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20 Novembre2024

Hospitaliers & Teutoniques



Ordres Militaires Hospitaliers & Teutoniques

21 Novembre 2024

Les Teutoniques

Chevaliers Teutoniques : maison de l'hôpital des Allemands de Sainte Marie de Jérusalem "Domus hospitalis Sancte Marie Theutonicorum Hierosolomitani". Formé comme ordre hospitalier par des marchands de Brême et de Lübeck lors du siège d'Acre en 1190, il devint un ordre militaire en 1198, obéissant à une règle analogue à celle des Templiers et recrutant uniquement parmi la noblesse allemande.

Grandeur de l'Ordre Teutonique

Croisade des Pastoureaux es Chevaliers Teutoniques (Deutsche Ritter) forment le troisième grand ordre de chevalerie religieuse et militaire issu des croisades, le second étant l'Ordre Templier, le premier étant l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Hospitaliers) fondé en 1113. Si les Templiers et les Chevaliers Teutoniques font l'unanimité chez les historiens quant à leur spécificité "Militaire et Religieuse", il n'en est pas de même pour les Hospitaliers car leur spécificité "Militaire" reste encore à ce jour à démontrer même s'ils participérent aux batailles d'Ascalon en 1154 et de Saint Jean d'Acre en 1151.
Ci-contre la statue d'Hermann von Salza, né vers 1179 à Langensalza en Thuringe et mort le 20 mars 1239 à Salerne, quatrième grand maître de l'ordre Teutonique de 1209 à sa mort. Il joue un rôle important d’intermédiaire entre l'empereur Frédéric II et la papauté.


Les Hospitaliers doivent plutot etre qualifiés d'Ordre "Religieux et Hospitalier armé". Les Chevaliers Teutoniques (Deutsche Ritter) étaient initialement des hospitaliers voués au soulagement des Croisés malades ou blessés. L'ordre Teutonique - d'un vieux mot qui signifie allemand - a été fondé par des chevaliers allemands en 1198 en Terre sainte. Ses moines-soldats étaient reconnaissables à leur grand manteau blanc orné d'une croix noire.
Les premiers membres portaient le titre de Frères de Ste-marie. Réorganisé en ordre militaire en 1190, au siège de St-Jean-d'Acre, par l'empereur Frédéric de Souabe, l'ordre eut dès lors son siège à St-Jean-d'Acre. Les nouveaux chevaliers étaient soumis, pour les devoirs de charité, à la règle des Hospitaliers, et, pour la discipline militaire, à celle des Templiers.
En 1226, il est recruté par le duc polonais Conrad de Mazovie, dont les terres viennent d'être envahies par un peuple encore païen des bords de la mer Baltique, les «Pruzzen» ou «Borussiens».


Les moines-soldats accomplissent leur mission avec une extrême brutalité, en exterminant plutôt qu'en convertissant les populations borussiennes et en implantant des colons allemands qui ne tardent pas à adopter le nom de leurs prédécesseurs. C'est ainsi que la région prend le nom de Prusse. Cette colonisation militaire participe au «Drang nach Osten». Les moines-soldats essuient toutefois un premier échec sur les glaces du lac Peïpous, à la limite de l'Estonie actuelle, face à l'armée du prince russe Alexandre Nevski. Ils ne tenteront pas de pousser plus avant la colonisation allemande.


A la fin des Croisades, l'ordre vint s'établir en Europe où il acquit de vastes possessions en Allemagne, en Italie, en Hongrie, en Transylvanie, et fut mis au rang des puissances européennes. Son histoire se confond dès lors avec celle de la Prusse et des pays riverains du Sud-Est de la Baltique. A partir du début du XV ème siècle son pouvoir commença a se déliter. Il a cessé d'exister de fait avec l'empire d'Allemagne au commencement du XIX ème siècle. Napoléon l'avait définitivement supprimé par un décret du 24 avril 1809 : le roi de Prusse tenta de le relever en 1852 sous le titre d'Ordre évangélique de St-Jean. L'Autriche a également institué en 1840 un ordre teutonique. Mais il ne s'agira plus dès lors que titres honorifiques.

Décadence de l'Ordre Teutonique

teutoniques uand les derniers croisés évacuent la Terre sainte en 1291, le grand maître de l'ordre Teutonique quitte Acre et revient dans son pays, ou il réinvestit la forteresse de Marienburg, en Prusse, dont il fait en 1309 sa capitale. L'ordre Teutonique s'affirme comme une grande puissance séculière, rivale de la Pologne et de la Lituanie voisines. Il est placé sous l'autorité du grand maître, un personnage richissime et prestigieux, désigné à vie, avec rang de prince d'Empire.
En Prusse même, dans les terres administrées par l'ordre, les Allemands de la noblesse comme de la bourgeoisie supportent mal la tutelle des chevaliers Teutoniques et n'hésitent pas à prendre parti pour le roi de Pologne et le grand-duc de Lituanie dans leurs querelles avec l'ordre. Le roi de Pologne Ladislas II Jagellon combat à son tour l'ordre Teutonique. Après ses magistrales victoires, de Kowno (1396), et Tannenberg (1410), où les Teutoniques perdirent 40 000 des leurs ,ils perdirent Marienbourg (1464). Privés de leur capitale, qui fut livrée par trahison aux Polonais, les chevaliers Teutoniques se retirèrent à Koenigsberg, qui devint le chef-lieu de l'ordre.
En 1466, Louis d'Erlichshausen fut obligé, à la suite d'une nouvelle défaite, d'abandonner à la Pologne la partie occidentale de la Prusse : il ne garda que la Prusse orientale, et cela en se reconnaissant vassal de la Pologne (paix de Thorn). Un demi-siècle plus tard, à nouveau vaincus par les Polonais, les chevaliers Teutoniques ne conservent plus que la Prusse orientale sous la suzeraineté du roi de Pologne.
En 1525, Albert de Brandebourg, qui était alors grand maître, se déclara, pour la réforme de Luther, se maria, sécularisa les biens de l'ordre, et se fit reconnaître comme duc héréditaire de Prusse, sous la suzeraineté de la Pologne. Une partie des Chevaliers nommèrent alors à sa place Walter de Cromberg, et le siège de l'ordre fut transporté à Marienthal ou Mergentheim en Franconie ,en même temps, l'ordre des Porte-Glaives se sépara d'eux et se reconstitua sous Walter de Plettenberg.
L'ordre Teutonique se perpétua seulement en Allemagne où il fut réorganisé, le maître d'Allemagne ayant été proclamé grand maître par les chevaliers assemblés à Mergentheim. Les domaines, dont l'administration demeura la principale occupation et la raison d'être des chevaliers, se répartissaient en 12 bailliages (Ballei) :
Thuringe, Autriche, Hesse, Franconie, Coblence, Alsace, Botzen-sur-l'Adige, Utrecht, Alten-Biesen, Lorraine, Saye, Westphalie. Utrecht se détacha en 1637, Coblentz et la Lorraine disparurent avec l'annexion française, mais en 1805, il demeurait 9 bailliages. Le traité de Presbourg (auj. Bratislava, en Slovaquie) donna à l'empereur d'Autriche le droit de désigner pour grand maître un prince de sa famille, lequel percevrait tous les revenus de l'ordre Teutonique.
Il végéta ainsi secrétement jusqu'au début du XIX ème siècle.

Organisation des teutoniques

teutoniques 'ordre est divisé en provinces qui sont les suivantes, après 1309 :
Provinces d'Orient, avec Montfort, la province d'Arménie et la province de Chypre
Provinces d'Occident, avec les provinces de :
Prusse, divisée en bailliages de Pomérélie, région de Culm (Kulmerland), et Prusse. Elle est commandée par le grand maître lui-même.
Livonie, qui regroupe les six commanderies des chevaliers porte-glaives. Elle est commandée par le grand commandeur de Livonie (Landmeister).
Saint-Empire romain germanique qui regroupe douze bailliages ( Utrecht, Biesen, Coblence, Lorraine, Alsace-Bourgogne, Westphalie, Saxe-Thuringe, Hesse-Marbourg, Franconie, Autriche, Bohême et la région de Bozen ). Elle est dirigée par le grand commandeur allemand, ou Deutschmeister.

Spiritualité teutonique

teutoniques réé à partir de la croix du Rédempteur, qui est aussi la marque distinctive de l'ordre, sous la protection de la Vierge Marie, de sainte Élisabeth de Thuringe, et de Saint Georges. La fondation de l'ordre a été une réponse concrète à la situation du lieu et du temps. Depuis son origine, son idéal est de servir les pauvres pour l'amour du Christ, mais également de combattre les infidèles pour la protection de la foi chrétienne contre les ennemis du Christ. Le Saint Siège a donné à l'ordre en reconnaissance de son travail, l'exemption, confirmée encore et encore, c'est-à-dire le privilège de subordination directe au Saint Siège de Pierre. L'ordre déploie aujourd'hui ses activités de bienfaisance dans le soin des malades, des personnes âgées, des pauvres et des nécessiteux dans les formes changeantes de l'action sociale, dans les œuvres d'éducation chrétienne et l'éducation des enfants, des jeunes et des adultes. Son engagement envers le royaume du Christ n'est plus lié à la lutte avec l'épée, mais, selon la tradition de l'ordre, de la lutte dans le débat intellectuel, à la pastorale des migrations.
Chaque frère se lie dans le signe de la croix pour toujours à l'ordre. La croix noire sur fond blanc est le symbole de la victoire du Christ sur les puissances des ténèbres et la mort.

Structure de l'ordre Teutonique

teutoniques 'ordre Teutonique fut l'une des organisations militaires les plus puissantes d'Europe à la fin du Moyen-âge. Il se composait alors de :
Frères chevaliers: ils prononcent les vœux monastiques de chasteté, d'obéissance, de pauvreté et prêtent le serment en plus de combattre les ennemis du Christianisme par les armes. Ce sont donc des guerriers de haut niveau, aussi bien entraînés pour la lutte à cheval que pour le combat à pied. Le chevalier a une armure complète, deux ou trois destriers et des chevaux pour le voyage et le chargement. Le chevalier commande une garnison ou un détachement de guerriers et organise la stratégie des campagnes militaires. Ils sont peu nombreux, ainsi à la bataille du lac Peïpous en 1242, ils ne sont que trente-cinq chevaliers sur les milliers de combattants. Le frère chevalier est issu de la noblesse, mais pas toujours au début, lorsqu'il suffit d'être fils d'un riche citoyen (pour payer l'équipement). À partir du XIV ème siècle, le chevalier doit être issu de la noblesse jusqu'à la quatrième génération, aussi bien en ligne paternelle qu'en ligne maternelle. Il peut être admis, comme aspirant, à partir de l'âge de quatorze ans. Il doit être issu des terres du Saint-Empire romain germanique (la majorité viennent de Souabe et de Franconie). Sa tenue consiste en un surcot, un manteau blanc avec une croix noire sur la poitrine et une grande cape blanche avec une croix noire sur l'épaule gauche.
Frères sergents: ils font partie intégrante de l'ordre avec le rang de sergents et prononcent le même serment, ainsi que les vœux monastiques. Ce sont des guerriers professionnels qui combattent habituellement à cheval. Ils sont recrutés dans la population libre locale (Prussiens ou Polonais), n'ont pas de poste de commandement et assurent la garnison des châteaux forts en période de paix. Ils occupent aussi des fonctions administratives ou hospitalières. Leur tenue consiste en un surcot gris avec une croix noire tronquée. En période de guerre, le grand maître de l'ordre peut donc immédiatement lever une armée, contrairement aux autres souverains européens qui doivent envoyer des messagers dans tout le pays pour réunir leurs barons et chevaliers avec leurs propres troupes, ce qui prend du temps. L'organisation sur place en maillage des chevaliers Teutoniques offre de nombreux avantages, d'autant qu'ils sont disciplinés et unis par le même idéal. Ils sont 800 frères chevaliers à la fin du XIV ème siècle, avec 6 500 frères sergents.
Personnel non militaire: celui-ci ne joue qu'un rôle fonctionnel, ce sont généralement des domestiques, le personnel soignant, ou des prêtres.
Frères prêtres: ils ont une soutane noire avec une cape blanche avec la croix noire Teutonique, et sont en petit nombre, même en comptant les clercs des ordres mineurs.
Servants domestiques ou demi-frères: ils sont recrutés dans la population locale, ne prononcent pas de vœux, mais doivent suivre la règle commune. Ils n'ont pas de costume particulier.
Sœurs: elles prononcent leurs vœux monastiques et ont avant tout une tâche hospitalière. Elles n'ont qu'une seule implantation en Prusse et sont présentes surtout en Germanie.
Demi-sœurs: celles-ci sont les domestiques des précédentes et ne prononcent pas de vœux.
Ces catégories concernent les membres permanents, à vie, de l'Ordre, mais il existe aussi des catégories de membres de l'Ordre qui le servent pendant une période donnée: ce sont les confrères .
Les confrères:
Ils ne prononcent pas de vœux, mais sont soumis à la règle commune pendant leur service qui peut se dérouler pendant une campagne militaire, ou pendant plusieurs années. Ils peuvent se marier, mais doivent léguer la moitié de leurs biens à l'ordre à leur mort. Le fameux Tannhäuser était confrère de l'ordre. La cape blanche de l'ordre se porte sur un surcot habituel, en général bleu, mais la croix Teutonique se porte à droite de la poitrine. Ils sont autorisés à porter leurs armoiries sur leur bouclier.
Les familiers:
Ce sont des membres honoraires de l'ordre Teutonique, chargés de l'aider financièrement et de réunir des fonds. Tous leurs biens et leurs terres étaient légués à l'Ordre après leur mort.
Les chevaliers de toute l'Europe se font un point d'honneur de participer aux croisades prussiennes, après la fin des croisades en Terre sainte. Ils sont désignés par les chroniques, sous le nom d’invités. Ceux de l'Empire se réunissent sous la bannière de saint Georges, ceux des invités des autres pays sous la bannière de Notre Dame. Leurs dépenses étaient couvertes par l'Ordre, et les invités étaient organisés en divisions, correspondant à leurs territoires d'origine. Parmi les invités célèbres, on peut distinguer le Français Jean II de Boucicaut, futur maréchal de France, le comte de Derby, futur Henri IV d'Angleterre, Henri de Lancastre, les rois Louis de Hongrie, Valdemar Ier de Danemark, Jean Ier de Bohême, etc. Des familles aristocratiques envoyaient régulièrement leurs rejetons combattre sous la croix Teutonique, comme les Kniprode, les Alner (en Germanie) les Gistel (en Flandre), les Suffolk ou Worwick (en Angleterre), les La Trémoille (en France). Les commandeurs de commanderies locales peuvent aussi lever des mercenaires qu'ils rémunèrent et organisent en lances de trois hommes. Ils combattent presque toujours à cheval. 3 712 mercenaires (sur les 5 751 mercenaires de l'Ordre) participent à la bataille de Grunwald en 1410.

Abolition de l'ordre Teutonique

teutoniques e 24 avril 1809, de Ratisbonne, Napoléon décréta son abolition, les biens furent donnés aux princes sur les territoires desquels ils se trouvaient.
En 1834, l'empereur d'Autriche François Ier releva l'ordre Teutonique auquel il donna de nouveaux statuts le 28 juin 1840, le titre de grand maître et maître d'Allemagne est porté par un archiduc depuis 1894, c'est l'archiduc Eugène, né en 1863, petit-fils de l'archiduc Charles, au-dessous, sont les deux commandeurs des bailliages d'Autriche et de Tyrol. A cette époque, pour l'admission dans l'ordre, il faut professer la religion catholique et prouver 16 quartiers de noblesse : on distingue les capitulaires, les chevaliers profès et les chevaliers honoraires; les profès font voeu de célibat et sont rentés sur les revenus de l'ordre. Celui-ci entretient deux hôpitaux à Troppau (Ostrava) et Frendenthal et équipe en cas de mobilisation 44 ambulances. L'insigne est une croix d'or émaillée de noir à liséré d'argent. Une nouvelle réorganisation de l'ordre Teutonique a eu lieu le 13 juillet 1865 (22 chevaliers profès et 30 honoraires), l'ordre a été encore étendu le 26 mars 1871.

L’Ordre Teutonique aujourd'hui

teutoniques 'ordre reçoit sa forme actuelle en 1929 : il devient un institut religieux clérical de droit pontifical. Avant la Seconde Guerre mondiale, Adolf Hitler tente de récupérer l'image historique des chevaliers Teutoniques pour exacerber le sentiment d'identité nationale. En effet, leur passé de « conquérant des peuples slaves » est utile dans une propagande anticommuniste et qui souligne la supposée supériorité des races germaniques sur les races slaves. Par la suite, il prend des mesures restrictives contre ce qui reste de l'ordre Teutonique, notamment par des saisies de biens, de terres, et en emprisonnant le grand maître. Il les suppose alliés des juifs et des francs-maçons et cherche donc à les détruire. Malgré les brimades, les chevaliers vont continuer pendant la guerre à soigner les blessés de tous les clans et de toutes les nations, ils cacheront aussi bien des enfants juifs que des partisans communistes et ils veilleront à ce que les soldats de la Wehrmacht aient droit à des procès équitables en 1945, évitant à beaucoup d'être exécutés sommairement. Les Teutoniques se décrivent aujourd'hui ainsi : « La véritable chevalerie n'est pas déterminée sous la forme d'une épée de combat qui est dépassée aujourd'hui, mais plutôt par l'engagement au Christ Roi, la protection et la défense des victimes, opprimées, méprisées et des nécessiteux. Cette attitude est la recherche des actuels frères, sœurs et familiers de l'ordre Teutonique, fidèle à la devise d’aider et de guérir ensemble ». Les chevaliers Teutoniques sont aujourd'hui environ un millier : 100 frères (dont certains sont aussi prêtres), liés par les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. 200 sœurs 700 affiliés, ou « familiers », ou « Marians », laïques ou d'état ecclésiastique, qui cherchent à entériner les efforts de l'ordre pour promouvoir son entreprise et à réaliser ses idéaux. L'ordre a aussi le droit d'inclure dans les provinces des oblats ou oblates. La communauté est divisée en provinces, bailliages et commanderies . En 1957, l'ordre a acheté une maison à Rome qui est le siège du procureur général de l'ordre, et qui sert aussi de maison d'hôtes. Les frères et sœurs sont répartis à travers sept provinces : l'Autriche, le Tyrol du Sud, l'Italie, la Slovénie, l'Allemagne et la République tchèque et la Slovaquie. Les familiers sont répartis dans les bailliages et commanderies suivants : Allemagne, Autriche, Tyrol du Sud, "ad Tiberim" à Rome, le Bailliage de la République tchèque et de la Slovaquie, et dans la commanderie indépendante d'Alden Biesen en Belgique il y a aussi des familiers dispersés dans d'autres pays. Le grand maître est aujourd'hui supérieur général et chef suprême de l'ordre. Il reçoit après son élection la consécration d'abbé épiscopal et possède le rang d'évêque, privilège qui est accordé à l'ordre Teutonique depuis 1933. Depuis 1923, la Grande Maitrise est exercée par des prêtres qui sont élus pour six ans par les frères et sœurs délégués au chapitre général.


Seigneurs des états latins

Les états latins d'orient furent une conséquence directe de la première croisade, ils englobaient le Comté d'Édesse de 1098 à 1146, la principauté d’Antioche de 1098 à 1268, le comté de Tripoli de 1102 à 1288, le royaume de Jérusalem de 1099 à 1291, la conservation des états latins d'orient par les Chrétiens leur demanda beaucoup de sacrifices, néanmoins en 1291 l'aventure chrétienne se termina par la défaite totale des Croisés à Saint-Jean d'âcre.

Les états latins

états latins d'orient insi donc, dans le prolongement de la première croisade venaient de naître les 4 Etats Latins d'Orient :
Le Comté d'Édesse, qui existera de 1098 à 1146 liste des 6 comtes
La principauté d’Antioche, qui existera de 1098 à 1268 liste des 3 princes
Le comté de Tripoli, qui existera de 1102 à 1288 liste des 7 comtes
Le royaume de Jérusalem, qui existera de 1099 à 1291 liste des 8 rois

états latins d'orient l fallait à Baudouin 1 er des ports et il n'en avait qu'un seul Jaffa, le 15 avril arriva dans le port une flotte génoise venant de Laodicée. Baudouin 1 er> alla au-devant de cette flotte avec deux navires, bannières déployées et au son des trompettes. Le roi établit un contrat avec les Génois qui s'engagèrent à l'aider, ce qu'ils firent en attaquant, à dix-huit kilomètres au nord de Jaffa, le port d'Arsouf qui capitula à la fin d'avril. Immédiatement Baudouin 1 er y installa un bataillon de croisés. Puis son armée et les génois allèrent plus au nord attaquer le port de Césarée. Là fut organisé un siège en règle avec grand renfort de mangonneaux. Au terme de quinze jours de combats, les Francs ayant construit une tour de bois plus haute que les murailles, réussirent à pénétrer dans la ville le 17 mai 1101 et ce fut un massacre. Là encore, Baudouin 1 er y installa un bataillon de croisés. Puis se séparant des Génois Baudouin 1 er regagna l'intérieur des terres et atteignit Ramla où il construisit une tour. En août il apperçut une armée égyptienne qui se dirigeait vers Ascalon. Il demanda de suite à Jérusalem des renforts. Cependant il était trop tard, et il dut se résigner à affronter seul l'ennemi. Il n'avait que deux cents chevaliers et mille fantassins, la supériorité numérique de l'armée égyptienne était écrasante. L'assaut eut lieu le 7 septembre 1101 dans la plaine de Ramla, Baudouin 1 er avait divisé ses forces en cinq parties : les trois bataillons furent écrasés, les deux autres, chevaliers croisés de Jérusalem et de Judée commandés par lui-même, rétablirent la situation. Il avait galvanisé les soldats : "Si vous êtes tués vous serez des martyre" "Si vous vainquez, c'est la gloire éternelle". "Quant à fuir, n'y pensez pas la France est trop loin ils vous tueront". La vraie Croix portée par un évêque l'accompagnant, Baudouin 1 er avait chargé avec furie, monté sur sa jument appelée "la Gazelle" à cause de sa vitesse, il y fit des merveilles. Attaqué par un émir, il lui trancha la tête, les musulmans se replièrent vers Ascalon. En mai 1102 Baudouin, dont les possessions s'étendaient, faillit tout perdre dans une bataille à Ramla. Revanchard, le vizir d'Egypte al Afdal avait concentré une armée de vingt mille combattants au nord d'Ascalon, le long de la côte. Baudouin, apprenant cette nouvelle, mais ignorant les réélles forces musulmanes, commit l'imprudence d'attaquer avec ses maigres forces ( deux cents chevaliers ). Les Francs furent encerclés le 17 mai 1102 à Yasour. Ce fut un massacre, le soir, Baudouin 1 er put, avec les survivants, s'enfermer provisoirement dans Ramla. Alors se produisit un événement providentiel : un sheikh se présenta à l'entrée de la ville et demanda à parler à Baudouin 1er. Le roi qui avait naguère sauvé la femme de ce sheikh, et ce dernier lui en gardait une grande reconnaissance. Il le laissa s'enfuir à la faveur de la nuit, avant l'assaut du matin. Baudouin 1 er s'élança donc avec son écuyer et quelques compagnons au milieu de l'armée ennemie. Il fut poursuivi, mais il put s'échapper. Au petit jour, Ramla fut reprise par les musulmans et presque tous les Francs furent massacrés. A Jérusalem le bruit se répandit que Baudouin 1 er était mort, la terreur fut si grande que l'on parla d'évacuer la ville pour gagner la côte. Un des rares rescapés de la bataille, Gutman de Bruxelles, redonna le moral aux habitants. Cependant Baudouin 1 er arrivait à Arsouf, blessé et épuisé, le 19 mai. De là il gagna par mer Jaffa. Là aussi, ayant arboré sur son bateau la bannière royale, des navires égyptiens se mirent à sa poursuite, mais le vent leur fut contraire. A Jaffa en quelques jours Baudouin 1 er> regroupait les forces Franques et le 27 mai il sortait de la ville et attaquait une armée égyptienne qui campait non loin de là. Au bout de quelques heures de combat, elle prenait la fuite vers Ascalon. Les Francs firent un grand butin. Baudouin 1 er> rentra triomphalement à Jérusalem.


Dès l'année 1102, Baudouin 1er a conscience de l'importance de la position de Saphet la route de Damas à Acre, et demande à un fidèle "Hugues de Saint-Omer", prince de Galilée, d'y ériger une forteresse. En juillet 1103 pour protéger les pèlerins, le roi de Jérusalem organisa une expédition sur la côte, entre Caïffa et Césarée. La route était resserrée entre la mer et les contreforts méridionaux du mont Carmel formant un défilé appelé "le Destroit ou Pierre-Encise", des pillards arabes s'y abritaient pour attaquer et détrousser les caravanes de pèlerins. Lors de cette expédition, Baudouin 1 er reçut dans les reins un coup de lance qui le fit tomber évanoui de son cheval. Il gardera des séquelles de cette blessure toute sa vie. Plus tard, dans de ce défilé de Pierre-Encise, les chevaliers du Temple bâtiront la puissante forteresse d'Athlit ( Château Pélerin ). En avril 1104 une flotte génoise forte de soixante-dix galères ayant aidé le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles, à s'emparer du port de Byblos (Djebeil), Baudouin 1 er demanda à cette escadre de l'aider à conquérir le port d'Acre. Le siège commença à terre et en mer les 5 et 6 mai. Trois semaines après, les habitants capitulèrent le 26 mai. Saint-Jean-d'Acre deviendra le port Franc le plus important de la Judée avec le plus gros trafic commercial de toute la côte. Après la prise d'Acre, il restait encore aux musulmans, les ports d'Ascalon et de Tyr, de Saïda et de Beyrouth.

Baudouin 1 er

états latins d'orient gissant en souverain responsable à l'égard des autres princes et seigneurs de la Terre Sainte, le comte de Tripoli, le prince d'Antioche et le comte d'Edesse, il leur apporta son concours militaire et aussi son arbitrage dans leurs conflits. En mars 1109, Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, et Guillaume Jourdain, neveu de ce dernier, sont en compétition pour devenir comte de Tripoli. Tancrède soutenant Guillaume Jourdain, Baudouin 1 er> trancha l'affaire et donna raison à Bertrand. Un mois plus tard, il arrive avec ses troupes pour prêter main-forte à Bertrand devant Tripoli assiégée depuis dix ans, ce coup de force s'avère payant car la ville ouvre ses portes. L'année suivante, il repousse les prétentions de Tancrède à la suzeraineté sur Edesse et rétablit Baudouin de Bourcq ( son cousin ) qu'il avait mis lui-même en 1100 à la tête du comté d'Edesse. En 1111, ses efforts de conciliation entre les seigneurs Francs portent leurs fruits, face à une menace d'invasion des Musulmans. Accourant de toutes parts, les armées Franques se retrouvent à Chastel Rouge près de l'Oronte : le roi est là, avec sa chevalerie, ainsi que Bertrand de Tripoli et Tancrède, prince d'Antioche, avec leurs contingents. Bientôt Baudouin de Bourcq et Jocelin de Courtenay les rejoignent avec leurs troupes. C'est une armée Franque de seize mille hommes qui fera mouvement vers Apamée tandis que l'armée musulmane prenait position devant la citadelle de Sheïzar sur l'Oronte. Il y eut des combats féroces, mais aucune des forces en présence ne put revendiquer la victoire. Baudouin 1 er, en dix-huit ans de règne, a donné au royaume de Jérusalem une administration chrétienne féodale et l'a doté d'une milice de moines soldats. Baudouin 1 er de Jérusalem décéda le 02 Avril 1118 à El-Arich, une ville située à 80kms au Sud Ouest de Jérusalem. Baudouin 1 er et son frère Godefroy reposèrent tous deux dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Les deux ports de Tyr et Ascalon ne furent conquis, qu'en 1124 et 1153 ....

Une colonisation à minima


En 1113, les troupes de Jérusalem étaient en campagne militaire sous les ordres du roi dans la région de Tibériade, lorsque l'armée égyptienne vint jusque sous les murs de la capitale qui, privée de défenseurs, fut sur le point de capituler. Lors de la première croisade, avant la prise de Jérusalem par les Francs, les Musulmans avaient renvoyé les chrétiens qui y habitaient, et lorsque les Croisés y furent entrés ils en chassèrent les Infidèles. Ainsi la ville se trouvait-elle fort peu peuplée. Baudouin 1 er> vit de suite tout le danger qu'une telle situation pouvait générer et agit en conséquence. Il fit informer secrètement les chrétiens syriaques et grecs qu'il leur proposait de venir s'établir à Jérusalem où il leur assurerait une existence convenable. Un grand nombre de chrétiens, vivant sous la domination musulmane, accoururent avec leurs familles et leurs biens. Ainsi Baudouin 1 er assura non seulement le repeuplement de Jérusalem mais il installa aussi des populations agricoles dans les casaux de Judée Samarie, qui prospérèrent. Et il avait si bien assuré le gouvernement de son Etat que la confiance d'y vivre dans la sécurité et l'aisance se propagea outre mer et que beaucoup d'Occidentaux vinrent se fixer définitivement en Terre Sainte. Cette fusion entre Croisés installés en Judée Samarie et immigrants arrivés après la croisade est clairement exprimée par Foucher de Chartres, le chapelain de Baudouin 1 er et quelques années après la mort de celui-ci il écrivait : "Dieu a transformé l'Occident en Orient.

Une conquéte Franque fastidieuse

états latins d'orient l ne faudrait pas croire que les chevaliers chrétiens en orient se soient uniquement interressés à l'aspect militaire de cette aventure, ils se sont également préoccupés du développement économique des nouveaux états latins d'Orient, et ils ont élaboré une charte nommée les « Assises de Jérusalem », fondement de l'organisation du royaume, calquée sur les royaumes d'occident. Quand le légat de Frédéric II, le maréchal Filanghieri, s'arrogea au nom de l'empereur des droits dictatoriaux, les seigneurs et notables chargèrent Balian de Sagette de le rappeler au respect des coutumes et franchises de la Chrétienté d'Orient inscrites dans les Assises. On sait qu'après la prise de Jérusalem ( 15 juillet 1099 ), nombre de Croisés, estimant leur devoir rempli, s'en retournèrent chez eux. Ceux qui fort peu nombreux, décident de rester sur place doivent penser à assurer l'avenir. Tancrède pare au plus pressé en occupant la Galilée il relève les murs de Tibériade et de Beisan, l'ancienne Scythopolis, pour se garder des incursions ennemies venues de l'Est. Afin de se prémunir contre une attaque qui viendrait du sud de la mer Morte, Godefroy de Bouillon fortifie Hébron. Il convient de renforcer les défenses côtières, Jaffa, indispensable pour assurer les relations avec l'Occident et se défendre des attaques des flottes égyptiennes. La prise de Haiffa par Tancrède le 20 août 1100, un mois après la mort de Godefroy de Bouillon fournit un second port. L'année suivante, c'est le tour d'Arsouf et de Césarée, en 1104 Baudoin s'empare d'Acre qui deviendra le grand port du royaume. C'est en 1104 que Baudouin 1er conscient du danger demande à Geoffroy de Saint-Omer de créer une milice armée dans les états latins nouvellement créés ....

Une aventure vouée à l'échec

états latins d'orient l serait trop fastidieux de relater les innombrables batailles des Francs, il convient seulement de rappeller que rien ne fut simple en Orient et rien ne fut jamais acquis car les Francs ne s'étaient pas donnés les moyens de réussir une implantation durable en Orient. Pour réussir, ce projet aurait du faire la part belle à un vaste plan de colonisation Chrétienne, ce qui ne fut pas le cas car les seigneurs occidentaux avaient besoin de tous leurs serfs pour gérer leurs biens en Occident. Tous les rois de Jérusalem useront de courage mais également de finesse pour conserver leurs biens le plus longtemps possible, Baudouin 1 er décédera en 1118, lui succéderont :
- Baudouin II de Bourcq du 14 Avril 1118 au 21 Août 1131
- Mélisende du 21 Août 1131 au 10 Novembre 1143
- Foulques d'Anjou du 21 Août au 1131 10 Novembre 1143
- Baudouin III du 10 Novembre 1143 au 10 Février 1162
- Amaury Ier du 10 Février 1162 au 11 Juillet 1174
- Baudouin IV le Lépreux du 11 Juillet au 1174 16 Mars 1185
- Baudouin V du 20 novembre 1183 au 11 août 1186
Les deux derniers rois du grand royaume de Jérusalem furent :
- Sibylle du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
- Guy de Lusignan du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
Comme Jérusalem fut reprise par les Musulmans en 1187, les rois suivants du royaume de Jérusalem ne furent plus inhumés dans cette ville.
états latins d'orient aladin reprendra donc Jérusalem en 1187, ce qui sonnera le glas des états latins d'orient. Il y aura encore des croisades pour essayer de reconquerrir les territoires perdus mais les armées Chrétiennes trop peu importantes ne pourront jamais plus rivaliser avec les armées Musulmanes. Louis VII, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion, Louis IX>, et bien d'autres souverains occidentaux tenteront de reprendre les territoires perdus en orient mais ils ne se donneront pas les moyens de leurs politiques et les 2 ème 3 ème 4 ème 5 ème 6 ème 7 ème 8 ème 9 ème croisades se solderont toutes par des échecs. Les Chrétiens au proche Orient tomberont de Charybde en Scylla.

Après 1187 ce qui reste des états latins d'orient deviendra le royaume d'orient à Saint-Jean d'Acre et Guy de Lusignan en sera le premier souverain, puis, se succéderont Isabelle 1ere, Conrad Ier, Henri de Champagne, Amaury II, Marie, Jean 1er, Isabelle II, Frédéric II. En 1250, les seigneurs se débarrasseront des hommes de Frédéric II et organiseront un gouvernement collégial. Ils maintiendront un semblant de royauté, mais celle-ci sera purement nominale et les rois ne viendront plus dans le royaume.


Profanation des sépultures royales


Profanation  des Sépultures des huit rois Chrétiens de Jérusalem par les Chrétiens Coptes evenons dans l'église du saint Sépulcre de Jérusalem, ou les 8 sarcophages de Godefroy de Bouillon, Baudouin 1er, Baudouin II de Bourcq, Foulques d'Anjou, Baudouin III, Amaury Ier, Baudouin IV le Lépreux, Baudouin V y restèrent jusqu‘au XVI ème siècle. A cette époque, tandis que ceux de Godefroy et de Baudouin Ier restaient à leur place dans l'église, les autres sarcophages pour une raison encore à ce jour inconnue, furent déplacés vers des lieux de passage dans l'église. Au début du XIX ème siècle survint une catastrophe dans l'église du saint Sépulcre. L’incendie qui ravagea le Saint-Sépulcre le 12 octobre 1808 épargna les tombeaux, mais les franciscains qui étaient en charge de l'église depuis l'année 1605 étaient tellement pauvres qu'ils ne purent entreprendre les travaux de restauration.
Les Grecs Coptes, ennemis héréditaires des Catholiques, en profitérent et, grands Seigneurs, proposérent de reconstruire l’église à leurs frais, se gardant bien de leur dire qu'ils profaneraient les sépultures des rois Chrétiens qui s'y trouvaient.
En 1809 leur architecte décida de casser les deux sarcophages de Godefroy de Bouillon et de Baudouin 1erde Jérusalem pour en faire des matériaux de construction afin d'édifier de nouveaux murs, et, les ossements et débris de vétements trouvés dans les sarcophages furent jetés dans les décombres qui furent ensuite évacués à la décharde publique ! A l'emplacement de ces deux sarcophages l'architecte fit construire deux bancs en pierre liés dans les nouvelles maçonneries, adossés aux murs et se faisant face. Les 6 autres sarcophages, furent stockés sans précaution dans la crypte d’honneur.
En 1809, les Chrétiens de France qui avaient survécu à la révolution avaient d’autres préoccupations, l’affaire sombra dans l'oubli et n'eut aucune suite. Le Pape Pie VII lui même ne fut pas troublé par ce scandale, peut-être parce qu'il était lui même fort occupé à se sortir des griffes de l'Empereur Napoléon Bonaparte qui venait d'annexer les États pontificaux.
En 1845, la crypte d’honneur, où reposaient les 6 autres rois de Jérusalem, fut transformée en réfectoire. Les sarcophages des 6 rois ( Baudouin II de Bourcq, Foulques d'Anjou, Baudouin III, Amaury Ier, Baudouin IV le Lépreux, Baudouin V ) subirent le même traitement que celui infligé 37 ans plus tôt aux sépultures de Godefroy et de Baudouin 1er ( ouvrages et ossements jetés en décharge publique ).
Le Pape Pie IX ne fut pas plus perturbé que son prédécesseur par ce nouveau scandale, pourtant il se proclamait "le pape des droits de l'homme", et Victor Hugo lui même prononça à la Chambre des pairs le 13 janvier 1848 un éloge vibrant de Pie IX. Ce Pape tout acquis aux idées Républicaines ( qui avaient le vent en poupe ) ne se souciait pas de ces profanations qui auraient pourtant dû le faire réagir. Ce Pape oubliait délibérément les rois Chrétiens qui avaient contribué à consolider l'église Catholique, au profit des nouveaux dirigeants Républicains pourtant bien éloignés de la Chrétienté.
De nos jours, dans la chapelle du Saint-Sépulcre, adossés aux murs et insérés dans la maçonnerie, il existe toujours deux bancs de pierre qui se font face, ces bancs sont à l'emplacement des deux sépultures, et certains voyageurs prennent encore à tort ces bancs pour les tombeaux de Godefroy et de Baudoin.


Création de l'Ordre Hospitalier

Hospitaliers ’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem trouve son origine dans un hôpital fondé par un groupe dirigé par Frère Gérard (appelé par erreur de traduction Gérard Tenque), dans la Ville sainte au milieu du XI ème siècle pour héberger les pèlerins venus prier sur le tombeau du Christ. Pendant deux siècles, les frères accueillent des voyageurs, riches ou pauvres, malades ou non portent assistance aux déshérités et délivrent des soins médicaux aux blessés de guerre. D’abord ordre religieux, il est investi de responsabilités militaires dès le XII ème siècle avant même de devenir pleinement un ordre religieux-militaire. Pour preuve, l’apparition de frères d’armes, engagés avec les Templiers dans la défense des Lieux saints et des États latins d’Orient, et la grande forteresse du Crac des Chevaliers, qui atteste aujourd’hui encore de l’importance des moyens consacrés à cette tâche. La Terre sainte, mais aussi la péninsule Ibérique, sont le terrain d’élection de leur engagement dans les combats et la défense des forteresses. Pour mener leurs missions sur le « front », ils peuvent s’appuyer sur des ressources accumulées à « l’arrière », dans la chrétienté latine d’Occident, grâce à un puissant réseau de maisons et provinces. Chassé de Terre sainte à la chute d’Acre en 1291 en meme temps que les Templiers, l’hôpital se replie à Chypre avant de s’établir à Rhodes à partir de 1310. Assiégé par Soliman le Magnifique, il se réfugie à Malte fin 1521.

Organisation de l'ordre

états latins d'orient 'est en 1130 que Raymond du Puy rédige et applique une première règle calquée sur celle de saint Augustin. La règle de saint Augustin est certainement la règle la plus communautaire, elle insiste plus sur le partage que sur le détachement, plus sur la communion que sur la chasteté et plus sur l'harmonie que sur l'obéissance. Composée en latin, elle comporte dix-neuf chapitres :
Comment les frères doivent faire leur profession
Les droits auxquels les frères peuvent prétendre
Du comportement des frères, du service des églises, de la réception des malades
Comment les frères doivent se comporter à l'extérieur
Qui doit collecter les aumônes et comment
De la recette provenant d'aumônes et des labours des maisons
Quels sont les frères qui peuvent aller prêcher et de quelle manière
Des draps et de la nourriture des frères
Des frères qui commettent le péché de fornication
des frères qui se battent avec d'autres frères et leur portent des coups
Du silence des frères
Des frères qui se conduisent mal
Des frères trouvés en possession de biens propres
Des offices que l'on doit célébrer pour les frères défunts
Comment les statuts, dont il est question ci-dessus, doivent être rigoureusement observés
Comment les seigneurs malades doivent être accueillis et servis
De quelle manière les frères peuvent corriger d'autres frères
Comment un frère doit accuser un autre frère
Les frères doivent porter sur leur poitrine le signe de la croix
Cette règle établit clairement trois choses, c'est bien une règle monastique, elle parle par deux fois de l'accueil des malades et elle fixe le signe distinctif des croisés, le signe de la croix sur la poitrine, pour les frères Hospitaliers la chasuble sera noire et la croix sera blanche. La date exacte de l'approbation de la règle par le pape Eugène III n'est pas connue avec exactitude mais les historiens la fixent avant 1159. Il est maintenant possible de parler de la fraternité de l’Hôpital : « C'est la convergence entre la mise en place des premières structures administratives régionales et l'élaboration de la règle par le maître Raymond du Puy et son approbation par le pape Eugène III au milieu du XII ème siècle qui permettent de dire que, alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre ». Un nouvel ordre est né, l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem.

L'Ordre, une puissance maritime

états latins d'orient yant trouvé refuge dans l'île de Chypre et installés à Limassol, les Hospitaliers constatent que la ville est ouverte aux saccages des pirates arabes. Le chapitre ayant refusé l'installation en Italie pour rester au plus près de la Terre sainte à reconquérir, il devient évident qu'il faudra armer une flotte pour défendre l'île. En Terre sainte, l'Ordre armait quelques bâtiments qui permettaient aux membres de l'Ordre de se déplacer et de convoyer des pèlerins. Un certain nombre de ceux-ci se retrouvent à Chypre ayant ramené les réfugiés et les frères de Palestine et d'autres amené d'Europe les participants au chapitre général. L'historien de l'Ordre Giacomo Bosio (1594-1602) écrira : « Bientôt on vit sortir des différents ports de l'île plusieurs petits bâtiments de différentes grandeurs, qui revenaient souvent avec des prises considérables, faites sur les corsaires infidèles » . Établis sur une île, ils n'ont pas d'autre moyen pour continuer le combat que d'aller sur mer et de se payer sur l'ennemi. Si des pirates infidèles sillonnaient les mers pour enlever des pèlerins, le prétexte était parfait pour justifier une guerre de course. Ces deux nouvelles activités de l'Ordre, la marine et la course, vont donner les moyens d'une nouvelle puissance aux Hospitaliers. Le pape Clément V autorise en 1306 le nouveau grand maître Foulques de Villaret (1305–1319) à armer une flotte sans l'autorisation de Henri II roi de Chypre. L'Ordre dispose alors de deux galères, une fuste, un galion et deux dromons. Dans cette région de la Méditerranée orientale, les côtes très découpées, peu accessibles par terre, et la présence de nombreuses îles procurent de nombreux repaires aux pirates favorisant tous les trafics commerciaux mais aussi humains. À cette période, l'île de Rhodes est un refuge sûr pour tous ces trafics. Installé à Malte, l'Ordre développe sa puissance maritime et maintient la paix en Méditerranée en combattant les Ottomans et les Barbaresques avec, pourtant, une flotte nettement inférieure, en unité navale, aux flottes musulmanes. Servir sur les galères de l'Ordre devient un passage obligé pour tous les aspirants chevaliers, souvent reçus dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dès leur plus jeune âge. Les familles nobles, majoritairement françaises, payaient à prix d'or le passage de leurs fils à Malte pour que ceux-ci deviennent pages du grand maître ou d'autres dignitaires de l'Ordre. Après une période de noviciat de douze mois, les novices devenaient chevaliers en prononçant leurs vœux. Ils devaient alors faire leurs caravanes. Ces caravanes, au nombre de trois, (quatre au XVII ème siècle) duraient généralement six mois chacune et formaient entre vingt et trente chevaliers par galère. Rapidement, la flotte de l'Ordre devient une sorte d'académie navale avant l'heure, de grande réputation, attirant des nobles de nationalités étrangères à l'Ordre comme des Russes ou des Suédois qui s'engageaient comme volontaires pour une durée de deux ou trois ans. C'est ainsi que de grandes personnalités navales ont été formées dans l'incubateur maritime de l'Ordre. Quand il fallut recréer une marine française pour affirmer la puissance maritime de la France, le cardinal de Richelieu choisit pour modèle la tradition navale de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem .

L'Ordre, une puissance coloniale

états latins d'orient u XVI ème siècle, un l'Hospitalier Nicolas Durand de Villegagnon commande la flotte de Gaspard II de Coligny qui colonisera la cote du Brésil sous le nom de France antarctique. Il donne son nom à l'ilha Villegaignon dans la baie de Rio de Janeiro. Au XVII ème siècle, lors de la colonisation française des Amériques, parmi les administrateurs figuraient des chevaliers Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem comme Aymar de Chaste, Isaac de Razilly en Acadie, Charles Jacques Huault de Montmagny au Québec ou Philippe de Longvilliers de Poincy aux Antilles. Ils participaient à la colonisation en tant que représentants du roi de France mais non comme membre de l'Ordre. Mais de 1651 jusqu'en 1665, les Hospitaliers interviennent en leur nom comme colonisateur-administrateur aux Antilles. Déjà en 1635, Razilly propose sans succès au grand maître Antoine de Paulo d'établir un prieuré et des commanderies en Acadie. Poincy qui avait servi sous les ordres de Razilly comme commandant de fort en Acadie partageait les vues de son supérieur. Poincy est nommé gouverneur de l'île Saint-Christophe pour le compte de la compagnie des îles d'Amérique avant d'être nommé lieutenant-général pour les Caraïbes par Louis XIII en février 1639. Poincy va investir à titre personnel dans le développement de l'île. Il charge en 1640 François Levasseur de prendre possession de l'île de la Tortue. Son action est considérée comme trop indépendante de ses commanditaires. L'ordre des Hospitaliers lui reproche aussi d'utiliser les produits qu'il tire de sa commanderie française pour entretenir un train de vie non compatible avec celui d'un membre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il est finalement remplacé dans ses fonctions par Noël Patrocle de Thoisy le 25 février 1645. Le 25 novembre 1645, Poincy s'oppose au débarquement de Thoisy à Saint-Christophe. Après de multiples péripéties Poincy se fait livrer prisonnier Thoisy et le renvoie en France en 1647. Malgré l'appui des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la cour du Roi, Poincy doit payer 90 000 livres en dédommagement à Thoisy. Resté à Saint-Christophe, Philippe de Longvilliers de Poincy établit en 1648 la première colonie européenne sur Saint-Barthélemy et envoie un renfort de 300 hommes sur Saint-Martin pour conforter la petite colonie française en parallèle au traité de Concordia qui a fixé la frontière entre les établissements français et néerlandais, traité toujours en vigueur aujourd'hui. Il fonde en 1650 une colonie sur Sainte-Croix. En 1651, la compagnie des îles d'Amérique fait faillite et Poincy réussi à convaincre le grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Jean-Paul de Lascaris-Castellar d'acheter Saint-Christophe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Sainte-Croix pour 120 000 écus. C'est Jacques de Souvré qui négocie l'accord qui sera confirmé en 1653 par le roi de France Louis XIV qui reste souverain des îles. Les Hospitaliers ont compétences temporelle et spirituelle sur leurs îles à la condition de ne nommer que des chevaliers des langues du royaume de France et fournir au roi 1 000 écus d'or chaque année anniversaire. Philippe de Longvilliers de Poincy est confirmé dans sa charge de gouverneur mais l'Ordre nomme Charles Jacques Huault de Montmagny, ancien gouverneur de la Nouvelle-France, « général-proconsul » avec siège à Saint-Christophe avec mission de transférer au couvent général de l'Ordre les profits des colonies. Le précédent de Noël Patrocle de Thoisy, engage Montmagny à la prudence et quand il apprend que Poincy refuse de le reconnaître comme général-proconsul, il rentre en France. L'Ordre le renvoie en 1653 avec le titre de « lieutenant-gouverneur » et devant le refus réitéré de Poincy, Montmagny se retire à Cayonne attendant la mort de Poincy. Mais Montmagny meurt en 1657, trois ans avant Poincy. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem nomme Charles de Sales, nouveau « lieutenant-gouverneur » de 1660 à 1664, qui se fait facilement accepter par les populations. Mais la situation est de plus en plus difficile : le traité signé par Poincy peu avant sa mort avec les Anglais et les Caraïbes dure peu les revenus que les Hospitaliers tirent de leurs colonies sont de peu de rendement. En 1660, l'Ordre doit toujours de l'argent à la France pour l'achat des îles. Colbert très intéressé par le développement des colonies fait pression sur les Hospitaliers pour récupérer leurs îles. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, alors que Claude de Roux de Saint-Laurent est « lieutenant-gouverneur » en 1665, cède ses colonies antillaises à la toute nouvelle compagnie française des Indes occidentales mettant ainsi fin à 14 ans de gestion coloniale.

L'Ordre et la médecine médiévale

les Hospitaliers endant toute la période qui sétend du XVI ème au XVII ème siècle, les Hospitaliers vont développer les techniques de médecine et de chirurgie comme des éponges imbibées d'opium que les malades suçaient jusqu'à s'évanouir. Mais tout commence réellement avec l'Hospital de Jérusalem dès le XII ème siècle (les statuts de Roger de Moulins du 14 mars 1182 officialisent pour la première fois dans le personnel soignant de l'Ordre, des médecins et des chirurgiens, puis avec celui de Rhodes. En 1523 les Hospitaliers innovent dans la médecine d'urgence en créant le premier navire hôpital avec la caraque Santa Maria ils inventent les infirmeries de campagne sous des tentes afin de pouvoir soigner les militaires blessés durant la guerre contre le corsaire ottoman Dragut en 1550. Parallèlement, entre 1530 et 1532, le grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam crée une « Commission de santé » composée de deux chevaliers et de trois notables et recrée un grand hôpital la Sacra Infermeria (la Sacrée Infirmerie) et une apothicairerie à Malte. En 1595, une école de médecine est créée puis en 1676, c'est l'école d'anatomie et de chirurgie, puis l'école de pharmacie de Malte en 1677 et enfin en 1687, la bibliothèque médicale. Mais c'est en 1771 qu'est créée la célèbre université de médecine qui ajoutera au rayonnement des Hospitaliers dans toute la Méditerranéenne mais aussi dans tout le monde occidental en 1794, c'est la création de la chaire de dissection. On peut également noter la création de l'école de mathématiques et des sciences nautiques au sein de l'université de Malte en 1782 .


Fin de l'Ordre des Hospitaliers

Hospitaliers ’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem trouve son origine dans un hôpital fondé par un groupe dirigé par Frère Gérard (appelé par erreur de traduction Gérard Tenque), dans la Ville sainte au milieu du XI ème siècle pour héberger les pèlerins venus prier sur le tombeau du Christ. Pendant deux siècles, les frères accueillent des voyageurs, riches ou pauvres, malades ou non portent assistance aux déshérités et délivrent des soins médicaux aux blessés de guerre. D’abord ordre religieux, il est investi de responsabilités militaires dès le XII ème siècle avant même de devenir pleinement un ordre religieux-militaire. Pour preuve, l’apparition de frères d’armes, engagés avec les Templiers dans la défense des Lieux saints et des États latins d’Orient, et la grande forteresse du Crac des Chevaliers, qui atteste aujourd’hui encore de l’importance des moyens consacrés à cette tâche. La Terre sainte, mais aussi la péninsule Ibérique, sont le terrain d’élection de leur engagement dans les combats et la défense des forteresses. Pour mener leurs missions sur le « front », ils peuvent s’appuyer sur des ressources accumulées à « l’arrière », dans la chrétienté latine d’Occident, grâce à un puissant réseau de maisons et provinces. Chassé de Terre sainte à la chute d’Acre en 1291 en meme temps que les Templiers, l’hôpital se replie à Chypre avant de s’établir à Rhodes à partir de 1310. Assiégé par Soliman le Magnifique, il se réfugie à Malte fin 1521.

Bonaparte et les Hospitaliers

Hospitaliers l'image des Templiers, l'ordre des Hospitaliers se militarise dès 1123 pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants. Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des Hospitaliers, nom finalement donné aux membres de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Contrairement aux Templiers, les Hospitaliers comprirent dès leur retour en France après avoir perdu les Etats Latins en 1291 que le climat politique n'était pas bon pour eux. Les Hospitaliers se mirent donc immédiatement au service du roi Philippe IV le Bel et renièrent l'autorité du Pape, ce qui leur sauva la vie. Les Templiers eux restèrent fidèles au Pape et se mirent le roi à dos, si bien que ce dernier finit par envisager leur extermination. Les Hospitaliers par leur vision opportuniste furent qualifiés de traitres par les Templiers . Au fil de leur histoire mouvementée, les chevaliers Hospitaliers deviennent successivement chevaliers de Chypre puis chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours une dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIII ème siècle un des meilleurs d’Europe. Mais avec l'avénement de la révolution Française le vent tourna pour ces Hospitaliers opportunistes. Contrairement à ce que vous pourriez penser Maximilien Robespierre croyait en Dieu, mais il était profondément dégouté par le comportement d'un grand nombre d'écclésiastiques . Il n'aimait pas les Hospitaliers qu'il considérait comme des traitres envers le Pape, et il leur préférait les Templiers qui étaient à ses yeux des hommes intégres qui avaient été injustement traités par la Royauté et l'Eglise Française. Augustin Robespierre le jeune frère de Maximilien était très ami avec le jeune lieutenant Bonaparte ( lui aussi très croyant ) qu'il contribua à promouvoir au grade de Général à la suite du siège victorieux de Toulon contre les Anglais. Les deux hommes s'estimaient beaucoup et Augustin plaida (entre autres) la cause des Templiers auprès de son ami Bonaparte entre 1793 et 1794 quand Augustin était représentant de la Nation en mission pour l'armée ( celle du sud de la France et d'Italie ). Bonaparte retiendra la leçon concernant la fin tragique des Templiers, et, comme les frères Robespierre il considérera les Hospitaliers comme des traitres et des spoliateurs de l'Ordre du Temple.


En 1798 Bonaparte se lance dans la campagne d'Egypte, mais avant, le 12 Juin il s'arrete à Malte pour venger les Templiers, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem remettent (sans combattre) à l’armée française la ville et les forts de la Valette. Ils renoncent, en faveur de la République française, aux droits de souveraineté et de propriété qu’ils ont tant sur cette ville que sur les îles de Malte, de Gozzo et de Cumino. L'Ordre qui s'était placé sous la protection de Paul Ier de Russie après son banissement par Bonaparte, voit une majorité de ses chevaliers s'exiler à Saint-Pétersbourg où ils élisent le tzar comme grand maître en 1798. Mais avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'Ordre des Hospitaliers une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur catholique est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte (fondé officiellement en 1961). Devenu Empereur, Bonaparte qui avait conservé toute son admiration pour les frères Robespierre, accordera en 1804 une pension à vie à leur soeur (Charlotte) qui vivait cachée et dans le plus grand dénument depuis que ses deux frères avaient été décapités en 1794, il restituera dans la foulée au clergé Français une grande partie des biens qui avaient été confisqués pendant la révolution.
Il convient enfin de noter que Bonaparte oeuvrera au renouveau du Templarisme dès 1806, et ses successeurs ( Louis XVIII,Charles X,Louis Philippe ) lui emboiteront le pas.

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