Célébrités Médiévales
21 Novembre 2024
Enguerrand de Marigny
e grand du royaume de france était un homme distingué, savant et rusé, qui avait beaucoup d'influence et d'autorité sur le peuple, et qui avait été le premier et le principal conseiller de Philippe IV le Bel, au point de diriger tout son gouvernement. Enguerrand de Marigny, grand serviteur du royaume, fut pendu le 30 avril 1315 suite à la décision du fils de Philippe le Bel.
L'ascension
e grand-père d’Enguerrand, Hugues Le Portier ( famille bourgeoise ), prend le nom de Marigny, vers 1200, à l’occasion de son mariage avec Mahaut de Marigny. Le petit fils, Enguerrand Le Portier de Marigny, né en 1265 à Lyons-la-Forêt, parvient à entrer comme écuyer au service d’Hugues II de Bouville, chevalier et chambellan du roi de France, Philippe IV le Bel. Cette fonction d’écuyer est humble, car elle consiste à servir un chevalier, à porter son écu, ses armes et son armure, il n’en demeure pas moins qu’elle permet à Enguerrand, jeune homme ambitieux, de se montrer à la cour.
Philippe IV, fils du roi Philippe III le Hardi et d’Isabelle d’Aragon, règne sans partage sur le royaume de France depuis le 12 octobre 1285. Il a maté les grands barons de son royaume, maitrisé les Flamands révoltés, les Anglais en Aquitaine, enfin la Papauté a fait élire son Pape qu'il installe de force à Avignon. Aucune richesse ne lui échappe en taxant les biens de l’Eglise, en spoliant les marchands juifs et les banquiers lombards. Afin de garnir le Trésor royal, il se fait faussaire en altérant la monnaie : l’or pèse moins lourd tout en valant plus cher ! Et les impôts écrasent ses sujets.
Également surnommé le « roi de fer », tous, nobles, bourgeois et vilains doivent s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale. Un seul pouvoir lui tiendra tête longtemps : l’Ordre des Chevaliers du Temple. Il doit beaucoup d'argent au temple, et il sait cet ordre très riche ! Cet ordre est de plus, très puissant avec ses milliers de commanderies, et il décide de s'en prendre à ces templiers. Il fera ainsi q'une pierre deux coups, il n'aura plus de dettes et s'appropriera leurs biens.
Ce roi organise donc une machination contre les chevaliers du Temple dès 1295, avec une campagne de com qui durera 12 années. Durant ces 12 années les templiers seront méthodiquement salis par les sbires du roi auprès de la population, et en 1307,un procès s'ouvre, s’appuyant sur des chefs d’inculpation mensongers (hérésie, renoncement au Christ, outrage à la Croix, etc). Enguerrand de Marigny apportera toute sa contribution à ce déni de justice.
Un serviteur sans états d'âme
35 ans, Enguerrand de Marigny quitte le Seigneur de Bouville pour devenir « panetier », ( maître d’hôtel ) pour la reine Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel. À ce titre, il a autorité sur les « hâteurs de rôt, potagers et enfants de cuisine ». Cette fonction n’est pas prestigieuse, mais, il est bien placé pour continuer son ascension. Raffiné, cultivé, il épouse la filleule de la reine, et ce mariage lui permet de côtoyer la famille royale. Rapidement, il gagne la confiance du roi dont il partage les idées qui ne sont pas toujours très honnêtes. Fidèle et Intrépide, Enguerrand de Marigny se distingue, le 18 août 1304, à la bataille de Mons-en-Pévèle où les troupes flamandes sont battues par celles de Philippe le Bel. En récompense, le roi l’anoblit en le faisant chevalier et comte de Longueville. Puis en 1306, il préside la Chambre des comptes de Normandie, à Rouen, une cour spécialisée dans les affaires financières de ce duché explosif. Ayant donné entière satisfaction dans sa présidence de la Chambre des comptes de Normandie, le roi le nomme Gardien du Trésor, en 1309. C'est à ce titre, qu'il s’oppose avec succès aux seigneurs qui tiennent à poursuivre la guerre contre les Flamands. Grâce à son réseau, Enguerrand de Marigny obtient la paix, en septembre 1311. Dès lors, les seigneurs deviennent ses ennemis. Quant au roi, satisfait, il lui confie la charge de chancelier du royaume. Il est maintenant responsable de la bonne gestion du royaume, seul le roi peut lui commander. Cette promotion pour le petit-bourgeois de Lyons-la-Forêt ne fait pas que des heureux !
une chute brutale
Les cadeaux de Philippe IV le Bel à Marigny ne se comptent plus, châteaux, maisons , églises et hôpitaux, et tout semble lui sourire. Mais à la mort de Philippe le Bel, le 29 novembre 1314, les roues de l'histoire vont tourner pour cet homme, et les seigneurs longtemps bafoués déclenchent l’hallali contre le chancelier. Une vengeance implacable se met en place contre Marigny. Charles de Valois, fils du roi Philippe III le Hardi et de sa première épouse Isabelle d’Aragon, porte contre Enguerrand de Marigny de terribles accusations et il se voit reprocher 41 délits graves !
Le nouveau roi Louis X le Hutin ordonne alors l’arrestation du chancelier, mais comme aucune preuve de crime de lèse-majesté n’est produite, le Hutin demande seulement le bannissement. Charles de Valois fou de rage réagit en présentant une nouvelle fausse accusation : celle de sorcellerie. Présenté devant le tribunal ecclésiastique de Paris, Enguerrand doit affronter l'accusateur principal : son propre frère, l’évêque Jean de Marigny un homme dénué de tout sens commun. Par intérêt mais aussi à cause du chantage dont il est victime par les seigneurs ( qui le menacent de révéler ses exactions financières ), l'infâme Jean se déshonore et accuse son aîné. Marigny se limite à une unique déclaration dans laquelle il nie le nouveau crime qu'on lui impute et affirme qu’il n’a fait que servir loyalement son roi, Philippe le Bel. Le verdict étant décidé d’avance, il est pendu le 30 avril 1315 au gibet de Monfaucon ( aujourd’hui, à cent cinquante mètres de l’actuelle place du colonel Fabien, Paris X ème ).
Enguerrand de Marigny réhabilité
'est en 1317, qu'Enguerrand de Marigny est innocenté et réhabilité lors d’un nouveau procès ordonné par le nouveau roi Philippe V le Long. Ses restes sont d’abord inhumés dans l’église des Chartreux de Vauvert, implantée sur l’actuel jardin du Luxembourg, puis transférés en 1325 dans la collégiale d’Ecouis. De nos jours, ne cherchez pas à Ecouis la tombe d’Enguerrand de Marigny, durant la Révolution de 1789, l’église d’Ecouis a été dévastée et le tombeau détruit.
Philippe IV le Bel
'est le roi Philippe IV le Bel, aussi cupide que méchant, qui fit séquestrer le Pape Boniface VIII, qui expulsa après les avoir spolié les banquiers Lombards et les Juifs, qui fut l'artisan de l'extermination de l'Ordre du Temple, et qui fut 'in fine' victime de la malédiction lancée à son encontre par le dernier maitre du Temple sur le bûcher en 1314.
Un roi sans scrupules
l devint roi à l'âge de dix-sept ans, en octobre 1285. L'importance de Philippe le Bel dans l'histoire de France est incontestablement reconnue par tous les historiens. Sous son règne, le royaume de France atteint l'apogée de sa puissance, avec vingt millions d'habitants, c'est le royaume le plus peuplé de la chrétienté. A cette époque le royaume connaît une grande prospérité économique, et le pouvoir royal se renforce considérablement, Philippe le Bel est le premier souverain d'un royaume moderne et centralisé.
Instabilité monétaire chronique
ous son règne, les traditions féodales sont progressivement abandonnées au profit d'une administration centrale. Mais cette centralisation qui contribue à mieux administrer le royaume, mécontente les grands seigneurs et les bourgeois. Les nouveaux impôts qui s'abattent sur les bourgeois sont impopulaires .
Tout au long de son règne une partie du royaume se dressera contre ses agissements despotiques, en effet les Flamands lui livreront pendant deux décennies une guerre ponctuée par quelques trèves. À l'aide de juristes, notamment de Guillaume de Nogaret, Philippe IV transforme le pays en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous (où par exemple la justice royale prévaut sur l'église). Mauvais gestionnaire il est obsédé par l'argent. Le roi et ses conseillers décident l'émission de nouvelles monnaies. Aux dévaluations succèdent les réévaluations, c'est l'incohérence absolue. Ces mutations monétaires aboutissent à un mécontentement général dans le Royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autres, le retour à la stabilité monétaire. Il est accusé par tous ( riches et pauvres ) d'émettre de la fausse monaie, tous réclament le retour à la monaie de Saint Louis.
Un monarque précurseur
e roi fut le premier roi "faux monnayeur", il fut aussi le premier roi à emprisonner un Pape, il fut encore le premier roi à expulser les Juifs hors de France après les avoir dépouillé de tous leurs biens, il fut encore le premier roi à anéantir un ordre religieux "l'Ordre du Temple" qui ne dépendait que de l'autorité du Pape. La liste de ses méfaits est très longue, et pour vous faire une idée de ce personnage, je ne puis que vous conseiller la lecture du livre de Jean Favier : 'Philippe le Bel' écrit en 1979, ou cet historien brosse un tableau exhaustif sans concession du monarque.
Philippe le Bel & Boniface VIII
hilippe IV le Bel a de nombreux contentieux avec le pape Boniface VIII et Bernard Saisset, l'évêque de Pamiers. Ce dernier incite notamment certains comtes à se défaire de la tutelle du roi. Au début de l'année 1303, Philippe le Bel est menacé d'excommunication. Conseillé par son chancelier, Guillaume de Nogaret, il réplique par la convocation d'un concile à Lyon dont le but est de juger le pape, que plusieurs qualifient d'« indigne », pour le déposer. Nogaret est chargé de se rendre en Italie afin de notifier les volontés du roi au pontife, Boniface VIII. Celui-ci, ayant appris les intentions de Philippe le Bel avant l'arrivée de Guillaume de Nogaret, prépare la bulle d'excommunication Super patri solio (Petri solio excelso).
L'apprenant, Guillaume de Nogaret décide d'organiser un coup de force contre le pape avant la fulmination et la mise en vigueur de la bulle, le 8 septembre. Il recrute une troupe de 600 cavaliers et de 1 500 fantassins menés par deux chefs de guerre, par surcroît ennemis du pape, Sciarra Colonna et Rinaldo de Supino. Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1303, ils investissent la petite ville d'Anagni dans le Latium, où réside le pape pendant l'été. Ils réussissent à s'emparer sans trop de mal du palais pontifical de la ville. Cependant, les buts de Guillaume de Nogaret et de Colonna divergent. Nogaret veut simplement lui notifier la citation à comparaître au concile Colonna veut s'emparer de la personne du pape et l'obliger à renoncer à sa charge. Nogaret parvient à calmer son complice et lit solennellement son acte d'accusation au pape. Celui-ci fait face avec dignité sans céder sur aucun point, déclarant : « Voici mon cou, voici ma tête. »
La légende probablement fausse prétend que Nogaret aurait même giflé le pape. Les assaillants sont cependant contraints de quitter la ville au bout de deux jours sous la pression populaire.
Mais profondément humilié, Boniface, déjà âgé de 60 ans mourut un mois plus tard.
Son successeur, Benoît XI abroge la bulle Super Patri Solio. Cependant il refuse d'amnistier les coupables de l'attentat d'Anagni, Sciarra Colonna et Guillaume de Nogaret, en fulminant en particulier contre eux et quelques autres complices la bulle d'excommunication Flagitiosum Scelus, du 7 juin 1304, les citant à comparaître devant son tribunal, dans le délai d'un mois, à Pérouse, sous peine d'être condamnés par contumace. Guillaume de Nogaret, pour sa part, ne se présentant pas, reste excommunié. Le nouveau pape décède à son tour le 7 juillet 1304.
Le nouveau pape, Clément V, élu en 1305, est un Français c'est à Philippe le Bel qu'il doit sa tiare. Il installe la papauté à Avignon en 1309 et lève en 1311 toutes les condamnations portées contre le roi et ses conseillers, déclarant que durant tout le conflit l'attitude de Philippe le Bel avait été juste.
La chasse aux sorcières
our détourner l'attention des mécontents envers sa personne, il va désigner les coupables de tous ces désordres financiers.
C'est ainsi qu'il expulsera les banquiers Lombards hors du royaume après les avoir délesté de leurs biens.
Puis il expulsera les Juifs du royaume après les avoir délesté de leurs biens.
Enfin il laissera libre cours à sa cupidité en s'attaquant à l'Ordre du Temple qu'il considère comme un danger pour son pouvoir. Il les croit très riches et n'aura plus qu'une obsession : exterminer ces hommes riches et arrogants qui n'obéissent qu'au Pape ! Seulement le Temple est autrement plus important que les Lombards ou les Juifs, il lui faudra ruser et employer des moyens modernes de nuisance, à savoir la publicité. Ce sont ses sbires zélés qui s'emploieront à ruiner la réputation des chevaliers du Temple, dès 1295 et jusqu'en 1307 des publications et des histoires peu ragoutantes seront propagées dans la population de tout le royaume Franc. Philippe le Bel était un roi très en avance sur son temps, car de nos jours, ses méthodes sont toujours employées par le pouvoir quelqu'il soit pour noicir l'image des individus gênants !
Une fin de règne despotique
'est en 1305 qu'il réussira enfin à faire élire son pape : Clément V. Dès lors la machination mise en place depuis l'année 1295 scellera le sort des chevaliers du temple. En 1307 tous les templiers du royaume sont arrétés, torturés, et ceux qui ne veulent pas avouer les crimes que le roi impute aux templiers sont brulés vifs en place de grève. Il y aura des centaines de templiers brûlés vifs, d'autres seront relachés à condition qu'ils se fassent tout petit, enfin les dignitaires régionaux et nationaux seront emprisonnés à vie. En 1312 le Pape dissoudra le Temple en accordant ses biens aux Hospitaliers. En 1314 les deux derniers dignitaires seront brûlés sur l'ile aux juifs devant Notre Dame de Paris, et avant de rendre l'âme, Jacques de Molay lancera sa célébre
malédiction envers le roi et le pape, " Pape Clément, Roi Philippe, je vous invite à comparaitre au tribunal de Dieu avant un an, afin d'y recevoir votre juste châtiment ".
Sa mort promise par 'De Molay'
ien que fort affecté depuis le décès de son épouse, et contrarié par le drame qui l'avait privé de ses trois belles filles, Philippe le Bel était encore un homme très vigoureux à 46 ans en cette année 1314. Mais tout bascula en Octobre 1314, lors d'une chasse près de Pont-Saint-Maxence il fit une chute de cheval. Il s'était brisé une jambe, mais la blessure ne semblait pas préoccupante. Ce n'est que quelques jours plus tard que l'infection prit le dessus, il se fit conduire au couvent des Dominicaines de Poissy au début de Novembre pour y recevoir des soins appropriés. Sans amélioration de son état de santé, il se fit conduire à Fontainebleau le 26 Novembre 1314 dans le château qui l'avait vu naître. A la stupeur générale, il y décéda le 29 Novembre 1314, et le peuple se souvint alors de la malédiction lancée par le dernier templier sur son bûcher quelques mois plus tôt !
Guillaume de Nogaret
uillaume de Nogaret, petit fils de Cathare et homme sans scrupules, c'est un arriviste qui ne reculera devant rien pour plaire au roi. C'est ainsi qu'il se fit remarquer par Philippe le Bel dont il devint le serviteur zélé. Plus royaliste que le roi lui-même, il fut l'exécuteur des basses oeuvres du royaume, ce personnage peu recommandable n'eut jamais d'états d'âme.
Juriste ambitieux sans scrupules
a famille Nogaret possédait une propriété à Nogaret, près de Saint-Félix-de-Caraman (aujourd'hui Saint-Félix-Lauragais). Le grand-père de Guillaume de Nogaret, Raymond de Nogaret, un cathare notoire condamné pour hérésie. En 1293, Nogaret entre au service de Philippe le Bel et devient juge-mage de la sénéchaussée de Beaucaire-Nîmes ( l'une des sénéchaussées les plus importantes du royaume ) pendant deux ans, fonction à responsabilité, qui est plus importante que celle de juge.
Nogaret « conseiller du roi » : l'ascension vers le pouvoir (1295-1303)
Engagé au service du roi à Paris à la fin de 1295, Nogaret est jusqu'en 1302 enquêteur en Champagne et dans les provinces orientales du royaume.
Il siège au parlement dès 1298, en y effectuant principalement des tâches administratives. Ses responsabilités s'accroissent en 1300 et il est à cette date personnellement chargé de la conduite, d'affaires importantes (projet de paréage avec le roi de Majorque sur la ville de Montpellier, négociations relatives à l'acquisition par le roi de la justice de Figeac, rédaction d'une charte de franchises pour cette ville..). C'est à cette époque qu'il participe aux affaires religieuses, d'abord discrétement, lors des troubles religieux du Languedoc puis du procès de l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, accusé d'hérésie pour contrer la décision du pape Boniface VIII d'ériger un nouveau diocèse. Puis, le conflit devient public quand, en mars 1303, il se fait connaître par un célèbre discours les « crimes » de Boniface VIII. Le nom de Guillaume de Nogaret sera également étroitement lié à la querelle du roi avec le pape. En 1300, il fut ambassadeur auprès du pape, et, de cette réunion il reste un compte-rendu peu ordinaire qui a traversé les âges pour la plus grande satisfaction des historiens.
La séquestration du Pape
e 12 mars 1303, lors d'une assemblée au Louvre en présence de Philippe le Bel, Guillaume de Nogaret prononça un discours au cours duquel il lança des accusations d'hérésie contre Boniface VIII qui avait menacé le roi d'excommunication. A cette occasion il réclama la convocation d'un concile général pour examiner ce litige. Boniface VIII s'apprêtait, en réponse, à promulguer une sentence d'excommunication contre le roi lorsque Nogaret et Sciarra Colonna, le 7 septembre, arrivèrent à Anagni, dans le Latium, où le pape résidait. Avec une armée de 600 hommes, Nogaret et Colonna entrèrent par surprise dans la ville. Le palais pontifical fut pris d'assaut et le pape fait prisonnier et malmené durant plusieurs jours. L'objectif de Nogaret était de le ramener en France pour le faire comparaître devant un concile général, convoqué à l'initiative du roi de France, et qui aurait fait déposer ce pape.
L'entreprise de Nogaret échoua lamentablement car les paysans se rebellèrent, et les Français durent s'enfuir pour ne pas être lynchés !
Boniface VIII excommunia le roi de France et Nogaret, mais il mourrut un plus tard ! Il fut remplacé par Benoît XI, mais ce dernier décéda à son tour un an plus tard !
C'est ainsi qu'après de longues tractations et fourberies, que Clément V coiffa la tiare. Ce pape était la marionnette de Philippe le Bel à qui il devait tout.
L'extermination des templiers
l instruira un dossier à charge contre les Templiers, de l'an 1295 à l'an 1307. Il sera l'infatigable organisateur d'une campagne calomnieuse de dénigrement du Temple, il fut un précurseur de la 'Com' utilisée de nos jours ( souvent de manière abusive ) ! Avant d'attaquer de front l'Odre du Temple il se fera la main sur les Juifs : le 21 juillet 1306, par ordonnance tenue secrète, tous les Juifs seront arrétés et incarcérés, puis ils seront expulsés du royaume. Il veillera personnellement à la confiscation de tous les biens juifs et veillera au recouvrement à leur place des créances qu'ils détenaient sur des tiers. Fort de cette réussite ignominieuse il passera ensuite à un autre dossier : l'Ordre du Temple. En septembre 1307, quelques jours après l'émission par la chancellerie royale de l'ordre d'arrestation des Templiers (qu'il a probablement rédigé en personne en Aout 1307), Nogaret obtient le poste de garde du Il orchestre l'annexion de Lyon en assiégeant l'archevêque Pierre de Savoie, qui détient alors la juridiction temporelle sur la ville. Le coup de force de 1310 est légalisé par le traité de Vienne signé deux ans plus tard. Il décède en Avril 1313.
Boniface VIII
oniface VIII (ca. 1235 - 1303), originaire d'Anagni dans le Latium en Italie, de son vrai nom Benedetto Caetani, est un pape de l’Église catholique romaine. Ses armes portaient des ondes, et son prénom original était Benedetto, qui signifie « béni » en italien. Le pape Boniface VIII lors de la querelle qui l'oppose à Philippe IV le Bel mourut de honte après avoir été frappé au visage par Sciarra Colonna, avec un gantelet de fer, accompagnant Guillaume de Nogaret, envoyé direct du Roi. Cet événement, qui relève plus que probablement de la légende, est connu sous le nom de l'attentat d'Anagni.
Notaire du Pape
out d'abord avocat et notaire du pape à Rome, il obtint le chapeau de cardinal en 1281 par Martin IV et fut élu pape le 24 décembre 1294 après que Célestin V eut renoncé à ses fonctions. Bien que son élection fût régulière, on l'accusa d'avoir poussé son prédécesseur, qu'il fit emprisonner pour éviter le risque de schisme, à se retirer. Une fois arrivé au pouvoir, il mit l'interdit sur le royaume du Danemark.
De même que Grégoire VII, ce pontife voulait élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle, et prétendait disposer des trônes il eut de vifs démêlés avec les Colonna, qui soutenaient les droits de la couronne d'Aragon, avec l'empereur d'Allemagne, mais surtout avec Philippe le Bel en France. Il incita les princes allemands à se révolter contre Albert Ier.
Le conflit avec Philippe Le Bel s'envenima au sujet de la perception de certains impôts que Boniface VIII estimait revenir à l'Eglise. Le roi de France proclama un acte d'accusation contre le pape en mars 1303.
Il délia les sujets de Philippe le Bel de leur serment de fidélité et fulmina contre lui les célèbres bulles Clericis laicos, Ausculta fili– dont Pierre Flote, juriste du roi, écrivit une version falsifiée – et la fameuse Unam Sanctam prônant la supériorité des papes sur les rois ( du spirituel sur le temporel ). Boniface VIII écrivit également une bulle d'excommunication, Super Petri Solio, mais elle ne fut jamais publiée : le roi fit appel au concile et lui envoya certains hommes qui le firent prisonnier à Anagni.
Il fut arrêté le 8 septembre 1303 dans la son palais1 par Guillaume de Nogaret , nouveau conseiller du roi, d'après les ordres de Philippe, qui voulait l'amener en France et le faire juger par un concile.
Ce faisant, il se couvrit de sa tiare, prit en main sa crosse et les clefs, en disant : « Je suis pape, je mourrai pape ». Il se vit maltraité par Sciarra Colonna. Tiré des mains des Français le 9 septembre par une révolte de la population d'Anagni, il mourut peu après, à Rome le 11 octobre 1303.
Il déclara les Fraticelli hérétiques en 1296.
Il canonisa Louis IX, désormais appelé saint Louis de France, au mois d'août 1297.
En 1298, il fit promulguer le recueil de décrétale appelé Sexte.
En 1299, Boniface VIII nomma Jean de Chevry, seigneur de Chevry et de Torcy évêque de Carcassonne de 1299 à sa mort en 1300.
Il créa le premier jubilé, ou année sainte, en 1300. Le succès fut considérable, l'afflux de pèlerins étant extraordinaire. Les fastes furent tels que Dante situa le début de son poème au cours de la semaine sainte et n'hésita pas,
dans la Divine Comédie, à placer Boniface VIII dans la troisième bolge du huitième cercle, la fosse des simoniaques.
Clément V
lément V est né à Villandraut dans une famille de petite noblesse, après avoir étudié le droit à Orléans et à Bologne il embrassa une carrière ecclésiastique, avec un oncle évêque d’Agen et un frère archevêque de Lyon son ascension fut fulgurante, chanoine à Agen puis vicaire général à Lyon, évêque de Comminges, archevêque de Bordeaux à vingt-neuf ans.
La créature de Philippe le Bel
onseiller juridique d’Édouard Ier pour l’Aquitaine, il réussit à servir loyalement son maître tout en gardant la faveur de Philippe IV le Bel. Il montra la même habileté dans le conflit qui opposa Philippe le Bel à Boniface VIII. Ses talents de diplomate et ses connaissances juridiques confortèrent son adhésion au Sacré Collège.
Le conclave, réuni à Pérouse, siégea environ une année dans une atmosphère de guerre civile. Le parti français ( conduit par Napoléon Orsini et les Colonna ) minoritaire s’opposait véhémentement aux bonifaciens ( conduits par les Caetani ). Les bonifaciens se déchiraient entre eux, et Philippe le Bel en profita pour acheter Orsini. Celui-ci proposa de choisir le futur pontife en dehors du Sacré Collège. On se mit d’accord sur le nom de Bertrand de Got, prélat diplomate et juriste éminent, de plus ce dernier n'étant pas en bonne santé les deux clans pourraient en profiter pour préparer l'avenir. Il fut élu le 5 juin 1305, et, Orsini s’empressa d’écrire à Philippe IV le Bel : « J’ai abandonné ma Maison pour élire un pape français, car je désirais l’avantage du roi et du royaume… ». Philippe le Bel venait de faire élire "son Pape" et ce dernier ne pourrait pas s'opposer au roi de France.
Le pape qui trahit les Templiers
'est à Pérouse le 5 juin 1305 qu'il fut élu Pape grâce aux manoeuvres du roi de France Philippe le Bel, il régnera sous le nom de Clément V. En nommant immèdiatement une majorité de cardinaux français, il assure à la France une lignée de papes français. Son pontificat est jalonné de fourberies inspirées par Philippe le Bel. Cette année 1305 sonne le glas de l'Ordre du Temple, et son dernier grand maitre qui n'était pourtant pas un visionnaire le comprit immédiatement.
Opposé à l'ingérence pontificale dans les affaires temporelles, le roi pousse Clément V à annuler deux bulles de Boniface VIII, Clericis Laicos (1296) interdisant au clergé le versement de subsides à un pouvoir laïc et Unam Sanctam (1302) rappelant la suprématie pontificale. Depuis le retour des Templiers en 1292, Philippe IV le Bel a juré la perte de cet ordre de chevaliers qu'il perçoit comme un danger. Après avoir organisé une vaste campagne de communication négative à l'encontre de l'ordre de 1295 à 1307, les Templiers sont arrétés le 13 Octobre 1307 puis emprisonnés et torturés pour hérésie.
Dans la foulée, tous les Templiers du royaume qui ne veulent pas avouer les crimes que le roi impute aux Templiers sont brulés vifs en place de grève. Clément V est obligé de tenir un concile à Vienne, pour élucider ces accusations en 1311. Clément V y approuve la condamnation pour hérésie des Spirituels ( branche extrémiste de moines franciscains observant une stricte pauvreté ). En marge du concile, Philippe IV le Bel contraint Clément V à supprimer l'ordre des Templiers en avril 1312 en accordant ses biens aux Hospitaliers. Il y aura des centaines de Templiers brûlés vifs, d'autres seront relachés à condition d'avouer tout ce qu'on leur demandait d'avouer, puis, qu'ils se fassent tout petit, enfin les dignitaires régionaux et nationaux seront emprisonnés à vie. En 1314 les deux derniers dignitaires seront brûlés sur l'ile aux juifs devant Notre Dame de Paris, et avant de rendre l'âme, Jacques de Molay lancera sa célébre malédiction envers le roi et le pape, " Pape Clément, Roi Philippe, je vous invite à comparaitre au tribunal de Dieu avant un an, afin d'y recevoir votre juste châtiment ".
Un pape soucieux de s'enrichir
lément V pratique le népotisme et accumule un très important trésor. C'est un pontife fourbe et hésitant, affaibli par une maladie incurable. Il laissera une importante contribution au droit canon à travers les ouvrages Clementinae, ensemble de ses décrétales et de celles du concile de Vienne promulguées en 1317 par son successeur, le pape Jean XXII. On lui doit la fondation de l'université de Pérouse et l'institution de chaires de langues orientales à Paris, Bologne, Oxford et Salamanque. Dante le blâme dans L'Enfer, au chant XIX, pour sa faiblesse envers la France et sa complaisance pour Philippe IV le Bel, son retournement contre l'empereur Henri VII, sa pratique de simonie ( vente de charges ecclésiastiques ) et le transfert du Saint-Siège de Rome en Avignon, le décrivant comme un « pasteur sans loi », « souillé des plus laides œuvres » et l'appelant « nouveau Jason ». Le pape Clément V est à l'origine de ce que l'on appelle la « captivité babylonienne » de l'Église (1309-1377), période durant laquelle la papauté a abandonné sa résidence traditionnelle de Rome pour Avignon.
La malédiction des Templiers
e 20 avril 1314, soit un mois après la mort des deux deniers dignitaires de l'Ordre du Temple, Clément V qui s’apprêtait à regagner Bordeaux, mourrut brutalement. Le peuple se souvint alors avec stupeur de la malédiction lancée par le dernier maitre du Temple sur son bûcher un mois plus tôt ! Le peuple de France se souvint alors avec stupeur de la malédiction que le dernier maitre de l'Ordre du Temple avait lancé sur son bûcher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité, dans la nuit du 18 au 19 mars 1314 à l'encontre de ses boureaux : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !"
Urbain II
e Pape Urbain-II fut l'artisan de la réforme de l'église et de la première croisade dès 1095. Urbain II tirera les enseignements des ereurs commises par ses deux malheureux prédécesseurs, il fera de la réforme de l'église Catholique ( dans le but de la rendre plus accessible aux pauvres et moins pompeuse, il fit donc ce que tout le monde attendait depuis longtemps ) sa priorité. Son appel à la croisade deviendra secondaire, presque noyé dans la réforme tant attendue. Urbain-II réussi un coup de maitre qui força les seigneurs à porter secours aux Chrétiens d'Orient.
Eudes de Châtillon
l est né à Châtillon-sur-Marne entre 1022 et 1042, et il est décédé à Rome le 29 juillet 1099, c'est le 159 ème pape de l’Église Catholique, il prend le nom d'Urbain II ( 1088-1099 ). Il est le dernier fils de Milon (vers 975-980 † vers 1044-1076), seigneur de Châtillon et de Bazoches-sur-Vesles, et d'Avenelle de Montfort (vers 988 † ?), fille d'Amauri de Montfort et de Judith de Cambrai. Il reçoit une formation de moine bénédictin à Reims, il est d'abord chanoine puis archidiacre. Très pieux il décide ensuite de devenir moine à l'abbaye de Cluny en 1067, dont il devient le grand prieur vers 1073, sous l'abbatiat d'Hugues de Semur. Il y reste une dizaine d'années.
À la recherche de moines clunisiens pour mener sa réforme, Grégoire VII le fait venir à Rome en 1079 et le nomme cardinal-évêque d'Ostie. Très apprécié du Pape il devient son conseiller, il soutient la réforme grégorienne. Cette réforme, lancée par Nicolas II, Alexandre II, et Léon IX, vise à épurer l'église de ses pompes et à rendre indépendante la papauté des pouvoirs temporels. L'Église se retrouve ainsi en confrontation avec l'Empereur. L'affrontement atteint son paroxysme avec Grégoire VII, chassé de Rome et remplacé par un antipape, Clément III. Eudes est nommé légat en France et en Allemagne, dans le but de démettre Clément III, et rencontre Henri IV à cette fin en 1081, en vain. Il préside plusieurs synodes, dont celui de Quedlinburg en 1085 qui condamne les partisans de l'empereur Henri IV et de l'antipape Clément III ( Guibert de Ravenne ).
Un Pape rusé
u terme du très bref pontificat de Victor III, Eudes convoque les évêques partisans de la réforme grégorienne à Terracina, car Rome est aux mains des partisans de Clément III. Là, il est élu pape puis consacré le 12 mars 1088 sous le nom d'Urbain II.
Son premier message est d'affirmer solennellement sa fidélité à l'œuvre de Grégoire VII, en renouvelant les condamnations de ce dernier en matière de discipline ecclésiastique : simonie ( trafic de biens spirituels ), nicolaïsme (« incontinence » du clergé) et investiture des clercs par les laïcs. En revanche, il se montre plus souple que Grégoire sur les cas de clercs ordonnés par des évêques simoniaques ou schismatiques : il considère leur ordination comme valide, s'attirant ainsi les critiques de théologiens comme Bonizo de Sutri, Deusdedit ou Bruno de Segni. Pour rendre plus souples les condamnations, il applique la doctrine de la dispense selon Yves de Chartres. Il ménage Guillaume II d'Angleterre en conflit avec Anselme, l'archevêque de Cantorbéry, qui veut assurer l'indépendance de l'Église vis-à-vis du roi. Il conforte la papauté en faisant des royaumes hispaniques et de la Sicile des États vassaux du Saint-Siège. Comme ses prédécesseurs Urbain II continue à s'appuyer sur l'ordre de Cluny.
Un début de Pontificat difficile
omme il ne pouvait rentrer à Rome, occupée par Clément III, il séjourna durant 8 mois à Troina, en Sicile, sous la protection du normand Roger de Hauteville, qui achevait la reconquête de l'île occupée par les musulmans (1061-1091). Il retourne plus tard à Rome en toute fin d'année 1088 sous escorte normande mais y est chassé par Henri IV l'année suivante. Par sa politique modérée en France et en Angleterre, il crée un « parti romain » en sa faveur, isolant l'empereur. Ne désirant pas se démettre il doit alors affronter le schisme créé par le parti impérial. Il triomphe avec l'aide de Conrad, fils d'Henri IV. En 1093, Urbain II peut regagner Rome. Obstiné, il achète la reddition du palais du Latran l'année suivante, et fait tomber le château Saint-Ange en 1098, parachevant ainsi sa reconquête de la ville. Il peut alors durcir sa politique : l'exemption, qui place les abbayes sous la responsabilité directe du pape, largement pratiquée, concerne tous les établissements clunisiens. Les chanoines réguliers sont créés, les légats réutilisés, les primats instaurés. Il préside les conciles de Plaisance et de Clermont en 1095. Durant le premier, il invalide toutes les ordinations effectuées par Guibert de Ravenne après sa condamnation. Il condamne également les thèses de Bérenger de Tours qui affirme, contre la thèse de la transsubstantiation, le caractère symbolique de la présence du Christ dans l'eucharistie. Enfin, répondant à l'appel de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène, il exhorte les chrétiens d'Occident à défendre ceux d'Orient. La réforme grégorienne porte ses fruits. L'Église est indépendante et Clément III est isolé. Les valeurs de l'Église s'affirment complètement dans la société féodale. L'action des rois est influencée par le serment du sacre : maintenir la justice, défendre les faibles. Les pillages, guerres privées sont combattues par la paix de Dieu avec des ligues pour la paix, des forces de polices organisées par les évêques. Urbain II consacre la trêve de Dieu au concile de Clermont en 1095, qui suspend la guerre aux temps consacrés.
Le concile de Clermont en 1095
Clermont, du 18 au 26 novembre 1095, avec 13 archevêques et 225 évêques, Urbain II préside un concile dont quelques canons (c'est-à-dire des prescriptions du concile) ont été conservés. Il y réitère la condamnation de l'investiture laïque et interdit aux clercs de prêter hommage à un laïc, même au roi. Il proclame solennellement la trêve de Dieu ou paix de Dieu, déjà annoncée dans des synodes précédents et renouvelle l'excommunication prononcée par l'évêque Hugues de Lyon contre le roi de France Philippe I er, pour son remariage avec Bertrade de Montfort. Urbain II qui a tiré les enseignements des ereurs commises par ses deux malheureux prédécesseurs, fait de la réforme de l'église ( dans le but de la rendre plus accessible aux pauvres et moins pompeuse, en réalité ce que tout le monde attend depuis longtemps ) sa priorité. Son appel à la croisade devient secondaire, presque noyé dans la réforme tant attendue. Cette réforme achevée au concile de Clermont le 27 novembre 1095, il en fit un résumé habile lors de son discours de clôture sur le parvis de la cathédrale. En fin de discours, pour conclure sur la réforme, il évoqua l'interdiction faite aux Chrétiens par les Musulmans d'accéder aux lieux Saints depuis plus de vingt années, il exhorta les seigneurs à arrêter leurs querelles stériles, il les supplia de mettre leur énergie au service de Dieu en prenant les armes pour délivrer Jérusalem ! D'autre part, il promit aux Serfs le statut d'hommes libres s'ils se croisaient, il n'en fallait pas plus pour galvaniser la foule qui acclama ce discours, et, dans ce contexte les seigneurs ne purent faire autrement que d'emboiter le pas au peuple ! C'est au cri de "Dieu le veut" que naquit ce grand réveil contre les Musulmans, il ne restait plus qu'à trouver un organisateur à la hauteur de ce projet ! L'organisateur arrivera par miracle, et ménera à bien cette croisade, cet homme providentiel s'appellait Godefroy de Bouillon. Cette proposition du Pape Urbain II intéressait aussi les seigneurs installés et les rois qui y voyaient une occasion de se débarrasser des seigneurs "sans terres" à moindre frais ! Plus tard, il fixera le début de la croisade au 15 août 1096 et en confiera la direction spirituelle à Adhémar de Monteil, évêque du Puy, Godefroy de Bouillon en étant le chef.
Urbain II et la Reconquista
'Espagne est occupée par les Musulmans depuis l'an 711. Le pape Urbain II estime donc que La Reconquista en Espagne a même valeur méritoire que celle dirigée vers Jérusalem. Les Espagnols sont même invités par le pape à combattre les Sarrasins en Espagne plutôt que de se croiser pour Jérusalem. Il estime en effet que ceux qui combattent les Sarrasins participent à l'action divine de reconquête et de restauration de l'Église, c'est-à-dire de la Chrétienté. En 1088, dans une lettre à l'archevêque de Tolède, il y rappelle le passé glorieux de cette ville puis la domination des Sarrasins et la perte de liberté des Chrétiens pendant trois cent soixante dix-ans. La même année, le pape écrit cette fois ci à l'évêque de Huesca, à peu près dans les mêmes termes pour rendre louanges et grâces à Dieu. Celui qui a permis aux forces chrétiennes de battre les Sarrasins, les Turcs en Asie, les Maures en Espagne.
Si la reconquista fut une réussite, il faudra attendre l'année 1492 pour que l'Espagne se libère totalement du joug Musulman.