors des confrontations avec les Musulmans. Seul le riche royaume de Grenade, dans le sud de l’Espagne, reste aux mains des musulmans.
Alfonso X le Sage crée alors à Carthagène, en 1272, l’Ordre de Sainte-Marie d’Espagne (Órden de Santa Maria), sur le modèle de Calatrava. La vocation militaire de l’ordre est appelée à s’exercer sur les mers, et c’est une première (avant l’ordre de Malte et l’ordre toscan de San Stefano).
La défaite navale d’Algésiras en 1279, bloque net son essor l’ordre est supprimé en 1281.
Sur terre et afin d'empêcher la dynastie mérinide du Maroc de secourir Grenade, La Castille contrôle le détroit de Gibraltar . Grisés par ces succès terrestres certains envisagent des croisades en Afrique du Nord !.
La résistance des Musulmans s'avérera beaucoup plus coriace que prévue et il faudra que la noblesse patiente jusqu'en 1492 pour reprendre le dernier bastion musulman (Grenade) et pour que l'Espagne soit libérée complétement de l'occupation Musulmane qui aura duré 8 siècles.