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25 Mai 2025

Histoire et Légendes de l'Ordre du Temple



Les Templiers

Légendes sur la création de l'Ordre

histoire et légende des templiers a légende des neufs créateurs de l'Ordre du Temple est née en même temps que le Templarisme, en effet dès 1804, encouragé par Napoléon Bonaparte et grâce à Fabré-Palaprat, naquit le Templarisme avec ses innombrables légendes, puis très vite dans ce monde très fermé, aux légendes succédèrent des thèses fumeuses. Dans l'immense majorité des Ordres initiatiques modernes, il est fait référence aux neuf créateurs de l'Ordre ( Geoffroy de Saint-Omer, Hugues des Païens, Robert de Craon, Archambault de Saint-Amand, André de Montbard, Hugues Rigaud, Payen de Montdidier, Bernard Rolland, Geoffroy de Bossoit ), et pour cette raison un chandelier à neuf branches est utilisé lors de leurs rituels .
Heureusement que les fondateurs n'étaient pas huit ou dix car pour le coup l'usage du "chandelier à neuf branches : hanoukkia " n'eut pas été possible !

Factuellement sur sa création

Factuellement  sur la création lus sérieusement, ce conte des neuf créateurs de l’Ordre ne repose sur rien de factuel, il appartient au folklore du début du XIX ème siècle, époque bénie du Templarisme.
Nous passerons plus bas en revue la biographie des 7 chevaliers soit disant co-fondateurs de l’Ordre, et vous verrez, les faits sont têtus. Prenons par exemple Robert de Craon, ce dernier est parti pour Jérusalem après la mort de son épouse Richéze en fin d'année 1130, il a donc intégré en 1131 un Ordre existant depuis de nombreuses années !
Les autres chevaliers ont eux aussi intégré l'Ordre bien après son officialisation en 1118 par Hugues des Païens et Geoffroy de Saint-Omer.
les 4 états latins histoire et légende des templiers ette légende a la vie dure, mais factuellement, si l'on se réfère aux récits des premiers narrateurs de la grande croisade ( Foucher de Chartres, Guillaume de Tyr, Ernoul, Chrétien de Troyes, Michel le Syrien, etc ... ) il n'y a que deux noms cités concernant la création de la milice, deux noms à l'exception de tout autre. De plus, ils fixent la reconnaissance officielle de l’Ordre par les autorités des Etats Latins entre 1116 et 1118. Il convient encore de noter que cette milice des pauvres chevaliers du Christ fut mise en place à la demande du roi Baudouin 1 er par Geoffroy de Saint-Omer dès l’année 1104, pour faire face à un besoin évident de sécuriser les états nouvellement créés. En en cette année 1104 les 4 états latins étaient cernés à l'est au nord et au sud par les royaumes musulmans très puissants. La seule frontière sûre était la mer côté ouest. Ainsi donc, de l’année 1104 à l’année 1116, Geoffroy de Saint-Omer et beaucoup de ses compagnons Flamands organiseront la défense des États latins d'Orient en créant d’innombrables bataillons de croisés afin d’y garantir la sécurité des Chrétiens. Pendant douze années Geoffroy recrutera les croisés les plus pieux et les plus courageux afin de mener à bien la mission que le roi Baudouin 1 er lui avait confié. Tous ces bataillons seront placés sous le commandement de Geoffroy de Saint-Omer. Foucher de Chartres tenait un journal pour y consigner tous les faits marquants qui se déroulèrent entre le départ de la croisade en 1096 et la prise de Jérusalem en 1099. Il décida de rester à Jérusalem et il continua à tenir un autre journal de l’année 1100 à celle de sa mort en 1127. C’est grâce à lui que nous connaissons l’histoire de cette aventure extraordinaire et c’est encore grâce à lui que nous savons que d’autres grands chevaliers viendront après 1124 grossir les rangs de cet Ordre très imposant. Pour résumer, et d’après les sources ci-dessous

Sources :
① Récits de quatre participants à la première croisade :
- Foucher de Chartres ( 1059 - 1127 ) ( "Historia Hierosolymitana ou Histoire de Jérusalem, et du Sermon sur la prise de Jérusalem ( Incipit sermo domni Fulcheri de Ierosolimitana civitate quomodo capta est a Latinis ) vers 1127 édités en 1866 dans le Recueil des Historiens des Croisades ( Historiens Occidentaux, tome III ), puis à Heidelberg en 1913 par Heinrich Hagenmeyer - il en existe une traduction française publiée en 1825 par François Guizot. ),
- Raymond d’Aguilers ( XI-XII ème siècle ) ( "Histoire des Francs qui prirent Jérusalem". Chronique de la première croisade, texte traduit et du latin et présenté par François Guizot. ),
- Pierre Tudebode ( XI-XII ème siècle ) ( "Historia de Hierosolymitano itinere", où il relate la grande pérégrination et le Siège d'Antioche. Prêtre poitevin.
- l’anonyme rédacteur des Gesta Francorum ( XI-XII ème siècle ) ( "Gesta Francorum et aliorum Hierosolimitanorum" ( Geste des Francs et des autres peuples lors du pèlerinage à Jérusalem ). C' est un récit anonyme de la première croisade écrit en 1099 et 1101 par un chevalier ayant pris part à la croisade. ). Cette oeuvre comporte dix chapitres, précédés à chaque fois par une action de grâce datée. Dans certains manuscrits, les initiales après ces formules sont écrites en rouge. Ces chapitres correspondent exactement aux sept premiers thèmes de l'Historia de Hierosolymitano itinere de Tudebode. Chacune de ces parties est cohérente et semble avoir été écrite en une seule fois.

② Récits d'autres narrateurs qui n’ont pas participé à la première croisade :
- Baudri de Bourgueil ( 1045 - 1130 ), n'a pas participé à la grande pérégrination, n'a jamais mis les pieds dans les états latins d'orient, néanmoins il a narré vers 1122 la première croisade, sous le titre de " Historia Hierosolymitana libri IV ", publiée dans le recueil de Jacques Bongars, son ouvrage repose en partie seulement sur le témoignage de témoins directs ( réputés comme tels ), et pour le reste, sur la légende véhiculée par les croisés de retour dans le royaume Franc.
- Robert le Moine ( 1055 - 1122 ), est un moine chroniqueur de la première croisade. Il ne participa pas à la grande pérégrination, n'a jamais mis les pieds dans les états latins d'orient, il réécrivit les "Gesta Francorum", à la demande de son abbé, qui ne goutait pas le style « rustique » des Gesta.
- Guibert de Nogent ( 1055 - 1125 ), est un moine chroniqueur de la première croisade. Il ne participa pas à la grande pérégrination, n'a jamais mis les pieds dans les états latins d'orient, il écrivit les "Gesta Dei per Francos", son ouvrage repose en partie seulement sur le témoignage de témoins directs ( réputés comme tels ), et pour le reste, sur la légende véhiculée par les croisés de retour dans le royaume Franc, il convient de noter que dans son ouvrage le surnaturel tient une grande place .
- Albert d’Aix ( 1060 - 1150 ), Chancelier de l'église d'Aix-la-Chapelle, rédigea entre 1125 et 1150 une importante chronique sur la première croisade et les États latins d'Orient jusqu’en 1121, intitulée Liber Christianæ expeditionis pro ereptione, emundatione, restitutione sanctæ Hierosolymitanæ ecclesiæ, en douze livres ( les six premiers sur l'expédition elle-même ). Il n'a pas participé à la croisade et ses sources proviennent de comptes-rendus oraux de pèlerins et de croisés revenant de l'expédition.
- Guillaume de Tyr ( 1130 - 1186 ), écrivit un compte rendu du Concile de Latran et une Historia ou "Gesta orientalium principum" traitant de l'histoire de la Terre Sainte de l'époque de Mahomet jusqu'à 1184. Jacques de Vitry utilisa "Gesta orientalium principum" pour écrire son "Historia Orientalis". Notons qu'à ce jour, nous ne possédons aucune trace de ces deux ouvrages.
Son plus grand ouvrage est une "Historia rerum in partibus transmarinis gestarum" en vingt-trois livres, mais cette oeuvre reste inachevée. Il débute avec la conquête de la Syrie par Omar, et offre une large place aux événements de la première croisade. Bien qu'il utilise des sources anciennes connues ( chroniques de Foucher d Chartres ) et d'autres non mentionnées, son travail est considéré comme une œuvre de première main par les historiens modernes. Il a été largement traduit et diffusé en Occident après la mort de Guillaume, le titre français de cette oeuvre est "Histoire d'Outremer".
- Jacques de Vitry ( 1165 - 1240 ), au XIII ème siècle l'Archevéque d'Acre relatera lui aussi les évenements qui se déroulérent au Proche Orient en se basant sur les écrits de Guillaume de Tyr ( éditions Robert Burchard Constantijn Huygens, E.J. Brill 1960, rapports de croisades ).
- Ernoul ( ? - ? ) ( Ecuyer de Balian d'Ibelin ), écrira à la fin du XII ème siècle un ouvrage sur la chute du royaume de Jérusalem en se basant sur des témoignages ( Chronique d'Ernoul et de Bernard le Trésorier, éditée par L. de Mas-Latrie pour la Société de l'histoire de France, Paris, 1871 ).
- Michel le Syrien ( 1126 - 1199 ), Chrétien Syrien relata également à la fin du XII ème siècle l'histoire des Templiers et des Etats Latins en se basant sur les écrits de Guillame de Tyr ( Chronique de Michel le Syrien, traduction française ( tomes 1 à 3 ) et texte syriaque ( tome 4 ) par J-B Chabot, 4 volumes, Pierre Leroux editeur, Paris 1899-1901-1905-1910 ).
- Henri de Curzon ( 1861 - 1942 ), consacrera un de ses ouvrages aux Templiers : "Règle complète du Temple" paru en 1886 ( Librairie Renouard - Librairie de la société de l'histoire de France ).

Les deux chevaliers fondateurs de l'ordre du Temple sont donc :

① Geoffroy de Saint-Omer

② Hugues des Païens

Et la reconnaissance officielle de la milice se situe entre 1116 et le 02 Avril 1118 ( date du décès du roi Baudouin 1 er de Jérusalem ).



histoire et légende des templiers ette mise au point faite, voilà les noms de sept chevaliers ( parmi d'autres ) qui rejoignirent l'Ordre existant après 1125, voire pour certains après 1135. Ces 7 chevaliers que tous les Ordres initiatiques modernes présentent à tort comme les fondateurs du Temple n’ont fait que rejoindre un Ordre existant depuis longtemps. Ces 7 chevaliers qui n’en ont pas moins de mérite pour autant sont :
Robert de Craon : Né sans doute à la fin du XI ème siècle d'origine angevine, c'est le fils de Renaud de Craon, et le cadet de trois frères. La légende veut qu'il s'installe en Aquitaine et se fiance à la fille d'un seigneur de l'Angoumois. A la suite d'une déception amoureuse, il quitte l'Occident en 1125 et part en Terre sainte. Il y devient rapidement Templier. Factuellement, Robert fut non-seulement fiancé, mais marié légitimement avec Richeze, soeur unique de Saint Anselme, Archevêque de Cantorbéry. Il eut de son épouse plusieurs enfants, qui moururent tous en bas âge, et dont il ne lui resta que l'aîné, nommé Anselme, qu'il consacra au service des saints autels dans l'Eglise de Cantorbéry, et dont l'Archevêque prit un soin particulier. Le jeune Anselme, devenu religieux, fut fait Abbé de Saint-Edme, et demeura assez longtemps en Angleterre. Il fit le voyage de Rome, et fut très-considéré du Pape Pascal, qui le fit Abbé de Saint-Sabbas, et lui conféra l'Evêché de Londres. Il a mérité, par ses écrits, d'être compté au nombre des Auteurs ecclésiastiques. Les deux époux, dociles aux instructions réitérées du saint Archevêque, pratiquaient toutes sortes de bonnes oeuvres, puis vint le temps pour Robert de faire le pèlerinage vers la Terre-Sainte. Il s'en ouvrit au saint Prélat, qui lui répondit en ces termes: « S'il est vrai que vous ayez conçu le dessein de faire le voyage de Jérusalem pour l'honneur de Dieu et le salut de votre âme, et que vous n'ayez pas voulu vous mettre en route sans m'avoir consulté ainsi que votre fils Anselme, je loue vos dispositions, et vous conseille de ne pas traîner après vous le fardeau de vos péchés, mais de vous affermir dans la résolution de vivre en bon Chrétien, conformément aux obligations de votre état : commencez par une bonne confession de toute votre vie, et que votre absence n'occasionne aucun tort à votre épouse, dont le caractère bienfaisant vous est mieux connu qu'à personne, faites en sorte de ne pas l'abandonner sans secours ni conseils, et que, si la Providence vient à disposer de vous, elle ne soit pas obligée de sortir de votre maison contre son gré, mais qu'il lui soit libre d'y servir Dieu tant qu'elle vivra, et d'y prier pour votre conservation et le salut de votre âme. Mettez donc ordre à vos affaires, comme s'il s'agissait de paraître à ce moment devant Dieu. Quant à ma bénédiction que vous demandez, je prie le Seigneur de vous accorder luimême la sienne, de vous combler de ses grâces, et de vous seconder dans toutes vos entreprises. » Ce ne fut donc qu'après avoir bien consulté, et non par dépit, que Robert de Craon partit en pèlerinage en Terre-Sainte en 1107, avant la mort de Saint Anselme. Le pèlerinage effectué il revint en France en 1108, puis ce ne fut que début 1131, après la mort de Richéze son épouse ( Décembre 1130 ), que Robert repartit en Terre Sainte et prononça ses voeux pour être Templier.
C'est donc de EUDES qu'il s'agit quand on le prétend originaire d'une famille noble du Limousin mais est arrivé sans doute assez jeune en Orient car lorsqu'il parvient à la tête des Templiers il a déjà derrière lui une longue carrière au proche orient.
Archambault de Saint-Amand : Tout le monde confond Eudes et Archambault dont nous ne savons strictement rien. Son nom est mentionné pour la première fois comme appartenant au Temple dans les minutes du concile de Troyes en 1129. lui une carrière militaire bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient Templier à une date inconnue et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. »
André de Montbard : André de Montbard nait en 1103 au château de Montbard en Bourgogne. Fils du premier comte de Montbard, Bernard Ier (1040-1103), et de Humberge de Roucy. Il a cinq frères, dont l'ainé Raynard de Montbard, et une soeur : sainte Alèthe de Montbard (mère de saint Bernard de Clairvaux). Fin 1124 Geoffroy de Saint-Omer et un autre chevalier ( qui pourrait être André de Montbard ), porte une lettre de Baudouin II de Jérusalem pour Bernard de Clairvaux dans laquelle il lui demande de l'aide afin d'obtenir une confirmation apostolique de l'ordre et une règle de vie précise pour ses membres. Il n’est pas cité au concile de Troyes en 1129, son nom est cité pour la première fois en 1135 dans les récits concernant la vie du Temple, et il devient sénéchal de l'Ordre, attesté de 1148 à 1151, et seconde le quatrième maître de l'Ordre Bernard de Tramelay jusqu'au décès de ce dernier. Après la disparition du maître de l'ordre durant le siège d'Ascalon de 1153, il accepte à l'âge de 51 ans, de devenir le cinquième maître de l'Ordre. Il empêche ainsi l’élection de Guillaume II de Chanaleilles qui, en tant que favori du roi Louis VII de France, aurait permis à ce dernier de contrôler l'Ordre. La date de son élection est incertaine mais intervient sans doute à la fin de 1154 bien que la première mention de sa nouvelle fonction soit datée du 27 mai 1155 dans un acte du roi Baudouin III de Jérusalem. Selon les sources, on trouve deux dates concernant sa mort. Le 17 janvier 1156 d'après le martyrologe de Reims. Le 17 octobre 1156, selon Laurent Dailliez qui cite l'obituaire de Bonlieu. Après plus de 30 ans de service, il aurait abandonné sa charge de maître à son successeur Bertrand de Blanquefort, puis se serait retiré à l'abbaye de Clairvaux, fondée par son neveu sur des terres offertes par son frère Raynard de Montbard.
Hugues Rigaud : Hugues de Rigaud rejoint l'Ordre du Temple bien après l'an 1131. Les donations qu’ils font sont sans doute à l’origine de la création de la maison du Temple de Rigaud, mentionnée pour la première fois en 1269. La maison de Rigaud décrite dans l’inventaire du 24 janvier 1308 lors de l'arrestation des Templiers : "était des plus modestes et on l’avait recouverte d’un simple toit de planches". On y distinguait deux pièces au rez-de-chaussée, la cuisine et la chambre et deux pièces au sous-sol, l’étable et le cellier et une cour dite "aula". La cuisine comporte : 1 table, 2 bancs, 1 pétrin, 1 étagère pour les écuelles, 3 chaises, 3 candélabres de bois, 1 paire de chenets, 1 crémaillère, 1 hache, 1 dame-jeanne, 1 broc, 2 petits pots d’airain (de aranno), 1 poêle, 1 chaudron de cuivre, 1 écuelle en bois, 7 jattes (...) 2 cuillères de bois, 8 petites cuillères, 1 mortier de pierre, 3 pilons de bois... dans la cour : une tonnelle, une corbeille, un banc, un escabeau, une pelle... La chambre comprend : 2 lits, deux paillasses (dont une seule garnie), trois couvertures, 1 édredon, trois coussins de plume et trois draps. Ces deux pièces n’avaient pas, d’ailleurs, la destination exclusive qu’on serait tenté de leur donner. Elles étaient de véritables greniers à provisions. L'activité de cette maison consiste à recueillir par voie de mutations ( donations , legs, ventes, etc... ) le plus grand nombre possible de biens meubles et immeubles. L’Ordre possède une part de seigneurie assez importante. Celle-ci comptait 101 tenures et recueillait 93 services. Les Templiers dans les Alpes-Maritimes n’ont pas le moindre rôle militaire, ils n’ont même pas les moyens de se défendre. A Rigaud, l’inventaire mentionne seulement un casque, un bouclier et une baliste ( machine de guerre servant à lancer des projectiles, des traits ). La fin de la maison de Rigaud et des Templiers est organisée par le Comte de Provence. L’ordre d’arrestation des frères du Temple édicté le 13 janvier 1308, parvint quelques jours plus tard à l’officier de la cour de Puget-Théniers sous un pli rigoureusement cacheté et accompagné d’une lettre prescrivant à son destinataire de n’en prendre connaissance que le 24 janvier à l’aube. "Rendez vous immédiatement dans les maisons du temple de votre viguerie, emparez vous des membres de l’Ordre que vous trouverez, saisissez tous les biens dépendant de ces maisons et confiez-en la gestion, provisoirement, à des personnes sûres." Bertrand "Magnan", baile, Rostand Giraud, juge, Pierre Colombier, sous-clavaire, Hugues Raymond, notaire et quatre sergents de la cour de Puget-Théniers se transportèrent de leur côté à la maison de Rigaud. Ils la trouvèrent livrée à elle-même. Le neveu du Templier absent, Guillaume Michel de Rochetis assista, comme témoin, à l’inventaire des biens de cette maison. Les administrateurs provisoires des biens du Temple furent choisis parmi les gens les plus honorables des localités même où se trouvaient ces biens. Ce furent Raymond Brun et Guillaume Constantin. Le domaine ainsi confisqué passa aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem résidant à La Croix.
Païen de Montdidier : Païen de Montdidier connu dans certains actes sous le nom de Nivard. Homme d'action de l'Ordre naissant, il exerça dans la province de Champagne une influence importante. II en fit une terre privilégiée pour le recrutement. Selon les biographes, certains le prétendent originaire de Champagne, et d'autres d'Italie. Païen, sera l’un des premiers chevaliers à rejoindre Le Temple après 1125 ( Règle du Temple - Henri Cruzon 1886 - page 57 )
Bernard Rolland : Originaire du Marquisat de Provence, non cité au concile de Troyes en 1129, il intègre l’Ordre vers 1135 et, il est désigné pour faire connaître l’Ordre du Temple dans le sud de la France. Ayant reçu de nombreuses donations, il fonde en 1136 une des plus grandes commanderies à Richerenches .
Geoffroy de Bossoit : Homme de Baudoin IV, comte de Hainaut en Belgique actuelle, il laisse ses territoires de Frameries à l’Ordre du Temple et défend vaillamment la Terre Sainte. Non cité au concile de Troyes en 1129, il intègre l’Ordre après 1135.


Histoire des Templiers

Contexte des Croisades

histoire et légende des templiers la fin du XI ème siècle le système féodal prévaut partout en Occident, chez les seigneurs c'est l'ainé qui hérite de tous les biens de son père afin de ne pas morceler les fiefs. Nombreux sont donc les chevaliers sans terres ni biens, ce qui provoque des batailles incessantes car les cadets n'ont rien à perdre ! cette époque d'une rare instabilité est caractérisèe par une absence de progrès scientifique et social. Donc en 1095 quand le Pape Urbain II débarque en France pour expliquer que les Turcs bloquent désormais l'accès aux lieux Saints à Jérusalem, son message reçoit immédiatement un écho favorable. Les seigneurs installés et les rois y voyant une occasion de se débarrasser des "sans terres" à moindre frais !
C'est dans ce contexte qu'une multitude de chevaliers "sans terres" se coaliseront pour partir au proche orient afin de délivrer Jérusalem mais aussi pour acquérir des terres nouvelles ! Il faut cependant noter que beaucoup de seigneurs installés partiront également en croisade. Pendant près de deux siècles il y aura une présence occidentale chrétienne au proche orient, beaucoup de croisés resteront sur place pour y fonder les états latins d'orient, les hospitaliers veilleront à la santé des pélerins, les Templiers et les Teutoniques assureront la sécurité de ces états latins. Dès 1102 Baudouin 1 er, conscient que les territoires conquis doivent être défendus, demande à Geoffroy de Saint-Omer de créer une armée qui sécurisera les chemins de Byzance à Jérusalem. Très vite tous font le constat que l'insécurité permanente risque d'anéantir tous leurs efforts pour conserver les territoires pris aux Musulmans.

Rôle des Templiers

histoire et légende des templiers audouin 1 er demande alors à Geoffroy de créer une milice beaucoup plus importante pour sécuriser non plus seulement les chemins de Byzance à Jérusalem, mais tous les États latins d'Orient qui viennent de voir le jour. Une decennie plus tard ce sera chose faite, la milice des pauvres chevaliers du christ sera opérationnelle. Afin d'y maintenir une dicipline de fer elle sera structurée militairement pour les batailles à venir, et religieusement comme l'ordre monastique des Cisterciens pendant les accalmies guerrières. Le premier Ordre Religieux et militaire venait de naitre en 1116 ( milice des pauvres chevaliers du christ ), d'abord sous les ordres du roi Baudouin 1 er et du patriarche de Jérusalem, puis, un peu plus tard cet Ordre passera sous les ordres exclusifs du Pape. Baudouin 1 er leur ayant donné le Dôme du rocher à Jérusalem en 1102 afin que ces chevaliers y installent le siège de la milice, ils prendront le nom de Chevaliers de l'Ordre du Temple de Salomon quand ils seront officiellement reconnus en 1129 au concile de Troyes. Les chevaliers qui décideront de rester en terre sainte pour protéger les chrétiens des États latins d'Orient prêteront le même serment que les hommes d'église c'est pour cette raison qu'ils sont aussi appelés Moines soldats.
Dès le début il y eut un dilème : un moine peut-il être soldat ? un moine fut-il soldat peut-il porter les armes et tuer ?
Après une longue réflexion, l’Église trancha et adopta la notion de soldats du christ participant à la « guerre sainte » pour sécuriser les états latins. Avec la reconnaissance officielle de l’ordre du Temple au concile de Troyes ( janvier 1129 ), un pas supplémentaire fut franchi, car cette milice devint un ordre à la fois militaire et religieux sous le commandement suprême du Pape. A cette date ils auront une règle de vie identique à celle des moines Cisterciens. Ils feront vœu de pauvreté, d’obéissance et de chasteté, devront appliquer l’ascèse monacale et obéir au Maître de l'Ordre du Temple. Les Templiers étaient des croisés qui faisaient don de leur corps et de leurs biens à l'Ordre du Temple et qui n'obéissaient qu'au Pape, et ne rendaient compte qu'au Pape !
Il y aura en tout 23 Maitres qui dirigeront l'Ordre de 1118 ( date de sa reconnaissance officielle ) à 1312 ( date de sa dissolution ). Les Templiers construiront un vaste réseau de commanderies dans tout l'Occident qui contribuera à financer l'effort de guerre au proche orient pendant deux siècles ! Les Templiers seront de toutes les croisades.

Templiers chassés d'Orient

histoire et légende des templiers rès vite l'Ordre du Temple fut du fait des innombrables donations faites par les seigneurs installés, ces biens étant d'autre part très bien administrés par les Templiers l'Ordre fut en mesure de soutenir l'effort de guerre jusqu'à la fin de leur présence au proche orient. Dès 1250 les rois et seigneurs occidentaux se rendirent à l'évidence qu'il leur faudrait engager des ressources matérielles et humaines colossales pour garder les états latins. A compter de cette date, ils se désengagérent progressivement et abandonnérent les chrétiens à leur triste sort ! Hospitaliers Teutoniques et Templiers résisteront encore quelques décennies à 1 contre 4, puis à 1 contre 10, mais sans nouvelles recrues leur sort était scellé. En 1291 les Templiers les Hospitaliers et les Teutoniques furent définivement battus, submergés par les Musulmans les survivants se repliérent sur Chypre et sur leurs pays d'origine.

Extermination des Templiers

histoire et légende des templiers l convient de noter que le retour de ces vaillants soldats ne posa aucun problème en Castille en Aragon au Portugal en Angleterre en Ecosse dans le Saint Empire Germanique en Bohème en Autriche en Bavière en Hongrie dans les royaumes de Pise de Naples de Sicile d'Este etc.... Le seul royaume ou le retour des Templiers posa problème fut le royaume: Franc !
Dès 1292, Philippe IV le Bel prit ombrage de cet ordre très riche qui ne rendait compte qu'au Pape. Ce qui caractérisa Philippe IV le Bel durant tout son régne, c'est son impécuniosité. C'est son besoin permanent d'argent qui le poussa à s'approprier les biens des Templiers dès 1293. Il faut savoir qu'il s'était déjà fait la main sur les Lombards, qu'il avait expulsé du royaume après les avoir volés, puis sur les Juifs qu'il avait spoliés puis chassés du royaume. Depuis le piteux retour en Occident des Templiers ( après la défaite de Saint-Jean d'Acre en 1281 ) l'effort de guerre n'était plus de mise, et, les Templiers qui continuaient à gérer leurs biens avec brio en Occident devenaient de plus en plus riches ! Il convient également de signaler qu'ils étaient très nombreux et très bien armés sur le territoire Franc, ce qui n'était pas de nature à rassurer le roi.
Malédiction lancée contre le Pape et le Roi par jacques de Molay - dernier maitre du temple - sur son bûcher, reprise par les historiens et les écrivains Le clergé Français, d'autre part détestait cet Ordre qu'il ne pouvait contraindre car ce dernier n'obéissait qu'au Pape ! Malheureusement le Pape de l'époque Clément V avait été mis en place par le roi du royaume Franc. En 1295 le grand maitre Jacques de Molay espérait retourner au proche orient et négociait un accord avec les Mongols dans ce but. Jacques de Molay était un homme du passé, il ne s'était pas apperçu que les royaumes d'Occident avaient changé, les us et coutumes en vigueur en l'an 1100 avaient disparu, le respect d'un serment ou d'une signature n'était plus à la mode, les Templiers découvraient ce mode de fonctionnement avec un certain dégout. De 1295 à 1305 Philippe IV le Bel ourdit une opération de communication visant à rendre impopulaires ces Templiers, et pire encore ! Le clergé Français revanchard prit toute sa part dans cette ignominie, mais les Papes Boniface VIII puis Benoit XI résistérent aux pressions du roi Philippe IV le Bel . Malheureusement pour les Templiers en 1305 Philippe IV le Bel réussit à faire élire "son Pape" Clément V, ce qui ruina les espoirs des Templiers, Jacques de Molay comprit à ce moment que l'Ordre était en très mauvaise posture. le Pape Clément V quant à lui résista un moment aux assauts de celui à qui il devait tout 'Philippe IV le Bel' mais de guerre lasse, fatigué par sa maladie et sans réels moyens il finit par abandonner les Templiers aux mains des bourreaux de Philippe IV le Bel.
Les lettres d'arrestation furent scellées le 14/09/1307, elles ordonnaient à tous les baillis et sénéchaux d'arreter tous les Templiers de leur circonscription. Le 22/09/1307 Guillaume de Paris inquisiteur et confesseur du roi faisait parvenir des réquisitions à tous les baillis et sénéchaux pour arrêter tous les Templiers. Cette opération se déroula dans le plus grand secret.
La suite vous la connaissez les Templiers furent accusés à tort de choses que le peuple ne pouvait ni comprendre ni accepter, ils furent arrêtés, torturés pendant des années et les derniers dignitaires de l'Ordre brulés vifs sur l'ile aux Juifs le 18 mars 1314. Avant leur arrestation le vendredi 13 octobre 1307 ( qui fut la plus grande opération policière de tous les temps ) les Templiers eurent cependant le temps d'organiser une mise à l'abri de leur trésor et de leurs archives, si bien que le roi ne s'empara de rien hormis les biens immobiliers. Les hospitaliers héritérent de quelques commanderies le reste étant vendu au profit du trésor royal.




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