La milice des Chrétiens au proche orient
L'ancêtre de l'Ordre du Temple
la mort de Godefroy de Bouillon, empoisonné par l'émir de Césarée en Juillet 1100, c'est son frère Baudouin de Boulogne qui lui succédera le 25 Décembre 1100, il régnera pendant 18 années sous le nom de Baudouin 1 er. Immédiatement le roi et les seigneurs des états latins
prirent la décision de sécuriser les territoires conquis. C'est Geoffroy de Saint-Omer qui sera chargé de cette tâche, dont il s'acquittera en 1116. En 1116 la milice était opérationnelle dans tout le moyen-orient. En 1119 cette milice des Pauvres Chevaliers du Christ prendra le nom d'Ordre du Temple. Dès 1102 et pendant 20 années environ, la milice des pauvres chevaliers du christ louera des navires marchands afin d'acheminer en Terre Sainte Pélerins, victuailles, matériels, matériaux, animaux etc... Vers 1125 l'Ordre entreprendra de bâtir des Commanderies Templières cotières afin de servir de comptoirs marchands pour les échanges entre la France et le proche orient. A partir de 1145 les navires affrétés par les Templiers battront pavillon "Templier" voiles blanches et croix pattée rouge, ils seront de grande capacité mais navigueront uniquement le long des côtes. Les matières premières comme l'huile le sel le vin les céréales les métaux circulaient entre la France l'Allemagne l'Italie le Portugal l'Espagne la Belgique les Pays Bas l'Ecosse la Grèce Chypre la Palestine etc.... Leur port d'attache était Acre, ville fortifiée bâtie sur une langue de terre offrant une excellente protection par son double port.
Pauvres Chevaliers du Christ
’origine de la Milice des Pauvres Chevaliers du Christ ✳️ remonte à la première croisade en terre Sainte. Après la conquête de Jérusalem le 15 Juillet 1099, certains croisés décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ, d'autres sécuriseront les chemins de pélerinage de Constantinople à Jérusalem.
En 1110 Baudouin 1er de Jérusalem officialise l'Ordre de l'Hopital dirigé par le frère Gérard et consigne sur une charte toutes les donnations faites à l'Ordre. Puis en 1113 l’Ordre des Hospitaliers est reconnu officiellement par le Pape. Sa mission est d’assurer aux pèlerins chrétiens hébergements et soins.
Dès 1102 Baudouin 1er de Jérusalem demande à Geoffroy de Saint-Omer de constituer une milice armée pour sécuriser les états latins. Cette mission sera achevée en 1116, à cette date la milice des Pauvres Chevaliers du Christ sera opérationnelle dans tous les états latins. Foucher de Chartres nous apprend dans ses chroniques qu'en janvier 1118 Baudouin 1er de Jérusalem officialisa cette milice. Quelques années plus tard, Guillaume de Tyr ( dans "Historia rerum in partibus transmarinis gestarum" qui se référe aux chroniques de Foucher de Chartres ) et l'Anonyme rédacteur ( dans ses "Gesta francorum" ) consignent que 7 autres chevaliers principalement originaires du Nord de la France rejoignent cette milice des Pauvres Chevaliers du Christ. En 1129 lors du concile de Troyes cette milice changera de nom pour s'appeler Ordre du Temple et cet Ordre sera reconnu par le Pape. A cette date, les deux chefs de cet Ordre sont :
Hugues de Payns
et
Geoffroy de Saint-Omer
Ces deux hommes organisent en Occident un important réseau de commanderies, comme celles du
Larzac,
destinées à alimenter l’effort de guerre en Terre Sainte.
Dès sa création, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ bénéficie d’avantages matériels de toutes sortes ainsi que d’appuis considérables :
celui de Saint-Bernard qui édicte sa règle,
et celui du Pape Honorius II, qui lui permet d’être indépendant de la hiérarchie de l’Eglise. Respectant les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, l’Ordre se développe rapidement en Occident. Les donations faites par les familles nobles, mais également le talent à faire fructifier les terres et les biens légués ou achetés confèrent à l’Ordre une grande prospérité. A la fin du XIII ème siècle, après la perte de la Terre Sainte,
les Templiers sont extrêmement riches.
A Paris, à Londres et dans les commanderies, ils gèrent les fonds royaux et privés qu’ils ont reçus en dépôt. Alors que les cathares sont pourchassés dans le Sud de la France, les Templiers sont devenus les banquiers du royaume.
La tour du Temple de Paris abrite même le trésor royal. Leur puissance, leur rôle en Terre Sainte et la symbolique spirituelle très complexe de l’Ordre sont sans doute à l’origine de la fascination mais aussi des spéculations les plus folles que l’histoire des Templiers ait engendré au cours des siècles.
Organisation des Templiers
L'organisation et le fonctionnement de l'Ordre sont décrits en détail dans la Règle Initiale et ses Retraits ( articles ajoutés de 1250 à 1300 ).
Géographiquement , l'Ordre du Temple était divisé en provinces dont le nombre a varié au fil du temps. Les historiens d'aujourd'hui s'accordent à reconnaitre 21 provinces , à savoir :
France , Poitou , Auvergne , Provence , Bourgogne , Portugal , Castille , Aragon , Valence , Sicile et les Pouilles , Rome , Toscane et Lombardie , Angleterre , Allemagne , Hongrie , Pologne et Tchéquie , Jerusalem , Tripoli , Antioche , Chypre , Arménie .
La structure hiérarchique de l'Ordre se composait comme suit :
Le Maître : son rôle et son pouvoir sont restreints. Il est la figure de proue de l'Ordre , mais il ne peut rien faire seul. Il a un rôle de représentation et se contente de signer les documents qui lui sont soumis par le chapitre général.
C'est au cours des réunions du chapitre général que le maître et les membres du chapitres décident de tout ce qui concerne l'Ordre. Toute décision doit être approuvée par l'ensemble du conseil.
Il est élu par un conseil , composé de douze frères (8 chevaliers et 4 sergents) et d'un frère chapelain. Les membres de ce conseil sont désignés par l'ensemble des dignitaires et des commandeurs à la mort du précédent Maître.
Le Sénéchal : Deuxième personnage le plus important de l'Ordre, il reste dans l'ombre du Maître. Sa fonction essentielle est de le remplacer lorsque celui-ci s'absente.
Le Maréchal du Couvent du Temple : C'est le chef militaire de l'Ordre. En campagne , même le maître de l'Ordre doit se plier aux décisions du Maréchal du Couvent. Il est aussi responsable de la garde du gonfanon baussant.
Il veille aussi à ce que les frères de l'Ordre aient leur matériel de combat en bon état.
Le Commandeur de la Terre de Jérusalem : Quatrième personnage de l'Ordre, il en est le trésorier. C'est lui qui gère tout l'argent des commanderies d'Europe et qui s'occupe des fournitures.
Le Commandeur de la Cité de Jérusalem : C'est aussi le frère hospitalier de l'Ordre. Il s'occupe donc des malades et des blessés , et en campagne, c'est à lui que revient la charge de faire garder la Vraie Croix.
Les Commandeurs des Terres de Tripoli et d'Antioche : Ils représentent le maître dans ces provinces. Ils ont les mêmes droits et prérogatives que ce dernier, lorsque celui-ci n'est pas présent physiquement dans leur province.
Tout comme le maître , ils sont secondés par des chevaliers , comme le maréchal de la Terre d'Antioche (par exemple... ).
Les Commandeurs des autres Provinces : Ils ont le même statut que les frères précédents , exception faite que leurs provinces ne sont pas des terres en "Guerre" , ils n'ont donc pas de maréchaux pour les seconder.
Le Frère Drapier : Il est le responsable d'une partie de la logistique de tous les frères de l'Ordre. C'est à lui qu'incombe le devoir de fournir vêtements , pièces de literie , chaussures ,... à tous les frères de l'Ordre.
C'est aussi lui qui prend les habits séculiers d'un nouveau frère et qui prépare la robe et le manteau pour la cérémonie de prise d'habit.
Les Frères Chevaliers Commandeurs des Maisons : Ils étaient simplement responsables de leur maison , c'est-à-dire, commanderie, forteresse, village ,.... Ils devaient rendre compte en tout au Commandeur de la Terre ou de la Province.
Le Commandeur des Chevaliers : Il y a plusieurs commandeurs des chevaliers. Ils sont en fait des lieutenants du Maréchal du Couvent. L'un d'entre eux , placé sous le commandement direct du Commandeur de la Cité de Jérusalem,
commande aux chevaliers laïcs qui servent à terme dans l'Ordre.
Le Turcoplier : Il commandait aux turcoples (troupes indigènes), c'est à dire des habitants de Terre Sainte qui s'engageaient dans l'Ordre et qui servaient le plus souvent comme cavalerie légère et d'éclaireurs.
Le Turcoplier commandait également les frères sergents lorsqu'on était en campagne.
Le Sous-Maréchal : Comme son nom l'indique , il est sous le commandement du maréchal du Couvent. C'est lui qui garde le Gonfanon plié jusqu'au début de la bataille.
A ce moment , c'est le Maréchal qui s'en empare et qui le brandit. En dehors des campagnes , il commande aux Frères de Métier. C'est aussi lui qui doit fournir en menu matériel les frères de l'Ordre.
Le Gonfanonier : Il commande aux écuyers. En campagne , il garde un gonfanon de réserve roulé autour de sa lance.
Le Commandeur de la Voûte d'Acre : C'est lui qui administre tous les biens de l'Ordre qui sont débarqués des bateaux à leur arrivée dans le port d'Acre.
L'ordre du Temple avait une organisation à la fois monastique et féodale. A sa tête se trouvait un grand maître (magister milicie Templi) , qui avait le rang de prince.
Le sénéchal avait dans ses attributions la juridiction et l'administration des biens temporels. Le maréchal était chargé des affaires militaires et de l'intendance pendant les guerres.
Venaient ensuite les précepteurs (commandeurs) , ou grands prieurs , et au-dessous de ces officiers étaient placés le drapier , préposé aux équipements , le gonfanonier , le turcoplier , chef des troupes indigènes employées par l'ordre , l'aumônier , etc.
Lorsqu'un chevalier se présentait pour être reçu dans cet ordre , le chef du chapitre lui adressait l'allocution suivante :
« Vous allez prendre de grands engagements. Vous serez exposé à beaucoup de peines et dangers. Il vous faudra veiller quand vous voudrez dormir , supporter la fatigue quand vous voudrez vous reposer , souffrir la soif et la faim quand
vous voudrez boire et manger , passer dans un pays quand vous voudrez rester dans un autre. Vous y soumettez vous ? »
Le postulant prononçait ensuite les trois voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.
La devise des templiers "Pense à ton but en soldat et pense à ta fin en Chrétien" devenait alors le crédo du nouveau frère .
Le costume des templiers était le manteau blanc avec croix rouge, pour les chevaliers, et le manteau brun ou noir , pour les servants.
L'étendard de bataille , mi-parti blanc et noir , était appelé Beauséant (ou Beaucéant) et portait la devise : Non nobis , Domine , non nobis , sed nomini tu da gloriam (C'est non pas à nous , Seigneur, non pas à nous , mais à ton nom que tu dois rapporter la gloire de nos actions).
Peu de temps après leur institution , saint Bernard leur rendait le témoignage suivant :
« Ils vivent sans avoir rien en propre , pas même leur volonté , vêtus simplement et couverts de poussière , ils ont le visage brûlé des ardeurs du soleil , le regard fier et sévère.
A l'approche du combat , ils s'arment de foi au dedans et de fer au dehors , leurs armes sont leur unique parure. »
L'ordre du Temple tout entier se divisait en plusieurs langues ou nations , les possessions territoriales en plusieurs provinces, correspondant aux principaux pays ou régions , dont trois en Palestine (Jérusalem , Tripoli , Antioche) ,
et les autres en Europe (France , Angleterre , Poitou , Aragon , Portugal , Pouille , Hongrie), avec un commandeur (preceptor) , à la tête de chacune d'elles.
Ces provinces , à leur tour , se subdivisaient en grands prieurés, prieurés et commanderies.
Les templiers , appelés « frères » comme les moines , se composaient de chevaliers (milites) et de servants , beaucoup plus nombreux et formant probablement les neuf dixièmes de l'ordre.
Les affaires étaient discutées dans des assemblées ou chapitres , à la pluralité des voix. L'ordre ne relevait que du pape et était exempt de toutes taxes.
Quoique soumis aux voeux monastiques , les templiers pouvaient posséder des terres et avoir des vassaux , mais la règle primitive leur interdisait la chasse , sauf celle du lion.
Extermination des Templiers
a réussite des Templiers finit par susciter convoitises et jalousies, tant du côté de la couronne de France que du clergé. Ce dernier forge au cours du XIII ème siècle
une image négative des Templiers , représentés comme des hommes arrogants et avares.
De son côté, Philippe le Bel, roi de France, veut s’approprier les richesses de l’Ordre et briser son indépendance. En 1305, les rumeurs s’amplifient et l’on accuse les Templiers de faits très graves : hérésie, idolâtrie et même, sodomie. Le vendredi 13 octobre 1307 eu lieu l’arrestation en masse des Templiers qui furent ensuite emprisonnés et jugés.
Cette opération fut La plus extraordinaire opération de police de tous les temps.
Le procès dure près de sept ans et, un à un, sous les tortures prodiguées par Guillaume de Nogaret, les Chevaliers du Temple finissent par avouer les crimes qu'on leur impute.
Sous la pression de Philippe le Bel, le pape Clément V émet le 02 mai 1312 la bulle Ad providam, annonçant la suppression de l'Ordre. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, emprisonné depuis octobre 1307 dans la prison du Temple, est conduit devant la cathédrale de Notre-Dame pour entendre le verdict du procès, en compagnie de
Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, de Hugues de Payraud,
visiteur général de l'Ordre, et de Geoffroy de Gonneville, Commandeur d'Aquitaine. La sentence des juges est la prison à vie, mais dans un sursaut de dignité, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay haranguent la foule en disant que leurs aveux ont été volés, que les Templiers n'ont commis aucun crime et sont victimes d'une machination. Alerté immédiatement de la tournure des événements le roi décide alors que les deux hommes seront condamnés au bûcher le soir même.
Malédiction des templiers
Le lendemain, 19 mars 1314, sur le bûcher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité, Jacques de Molay s'écrie : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !" La malédiction du grand-maître allait s'avérer exact :
Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement.
Philippe IV le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs.
C’est l’Ordre des Hospitaliers qui, finalement, hérita des biens des Templiers. Sur le Larzac, ils prirent le relais de leurs « cousins » Templiers pour administrer les commanderies, ceci jusqu’à la Révolution française, en 1789. Après la révolution Française, les Hospitaliers disparaitront par la volonté de Napoléon Bonaparte.