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20 Novembre2024

Périodes du Moyen-âge



Mille ans d'histoire !

Cercle de recherches historiques templières a majorité des historiens fixe le Moyen Age Occidental entre l'année 476 ( date de la chute de l’Empire romain d’Occident ) à l'année 1453 ( date de la prise de Constantinople par les Ottomans ). Néanmoins, l’année 1492 ( date de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb ), est préférèe par quelques autres historiens pour dater la fin du moyen-âge.


Au V ème siècle, sur les ruines de l’empire romain Occidental s’établissent une multitude de petits royaumes sans cesse attaqués par des tribus barbares. La population doit s'adapter à des conditions de vie plus dures, le commerce périclite et les villes se vident.


Néanmois grâce à un homme, d'une grande intelligence et d'un grand courage, le royaume Franc devient le plus puissant de l’Europe occidentale et le baptême de cet homme ( Clovis ) contibuera à une alliance de mille ans avec l'église catholique. C'est cette période qui a façonné la France que nous connaissons de nos jours.


Durant toute cette période les moines auront contribué pour une grande part à l'asséchement des marais, au détournement de nombre de rivières, à la construction d'innombrables ouvrages hydrauliques qui pour certains existent encore au XXI ème siècle. Les paysages que nous connaissons aujourd'hui en France, sont nés du travail incessant de nos anciens dans les campagnes. Les diverses périodes qui constituent le Moyen Âge ne sont pas aussi tranchées que l'on pourrait le croire, et, bien que les historiens soient obligés de fixer des repères chronologiques, les évolutions et les mutations économiques et sociales se firent lentement au fil de l'eau. Il en est de même pour les avancées technologiques qui pour beaucoup s'inspirèrent de ce qui existait au proche orient. La période des croisades ( XII ème au XIV ème siècle ) fut elle aussi propice aux avancées dans les domaines "agricole, médical, scientifique, astronomiques etc".

※   Il y eut donc Le haut Moyen-âge ( de l'an 476 à l'an 987 ) qui vit les dévastations des Barbares puis leur assimilation aux populations autochtones, le renforcement considérable de l'église, et la création d'un Empire.
※   Puis il y eut le Moyen-âge central avec l'apogée de la féodalité ( de l'an 987 à l'an 1314 ) qui vit les grandes croisades, les mutations scientifiques techniques commerciales et sociales, le régne des seigneurs et de la grande pauvreté, l'émancipation des villes.
※   Enfin arriva le Bas Moyen-âge ( de l'an 1314 à l'an 1453 ) et le temps des calamités, de la peste, des famines, de la remise en cause des pouvoirs, des révoltes populaires.



Et les "Gaulois" devinrent des "Francs" !

Cercle de recherches historiques templières u temps de l'empire Romain "la Gaule" était composée d'une mosaïque de peuples, englobant les pays que nous connaissons de nos jours sous les vocables de : France, Belgique, Luxembourg, une partie des Pays-Bas, de l'Allemagne et de la Suisse. Les Romains nommaient ce grand royaume : Gallia. Gallia est resté le nom conventionnel du royaume tout au long du haut Moyen Âge, Gaule et Gaulois sont les traductions usuelles des mots latins Gallia, Gallus et Gallicus.

  • Avec la chute de l'empire Romain en 476, et les bouleversements anarchiques qui s'en suivirent, ce grand royaume fut démenbré en plusieurs entités appelées royaumes Francs qui subiront de nombreuses invasions barbares. Au fil des siècles, ces royaumes se livreront des guerres impitoyables, et leurs frontières en seront constamment remaniées. Durant cette période le mode de vie s'adapte à la "survie", le commerce décline et les villes se dépeuplent. Le royaume des Francs devient le plus puissant d'occident. Clovis ayant eut l'intelligence de se faire baptiser, scelle son destin avec celui de l'église catholique.
  • Une certaine stabilité sera retrouvée avec l'avénement des Caroligiens ( en 751 Pépin le Bref devient le premier roi Carolingien en remplacement du dernier roi Mérovingien Childéric III ) qui réussiront en quelques décennies à unifier les Francs et beaucoup d'autres peuples en un seul royaume, celui des Francs ou Franciæ. C'est sous Charlemagne que le royaume Franc sera le plus grand, à tel point qu'il deviendra l'Empire de Franciæ. Quelques actes de Charlemagne mentionnent les termes Franciæ et Italiæ. Ce terme Franciæ se retrouve également dans de nombreux textes : Éginhard, Nithard, Ermold le Noir, dans les Annales royales et les Annales de Saint-Bertin. A la fin du IX ème siècle, et pour honorer la grandeur de Charlemagne, premier empereur Franc, Notker définiera le terme "Franciæ" en énumérant les peuples qu’il englobe, dans une œuvre destinée à perpétuer la mémoire de l'empereur Charlemagne.
  • Mais, le nom de France n'apparut de façon officielle qu'à partir de 1190, lorsque la chancellerie du roi Philippe Auguste commença à employer le terme de rex Franciæ (roi de France) à la place de rex Francorum (roi des Francs) pour désigner le souverain. Bizarrement, à cette époque, le royaume de Charlemagne qui n'était plus qu'un lointain souvenir, avait laissé la place à un petit royaume équivalent au 2/3 de la France d'aujourd'hui.


Fin des Mérovigiens

Fin des Mérovigiens l convient avant tout de rappeler une chose primordiale que peu de gens connaissent concernant le mode de fonctionnement de la royauté Mérovingienne. Les maires du palais ( fonction apparue au VI ème siècle qui prit de l’importance alors même que s’affaiblissait l’autorité des rois mérovingiens ), étaient les véritables dirigeants du royaume. A cette époque, le maire du palais est le réel détenteur du pouvoir, il est au cœur des intrigues avec l’aristocratie. Le véritable fondateur de la dynastie Carolingienne est Pépin II, dit Pépin de Herstal, petit-fils de Pépin de Landen et de saint Arnoul, maire du palais d’Austrasie en 679, il vainc les Neustriens en 687, et se fait nommer maire du palais pour tout le royaume franc par Thierry III, qui n’a plus de royal que le titre. Pépin II gouverne en s’appuyant sur la religion et s’allie avec la papauté.
Fin des Mérovigiens harles Martel, bâtard de Pépin II, dernier de ses fils vivants, ne mettra que 7 ans pour réunir l’Austrasie et la Neustrie et s’imposer comme maire du palais ( 721-741 ). Il lutte contre l’invasion arabe ( Poitiers en 732 ) et reconquiert des territoires du Sud-Ouest, sauf Narbonne qui reste aux mains des Arabes. Il apparait ainsi comme le protecteur de la civilisation chrétienne. En 734, le pape Grégoire III, se sentant menacé par les Lombards ( qui ont occupé Ravenne, et qui sont aux portes de Rome ), appelle à son secours Charles Martel, auquel il a donné le titre de vice-roi. Mais Charles est peu désireux d’intervenir en Italie. À la mort du roi Thierry IV (737), son successeur Childéric III est expédié dans le monastère bas de Sithiu. De son vivant, Charles partage le royaume en faveur de ses fils légitimes : Carloman administrera l’Austrasie, l’Alémanie et la Thuringe et Pépin, dit le Bref, dirigera la Neustrie, la Bourgogne et la Provence. Pour mémoire, Griffon, le fils illégitime tentera d’obtenir sa part, mais sera très vite neutralisé par ses frères. Face à l’agitation des aristocrates d’Austrasie, les deux frères seront contraints de rappeler Childéric III sur le trône en 743.
Les deux frères rongent leur frein et entreprennent une vaste réforme religieuse que Pépin poursuivra seul car en 747, Carloman se retire dans un monastère. Pépin tissera au fil des années, une toile avec les aristocrates qui emprisonnera le pauvre Childéric.

Fin des Mérovigiens e 27 juillet 754 dans la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris, le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains (« Patricius Romanorum »). Les fils et héritiers de Pépin, Carloman et Charles (futur Charlemagne), sont aussi sacrés par la même occasion ( ils succèderont conjointement à leur père quatorze ans plus tard ). Leur mère Berthe, n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à leur avènement selon le même rituel. Pépin III, surnommé le Bref en raison de sa petite taille, est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie ( l'Est de la France et de la Belgique ). Né à Jupille près de Liège, c'est le fils cadet de Charles Martel, maire ou « majordome » du palais royal et véritable chef des Francs. Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre, lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie, il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au roi Thierry IV, lorsque celui-ci vient à mourir. Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir. Les principaux seigneurs de Francie occidentale (la France du nord), qui en ont assez des descendants de Clovis, offrent la couronne à Pépin le bref alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie. Ils le proclament roi des Francs à Soissons, sur le champ de mai (un lieu de réunion communautaire) en 751. L'archevêque de Mayence Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême). Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie, de Rome, donne son assentiment au changement de dynastie : « Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir », dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang, le malheureux Childéric III est déposé et tondu (il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs !). Il va finir ses jours au monastère de Saint-Bertin, à Saint-Omer... Envoyé, la tête rasée, en signe d'incapacité, à Sithiu et enfermé dans le monastère bas de Saint Bertin, Childéric III y fut reçu moine en 751, et y mourut en 755. Il laissa un fils, nommé Thierry, qui fut envoyé au monastère de Fontenelle ( Saint-Vandrille ), ou il y fut élevé durement dans l’obscurité. Personne à ce jour ne sait ce qu'il advint de ce pauvre garçon, il faut néanmoins noter que dans les cercles ésotériques délirants, on lui prête une descendance !
La dynastie des Mérovingiens s'est brutalement arrétée a Saint-Omer en l'an de grâce 751, pour être remplacée par celle des Carolingiens.



Fin de Childéric III

Cercle de recherches historiques templières cette époque, toute la moitié sud de la France ainsi que la totalité de l'Espagne étaient wisigothiques. Les Mérovingiens régnaient sur la moitié nord de la France. Après la mort de Thierry IV, en 737, le maire du palais du royaume d'Austrasie Charles Martel se refuse à installer un descendant de Clovis Ier sur le trône. Pendant sept années, tous les documents officiels Francs seront datés de l'année 737. Charles Martel désire faire traîner les choses le plus longtemps possible jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment puissant pour se proclamer roi, mais il meurt en 741 avant d'accomplir ce dessein. L'aristocratie et tous les peuples Francs tiennent en grande estime la dynastie des Mérovingiens. La fronde grandit et c'est dans ce contexte que contraints et forcés ses deux fils, Pépin et Carloman en sont réduits à proclamer un nouveau roi Mérovingien en la personne de Childéric III que Charles Martel avait fait emprisonner à Sithiu en 737 ( actuellement Saint-Omer ). Childéric III est donc sorti de sa prison et placé sur le trône en mars 743 par Pépin le Bref. Après huit années de régne le dernier roi Mérovingien Childéric III est détrôné, à la suite d'un coup d'état, orchestré par Pépin alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie avec l'aval du Pape Zacharie.
En 751 Sithiu devient la prison du dernier roi mérovingien, Childéric III qui régna de 743 à 751. Il fut détrôné avec l'aval du Pape Zacharie, suite à un coup d'état orchestré par Pépin le Bref. Le 27 juillet 754 dans la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris, le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains ( « Patricius Romanorum » ). Les fils et héritiers de Pépin, Carloman et Charles ( futur Charlemagne ), sont aussi sacrés par la même occasion ( ils succèderont conjointement à leur père quatorze ans plus tard ). Leur mère Berthe, n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à leur avènement selon le même rituel. Pépin III, surnommé le Bref en raison de sa petite taille, est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie ( l'Est de la France et de la Belgique ). Né à Jupille près de Liège, c'est le fils cadet de Charles Martel, maire ou « majordome » du palais royal et véritable chef des Francs. Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre, lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie, il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au roi Thierry IV, lorsque celui-ci vient à mourir. Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir. Les principaux seigneurs de Francie occidentale ( la France du nord ), qui en ont assez des descendants de Clovis, offrent la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs à Soissons, sur le champ de mai ( un lieu de réunion communautaire ) en 751. L'archevêque de Mayence Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte ( le Saint-Chrême ). Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie, de Rome, donne son assentiment au changement de dynastie : « Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir », dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang. Le malheureux Childéric III est déposé et tondu ( il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs ! ). Envoyé, la tête rasée en signe d'incapacité à Sithiu, et enfermé à Saint Bertin, Childéric III y fut reçu moine en 751, et y mourut en 755. Il laissa un fils, nommé Thierry, qui fut envoyé au monastère de Fontenelle (Saint-Vandrille), ou il y fut élevé dans l’obscurité.
La dynastie des Mérovingiens s'est brutalement arrétée a Sithiu ( Saint-Omer de nos jours ) en l'an de grâce 751, pour être remplacée par celle des Carolingiens.



Haut moyen-âge

Les Carolingiens
Cercle de recherches historiques templières i-dessous la liste des rois de la dynastie des Carolingiens. Il convient de noter que Louis V aura le bon goût de mourrir très jeune, en effet, il décédera lors d'une partie de chasse organisée sur les terres d'Hugues Capet, qui sautera sur l'occasion pour se faire couronner roi !

Pépin le Bref

715 – 768

En 737, à la mort du roi Thierry IV, Charles Martel ( Maire du Palais ) fait enfermer son héritier légitime Childéric III, dans le monastère de Saint Bertin à Sithiu ( Saint-Omer ). Son intention étant d'attendre le moment favorable pour se faire proclamer roi lui-même. Mais il décède en 741, avant d’avoir pu accomplir son souhait. Deux de ses fils, Pépin dit le Bref et Carloman, prétendent accéder au pouvoir. Mais devant l'hostilité des seigneurs Mérovingiens, ils décident de libérer Childéric III de son couvent en 743 pour le reconnaitre roi. En 747, Carloman décide de rentrer dans les ordres, au monastère de Mont-Cassin. Childéric III reste le seul obstacle dans sa course au trône. Rusé, l’audacieux maire du Palais demande en 749 au pape Zacharie l'autorisation de déposer le roi pour prendre sa place. Esseulé face aux envahisseurs Lombards, le souverain pontife accède à cette requête, désireux d’avoir un allié en la personne de Pépin. Le Pape aura alors cette célèbre répartie "Celui qui exerce véritablement le pouvoir doit porter le titre de roi". En novembre 751, Pépin réalise enfin l’ambition de son père : le roi mérovingien Childéric III est déposé et à nouveau enfermé dans le monastère Saint Bertin à Saint-Omer. Le maire du Palais devient roi. C’est la fin de la dynastie mérovingienne et le début des Carolingiens. L’Église vient appuyer l’autorité du nouveau souverain puisqu’il est sacré en recevant la sainte onction. Le Pape va même menacer d’excommunication toute velléité de choisir un roi hors de la descendance de Pépin. C’est une véritable trahison de l'église.

Charles Ier ou Charlemagne

748 – 814

Fils de Pépin le Bref. Il règne pendant 4 ans avec son frère cadet, Carloman I er. Puis il règne seul après la mort de son frère. À l'occasion d'un séjour à Rome en 800, Charlemagne reçoit la couronne impériale des mains du pape Léon III. À Constantinople, on est scandalisé de voir un Barbare se poser ainsi en successeur des empereurs romains. L'Empire carolingien ne constitue cependant pas une simple restauration de l'Empire romain. Charlemagne est un Franc, son Empire s'étend de l'Elbe à l'Èbre, et sa capitale se trouve à Aix-la-Chapelle. Dans ce vaste empire, la principale difficulté est de faire connaître et exécuter la volonté du souverain, pour cela, Charlemagne nomme deux cents Comtes, investis de fonctions administratives, judiciaires et militaires. Une ou deux fois par an, tous se rendent au palais pour préparer les expéditions militaires avec l'empereur. À cette occasion sont approuvées les lois ( les capitulaires ), qui sont ensuite diffusées et appliquées sous la surveillance vigilante des envoyés de l'empereur, les missi dominici.
Charlemagne se considère comme responsable de ses sujets devant Dieu : il réforme le clergé et s'efforce d'améliorer sa moralité. Les moines sont soumis à la règle de saint Benoît, les offices religieux sont désormais célébrés partout de la même façon. La messe du dimanche et le baptême des enfants deviennent obligatoires. Charlemagne, enfin, veut établir un clergé plus instruit et des administrateurs capables de lire les capitulaires et de correspondre avec le palais. Il favorise le développement des écoles au sein des monastères, fait venir à sa Cour des lettrés et des savants. Les livres, les textes de lois, les inventaires de domaines se multiplient. Une nouvelle écriture plus lisible est inventée, et elle devient obligatoire : "la caroline". Durant tout son règne, la capitale n'est plus Paris mais Aix-la-Chapelle.

Louis I er le Pieux

778-840 Fils de Charles I er. A sa mort, le 28 janvier 814, Charlemagne ne compte plus qu’un seul héritier mâle, Louis le Pieux, qui devient alors roi des Francs et empereur d’Occident. L’épouse de celui-ci, Ermengarde, fille du Comte de Hesbaye, lui a déjà donné trois fils. Le 9 avril 817, le roi Louis Ier le Pieux est blessé suite à l’effondrement d’un portique à Aix-la-Chapelle. Cet accident pousse le roi a envisager sa succession. Louis Ier qui espère garder une certaine cohésion au sein de l’empire décide que son fils aîné, Lothaire, prendra le titre d’Empereur, le puîné, Pépin, sera roi d’Aquitaine. Quant au cadet, Louis, il héritera de la Bavière. Ce partage mécontente le neveu du roi, Bernard d’Italie, descendant, lui aussi, de Charlemagne. En 818, s’entourant de fidèles, il marche jusque Chalon-sur-Saône où il est arrêté et condamné à mort par Louis I er. Cependant, le roi le gracie et ordonne que sa peine soit commuée par l'aveuglement au fer rouge, Bernard meurt trois jours plus tard, des suites du supplice. Cette même année, l’épouse de Louis Ier, Ermengarde, décède. Le roi se remarie en 819 avec Judith de Bavière. En 823, la nouvelle reine met au monde un fils, prénommé Charles. Pour ne pas déshériter son quatrième fils, Louis Ier donne à Charles des terres qui revenaient à son fils aîné, Lothaire. Ce dernier et ses deux frères, Pépin et Louis, exigent alors que l’Ordinatio Imperii de 817 soit respecté.


En 831, le roi établit un nouveau partage du royaume non plus en trois mais en quatre. Soutenus par le Clergé et la noblesse, les trois frères s’unissent contre leur père, qui favorise de plus en plus le petit Charles, son fils préféré. En 833, le roi est capturé près de Colmar, destitué, il est transféré au monastère de Soissons. Judith et Charles sont enfermés dans un couvent. Une fois Louis Ier écarté, Lothaire s’impose, s’attirant la colère de ses deux frères, Pépin et Louis, qui s’allient contre lui, estimant qu’ils ont mérité une récompense pour avoir soutenu leur frère aîné. Dés 834, Lothaire doit fuir vers l’Italie tandis que Pépin et Louis ramènent leur père sur le trône, moyennant des terres. La reine Judith et Charles rejoignent le roi. Bien qu’il ait recouvré son trône, le prestige de Louis Ier s’est affaibli. Lorsque Pépin meurt en 838, Lothaire propose que l’Ordinatio Imperii soit finalement appliqué et que l’on donne tout simplement à Charles la part qui devait revenir à Pépin. Mais Louis Ier a changé ses plans et ne souhaite plus que Lothaire lui succède en tant qu’ Empereur. En 839, Louis I er établit un dernier partage : Lothaire a l’Italie, Louis a toujours la Bavière et Charles hérite de l’empire et de l’Aquitaine. Les nobles et Louis le Germanique se révoltent. Le 22 juin 840, Louis I er le Pieux meurt, Lothaire revient pour récupérer "son empire". Charles II le Chauve – surnom du quatrième fils de Louis Ier – s’allie avec Louis le Germanique. Les armées des deux frères battent celle de Lothaire à Fontenoy-en-Puisaye le 24 juin 841. Lothaire n’est toujours pas calmé, ce qui pousse Charles II et Louis à se prêter serment de fidélité : ainsi, le 14 février 842, les deux frères se jurent amitié à Strasbourg. Lors du partage de Verdun, en août 843, Charles II conserve l’Ouest du royaume, Louis prend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière tandis que Lothaire conserve finalement l’Italie et obtient de ses frères Aix-la-Chapelle ainsi que le titre d’empereur d’Occident… sans pour autant avoir le vaste empire qu’avait laissé Charlemagne. Le royaume de Charles II prend le nom de « Francia » ( France de nos jours).

Charles II le Chauve

823-877
Fils de Louis Ier. Il règne sur la Francie Occidentale ( l'ancien royaume des Francs ). Roi de France de 843 à 877 et empereur d’Occident de 875 à 877 ( Francfort-sur-le-Main, Allemagne 823 – Avrieux, Savoie 877 ). Il s’allia à Louis II le Germanique contre leur frère aîné Lothaire I er et Pépin II. Tous deux battirent ces derniers à Fontenoy-en-Puisaye (anciennement Fontenet), dans l’Yonne, le 25 juin 841. Cette bataille devait aboutir au traité de Verdun de 843 qui fixait les limites de la France. Il fut vaincu par son neveu, Louis de Saxe (Louis III le Jeune), fils de Louis II le Germanique, à la bataille d’Andernach, sur le Rhin, près de Koblenz, le 8 octobre 876. Les vikings envahissent le nord du royaume durant son règne.

Louis II le Bègue

846-879
Fils de Charles II. Charles II, le Chauve, a, en 843, par le traité de Verdun, constitué un nouveau royaume Franc. À sa mort, en 877, il le transmet à l'aîné de ses quatre fils, Louis, resté trente ans sous sa férule et étranger aux affaires qu'il doit soudain gérer. Ses deux années de règne se remarquent par une lutte contre ses vassaux, qu'il ne parvient pas à mettre au pas. Il réussit cependant à repousser les envahisseurs normands et à établir la paix avec le roi Louis de Saxe, le plus dangereux de ses ennemis germaniques. Il meurt à 33 ans. Nés de deux épouses différentes, trois de ses fils vont lui succéder, dont deux, Louis III et Carloman, vont régner conjointement mais être emportés par une mort prématurée.

Carloman II ( 867 – 884 )

Carloman II est le deuxième fils de Louis II le Bègue et d'Ansgarde. Après le décès de son père, en 879, il devint roi de France conjointement avec son frère Louis III. En 880, il reçoit l'Aquitaine, la Bourgogne, la Septimanie, le marquisat de Toulouse et une partie de la Provence. En 882, au décès de son frère, il régna seul. Il mourut en 884 d'un accident de chasse.

Charles le Gros

839-888
Petit-fils de Louis Ier le Pieux. Empereur d'Occident (881 - 887). Roi de France (884 - 887). il est le fils de Louis le Germanique et d'Emma de Bavière. Il meurt à Reichenau et est inhumé à Neidingen en Souabe. Charles le Gros, roi d'Alémanie depuis 876, était devenu roi d'Italie en 880. En février 881, répondant aux suppliques du pape Jean VIII, il se rendit à Rome pour y être sacré empereur, après avoir donné au pape les assurances que celui-ci réclamait à propos des droits et privilèges de l'Église romaine. Mais Charles le Gros ne fit rien contre les adversaires de l'Église, et cessa en fait de s'intéresser à l'Italie. Dans les années suivantes, le hasard lui donna l'occasion de restaurer l'unité impériale, puisqu'il vit d'abord ses 2 frères mourir sans héritier, ce qui lui permit de réaliser l'unité de toute la Germanie, et qu'il fut ensuite appelé par les grands du royaume Franc à régner sur ce royaume. A la mort prématurée de Carloman, frère de Louis III, et devant le danger normand et l'anarchie intérieure, les grands avaient écarté le fils posthume du deuxième mariage de Louis le Bègue, le jeune Charles le Simple, qui avait 5 ans, et fait appel à, Charles le Gros, qui reçut leur hommage à Ponthieu en juin 885. L'unité territoriale de l'empire ( sauf une partie de la Provence ) était restituée. Malheureusement atteint de ce qu'on appelait alors le haut mal ( l'épilepsie ), il sera un souverain médiocre, incapable de repousser les Normands et de lutter contre les seigneurs qui démantelaient l'Empire. Ainsi à la mort de Boson, qui avait usurpé la royauté en Provence, son fils Louis fit bien hommage à l'empereur, mais c'était seulement en apparence que le royaume de Provence faisait retour à l'empire. Plusieurs grands se bornèrent à étendre leur puissance, par exemple la famille de Robert le Fort, avec Eudes, comte de Paris, mais d'autres se révoltèrent et cherchèrent à échapper au joug carolingien. Le 11 novembre 887, Charles le gros, que l'on dit "malade de corps et d'esprit", tient une assemblée à Tribur, en pays de Hesse, malade et abandonné de tous, il renonça à la couronne impériale. il peut se retirer en Souabe, où il mourut le 13 janvier 888. La dernière tentative pour rétablir l'empire carolingien avait échoué.

Charles III le Simple

879-929
Fils de Louis II le Bègue, il reprend le trône à la mort d'Eudes. Les vikings devenant un vrai problème, Charles III décide de leur donner une terre pour qu'ils cessent leurs pillages. Les vikings acceptent et Charles III leur donne la Normandie. Mais une révolte soudaine des Robertiens menée par Robert, frère du roi Eudes, éclate. Charles III est obligé d'abdiquer et sa famille s'exile. Mais Charles III n'abandonne pas, il prépare une armée et attaque Robert I er. Celui-ci est tué à la bataille de Soissons en 923. Mais un nouveau roi est élu, nommé Raoul de Bourgogne ( il est marié à la fille de Robert Ier ). Charles III lui demande alors de lui donner la couronne qui lui revient en droit. Mais celui-ci refuse et Charles III l'attaque alors en retour. Mais il est capturé en 923 et meurt en prison.

Louis IV d'Outremer

920-954
Fils de Charles le Simple et d’Ogive de Wessex, Louis IV est évincé du trône par Raoul Ier. Lors de la capture de son père, sa mère l’emmène en Angleterre, d’où son surnom d’Outremer. Après la mort du roi en 936, Hugues le Grand, duc de France refuse la couronne et appelle Louis pour le faire régner sous sa tutelle. Mais Louis IV, appuyé par les évêques, se dégage de sa tutelle. Dès lors, Hugues s'opposera à toutes les velléités de restauration de l’autorité carolingienne. Invité par Harold de Bayeux, Louis tombe dans un guet-apens. Sa suite est massacrée. Il est fait prisonnier en 945 à Rouen. Il est livré à Hugues le Grand qui l’échange contre la ville de Laon, pivot de la défense carolingienne et dernière possession des Carolingiens en Gaule. Mais, menacé d’excommunication, Hugues conclut la paix en 950. Louis meurt en 954.

Lothaire

941-986
Roi des Francs en 954. Fils de Louis IV d’Outremer, nullement taillé pour être roi, il laissa gouverner son oncle Bruno, archevêque de Cologne et duc de Lorraine, et perdit l'estime et l’appui d’Hugues Capet. Son règne marque l’affaiblissement du pouvoir carolingien, entaché par une conduite honteuse dans le conflit contre l’empereur Otton.

Louis V le Fainéant

967-987
Fils de Lothaire, meurt très jeune et fort à propos, d'un accident de chasse dans le domaine du duc Hugues Capet, sans descendance. Fils de Lothaire, Louis est le dernier roi carolingien qui ait régné dans le royaume Franc. Son règne sera très bref puisqu’il meurt d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse avec Hugues Capet. Avec l’appui d’Adalbéron qui n'hésitera pas à trahir ses anciens protecteurs, Hugues Capet se fait élire roi aux dépens de l’oncle de Louis, Charles de Lorraine.



Moyen-âge central

Les Capétiens

Cercle de recherches historiques templières ette période se situe entre les années 987 et 1314, elle englobe totalement le règne des Capétiens. Il convient de noter, que la descendance de Philippe IV le Bel s'éteindra 14 années après sa mort, et, que ce signe sera interprété par le peuple comme la réalisation de la malédiction lancée 14 années plus tôt à son encontre par Jacques de Molay ( dernier maître de l'Ordre du Temple ). Ci-dessous la liste des rois de la dynastie des Capétiens.

Hugues Capet

940-996
Des historiens prétendent qu’à la mort du dernier roi carolingien Louis V le 21 mai 987, le duc de Lorraine Charles, dernier descendant de la lignée carolingienne, comptait parmi les Francs un si petit nombre de partisans, que lorsqu’il s’adressa à l’évêque Adalbéron de Reims pour savoir de quelle manière il devait se conduire afin d’obtenir la couronne, ce dernier, conseiller de la reine Emma, veuve de Lothaire et mère du dernier roi, lui répondit : « L’élection d’un roi dépend de tous les grands du royaume, il n’appartient à personne, fût-il archevêque, de choisir le roi : c’est le droit, non d’un seul, mais de tous. » Dès lors, la couronne était de nouveau soumise à l’élection, et elle ne pouvait échapper au Duc Hugues Capet, qui possédait deux places fortes capables d’arrêter les Barbares Vikings. En assurant ainsi la tranquillité du royaume, Hugues, duc de France, Comte de Paris et Marquis d’Orléans avait pour vassal le puissant Comte d’Anjou, Geoffroi Grisegonelle, le duc de Bourgogne, Henri, était son frère, et le duc de Normandie, Richard, son neveu. Les évêques et les grands du royaume, réunis à Noyon, n’hésitèrent pas un instant à le proclamer roi. Adalbéron, cet évêque que tant de liens unissaient à la famille dépossédée du trône, s’empressa de lui conférer l’onction sacrée.
Sachez encore pour rester dans l'ère du temps ( 'celle du réchauffement climatique' ) qu'en 994, il y eut une sécheresse prolongée qui eut pour effet d'assécher les fleuves et les lacs, aucun poisson ,'y résista. La chaleur provoqua des incendies qui dévastèrent les forêts et leur gibier, les moissons, les troupeaux ... Récemment, une étude scientifique de ces phénomènes conclut qu'il y avait eu des températures supérieures à 42°C pendant plusieurs semaines. Les chroniqueurs de l’époque évoquèrent ce phénoméne en décrivant une chaleur infernale pendant près de 3 mois !.
source : 'Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques' du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.
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Robert II le Pieux

972-1031

Robert II, fils d'Hugues Capet fut éduqué par Gerbert d'Aurillac, secrétaire de l'archevêque de Reims Adalbéron ( à qui Hugues Capet devait beaucoup ), et qui deviendra lui même Archevêque puis Pape sous le nom de Sylvestre II. En 988, Robert II âgé de 16 ans sera marié à la veuve du Comte de Flandre Rozala qui a 20 ans de plus que lui. En 992 il répudie sa première épouse qui ne lui a pas donné d'enfant tout en conservant sa dote ( le port de Montreuil et le Ponthieu ( territoire de Picardie ) ). En 996, il s'éprend de la belle Berthe épouse du Comte de Blois, l'attirance est mutuelle. Son père Hugues Capet est opposé à cette liaison mais la même année Hugues et le Comte de Blois décèdent. Robert est roi et Berthe est veuve. Mais, ce mariage est interdit par l'église, car le premier n'a pas été annulé et Robert et Berthe sont cousins au 4 ème degré. Qu'à cela ne tienne ! Robert trouvera un évêque conciliant pour le marier en 996. Deux conciles ( 997 et 998 ) condamnent cette union. Une sentence est finalement prononcée : 7 ans de pénitence et excommunication si l'union n'est pas défaite. L'union étant restée stérile, Robert et Berthe se séparent en 1003. On a vu l'église plus prompte à excommunier mais en 999, le pape Sylvestre II n'est autre que Gerbert d'Aurillac ancien précepteur de Robert. Robert va épouser en 1004 une princesse lointaine qu'il n'a jamais rencontré, Constance d'Arles, qui a 17 ans mais qui va importer une culture différente. Des clans vont rapidement se former, et Robert ne trouvera pas de réconfort dans ce mariage .

Henri I er

1008-1060
Fils de Robert le Pieux, associé au trône en 1027, et seul roi à la mort de son père ( 20 juillet 1031 ). Son frère Robert, que soutenaient la reine mère Constance d'Arles et le comte de Blois, tenta de lui enlever la couronne. L'appui du Duc de Normandie et des Comtes d'Anjou et de Flandre permit à Henri I er de consever le trône. Bon prince, il donnera à son frère la Bourgogne. Le roi accorda beaucoup d'importance à la politique extérieure, rencontrant plusieurs fois l'empereur Henri III, manifestant ses prétentions sur la Lorraine, tenant tête au pape, nouant, enfin, des relations avec Iaroslav, grand-prince de Kiev, dont il épousa la fille Anne en 1051. Leur fils aîné, qui reçut le nom byzantin de Philippe, fut, conformément à l'usage associé au trône dès 1059.

Philippe I er

1052-1108
fils d'Henri I er et d’Anne de Russie, il monta sur le trône à l'âge de huit ans. La tutelle de sa personne et la régence du royaume avaient été confiées par le feu roi à Baudouin V, comte de Flandre, à l’exclusion de la reine mère, qui, étant étrangère, ne pouvait avoir aucune autorité, et de Robert, duc de Bourgogne, dont on pouvait craindre l’ambition, puisqu’il était oncle du mineur. Baudouin, qui avait épousé une sœur de Henri, regarda le jeune Philippe comme son propre neveu, s’acquitta avec intelligence de cette tâche, et parvint à réprimer plusieurs frondes. Prince de son temps le mieux fait, et le plus séduisant, il possède aussi toutes les grâces de l’esprit et du caractère. Il fut un des plus habiles politiques qui ont occupé le trône de France. Sous son règne, la ville de Bourges, le comté de Vexin et le Gâtinais furent réunis à la couronne. Il sut profiter de toutes les circonstances pour augmenter la puissance de son royaume. C'est sous son règne que commence la grande saga des croisades, et, il participera à sa façon à la réussite de la grande pérégrination.

Louis VI le Gros

1081-1137
Né à Paris le 1er décembre 1081, Louis VI dit le Gros, ou le Batailleur, est le fils de Philippe I er et de Berthe de Frise. Le jeune prince Louis, issue du premier mariage de son père, passera toute son enfance avec Suger futur abbé de Saint, qui lui restera fidèle tout au long de son règne. A partir de 1092, il devient Comte du Vexin, et reçoit les villes de Mantes et de Pontoise. Il prendra les armes contre Guillaume le Roux, roi d’Angleterre, en 1097. Adoubé le 24 mai 1098 par le Comte de Ponthieu, il combattra les seigneurs rebelles du royaume. Vers 1101, son père, vieillissant, lui confie le gouvernement du royaume, et reçoit le comté de Vermandois. Il devient roi le 3 août 1108. C'est sous son règne, que les revendications des bourgeois prendront de l'essort à travers "les chartes communales", ces associations professionnelles et religieuses. Dès 1110, de nombreuses villes de son domaine bénéficieront d’avantages fiscaux et auront le droit de s’administrer elles-mêmes par l’intermédiaire d’un maire. Louis VI apportera son soutien aux habitants contre ses vassaux. Durant son règne il luttera contre les seigneurs rebelles et les brigands tels que Hugues de Puiset, Thomas de Marle ou le sire de Coucy. Il devra également parer les attaques des souverains étrangers comme le roi d’Angleterre et l’empereur de Saint-Empire Romain Germanique. En 1124, Henri V, l’empereur germanique, vint soutenir le roi d’Angleterre dans la guerre qui opposait ce dernier à Louis VI pour la conquête du duché de Normandie. Mais, Henri V, impressionné par la grande armée Franque, renonça et se retira sans combattre. Suite à l’assassinat de Charles 1er de Flandre en 1127, Louis VI imposera un homme de sa cour "Guillaume Cliton" ( très connu à Saint-Omer ), comme nouveau comte. En 1129, il couronna son fils Philippe comme roi-associé, mais celui-ci mourut accidentellement. Le cadet, Louis le Jeune, qui se destinait à une carrière ecclésiastique, fut couronné roi-associé à son tour en 1131. En mai 1137, Louis VI conclut la paix avec le roi d’Angleterre. Avant de mourir et après avoir renoué des rapports amicaux avec son vieil ennemi, Guillaume X d’Aquitaine donna sa fille Aliénor à son fils. Après une longue maladie, Louis VI mourut le 1er août 1137.

Louis VII le Jeune

1120-1180
Fils de Louis le Gros et d'Alix, il fut associé au trône et sacré à Reims par Innocent II dès 1131. En 1137, il épousa à Bordeaux Aliénor, héritière du duc d'Aquitaine, conformément au testament du duc et avec l'assentiment des barons du duché. Louis VII eut une action néfaste aux intérêts de l'Ordre du Temple, et porta atteinte à la conception même que se faisaient les Templiers du pouvoir en Terre Sainte. Arrivé à Jérusalem, Louis VII n'eut qu'une idée en tête : restaurer le droit féodal Franc, rétablir les principes de la monarchie qui selon lui avaient été trop longtemps bafoués en Terre Sainte. a politique affichée du roi de France pendant la Seconde Croisade (1146-1149) eut des conséquences graves et inédites à Jérusalem. Elle poussa l'Ordre des Templiers dans une opposition à la dynastie hiérosolymitaine et il faudra attendre l 'accession de Guy de Lusignan au trône de Jérusalem (1186) pour que les Templiers retrouvent leur place aux affaires du royaume.
Dans ces conditions, la position du grand maître Evrard des Barres était des plus inconfortable. Mais loin de s'en inquiéter, il continuait à servir son roi, allant jusqu'à suivre Louis VII quand celui-ci se ré-embarqua pour la France à la plus grande stupéfaction de ses frères chevaliers. Il fallait bien se rendre à l'évidence : l'Ordre avait élu un grand maître royaliste. Seulement, il n'y avait pas que les Templiers qui étaient dépités par la tournure des événements.


Il y eut aussi le père spirituel des Templiers, l'abbé de la claire Vallée, Saint Bernard lui-même. Après l'action de Louis VII en Terre Sainte, ressentie comme une véritable trahison,Saint Bernard et les Templiers auront des comptes à régler. Dans une lettre adressée à son oncle, André de Montbard, Sénéchal de l'ordre des Templiers, Saint Bernard révèle le fond de sa pensée : « Je retrouve dans vos lettres le même désir, mais aussi vos craintes au sujet de la terre que Notre Seigneur honora de sa présence et consacra de son sang. Malheur à nos princes ! Dans la terre du Seigneur, ils n'ont rien fait de bon dans les leurs, ils sont rentrés à la hâte, ils exercent une malice inconcevable. » Le projet de Saint Bernard est de créer un nouveau royaume en France qui serait, celui-là, plus favorable à l'idéal porté par l'univers de la Stricte Observance bénédictine. Pour cela, il fallait obtenir l'annulation du mariage de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine , la puissante duchesse d'Aquitaine. Un obstacle se présentait à ce projet, voire deux : les sages conseillers du roi de France, Suger abbé de Saint-Denis et Evrard des Barres, grand maître des Templiers. Tous deux étaient fermement hostiles à cette annulation qui était dans l'air depuis le retour du roi de la Seconde Croisade. Pour le premier obstacle, c'est André de Montbard, oncle de Saint Bernard et Sénéchal de l'ordre des Templiers - c'est-à-dire numéro deux dans la hiérarchie de l'ordre – qui s'en chargera. André de Montbard écrit en 1149 à Evrard des Barres qui est à Paris auprès du roi. L’objectif est d'éloigner le grand maître de la cour capétienne pour que laissant parler sa rancœur personnelle, Louis VII répudie sa femme. Précisons que Saint Bernard est l'ami personnel d'Aliénor d'Aquitaine et son confesseur. Il était au fait des angoisses les plus intimes de la jeune duchesse et notamment sa crainte d'être stérile. Saint Bernard saura calmer ses angoisses infondées, et l’avenir lui donnera amplement raison. Nous allons citer la lettre d'André de Montbard à Evrard des Barres car elle est un monument de l'histoire française. Avant cela, il faut préciser que dans la cérémonie de l’élection d'un grand maître, les Templiers promettent obéissance au nouvel élu. Mais dans un second temps et au final, on faisait promettre au nouveau grand maître obéissance au couvent. La formule exacte est : « « Commandeur, si Dieu et nous t'avons élu pour maître du Temple, promets-tu d'être obéissant tous les jours de ta vie au couvent et de tenir les bonnes coutumes de la maison et les bons usages ? » Et il doit répondre : « Oui, s'il plaît à Dieu.' » » ( La règle des Templiers, élection du Maître, article 220 ). C'est le 21 mars 1152 à Beaugency qu'est prononcée l'annulation du mariage de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine. La duchesse d'Aquitaine se remaria le 18 mai 1152 à Poitiers avec Henri II Plantagenet, comte d'Anjou, du Maine, de Touraine, duc de Normandie et futur roi d’Angleterre.

Philippe II Auguste

1165-1223
Le 18 septembre 1180 commençait l'un des règnes les plus longs de l'histoire de France, le plus fondamental peut-être puisque dans une société en complète mutation, il porta le pouvoir royal de la petite Ile-de-France jusqu'aux frontières maritimes de la France moderne, créa les conditions mêmes du fonctionnement d'un État ( administration, armée, justice, trésor, monnaie ), contribua à faire de Paris la capitale de son royaume. En 1180, il épouse Isabelle de Hainaut qui lui apporte l'Artois. Mais il entre bientôt en conflit avec le comte de Flandre, oncle de sa femme, et une grande coalition féodale est nouée : le roi parvient à la défaire ( traité de Boves 1185 ), ce qui lui vaut de rattacher à la couronne les comtés d'Amiens, de Montdidier et les châtellenies de Roye et de Thourotte. La nouvelle de la chute de Jérusalem en 1187, est perçue comme une catastrophe en Occident, le pape Grégoire VIII appelle à une nouvelle croisade en 1187. Si Richard répond très vite à l’appel, Philippe II traine les pieds. L’archevêque de Tyr, Josse, parvient à les convaincre mais Henri II meurt avant le départ prévu en 1189. Avant son départ, Philippe II nomme la reine-mère Adèle régente du royaume, étant assistée de l’archevêque de Reims. Les préparatifs étant longs, la date du départ est reportée : Philippe et Richard ne partent qu’en 1190. La courtoisie est de mise chez ces deux rois. Des tensions apparaissent en Sicile : Tancrède, cherche à dresser les deux rois l’un contre l’autre. Après l’épisode sicilien, Philippe parvient à Saint-Jean-d’Acre en avril 1191. Il met le siège devant la ville, mais il ne parvient pas à la prendre avant l’arrivée de Richard, qui a entre temps conquis Chypre ! C’est un motif d’aigreur pour le roi des Francs. Les deux rois contractent une maladie durant le siège, et, Philippe perd ses cheveux. Les assiégés d’Acre capitulent le 12 juillet 1191. Philippe, décide de rentrer tandis que Richard poursuit sa croisade, décidé à reprendre Jérusalem. Inquiet, Richard demande à Philippe de jurer sur les reliques qu’il n’attaquera pas ses terres et ne lui nuirait en rien en son absence. Le roi de France jure. Le 3 août 1191, Philippe quitte Tyr. A son retour, Philippe Auguste s'empare de l’Artois. Il prend le Vexin normand et Gisors, territoires qui constituaient l’ancienne dot d’Aélis, fille de Louis VII, qui s’était mariée avec Henri le Jeune fils de Henri II. Au proche orient, le siège de Jérusalem s'éternise et Richard renonce à la croisade, il conclut un traité avec Saladin et s’embarque pour l’Angleterre le 9 octobre 1192. Le navire de Richard essuie une tempête et doit accoster en Istrie, apprenant cela Léopold d’Autriche ( rancunier envers Richard qui l'avait humilié en croisade ) capture Richard, et le revend à l’empereur Henri VI qui informe Philippe Auguste. Ce dernier demande à ce que Richard soit retenu prisonnier le plus longtemps possible pour profiter de la situation. En Angleterre, Jean fait courir le bruit que Richard est mort et se proclame roi. Philippe Auguste envahit la Normandie, mais Richard est libéré le 4 février 1194 en échange d’une énorme rançon versée par sa mère Aliénor d’Aquitaine. Ces actes de grande fourberie pratiqués par le roi des Francs mettent Richard en furreur. Il est décidé à faire payer le prix fort à Philippe et ses sbires pour l'ensemble de leurs oeuvres. Jean, lui se hâte de demander le pardon de son frère et l’obtient. Richard débarque à Barfleur en mai 1194. À Verneuil, il met fin au siège entrepris par le roi de France, puis il met en déroute les troupes de Philippe Auguste à Fréteval le 4 juillet 1194. Richard, soucieux de consolider ses positions, entreprend en 1196 la construction de Château-Gaillard, forteresse imprenable. Les années 1197 et 1198 sont marquées par des succès diplomatiques pour le roi d’Angleterre : ce dernier soutient la candidature d’Otton de Brunswick pour le trône du Saint-Empire, contre Philippe de Souabe, soutenu par Philippe Auguste. C’est Otton qui est finalement élu. Parallèlement, il se rapproche du comte de Hainaut et de Flandre. Au cours de l’été 1197, une ambassade anglaise dépêchée auprès de Renaud de Boulogne et de Baudoin de Flandre aboutit à un renversement d’alliance : les deux hommes quittent le camp de Philippe pour celui de Richard. En 1198, Baudoin de Flandre envahit l’Artois, prend Aire sur la Lys et Saint-Omer. À Vernon, l’armée Franque est battue par l’armée du Plantagenêt. Près de Courcelles une autre armée, à la tête de laquelle se trouve Philippe, est mise en déroute. En 1199, Richard assiège le château de Chalûs-Chabrol, car ce seigneur était passé du côté des Francs. Il y meurt le 6 avril 1199, atteint par un carreau d’arbalète. Richard décédé, son frère Jean retrouve du courage, et, comme d'habitude les amis d'hier ( Jean et Philippe ) vont au fil du temps devenir des ennemis, avec des guérillas incessantes dans le royaume franc. Il y aura également des tentatives de débarquement en Angleterre, des changements d'alliances entre Jean et le Pape interdisant à Philippe d'attaquer les Anglais sur leur sol. En 1214 la victoire de Bouvines donnera des ailes aux Francs, Louis s’embarque pour l’Angleterre en 1216 avec une importante armée. Au début de l’expédition, Louis est excommunié par le pape en raison de la suzeraineté pontificale sur l’Angleterre. Philippe prend soin de se désolidariser en apparence afin de ne pas s’attirer les foudres du pape. Le début de la campagne d’Angleterre est un véritable succès, et Jean sans Terre doit s’enfuir à Winchester. Des mercenaires flamands changent de camp en rejoignant Louis. La situation semble perdue pour le Plantagenêt qui ne peut compter sur le soutien que d’une petite partie de l’aristocratie et du clergé. Hélas pour Louis, la mort de Jean vient contrarier ses plans. En effet, débarrassés d’un roi tyrannique, les barons anglais rejoignent le camp du nouveau roi Henri III. Suite à la désastreuse défaite Franque de Lincoln ( la moitié des combattants y sont faits prisonniers ), Louis demande une trêve et tente de chercher des renforts. Il ne peut rien attendre de son père, contraint d’adopter une attitude neutre en raison de l’excommunication pontificale. Les renforts rassemblés par Blanche de Castille, sa femme, ne parviennent pas à destination ( la flotte de secours est détruite au large de Sandwich ). Louis doit négociatier : par le traité de Lambeth, signé le 11 septembre 1217, il abandonne son projet en échange d’une somme de dix mille marcs d’argent, le pape lève son excommunication en échange du paiement de la dîme pendant deux ans pour financer la croisade. Louis ne sera jamais roi d’Angleterre. Philippe II aura réussi à réformer en profondeur l'administration l'armée et les finances, et c'est à cette époque que datent les premiers documents désignant Philippe Auguste non plus « roi des Francs » ( rex Francorum ) mais « roi de France » ( rex Franciae ).
La fin du règne de Philippe Auguste est marquée par la croisade contre les Albigeois, le roi décide de ne pas y prendre part, laissant ses nobles s’en occuper. Au pape qui le presse de se croiser, il lui rappelle qu'il a deux grands et terribles ennemis, l’empereur Otton et le roi Jean, et qu'il ne peut sortir de son royaume. Il décède le 14 juillet 1223 à Mantes. Le corps est ramené à Paris et la légende raconte que plusieurs miracles se seraient produits sur le chemin du convoi mortuaire. la dépouille du défunt roi est placé à côté de celle de Dagobert, dans la Cathédrale de Saint-Denis.

Louis VIII le Lion

1187-1226
Marié à 13ans en 1200 avec Blanche de Castille qui en a 12 ( fille de Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre - fille d'Aliénor d'Aquitaine qui fut Reine de France avant de devenir Reine d'Angleterre ). Avant d'accéder au trône, il participera à la guerre contre les Plantagenêt. Il remporte sur Jean sans Terre une victoire à La Roche Aux Moines en 1214, alors que dans le même temps son père remporte une éclatante victoire à Bouvines. Il succède à son père, Philippe Auguste, en 1223. Il se rend maître des places de Niort et de Saint Jean d'Angéli. Le 15 juillet il est à La Rochelle aucun secours ne vint d'Angleterre, les barons ne se sentaient pas impliqués. Ni renforts ni argent pour payer les mercenaires ne vinrent d'Angleterre. Le 3 Août La Rochelle tombe aux mains du roi de France. La chute de La Rochelle entraîna le reste de l'Aquitaine . Louis VIII laissa une partie de la Gascogne à Henri III. Il reprend la croisade contre les Albigeois
Après la mort de Simon de Montfort en 1218 et la renaissance du Catharisme, il reprend la croisade contre les Albigeois. Arrivé devant Avignon, en juin 1226, il trouve les porte closes, il décide de faire le siège de la ville. Avignon appartient à Raymond VII Comte de Toulouse dont les forces ne sont pas suffisantes pour attaquer les assiègeants mais qui va harceler les convois de ravitaillement. Le roi s'empare à grand peine de la ville en septembre 1226. Les assaillants connurent la faim et les épidémies de dysenterie mais Avignon tombée, toute la région et la Septimanie n'opposèrent plus de résistance. Les barons qui ne devaient assistance au roi que 40 jours par an retournent dans leurs fiefs, dans ces conditions, la prise de Toulouse est reportée à l'année suivante. Malade Louis VIII meurt en Auvergne sur le chemin du retour. Son fils Louis n'a que 12 ans. Blanche est alors enceinte de son 12 ème enfant.

Louis IX

1214-1270
Petit-fils de Philippe Auguste et grand-père de Philippe le Bel, Louis IX est le deuxième fils de Louis VIII, et de Blanche de Castille. Il reçoit de celle-ci une éducation stricte et très pieuse. En 1218, son grand frère Philippe décède, faisant de lui le seul héritier du royaume. Le 8 novembre 1226, alors qu’il n’a encore que 12 ans, son père meurt. Il est alors sacré roi, le 29 novembre 1226 dans la cathédrale de Reims. C’est Blanche de Castille qui exerce la régence du royaume. Très chrétien, le roi, qui assiste quotidiennement aux offices religieux, fait construire la Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité à Paris ( où sont conservées la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion, acquises lors de ses croisades à partir de 1239 ). Il explique que rien ne saurait le séparer de la fidélité qu’il doit à Dieu. L’aumône fait également partie de ses priorités. Saint Louis fait preuve d’une grande générosité à l’égard des plus pauvres, qu’il reçoit parfois à sa propre table, après leur avoir servi la viande et le pain. Si je dépense quelquefois beaucoup d’argent, j’aime mieux le faire en aumônes pour l’amour de Dieu que pour mes frivolités et choses mondaines, explique-t-il. Le sort des malades lui tient aussi à cœur. Il fait construire dans ce sens l’hôpital Quinze-Vingt. Louis IX fait cependant aussi preuve d’une sévérité extrême contre les non chrétiens ou ceux qu’ils considèrent comme mauvais. Les juifs sont par exemple chassés du royaume, les blasphémateurs se font percer la langue au fer rouge et les hérétiques sont brûlés vifs.
Le roi aura une activité peu commune pendant toute la durée de son régne et ce, dans son royaume mais aussi dans les autres royaumes chrériens. Il rachétera à prix d'or aux Vénitiens et aux Bizantyns des reliques du saint Sépulcre de Jérusalem, c'est ainsi qu'il raménera en grandes pompes la couronne d'épines de Jésus qui sera entreposée plus tard dans la sainte chapelle construite à cet effet en 1242. Il luttera contre les Cathares, il proscrira l'usure utilisée par les Juifs.


A la suite d'une guérison miraculeuse, Saint Louis part avec ses frères Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou, en Égypte, ce sera la septième croisade . À son retour, alors qu'il est persuadé que son échec est dû à l'état d'immoralité dans lequel est plongé son Royaume, il travaille à renforcer la moralité chrétienne. Il décide de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêts et la prostitution, il tente également de convertir au christianisme de gré ou de force les juifs de France. Il ménera à bien des réformes judiciaires et monétaires. Il créera l'Abbaye de Royaumont. En 1253, Louis IX fonde le collège de la Sorbonne, pour maîtres ès arts étudiants en théologie, avec Robert de Sorbon, son chapelain. Il créera de nombreux hospices et en fera rénover des existants. Il ordonnera la fortification de plusieurs grosses villes.
Enfin, en 1270, il repart pour la huitième croisade, au cours de laquelle il meurt du typhus. Les croisés signent un accord avec l'émir de Tunis le 30 octobre et rembarquent le 11 novembre. Au terme de leur long périple, qui voit mourir Thibaut II de Navarre, la reine Isabelle d'Aragon, Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse, Philippe III et son armée arrivent à Paris, le 21 mai 1271. Le cercueil de Louis IX est exposé à Notre-Dame et les funérailles ont lieu à Saint-Denis le lendemain. Le 23 mai 1271, son fils Philippe III le Hardi transporte la dépouille de son père, sur son dos, de Notre-Dame de Paris à la basilique de Saint-Denis.
Considéré comme un saint de son vivant, il est canonisé le 11 août 1297 sous le nom de saint Louis par le pape Boniface VIII. Sa fête liturgique est fixée au jour anniversaire de sa mort, c'est-à-dire le 25 août. Aujourd'hui considéré comme un monarque ayant offert à la France un renouveau économique, intellectuel et artistique, il est considéré comme l'un des trois grands Capétiens directs avec son grand-père Philippe II Auguste et son petit-fils Philippe IV le Bel. Grégoire X, élu pape un an après la mort de Louis IX, le 1er septembre 1271, s’engage à le canoniser. C’est finalement son successeur Boniface VIII qui le fera, sous le règne de Philippe le Bel, initiateur de la sortie du pouvoir politique du religieux et opposant au Vatican. Le souverain est alors le premier non religieux canonisé. Boniface VIII met alors en avant les miracles posthumes qui lui sont attribués, ainsi que ses qualités évangéliques reconnues de son vivant. Sa fête est fixée au 25 août, anniversaire de sa mort.

Philippe III le Hardi

1245-1285
Né le 1 er mai 1245 et mort en 1285, c'est le dixième roi de la dynastie capétienne. Fils de Louis IX et de Marguerite de Provence, il devient à la mort de son frère Louis en 1260, héritier du royaume. En 1262, il épouse Isabelle d'Aragon avec qui il aura deux fils : Louis, qui décéde en 1276, et Philippe, le futur roi de France. Il accompagne son père durant la huitième croisade, en 1270. Décimèe par la peste, l'armée du roi attend le soutien de Charles d'Anjou, frère de Saint Louis. Saint Louis meurt le 25 août 1270. Philippe est proclamé roi de France à Tunis en 1270. Il conclut aussitôt la paix avec les Musulmans afin de retourner dans son royaume. Il revient à Paris en mai 1271, veuf d'Isabelle d'Aragon. Le début du règne est fortement influencé par Pierre de la Brosse, grand chambellan et conseiller de Saint-Louis, soutenu par Marguerite de Provence. En 1271, il annexe l'héritage de son oncle, Alphonse de Poitiers, permettant ainsi d'incorporer l'Auvergne, le Poitou et la Saintonge au royaume de France. L'année suivante, il acquiert l'Agenais et le Toulousain qui étaient propriétés du comte de Foix. En 1274, Philippe III épouse Marie de Brabant, et le comtat Venaissin est cédé au pape Grégoire X. La même année, le roi achète le comté de Nemours. Par le traité d'Amiens, de mai 1279, l'Agenais est cédé au roi d'Angleterre, Edouard I er. En 1284, Philippe III continue à étendre le domaine royal en y incorporant le Perche, Alençon et le comté de Chartres. Suite au massacre des Français de Sicile, appelé Vêpres siciliennes, qui débute fin mars 1282, Philippe III soutient la politique de son oncle Charles d'Anjou face Pierre III d'Aragon, frère de Marguerite d'Aragon, jugé responsable du massacre par le pape. Pierre III devient néanmoins roi de Sicile, ce qui pousse Philippe III à conquérir l'Aragon : en vain. L'armée Française est vaincue, et, sur le chemin du retour, le 5 octobre 1285, Philippe III meurt de la malaria.

Philippe IV le Bel

1268-1314
Souverain froid, distant, impitoyable, Philippe IV le Bel est à juste titre surnommé "le roi de fer". C'est le roi Philippe IV le Bel, aussi cupide que méchant, qui fit séquestrer le Pape Boniface VIII, qui expulsa après les avoir spolié les banquiers Lombards et les Juifs, qui fut l'artisan de l'extermination de l'Ordre du Temple, et qui fut 'in fine' victime de la malédiction lancée à son encontre par le dernier maitre du Temple sur le bûcher en 1314. Il devint roi à l'âge de dix-sept ans, en octobre 1285. L'importance de Philippe le Bel dans l'histoire de France est incontestablement reconnue par tous les historiens. Sous son règne, le royaume de France atteint l'apogée de sa puissance, avec vingt millions d'habitants, c'est le royaume le plus peuplé de la chrétienté. A cette époque le royaume connaît une grande prospérité économique, et le pouvoir royal se renforce considérablement, Philippe le Bel est le premier souverain d'un royaume moderne et centralisé. Sous son règne, les traditions féodales sont abandonnées au profit d'une administration centralisée. Mais cette centralisation mécontente les grands seigneurs, et les nouveaux impôts sont impopulaires chez les bourgeois.


Tout au long de son règne une partie du royaume se dressera contre ses agissements despotiques, en effet les Flamands lui livreront pendant deux décennies une guerre ponctuée par quelques trèves. À l'aide de juristes, notamment de Guillaume de Nogaret, Philippe IV transforme le pays en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous (où par exemple la justice royale prévaut sur l'église). Mauvais gestionnaire il est obsédé par l'argent. Le roi et ses conseillers décident l'émission de nouvelles monnaies. Aux dévaluations succèdent les réévaluations, c'est l'incohérence absolue. Ces mutations monétaires aboutissent à un mécontentement général dans le Royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autres, le retour à la stabilité monétaire. Il est accusé par tous ( riches et pauvres ) d'émettre de la fausse monaie, tous réclament le retour à la monaie de Saint Louis. Ce roi fut le premier roi "faux monnayeur", il fut aussi le premier roi à emprisonner un Pape, il fut encore le premier roi à expulser les Juifs hors de France après les avoir dépouillé de tous leurs biens, il fut encore le premier roi à anéantir un ordre religieux "l'Ordre du Temple" qui ne dépendait que de l'autorité du Pape. La liste de ses méfaits est très longue, et pour vous faire une idée de ce personnage, je ne puis que vous conseiller la lecture du livre de Jean Favier : 'Philippe le Bel' écrit en 1979, ou cet historien brosse un tableau exhaustif sans concession du monarque. Philippe IV le Bel a de nombreux contentieux avec le pape Boniface VIII et Bernard Saisset, l'évêque de Pamiers. Ce dernier incite notamment certains comtes à se défaire de la tutelle du roi. Au début de l'année 1303, Philippe le Bel est menacé d'excommunication. Conseillé par son chancelier, Guillaume de Nogaret, il réplique par la convocation d'un concile à Lyon dont le but est de juger le pape, que plusieurs qualifient d'« indigne », pour le déposer. Nogaret est chargé de se rendre en Italie afin de notifier les volontés du roi au pontife, Boniface VIII. Celui-ci, ayant appris les intentions de Philippe le Bel avant l'arrivée de Guillaume de Nogaret, prépare la bulle d'excommunication Super patri solio (Petri solio excelso).
L'apprenant, Guillaume de Nogaret décide d'organiser un coup de force contre le pape avant la fulmination et la mise en vigueur de la bulle, le 8 septembre. Il recrute une troupe de 600 cavaliers et de 1 500 fantassins menés par deux chefs de guerre, par surcroît ennemis du pape, Sciarra Colonna et Rinaldo de Supino. Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1303, ils investissent la petite ville d'Anagni dans le Latium, où réside le pape pendant l'été. Ils réussissent à s'emparer sans trop de mal du palais pontifical de la ville. Cependant, les buts de Guillaume de Nogaret et de Colonna divergent. Nogaret veut simplement lui notifier la citation à comparaître au concile Colonna veut s'emparer de la personne du pape et l'obliger à renoncer à sa charge. Nogaret parvient à calmer son complice et lit solennellement son acte d'accusation au pape. Celui-ci fait face avec dignité sans céder sur aucun point, déclarant : « Voici mon cou, voici ma tête. »
La légende probablement fausse prétend que Nogaret aurait même giflé le pape. Les assaillants sont cependant contraints de quitter la ville au bout de deux jours sous la pression populaire.
Mais profondément humilié, Boniface, déjà âgé de 60 ans mourut un mois plus tard.
Son successeur, Benoît XI abroge la bulle Super Patri Solio. Cependant il refuse d'amnistier les coupables de l'attentat d'Anagni, Sciarra Colonna et Guillaume de Nogaret, en fulminant en particulier contre eux et quelques autres complices la bulle d'excommunication Flagitiosum Scelus, du 7 juin 1304, les citant à comparaître devant son tribunal, dans le délai d'un mois, à Pérouse, sous peine d'être condamnés par contumace. Guillaume de Nogaret, pour sa part, ne se présentant pas, reste excommunié. Le nouveau pape décède à son tour le 7 juillet 1304.

Le nouveau pape, Clément V, élu en 1305, est un Français c'est à Philippe le Bel qu'il doit sa tiare. Il installe la papauté à Avignon en 1309 et lève en 1311 toutes les condamnations portées contre le roi et ses conseillers, déclarant que durant tout le conflit l'attitude de Philippe le Bel avait été juste. Pour détourner l'attention des mécontents envers sa personne, il va désigner les coupables de tous ces désordres financiers. C'est ainsi qu'il expulsera les banquiers Lombards hors du royaume après les avoir délesté de leurs biens.
Puis il expulsera les Juifs du royaume après les avoir délesté de leurs biens.
Enfin il laissera libre cours à sa cupidité en s'attaquant à l'Ordre du Temple qu'il considère comme un danger pour son pouvoir. Il les croit très riches et n'aura plus qu'une obsession : exterminer ces hommes riches et arrogants qui n'obéissent qu'au Pape ! Seulement le Temple est autrement plus important que les Lombards ou les Juifs, il lui faudra ruser et employer des moyens modernes de nuisance, à savoir la publicité. Ce sont ses sbires zélés qui s'emploieront à ruiner la réputation des chevaliers du Temple, dès 1295 et jusqu'en 1307 des publications et des histoires peu ragoutantes seront propagées dans la population de tout le royaume Franc. Philippe le Bel était un roi très en avance sur son temps, car de nos jours, ses méthodes sont toujours employées par le pouvoir quelqu'il soit pour noicir l'image des individus gênants !
C'est en 1305 qu'il réussira enfin à faire élire son pape : Clément V. Dès lors la machination mise en place depuis l'année 1295 scellera le sort des chevaliers du temple. En 1307 tous les templiers du royaume sont arrétés, torturés, et ceux qui ne veulent pas avouer les crimes que le roi impute aux templiers sont brulés vifs en place de grève. Il y aura des centaines de templiers brûlés vifs, d'autres seront relachés à condition qu'ils se fassent tout petit, enfin les dignitaires régionaux et nationaux seront emprisonnés à vie. En 1312 le Pape dissoudra le Temple en accordant ses biens aux Hospitaliers. En 1314 les deux derniers dignitaires seront brûlés sur l'ile aux juifs devant Notre Dame de Paris, et avant de rendre l'âme, Jacques de Molay lancera sa célébre malédiction envers le roi et le pape, " Pape Clément, Roi Philippe, je vous invite à comparaitre au tribunal de Dieu avant un an, afin d'y recevoir votre juste châtiment ". ien que fort affecté depuis le décès de son épouse, et contrarié par le drame qui l'avait privé de ses trois belles filles, Philippe le Bel était encore un homme très vigoureux à 46 ans en cette année 1314. Mais tout bascula en Octobre 1314, lors d'une chasse près de Pont-Saint-Maxence il fit une chute de cheval. Il s'était brisé une jambe, mais la blessure ne semblait pas préoccupante. Ce n'est que quelques jours plus tard que l'infection prit le dessus, il se fit conduire au couvent des Dominicaines de Poissy au début de Novembre pour y recevoir des soins appropriés. Sans amélioration de son état de santé, il se fit conduire à Fontainebleau le 26 Novembre 1314 dans le château qui l'avait vu naître. A la stupeur générale, il y décéda le 29 Novembre 1314, et le peuple se souvint alors de la malédiction lancée par le dernier templier sur son bûcher quelques mois plus tôt !

Louis X le Hutin

1289-1316
Déjà roi de Navarre depuis l’an 1304 par Jeanne, sa mère, il s’était fait sacrer, en 1307, à Pampelune. Veuf de Marguerite de Bourgogne, il différa son sacre jusqu’au mois d’août de l’année 1315, à cause des troubles de son royaume, et parce qu’il attendait sa nouvelle épouse Clémence, fille du roi de Hongrie. Pendant ce temps, Charles de Valois, son oncle, s’étant emparé du gouvernement, il destitua Enguerrand de Marigny, administrateur des finances, son ennemi personnel. Sur une fallacieuse accusation de péculat il le fit condamner à mort le 21 juin 1315 aux fourches patibulaires de Montfaucon établies par Enguerrand lui-même. Mais sa mémoire ne tarda pas à être réhabilitée, car Charles de Valois, frappé d’un mal inconnu, faisait distribuer de l’argent aux pauvres en leur ordonnant de prier pour monseigneur Enguerrand de Marigny et pour Charles de Valois. Ni l'assassinat d’Enguerrand, ni le procès intenté à Pierre de Latilly, évêque de Senlis, ne mirent fin aux problèmes financiers, et, la guerre de Flandre vint encore les augmenter. Louis eut alors recours à deux moyens pour se procurer de l’argent, il rappella les juifs que son père avait chassés. Le 3 juillet 1315 il donne des lettres d’affranchissement à tous les serfs de ses domaines. Ceux-ci, forcés de payer leur liberté au prix de leurs biens mobiliers, obéirent sans empressement. L’édit du roi portait que, selon le droit de nature, chacun devait naître franc, et il faisait acheter ce droit de nature. Le règne de Louis X est l’un des plus courts et des plus cahotique de la synastie Capétienne. Il mourut à Vincennes, le 8 juin 1316, âgé de vingt-six ans, les soupçons d'empoisonnement circulent encore de nos jours au sujet de cette mort prématurée. Il n’avait eu qu’une fille de Marguerite de Bourgogne, sa première femme. Le 15 novembre 1316, Clémence de Hongrie, sa seconde femme, mit au monde un fils posthume nommé Jean, mais cet enfant ne vécut que huit jours, Mahaut d'Artois fut soupçonnée d'avoir commandité cette mort. Il s’éleva alors de graves discussions au sujet de la succession. Jeanne, fille du premier lit, élevait des prétentions soutenues par le duc de Bourgogne, son aïeul. Mais les États-généraux décidèrent que la loi salique excluait les femmes de la couronne, et ce fut Philippe-le-Long, second fils de Philippe-le-Bel, qui monta sur le trône. Jeanne eut en partage la couronne de Navarre, qu’elle apporta en dot à Philippe, petit-fils de Philippe-le-Hardi.

Jean Ier le Posthume

1316-1316
Ce nouveau né ne vécut que 8 jours et Mahaut d'Artois fut soupçonnée d'avoir commandité sa mort !

Philippe V le Long

1291-1322
C'est le second fils de Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne I ère. Il fut déclaré régent du royaume à la mort de son frère Louis X. Il accéda au trône à la mort du fils posthume de Louis X, après les États généraux de 1317 où il réussit à faire interpréter la loi salique en sa faveur. On le suspecta longtemps d’avoir joué un rôle dans le décès de son neveu, mort à quelques jours. Bon stratège, Philippe le Long arriva à vaincre les oppositions grâce à son esprit de décision, ce qui lui permettra de résoudre les problèmes flamands par la diplomatie. Il centralisa les différentes institutions pour les rendre plus efficaces. Il imposa l’utilisation d’une monnaie unique sur le territoire malgré l’opposition des seigneurs du Midi et des Flamands. Il tenta en vain de normaliser les poids et mesures.

Charles IV le Bel

1294-1328
Charles IV le Bel est le dernier roi de la dynastie des Capétiens. Egalement roi de Navarre, c'est le fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne I ère de Navarre. En 1307, il épousa Blanche de Bourgogne fille de Mahaut d'Artois, condamnée pour adultère en 1315. Charles IV épousa alors Marie de Luxembourg le 15 mai 1323 en la Sainte-Chapelle par l'archevêque de Sens Guillaume de Melun. La même année, elle met au monde une fille, prénommée Marie, qui meurt toutefois peu après la naissance. En mars 1324, au cours d'un voyage que le couple royal rend au pape Jean XXII, le carrosse de la reine se renverse dans un fossé près d'Issoudun. Marie de Luxembourg est grièvement blessée et accouche prématurément le 20 mars d'un fils, prénommé Louis, qui meurt dès le lendemain de sa naissance. Malgré les soins prodigués par les médecins de Charles IV le Bel, Marie de Luxembourg ne survit pas à l'accident et décède à Issoudun le 26 mars 1324. Ainsi, trois mois après avoir perdu sa deuxième épouse, le 5 juillet 1324, il épouse en troisièmes noces sa cousine Jeanne d'Évreux. De ces unions ne naquirent que des filles. A sa mort, le trône de France passe aux Valois, en la personne de son cousin Philippe VI de Valois.



Bas moyen-âge

Les Valois
Cercle de recherches historiques templières ette période se situe entre les années 1314 et 1453, elle englobe la fin de règne des Capétiens ( Louis X ) jusqu'à l'effondrement de l'Empire byzantin en 1453.

Philippe VI (1293-1350)

dit « le Fortuné », fils de Charles 1er, frère de Philippe le Bel. Lorsque meurt sans héritier Charles IV le Bel, son cousin Philippe de Valois ( fils de Charles de Valois et de Marguerite de Sicile ) est proclamé régent du royaume. Mais cette décision est provisoire car la succession au trône de France ouvre bien des appétits dans le royaume. Réunis en avril, les Barons et les Comtes choisissent finalement le régent, un « Français » ( neveu de Philippe IV le Bel et petit-fils de Philippe III le Hardi ), rejetant la candidature du roi Édouard III d’Angleterre ( petit-fils par sa mère de Philippe IV le Bel ). Dès son accession au trône, Philippe VI assoit son autorité en répondant valeureusement à l’appel du Comte de Flandre, en proie à une énième révolte des villes flamandes ( bataille de Cassel, août 1328 ). En 1337, Édouard III relance la question de la succession au trône de France en se proclamant roi de France : c'est le début de la guerre de Cent Ans. Les défaites françaises se succèdent sur mer ( bataille de L'Écluse, 24 juin 1340 ) et sur terre ( bataille de Crécy, 26 août 1346 ). Après onze mois de siège, les Anglais prennent la ville de Calais en août 1347. Le royaume de France subit alors une grave crise morale, à laquelle s’ajoute une crise économique due aux mauvaises récoltes. Dans le même temps, la peste noire, qui débarque dans le port de Marseille en 1347, dépeuple la France, et le reste de l'Occident. À court de subsides, Philippe VI réunit plusieurs fois les états généraux, il a recourt aux expédients, et généralise la gabelle. Inscrit dans une période de désastres, le règne de Philippe VI de Valois a pourtant vu l’accroissement du royaume Franc, avec l’acquisition du Dauphiné, acheté au Dauphin de Vienne, et de Montpellier, achetée au roi de Majorque. Philippe VI meurt dans la nuit du 22 au 23 août 1350 à l'abbaye Notre-Dame de Coulombs, il laisse un royaume désorganisé, en proie aux révoltes qui vont générer la guerre civile durant la Grande Jacquerie de l'année 1358.

Jean II

1319-1364
dit « le Bon », fils de Philippe VI. Un portrait de son contemporain, Girard d'Orléans, le dépeint sans fioritures et pour le moins peu flatteur. Né le 26 avril 1319 il accède au trône le 22 août 1350. Surnommé le Bon, il est valeureux et de moeurs chevaleresques, malheureusement il est également impulsif, violent, dépensier, incapable de sécuriser le du royaume face aux visées égémoniques des Anglais. Il épouse Bonne de Luxembourg en 1332, puis Jeanne de Boulogne en 1350. Ayant fait décapiter le comte d'Eu, jugé coupable de trahison, il donne cette charge à un proche, Charles d'Espagne, au grand déespoir de son gendre, Charles le Mauvais, comte d'Evreux et roi de Navarre, agitateur notoire et prétendant au trône de France. En 1354, Charles le Mauvais fait assassiner Charles d'Espagne. Le roi fait donc arrêter le commanditaire de cet assassinat, collaborateur des Anglais et ennemi de la Couronne. Le roi Edouard III d'Angleterre profite de cette situation, et, en octobre 1355, il débarque à Calais, tandis que son fils, le Prince Noir, ravage la Gascogne et le Languedoc. Philippe de Navarre, frère du Mauvais, s'allie aux Anglais. Le saccage du Midi terminé, le Prince Noir remonte vers le nord. Jean le Bon, malgré l'infériorité numérique de son armée, décide d'affronter cet adversaire et se fait battre à Poitiers le 19 septembre 1356. Le roi est emmené en Angleterre, tandis que son fils, le dauphin Charles, se débat à Paris au milieu des frondes de toutes sortes. A Londres, Jean II négocie sa libération, et, une convention est adoptée par les protagonistes. Les Anglais reçoivent Calais, le Poitou, la Saintonge, le Limousin et le Périgord en mai 1360. De plus, une rançon est fixée à trois millions d'écus d'or. Libéré, le roi regagne Paris, laissant en otages ses deux fils cadets et son frère Philippe. Apprenant que le duc d'Anjou un de ses fils s'est évadé, il regagne Londres pour prendre sa place. Si la bonne foi était bannie de la terre, dit-il, elle devrait trouver asile dans le cœur des rois. Il y meurt trois mois plus tard, le 8 avril 1364 .

Charles V

1338-1380
dit « le Sage », fils de Jean II. Roi de France de 1364 à 1380, l’Histoire retient de Charles V l’image d’un roi bon et savant. Souverain habile, reconnu pour ses réussites politiques, militaires et financiers ainsi que pour son intérêt pour les arts. L’infirmité dont il souffre l'empêche de combattre. Il combattra donc autrement, en usant de bon sens pour gouverner. Ce roi, par sa force, sa clémence et son intelligence, se débarrassera des envahisseurs de son royaume sans quitter son palais. Grand bâtisseur, il fît agrandir le château de Vincennes et la Bastille. Très pieux, il fera construire la Sainte Chapelle, joyau de l’art gothique flamboyant. A la mort de la reine en 1378, le roi fût très affecté. Le règne de Charles V se caractérise par une grande activité artistique, protecteur des Arts, des Lettres et de l’architecture, il choisit Charlemagne, pour orner le sommet de son sceptre. Charles V fonde également la première bibliothèque royale, au Louvre, qui deviendra plus tard la Bibliothèque nationale. Il fît traduire en français de nombreux ouvrages scientifiques et techniques, des traités d’astrologie et d’histoire, des textes d’Aristote, ou encore des œuvres religieuses comme La Cité de Dieu de Saint-Augustin. L’art devint à l’évidence un instrument politique, et nombreux furent les artistes qui travaillèrent pour la cour et auxquels le souverain sût dicter une composition homogène. L’épitaphe inscrite sur le gisant du roi dans la basilique Saint-Denis est le suivant : "Cy gist le roy Charles le Quint, sage et éloquent".

Charles VI

1368-1422
dit « le Fol », fils de Charles V. Ce roi fou, surnommé aussi le Bien-aimé, n'a que douze ans lorsque son père, Charles V meurt. Les oncles du jeune Charles VI ( Louis d' Anjou, Jean de Berry, Philippe de Bourgogne et Louis de Bourbon ) exercent la tutelle. Le pouvoir exercé par ses oncles, est très impopulaire. Au contraire, Charles VI est bien aimé. D'un naturel affable, il aime le peuple qu'il voit révolté contre ses oncles qui dilapident le Trésor royal malgré l'augmentation abusive des impôts ( révolte des Maillotins à Paris, banditisme des Tuchins en Languedoc... ). Aussi, a vingt ans, en 1388, il décide d'écarter ses tuteurs, et de gouverner seul avec l'aide des anciens conseillers de son père. Il fait dans la foulée un grand nombre de réformes administratives. Malheureusement en août 1392 il connait son premier accès de folie et dès lors, il passera le reste de sa vie alternant des périodes de folie et des moments de lucidité. Le royaume part à la dérive… Charles VI ne pense plus qu'à organiser des fêtes, bals et plaisirs, tout comme son épouse, Isabeau de Bavière, qui s'est jetée dans les bras du frère du roi : louis I er, duc d'Orléans. Mais le nouveau duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui hait ce dernier, le fait tuer en 1407. Les partisans du duc d'Orléans et du dauphin, le futur Charles VII, les "Armagnacs", s'opposent alors aux "Bourguignons" dans une véritable guerre civile. A Paris, en 1413, les Cabochiens établissent pendant quelques semaines un régime de terreur. On voit en outre reprendre les hostilités entre la France et l'Angleterre. Les Bourguignons collaborent avec les Anglais. Après un accord avec Jean sans Peur, le roi Henri V débarque en Normandie et inflige à la France une défaite mémorable : "le désastre d'Azincourt le 25 octobre 1415", puis impose à Charles VI, à demi conscient, le dur traité de Troyes : l'Anglais se fait donner en mariage la fille du roi et déshérite ainsi le dauphin Charles, de plus, la régence est confiée à Henri V, qui est reconnu comme roi de France le 21 mai 1420. Entretemps, Jean sans Peur a été massacré par les hommes du dauphin à Montereau le 10 septembre 1419. Quand le 21 octobre 1422, Charles VI meurt seul dans un Paris anglais, deux mois après Henri V, deux prétendants se font connaitre : Henri VI ( huit mois ), reconnu dans la moitié nord de la France, et Charles VII ( dix-neuf ans ), qui tient le sud du royaume.

Charles VII (1403-1461)

1403-1461
dit « le Victorieux », fils de Charles VI. Fils de Charles VI il devient dauphin en 1417 après la mort de ses deux frères. En 1420, le roi Charles VI, affaibli par des crises de démence et sous l’influence de Philippe le Bon (duc de Bourgogne), signe le traité de Troyes qui déshérite le dauphin et désigne le roi d’Angleterre Henri V comme héritier du trône de France. À la mort de son père en 1422, Charles VII se proclame roi de France et, décide de combattre les Anglais qui contrôlent la Normandie, la Guyenne et l’Île-de-France. La reconquête s’avère difficile dans les premières années, mais à partir de 1427 les premiers succès militaires dans la vallée de la Loire freinent les Anglais dans leur avancée. En 1429 ces derniers échouent à prendre Orléans, défendue par Jeanne d’Arc. Les succès français rendent possible le sacre de Charles VII à Reims la même année et forcent Philippe le Bon, allié des Anglais, à négocier avec le parti du roi de France. Ce rapprochement aboutit en 1435 à la signature du traité d’Arras, qui défait l’alliance du duc de Bourgogne avec les Anglais ( en échange de son ralliement, Philippe le Bon obtient des territoires en Picardie et se voit dispenser de l’hommage et de l'OST envers son suzerain Charles VII ). Puis, Charles VII reprend l’Île-de-France en 1436. En 1445, sa réforme militaire institue une armée permanente et régulièrement payée. Il met ainsi fin au problème des « Écorcheurs », ces hommes d’armes sans emploi se livrant au pillage pour subsister, certains d’entre eux étant intégrés dans cette armée. Cette armée, payée et disciplinée, lui permet de reprendre aux Anglais la Normandie en 1449 et la Guyenne en 1452. Si les intrigues de palais émaillent encore son règne, Charles VII parvient cependant à restaurer son autorité et à mettre au pas les grands du royaume très turbulents. Il a ainsi raison de plusieurs rébellions organisées par des coalitions de princes : dans le Berry en 1428, la Praguerie en 1440 et l’assemblée de Nevers en 1442. Il envoie également son armée soumettre le comte Jean V d’Armagnac en 1455 et fait arrêter le duc Jean d’Alençon pour trahison en 1456. Loin d’être un roi spectateur de son règne comme les historiens l'ont présentés jusqu'au XX ème siècle, laissant à Jeanne d’Arc le soin de défendre son royaume, Charles VII fut un roi volontaire avec une ligne politique cohérente malgré les obstacles innombrables.



La bataille de Las Navas de Tolosa 1212
La bataille de Las Navas de Tolosa Alphonse VIII de Castille réclame l’aide des souverains voisins, du roi de France et du pape Innocent III. Fin mai 1212, les chrétiens se regroupent à Tolède. Les chroniques de l'époque consignent des milliers de fantassins et de cavaliers chrétiens, parmi lesquels des chevaliers venus d’Aragon, de Castille, du Léon et même du Portugal, les Navarrais arrivèrent avec leur roi Sanche VII. L’armée musulmane, supérieure en nombre, et composée de Berbères, d’Arabes, et de Turcs se rassemble à Séville. Les chrétiens avancent vers l’armée musulmane qui attend. Le 14 juillet, les croisés établissent leur camp sur un haut plateau de la sierra, à 15 km au sud des limites de la région de Castilla-La Mancha. An-Nâsir, qui ne les attendait pas là, compte engager immédiatement les combats afin de déloger les chrétiens de leur position avantageuse.
La bataille de Las Navas de Tolosa commence.
Le 16 juillet 1212, l’armée chrétienne forte de 10 000 hommes est en ordre de bataille. Les Castillans d’Alphonse VIII sont placés au centre, les Navarrais de Sanche VII à droite, les Catalans et les Aragonais à droite. Face à eux, An-Nâsir aligne 25 000 hommes, en avant-garde et sur les flancs, des cavaliers turcs, berbères et arabes, derrière une foule faiblement armée, au centre et à l’arrière Almohades et Andalous avec leur cavalerie. Les avant-gardes chrétiennes attaquent les cavaliers musulmans qui ripostent par une volte-face rapide qui placent les croisés au centre de l’armée almohade. L’arrivée des deuxièmes corps chrétiens empêche tout encerclement de la part des musulmans. An-Nâsir fait alors donner son arrière-garde contre les croisés, c'est un échec. Les pertes sont nombreuses chez les chrétiens et Alphonse VIII, un moment découragé, songeait même à abandonner le champ de bataille pour se reporter vers Salvatierra. A ce moment Sanche VII et ses Navarrais chargent et entraînent les troupes chrétiennes fraiches. Les lignes musulmanes s’effondrent, c’est une débandade, le calife abandonne le champ de bataille et fuit à Séville. Cette victoire de Las Navas de Tolosa sera attribuée en grande partie au roi de Navarre Sancho VII « le Fort » il convient de signaler qu'il mesurait 2.25 ml et qu'il était doté d'une force herculéenne au service d'un grand courage. Le récit des chroniqueurs médiévaux est le suivant : 'Sanche le Fort rapporta ces chaînes en Navarre comme trophée de victoire'. Elles remplacèrent sur le blason navarrais l'ancien aigle noir, elles figurèrent également sur ceux de Saint-Jean-Pied-de-Port, Saint-Palais, Pampelune et bien d'autres villes du Pays Basque. Mais le souverain navarrais ne sembla pas réclamer à ses alliés castillans qu’il avait pourtant sauvés le retour des territoires indûment confisqués quelques années auparavant. L’Alava et surtout le Guipuzcoa – avec Saint-Sébastien et Fontarabie – dont la perte privait la Navarre d’un débouché sur l’Océan.
Cette victoire collective marque un tournant décisif dans le processus appelé 'Reconqista'.

La bataille de Bouvines 1214
bouvines 'est une bataille qui oppose le roi Philippe Auguste, à l'empereur Otton IV de Brunswick ( allié aux Flamands et aux Anglais ). Elle est importante pour la France, car elle permet au roi Philippe Auguste de s'imposer en puissant d'occident.
La bataille de Bouvines trouve son origine dans les rivalités qui opposent les royaumes d'occident depuis le milieu du XII ème siècle. À cette époque, la couronne d’Angleterre possède une grande partie des territoires du royaume de France ( suite au mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt en 1152 ). Quand Henri Plantagenêt devient roi d'Angleterre, les territoires de Guyenne et d'Anjou passent sous son contrôle, et, 'de facto' le royaume de France perd 1/3 de son territoire. Philippe II ne pensera qu'à une chose : restaurer le domaine royal français. Pour contrer ce roi capétien qui entend reprendre ses territoires perdus, Jean sans Terre, fils de Richard 1er, forme une coalition en s'entourant des ennemis de la France : le comte de Flandre, l'empereur du Saint Empire germanique, le duc de Brabant et le duc de Bologne.


L'Anglais prend le Français de vitesse et, il débarque en France et se dirige vers Paris au début de l'année 1214, mais il est battu à La Roche-aux-Moines, et son armée est mise en déroute. La révolte des barons Anglais impose le retour immédiat du souverain anglais dans son royaume, retour au terme duquel il sera contraint de concèder la 'Magna Carta'. Désormais, il partagera son autorité avec la noblesse et ses prérogatives royales seront contrôlées par les grands du royaume. Pour autant, la coalition privée de son leader maintient son objectif : défaire le roi français.
C'est dans ces conditions que la bataille de Bouvines s'est déroulée le 27 juillet 1214 à Bouvines, dans le nord de la France. Alors que les troupes françaises se replient en bon ordre sur Lille, pour éviter de livrer combat aux 80 000 soldats de la coalition, les français sont coupés dans leur retraite par une attaque surprise des troupes impériales et anglaises, mais les Français se regroupent et reprennent l'initiative.


Il convient de noter que les souverains eux-mêmes prennent part aux combats : Philippe II, Otton IV, les comtes de Flandre et de Boulogne. Les combats sont violents et sanglants, mais les troupes françaises se réunissent derrière l'étendard à fleur de lys de leur souverain : de plus, chevaliers et fantassins issus des milices communales combattent aux côtés de Philippe II, marquant ainsi un tournant dans l'attachement des sujets à leur royaume. Les troupes impériales et anglaises sont lourdement défaites, Otton IV fuit et le comte de Flandre est capturé. Philippe Auguste sort vainqueur de ce champ de bataille et restaure au passage l'autorité du pouvoir royal.
Conséquences de la bataille de Bouvines ?
La bataille de Bouvines a des conséquences immédiates dans la configuration du royaume de France. La fuite d'Otton IV marque la fin de son règne et l'accession au trône de Frédéric II de Hohenstaufen, instaurant une nouvelle dynastie à la tête du Saint Empire romain germanique. La victoire des troupes françaises permet à Philippe II Auguste de consolider son pouvoir dans son royaume et de devenir l'un des rois les plus puissants d'Europe. Sa victoire est célébrée lors de grandes festivités à la gloire de la dynastie capétienne. En outre, cette victoire s'inscrit dans une stratégie globale de reconquête des territoires perdus et contrôlés jusque-là par les Anglais. À la fin de son règne, il est parvenu à limiter les possessions anglaises à la seule Guyenne.

La bataille de Courtrai 1302
La bataille de Crécy a Flandre médiévale comptait foulons, drapiers et tisserands qui avaient créé une industrie textile florissante qui fit prospérité de la Flandre ( alors province du royaume de France ). Cette activité textile qui utilisait de la laine importée d’Angleterre avait permis de tisser des liens très forts entre les deux peuples. La Flandre médiévale était organisée sur l’indépendance des Communes (Saint-Omer, Lille, Bruges, Ypres, Bruxelles, Gand…) dont la puissance était symbolisée par leurs beffrois. Les flamands constituaient un peuple insoumis et très hostiles aux impôts et lourdes taxes que levait le roi Philippe le Bel sur leurs activités textiles florissantes. Ainsi, au début du XIV ème siècle, les flamands étouffés financièrement se soulevèrent contre Philippe le Bel. Le Comte de Flandres, Gui de Dampierre, qui avait pris le parti des tisserands, foulons et autres drapiers, fut capturé et emprisonné à Paris. Après les premières émeutes qui éclatèrent à Bruges ( Matines brugeoises ) les rebelles flamands tenaient tout le pays à l’exception de Cassel et Courtrai.


Philippe le Bel n'ayant d'autre choix que 'se démettre ou restaurer son autorité' choisit la seconde solution en convoquant l’ost royal, pour une expédition punitive menée par le comte Robert d’Artois. Le 8 juillet, les deux armées sont face à face mais les forces en présence sont déséquilibrées. Les troupes flamandes, essentiellement composées de tisserands et donc légèrement armées, sont au nombre de 8 000 hommes à pieds ( les Klauwaerts ). Ils sont assistés par des milices Namuroise et Zélandaise et ont pris position sur une plaine marécageuse bordée par la Lys et un fossé en demi-lune spécialement creusé pour l’occasion. Les français sont au nombre de 10 000 hommes. L’ost est composé d'archers, d'arbalétriers et de fantassins. Toute la chevalerie française est impatiente de châtier ces flamands rebelles, notons la présence de Gaucher de Châtillon, Godefroi de Brabant, Raoul de Nesles, le comte Robert d’Artois, les comtes Normands d’Eu et d’Aumale, le comte de Saint-Pol Gui de Châtillon ...
C’est au matin du 11 juillet que les hostilités démarrent par de vifs échanges de flèches et de carreaux d’arbalètes qui donnent, dans un premier temps, l’avantage aux Français. Mais la chevalerie française, comme d'habitude se lance dans une charge brouillonne désastreuse, les chevaliers n’ayant aucun espace pour manœuvrer, vont tomber dans le fossé ou s’embourber dans les marécages. Les chevaliers en armure trop lourds ne peuvent s’extraire de ce bourbier et les flamands, peu au fait des us et coutumes de la guerre, vont se ruer sur les hommes immobilisés dans la boue afin de les découper au couteau dans leurs armures sans chercher à faire de prisonnier.
C'est un scandale absolu dans le royaume Français et ce sacrilége ne restera pas impuni mais ceci est une autre histoire !
L’armée française compte ses morts par milliers et voit sa chevalerie décimée alors que les flamands n’ont pas perdu plus d’une centaine d’hommes. Plus de 60 Comtes et Barons Français trouvèrent la mort à Courtrai. Victorieux, les flamands ramenèrent, en guise de trophée, les éperons d’or des chevaliers français morts au combat. Ces éperons orneront pendant longtemps l’église Notre-Dame de Courtrai jusqu’à ce que la France ne les récupère et les installe à Dijon. Pour les flamands, cette victoire voit naitre le début d’un sentiment national fort et par la suite, Gui de Dampierre de retour de Paris reprend la tête de son comté et organise le mouvement de libération qui gagnera toutes les grandes Communes de Flandres.

La bataille de Crécy 1346
La bataille de Crécy i nous doutions de l'obstination Anglaise, nous fumes rassurés et c'est ainsi qu'en 1346, nos meilleurs ennemis décidèrent de nous attaquer à nouveau. Edouard III débarque dans le Cotentin, envahit la Normandie, et se dirige vers Paris. Mais, impressionné par l’armée de Philippe VI, il se replie sur la Somme et campe à Crécy pour une halte. Le roi de France le poursuit néanmoins, à Abbeville il reçoit des renforts. Le 26 août, l’armée anglaise n'a d'autre choix que de combattre, elle fait le choix d'occuper les hauteurs. Edouard III a organisé ses troupes de manière à ce que chaque groupe soit couvert par un autre. Derrière eux, les chariots contenant les flèches ont été disposés en arc de cercle protégeant chevaux et cavaliers. Côté français, c’est l’anarchie ! L’armée a quitté Abbeville tôt le matin très sûre d'elle, elle pense venir à bout très facilement de cet ennemi. Mais elle avance disloquée sans cohérence ! A la vue des Anglais prêts à combattre le roi de France tente de rassembler ses troupes, en vain il est trop tard. L’arrière-garde essayant de rejoindre l’avant-garde, le désordre est tel qu’on ne distingue même plus les bannières les unes des autres. Cependant, trois groupes se forment finalement : les arbalétriers génois, les hommes du comte d’Alençon et enfin les hommes du roi. Un violent orage éclate, rendant le terrain boueux et impraticable. Dans l'impossibilité de recharger correctement les arbalètes, fatigués par leur course à l'Anglais ( l'arme et ses carreaux pèsent 40kg ) et embourbés, les arbalétriers sont inopérants.


Ils sont accueillis par des volées de flèches, si drues que « ce semblait neige », dira Froissart dans sa chronique. Pour échapper à une mort certaine, les hommes s’enfuient de tous côtés. Le roi est furieux, ordre est donné aux cavaliers de tuer cette piétaille en fuite puis d’attaquer ! Les chevaliers se battent bravement, mais en pure perte. Le roi lui-même se jette dans la mêlée, et voit deux chevaux mourir sous lui. A la nuit tombante, tout est terminé, la victoire anglaise est aussi imprévue qu’éclatante.
Crécy marque un tournant dans l'art de la guerre : les bombardes firent leur apparition pour la première fois dans une bataille rangée. Pas très efficace du fait de leur portée limitée, elles effrayèrent néanmoins les troupes françaises et leurs chevaux, ajoutant ainsi au désordre existant. La chevalerie Française est décimée, les cavaliers sont battus par l’infanterie.

La bataille de Poitiers 1356
La bataille de Poitiers u milieu du XIV ème siècle et à plusieurs reprises, les états généraux sont réclamés au roi par les bourgeois représentés par Étienne Marcel, en vain. Les députés claironnent que leur autorisation est nécessaire pour lever de nouveaux impôts, mais le roi ne tient pas compte de leurs exigences. Mais en 1355 le vent tourne, le prince noir n'en finissant plus de sévir dans le royaume de France, Jean le Bon est contraint de les convoquer pour obtenir des subsides afin de lever une armée. Les états de langue d'oïl exigent que les impôts soient levés par des agents nommés par eux et non par les officiers royaux. Ils décident d'eux-mêmes de se réunir l'année suivante et affirment le droit de résistance des sujets devant les officiers du roi. En 1356, ils imposent un conseil de vingt-huit membres chargés de surveiller le duc de Normandie. La politique des états généraux a été très critiquée par la majorité du clergé, de la noblesse, mais aussi par la population irritée par les impôts qu'ils avaient levés pour les besoins de la guerre. L'échec d'Étienne Marcel met fin à cette mise sous tutelle de la monarchie.
Refermons la parenthèse.
L'argent enfin parvenu, Jean le Bon s'engage sur les traces du pillard. Afin de poursuivre les Anglais efficacement, Jean le Bon ne garde que les cavaliers les plus rapides. Le combat se déroulera à pied au sud de Poitiers, sur un terrain accidenté. Croyant à une fuite des Anglais, les Français s’engagent dans un défilé bordé de haies, devenant ainsi une cible pour les archers anglais. Par la suite, les deux corps de batailles s’engagent dans le désordre. La bataille tourne rapidement à l’avantage du Prince Noir. Sentant la défaite s’approcher, Jean le Bon décide d’envoyer ses trois fils aîné vers Chauvigny. Seul le cadet Philippe le Hardi ( futur duc de Bourgogne ), 14 ans, reste au côté de son père en lui recommandant ces célèbres paroles : « Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche ! » Mais le roi est rapidement cerné, et capturé par l’ennemi. C'est un nouveau désastre, dix ans après Crécy, le royaume est plongé dans le cahos. En l’absence du roi, les états généraux de langue d’oil se réunissent sans attendre et décident de libérer Charles le Mauvais dans l’espoir qu’il protègera le pays dans la défaite. Mais le perfide Navarrais entre immédiatement en contact avec les Anglais pour s’approprier de nouveaux fiefs. La France est au bord du gouffre !

La bataille d'Azincourt 1415
La bataille d'Azincourt uand c'est fini on recommence ! Comme ses prédécesseurs, Édouard III et Richard II, le roi Henri V d’Angleterre revendique la couronne de France. Pour ce faire, il débarque en Normandie en août 1415 où il s’empare de la ville de Harfleur, après un mois de siège et au prix de lourdes pertes. Mais, hésitant à poursuivre son projet d'envahir Paris, il décide finalement de rebrousser chemin et se dirige vers Calais – alors possession Anglaise depuis 1347 – d’où il espère pouvoir rejoindre l’Angleterre. Comme d'habitude, l’ost du roi de France part à sa poursuite afin de lui bloquer la route et parvient à sa rencontre à Azincourt, le 24 octobre 1415. Charles VI choisit pour champ de bataille une étroite clairière d'un kilomètre, bordée par deux bois, entre Azincourt et Tramecour. L'étroitesse du lieu ne permet pas à la cavalerie française de se déployer et rend toutes manœuvres impossibles. Ne retenant aucune leçon du passé, les chevaliers français impétueux et indisciplinés, se lancent dans la plaine, lourdement armés. Sans surprise, ils s’enlisent dans un sol détrempé et sous une pluie battante. Comme d'habitude, enlisés dans la boue, les Français sont criblés de flèches par les archers anglais et gallois.
Des conséquences désastreuses
Cette nouvelle hécatombe dansla noblesse française contribuera à l'afaiblir un peu plus. Le nombre de morts varie, mais les historiens s’accordent sur le nombre de 10 000 morts du coté français. Parmi eux se trouvent les deux frères du duc de Bourgogne, le connétable d’Albret, mais aussi Le Gallois de Fougières. Cette bataille acte la fin de l'ère de la chevalerie, et le début de la prépondérance des armes à courte et moyenne portées. Des familles entières de la noblesse française furent décimées et le royaume de France, privé de nombreux cadres administratifs et militaires, s’est trouvé considérablement affaibli, durant de nombreuses années. Avec cette victoire, Henri V est reconnu comme héritier du royaume de France, par le traité de Troyes ratifié le 21 mai 1420.



Fin du moyen-âge

La chute de Constantinople
Philippe IV le Belonstantinople est la capitale de l'empire romain d'Orient ( Empire Byzantin ), depuis le partage de l'empire romain par Théodose en 395. C’est un noeud commercial important situé au croisement des routes d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Cet Empire Romain d'Orient fut longtemps, pour les Occidentaux, un rempart contre les attaques Musulmanes. Mais après un millénaire d'existence, l'Empire byzantin se trouve réduit à sa capitale, à peine peuplée de 100.000 habitants (un million au temps de sa splendeur).
La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d'Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore. Ils s'emparent de la plus grande partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre de Constantinople. Le basileus ( empereur en grec ) Constantin XI se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d'hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II al-Fātih ("le Conquérant") fait appel à toutes les ressources de l'artillerie. Il dispose de dizaines de bombardes qui vont projeter sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines. Le 29 mai 1453, après cinquante-quatre jours de siège, le sultan ottoman Mehmet II s'empare de "Constantinople", réalisant ainsi le rêve de tous les princes musulmans depuis les origines de l'Islam.
Constantinople devient Istanbul
Philippe IV le Bele 29 mai 1453 est donc un évènement qui concerne cette fois toute la chrétienté, évènement qui changera à jamais les rapports entre Chrétiens et Musulmans. Les Musulmans envahissent Constantinople et ce jour-là L’empereur Constantin XI mourut les armes à la main en défendant Constantinople. La ville qui avait résisté cinquante-cinq jours durant ( 7 000 chrétiens contre plus de 100 000 musulmans ), fut mise à sac et 50 000 personnes furent déportées en esclavage dans le monde ottoman. Constantinople fut immédiatement rebaptisée en Istanbul et Sainte-Sophie ( la plus grande église chrétienne ), fut transformée en mosquée. La prise de Constantinople en 1453 par les Turcs de Mehmed II marque elle aussi la fin du Moyen-âge. A cette date il sera presque impossible pour les Chrétiens d'accéder aux lieux saints.

Fin de la guerre de 100 ans
Philippe IV le Bela fin de cette séquence de guerres débute avec le traité d'Arras entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne ( avec sa victoire à Formigny, le roi de France reconquiert la basse vallée de la Seine ). Puis sur sa lancée, l'ost commandée par le comte de Penthièvre descend vers la vallée de la Dordogne et reprend Bordeaux en 1451. Les Anglais sont chassés du royaume à l'exception de la ville de Calais.
Mais, très vite, les Bordelais regrettent les Anglais qui avaient au moins un mérite, celui de ménager leurs droits communaux. Discrétement ils supplient leur duc ( le roi d'Angleterre ) de les sauver des griffes de leur nouveau maitre !
Mais englué dans la guerre des 'Deux Roses', le roi Henri VI de Lancastre a d'autres préocupations, il décide quand même d'expédier 3 000 hommes en Aquitaine sous le commandement de Jean Talbot. Sur le sol Français son bataillon reçoit le soutien de nombreux seigneurs gascons avant d'affronter les Français sur les rives de la Dordogne. L'armée royale, forte de 8 000 hommes, installe son campement à proximité de Castillon et attend. Talbot qui attend à Bordeaux l'arrivée de ses ennemis, reçoit un appel au secours des Castillonnais, ne sachant que faire pendant plusieurs jours, il finit par obtempérer et, avec son bataillon et ses alliés gascons il affronte les Français. Funeste erreur ! C'est une défaite cuisante pour les Anglais, Talbot est désarçonné et achevé à coups de hâche. Son fils, son porte-étendard et un grand nombre de seigneurs anglo-gascons succombent également. L'affrontement fera 9 000 morts, blessés et prisonniers en quelques heures.
C'est la fin de la guerre de cent ans qui aura duré de l'an 1337 à l'an 1453.

Rappel