Cette page contient les chapitres suivants
| Chapitre | Description ↴ | Lien |
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| 1/5 |
histoire des templiers |
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| 2/5 |
les templiers après 1307 |
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| 3/5 |
Résurgence Templière du XIX ème |
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| 4/5 |
Templiers Maçonniques au XXI ème |
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| 5/5 |
Templiers Catholiques au XXI ème |
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1/5 Templiers : histoire
Rappel
’origine de la Milice des Pauvres Chevaliers du Christ remonte à la première croisade en terre Sainte. Après la conquête de Jérusalem le 15 Juillet 1099, certains croisés décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ, d'autres sécuriseront les chemins de pélerinage de Constantinople à Jérusalem.
En 1110 Baudouin 1er de Jérusalem officialise l'Ordre de l'Hopital dirigé par le frère Gérard et consigne sur une charte toutes les donnations faites à l'Ordre. Puis en 1113 l’Ordre des Hospitaliers est reconnu officiellement par le Pape. Sa mission est d’assurer aux pèlerins chrétiens hébergements et soins.
Dès 1102 Baudouin 1er de Jérusalem demande à Geoffroy de Saint-Omer de constituer une milice armée pour sécuriser les états latins. Cette mission sera achevée en 1116, à cette date la milice des Pauvres Chevaliers du Christ sera opérationnelle dans tous les états latins. Foucher de Chartres nous apprend dans ses chroniques qu'en janvier 1118 Baudouin 1er de Jérusalem officialisa cette milice. Quelques années plus tard, Guillaume de Tyr ( dans "Historia rerum in partibus transmarinis gestarum" qui se référe aux chroniques de Foucher de Chartres ) et l'Anonyme rédacteur ( dans ses "Gesta francorum" ) consignent que beaucoup plus tard, 7 autres chevaliers rejoignent cette milice des Pauvres Chevaliers du Christ. En 1129 lors du concile de Troyes cette milice changera de nom pour s'appeler Ordre du Temple et cet Ordre sera reconnu par le Pape. A cette date, les deux chefs de cet Ordre sont : Hugues des Paiens et Geoffroy de Saint-Omer.
Grandeur de l'Ordre du Temple
et ordre organise en Occident un important réseau de commanderies, comme celles du
Larzac,
destinées à alimenter l’effort de guerre en Terre Sainte.
Dès sa création, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ bénéficie d’avantages matériels de toutes sortes ainsi que d’appuis considérables :
celui de Saint-Bernard qui édicte sa règle,
et celui du Pape Honorius II, qui lui permet d’être indépendant de la hiérarchie de l’Eglise. Respectant les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, l’Ordre se développe rapidement en Occident. Les donations faites par les familles nobles, mais également le talent à faire fructifier les terres et les biens légués ou achetés confèrent à l’Ordre une grande prospérité. A la fin du XIII ème siècle, après la perte de la Terre Sainte,
les Templiers sont extrêmement riches.
A Paris, à Londres et dans les commanderies, ils gèrent les fonds royaux et privés qu’ils ont reçus en dépôt. Alors que les cathares sont pourchassés dans le Sud de la France, les Templiers sont devenus les banquiers du royaume.
La tour du Temple de Paris abrite même le trésor royal. Leur puissance, leur rôle en Terre Sainte et la symbolique spirituelle très complexe de l’Ordre sont sans doute à l’origine de la fascination mais aussi des spéculations les plus folles que l’histoire des Templiers ait engendré au cours des siècles.
Décadence de l'Ordre du Temple
partir de l'année 1250, les souverains d'Occident n'autorisent plus leurs serfs à émigrer, en effet si les serfs partent en nombre pourla terre sainte, qui travaillera sur leurs terres ? De plus les nobles ne sont plus attirés par cette région devenue beaucoup trop dangereuse. Dans ces conditions et avec une colonisation à minima l'aventure orientale était vouée à l'échec. Les seigneurs Chrétiens d'Orient en infériorité de plus en plus criante, auront recours à des trèves humiliantes de 10 ans pour se maintenir en place. Si en 1250 les Templiers luttent à 1 contre 3, en 1291 ils luttent à 1 contre 10.
Et, si les Musulmans de 1250 à 1265 craignent encore l'arrivée en masse de croisés, ils finiront par comprendre que les états latins d'orient ( tout du moins ce qu'il en restait ) n'intéressent plus les souverains Occidentaux. A partir de 1270 les Musulmans chasseront méthodiquement les Chrétiens d'Orient et ce dans l'indifférence de l'Occident ! Les derniers croisés et Templiers se feront exterminer en 1291 à saint Jean d'âcre, une boucherie tant le déséquilibre des forces en présence était flagrant ! Les quelques combattants qui réussiront à s'échapper vers Chypre le devront à la chance et pour certains à la désertion ( en effet quelques jours avant l'assaut final, certains templiers sentant le vent mauvais prirent excuse d'aller quérrir des renforts à Chypre ).
Ci-dessus des florins d'or retrouvés dans une épave au large de saint Jean d'âcre. Il pourrait s’agir d’un navire des Croisés coulé pendant la prise de la ville par les Mamelouks en 1291. La trentaine de pièces d’or scintillait au milieu de fragments de coques et de vieilles planches recouvertes de ballast… Elle reposait sous les eaux depuis plus de 700 ans au large de St-Jean-d’Acre (Israël) lorsque des archéologues subaquatiques les ont découvertes. Toutes constituent, avec un ensemble de céramiques à glaçure, un trésor datant de l’époque des croisades selon leurs inventeurs Ehud Galili et Michal Artzy, chercheurs de l’université d’Haïfa. Des vestiges qui pourraient avoir constitué la cargaison d’un navire naufragé à bord duquel auraient pris place des pèlerins chrétiens fuyant Acre, lors de la chute de la cité en 1291.
Retour piteux des Templiers en Occident
rès peu de Templiers réussiront à rentrer dans leurs royaumes respectifs, et pour ces hommes le doute planera toujours concernant leur courage devant l'ennemi. En 1291, les Templiers avaient disparus du proche orient, mais ils étaient encore très présents en Occident.
Dans tous les royaumes le retour des vaincus s'est passé sans problème, dans tous les pays sauf en FRANCE.
A la fin du XIII ème siècle, l'ordre du Temple en Occident dispose encore d'une force militaire impressionnante de quinze mille hommes, bien plus que ne peut en lever n'importe quel roi de la chrétienté. Mais, de soldats, les Templiers se sont reconvertis en banquiers administrateurs de biens et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux saints.
C'est que de considérables donations ont rendu l'ordre immensément riche et l'ont transformé en l'une des principales institutions financières d'Occident. L'Ordre gère ainsi, en véritable banquier, les biens de l'Église et ceux des rois d'Occident ( Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III, Jean Ier d'Aragon... ).
Ses commanderies qui abritent les moines-soldats, couvrent l'ensemble de l'Occident médiéval et forment un véritable réseau.
Le roi de France va reprendre à son compte une idée déjà ancienne, évoquée par Saint Louis et les papes Grégoire X, Nicolas IV et Boniface VIII, Philippe le Bel souhaite la fusion de l'ordre du Temple avec celui, concurrent, des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade à laquelle le roi de France et le pape Clément V sont très attachés. Voila pour la version officielle, mais en réalité il a peur de cette puissance Templière qui n'obéit qu'au Pape, et, de plus, sa cupidité le pousse à convoiter les richesses du Temple.
Jacques de Molay ( piètre stratège ) ne comprend pas que son roi désire plus que tout mettre la main sur cet Ordre qui lui fait de l'ombre ! Philippe le Bel ne le lachera pas, pendant 4 ans il essayera de le convaincre d'accepter son projet de fusion pour les Ordres. Jacques de Molay refusera toujours cette proposition royale. L'opinion populaire commence à s'interroger sur la légitimité du Temple.
Face à cette posture de de Molay, le Roi Philippe le Bel comprend que la méthode douce ne fonctionnera pas, et, dès 1295 il met en place une machination pour exterminer purement et simplement le Temple.
L'affaire sea mise à l'ordre du jour de plusieurs conciles et l'on élaborera même un projet dans lequel Louis de Navarre serait le grand maître du nouvel ordre. Lassé d'attendre il organise avec ses zélés conseillers et avec l'aide d'un clergé revanchard, une campagne de dénigrement des Templiers dans tout le royaume pendant 10 ans ! Les Templiers sont accusés de tous les péchés du monde y compris du péché de 'sodomie'. Il convient de signaler qu'à cette époque, la seule accusation de sodomie entraine la mort de l'accusé !
Pendant ce temps, le roi de France presse le pape d'agir contre l'Ordre, le Pape résiste comme il peut mais il n'oublie pas qu'il doit sa tiare à Philippe le Bel. De guerre lasse et malade il finit par lacher prise, il ouvre une enquête le 24 août 1307 pour laver les moines-chevaliers de tout soupçon. Mais l'affaire traîne en longueur et Philippe le Bel décide d'arrêter les Templiers sous l'inculpation d'hérésie, sans prendre la peine d'en référer au pape le 13/10/1307.
Arrestation des Templiers
epuis leur défaite à Saint-Jean d'Âcre les rares combattants Chrétiens ( ceux qui ont pu s'échapper ) se sont réfugiés à Chypre ou sont rentrés dans leurs royaumes d'origine. Le retour de ces soldats chez eux s'est bien déroulé sauf chez les Francs, en effet le roi Philippe IV le Bel débiteur de l'Ordre du Temple prit ombrage de cette puissance et il se mit en tête de l'exterminer !
Ce roi dépensier était toujours à cours d'argent, et il voyait dans cette manoeuvre deux avantages, se débarasser de ces hommes armés, et faire main basse sur leurs trésors. Il faut dire qu'il s'était déja fait la main sur les banquiers lombards et sur les Juifs. Dès lors, de l'année 1292 à l'année 1305 il organisera avec ses sbires une campagne extraordinaire de dénigrement des Templiers, puis en 1305 avec l'élection du Pape Clément V ( créature de Philippe IV le Bel ) les Templiers comprendront que leur sort était scellé à plus ou moins long terme. A partir de l'année 1305 Jacques de Molay et les dignitaires du Temple organiseront la défense du Temple, Jacques de Molay abandonnera les négociations avec les Mongols qui devaient lui permettre de repartir en croisade avec ces nouveaux alliés. De l'année 1305 à l'année 1307 l'Ordre se préparera à l'ultime bataille avec le roi de France, le Pape sans réel pouvoir fera néanmoins tout ce qui était en son pouvoir pour retarder l'échéance fatale.
Jamais Philippe IV le Bel pendant toutes ces années n'attaquera ouvertement le Temple, sa grande perfidie fera même croire à Jacques de Molay durant les dernières semaines avant le 13 Octobre 1307, que l'Ordre revenait en grâce auprès du souverain.
Puis vint le Vendredi 13 Octobre 1307, au matin, dès l'aube, tous les gens d’armes de France et de Navarre, investirent près de neuf mille demeures sur l’ensemble du territoire pour en arrêter tous les occupants. Ce fut la plus grande rafle policière de tous les temps.
En fin de journée, l’opération était terminée. Elles continueront plus tard, dans toute l’Europe, jusqu’à la fin de l’année 1307. Nous étions le vendredi 13 octobre 1307.
C’est bien ce vendredi 13 qui sera à l’origine d’une croyance populaire, de mauvais présage, qui persiste encore aujourd’hui, 700 ans après. Jaloux de leur puissance et de leur richesse, inquiet de leur pouvoir auprès du pape, le roi de France, Philippe IV le Bel, fait arrêter tous les Templiers du royaume, pour apostasie et mœurs dissolues.
L’Affaire est coordonnée par Guillaume de Nogaret, qui fait adresser, dans le plus grand secret, dès le 14 septembre, des « lettres closes » à tous les Baillis et Sénéchaux du royaume, à n’ouvrir « qu’au jour dit ».
Ce matin du vendredi 13, Guillaume de Nogaret lui-même, dirige l’arrestation de près de 140 Templiers de la Maison Centrale de Paris. Sur tout le territoire, ils sont incarcérés, puis interrogés et torturés.
Ceux qui réussissent à s’échapper sont repris le jour même. On leur propose le pardon ou la mort. Très peu abjureront et après des parodies de procès ils seront condamnés au bûcher, dès le 12 mai 1310, 54 Templiers sont brûlés à Paris. Les bûchers "expiateurs" seront à la mode pendant 5 années sur tout le territoire et scelleront la disparition de l'Ordre du Temple.
Les quelques aveux arrachés aux Templiers par les Inquisiteurs le furent sous la torture.
Depuis ce jour le vendredi 13 est resté associé au malheur absolu dans la mémoire des Français.
Extermination des Templiers
l faut bien qu'on ait abusé des moyens usuels d'investigation, puisque, sur cent trente-huit Templiers
interrogés à Paris ( octobre-novembre 1307 ), trente-six, en l'espace de six semaines, laissèrent leur vie au milieu des tourments. Ces tortures pratiquées par les frères inquisiteurs permirent d'extirper des aveux extravagants ! Sur les 102 Templiers restant 54 sont brûlés après avoir signé des aveux incroyables ( sodomie, hérésie, crachats sur la croix ...). L'opinion publique et le roi lui-même y virent la confirmation de leurs soupçons sur l'impiété des Templiers et leur connivence avec les forces du Mal !
Les Templiers coupables ou non ?
ar manque de moyens et pour ne pas donner l'impression d'être dépassé, le Pape à contre coeur le 22 novembre 1307, ordonna à son tour l'arrestation des Templiers dans tous les États de la Chrétienté et l'ouverture d'une enquête sur leurs crimes supposés. Suite aux enquétes menées par les représentants du Pape, sur les agissements des chevaliers de l'Ordre du Temple, un procès verbal fut dressé et remis au Pape dans la plus grande discrétion, il est connu sous le nom de parchemin de Chinon, il a été retrouvé en 2001, dans les archives vaticanes, par Barbara Frale, docteur de l'université de Venise et attachée à la prestigieuse Ecole vaticane de paléographie, diplomatique et archivistique. Il s'agit de l'original du procès-verbal des interrogatoires conduits en août 1308 par trois cardinaux, délégués par le pape à Chinon, au diocèse de Tours, dans la première phase du procès des Templiers. Les cinq chefs de l'ordre confirment leurs aveux, recueillis à l'automne 1307 sous la torture, par les agents du roi Philippe IV le Bel : ils ont renié le Christ «en parole» mais pas «de coeur» et ils ont craché sur le crucifix mais «à côté» ils nient avoir pratiqué la sodomie. Ayant fait acte de repentance, les cardinaux les absolvent, les réconcilient avec l'Eglise au nom du pape Clément, comme il était de coutume à cette époque. Barbara Frale a publié un livre en 2003 ( Il Papato e il processo dei Templari. L'inedita assoluzione di Chinon alla luce della diplomatica pontificia, Rome, Viella, 2003 ) et un article en 2004 ( Journal of Medieval Studies, volume 30, juin 2004, pages 109-134 ), de sorte que la communauté scientifique est bien au courant de sa découverte, depuis plusieurs années.
Contenu du parchemin :
Fait à Chinon, diocèse de Tours entre le 17 et 20 août 1308.
Il s'agit d'un exemplaire original, constitué d'une seule feuille de grandes dimensions (700x580 mm), qui était à l'origine accompagnée des trois sceaux des trois légats apostoliques qui formaient la commission spéciale apostolique « ad inquirendum » nommée par Clément V : Bérenger Frédol cardinal prêtre titulaire de l'Eglise des saints Nereo et Achille, et neveu du pape Etienne de Susy, cardinal prêtre de Saint Ciriaco in Thermis Landolfo Brancacci, cardinal diacre de Saint Angelo.
Le document est dans un assez bon état de conservation, malgré la présence de nombreuses taches violacées très visibles du fait d'attaques bactériologiques. L'original était accompagné d'une copie actuellement conservée aux Archives Secrètes Vaticanes sous la dénomination « Archivum Arcis, Armarium D 218. »
Le document contient l'absolution accordée par Clément V au dernier grand maître des templiers, le frère Jacques de Molay, ainsi qu'aux autre chefs de l'ordre après qu'ils aient fait acte de repentance et demandé le pardon de l'Eglise après l'abjuration formelle, obligatoire même pour ceux qui étaient seulement soupçonnés d'activités hérétiques, les membres de l'Etat Major des Templiers sont réintégrés dans la communauté Catholique, et de nouveau autorisés à recevoir les sacrements. Le document appartient à la première phase du procès contre les Templiers, quand Clément V était encore convaincu de pouvoir garantir la survie de l'ordre religieux-militaire, et répond à la nécessité apostolique de lever pour les moines-guerriers l'infamie de l'excommunication à laquelle ils s'étaient tout d'abord eux-mêmes condamnés, maintenant qu'ils admettaient avoir renié Jésus-Christ sous la torture de l'Inquisiteur français.
Comme d'autres sources de la même époque le confirment, le pape soutient que des comportements condamnables s'étaient bien introduits parmi les Templiers, et prévoit une réforme radicale de l'ordre, pour le fondre ensuite dans l'autre ordre religio-militaire, celui des Hospitaliers. L'acte de Chinon, vu comme nécessaire à la réforme, est pourtant resté lettre morte."Parchemin de Chinon." Ce parchemin dédouanne les dignitaires de l'Ordre du Temple qui sont absous par le Pape Clément V.
Abolition de l'Ordre du Temple
e roi n'en restera pas là, et harcélera le Pape pendant plusieurs années, de guerre lasse et à bout de forces, Clément V abandonnera les Templiers, puis ordonnera la suppression de l'ordre , au concile de Vienne, en 1312. Elle est officialisée le 02 mai 1312 par le Pape. Il est advenu naguère que nous ayons dû, fort à contrecœur et non sans amertume, décider la suppression de l'ordre de la Milice du Temple de Jérusalem, du fait de souillures, obscénités et perversions diverses, moins dévoyées encore qu'inavouables, dont le Maître, les frères et autres membres de l'ordre s'étaient dans toutes les parties du monde rendus coupables ( on nous permettra de taire à présent leur triste et impur rappel ). Cette extinction du statut de l'ordre, de son habit, de son nom lui-même, nous l'avons avec l'approbation du Sacré Concile, décrétée, non point sous la forme d'une sentence définitive, car selon les enquêtes et les procès intentés sur cette affaire, nous n'étions pas juridiquement en mesure de la prononcer, mais bien par la voie de provision soit ordonnance apostolique, et d'une sanction irrévocable et valide à perpétuité.
Nous interdisons désormais à quiconque d'entrer dans cet ordre, d'en revêtir l'habit et de se comporter en Templier, sous peine de l'excommunication ipso facto encourue. Quant aux biens de l'Ordre du Temple, nous les avions subordonnés à la décision du Saint-Siège Apostolique.
Nous défendons à quiconque, de quelque condition qu'il soit, et si peu qu'il s'y risque, d'aller contre les ordonnances qui seront prises à ce sujet par le Saint-Siège, d'y changer ou attenter en aucune manière d'avance, nous déclarons nulles et invalides de telles initiatives, qu'elles soient ou non prises en connaissance de cause. Et pour éviter que ces biens, naguère donnés, légués, concédés par les adeptes du Christ aux besoins de la Terre Sainte et à la croisade contre les ennemis de la foi chrétienne ou pour ces desseins, ne viennent à dépérir par l'absence d'administrateurs qualifiés, ou ne soient affectés à d'autres usages qu'à ceux que la piété des fidèles avait pour eux prévus pour empêcher encore qu'un retard dans les dispositions prises n'entraîne leur dilapidation, nous avons, avec nos frères Nos seigneurs les cardinaux, patriarches, archevêques, évêques, prélats, personnalités de toute sorte et procureurs des prélats, chapitres et couvents, églises et monastères, présents au Concile, tenu de difficiles et bien pénibles conciliabules : afin qu'à leur terme, de sages dispositions les emploient à l'honneur de Dieu, à l'augmentation de la foi et l'exaltation de l'Eglise, au secours de la Terre Sainte, non moins qu'au salut et au repos des fidèles. Après longue, mûre et prévoyante délibération, nous avons finalement décrété que ces biens seraient à perpétuité unis à ceux de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, dont le Maître et les frères, en véritables athlètes de Dieu et au péril de la mort, se dévouent sans relâche à la défense de la foi dans les pays d'outre-mer. etc ........
Clément V
Donné à Vienne, le 22 Mars 1312, de notre pontificat le septième. La bulle «Vox in excelso» , bien qu'il soit tout à fait exceptionnel qu'un ordre religieux soit purement et simplement dissous. Cette bulle interdit définitivement de relever l'Ordre, et pour quiconque de porter le manteau blanc frappé de la croix rouge ! .
Le 3 mai 1312, le pape par la bulle 'Ad providam' affecte le trésor des Templiers à l'ordre concurrent des Hospitaliers, à l'exception de la part ibérique qui revient aux ordres militaires locaux.
Le roi de France et ses conseillers plaident en faveur de cette solution, respectueuse de la volonté des nombreux bienfaiteurs du Temple. En 1313, sur la base de documents comptables, l'ordre de l'Hôpital restitue 200.000 livres au trésor royal pour solde de tout compte. Le successeur de Philippe, Louis X, réclamera toutefois un supplément, estimant que son père a été floué. L'affaire est close en 1317, quand le nouveau roi Philippe V reçoit 50.000 livres supplémentaires.
Avec l'affaire du Temple, la monarchie capétienne montre qu'elle entend suivre son intérêt politique et ne plus se comporter en vassale de l'Église.
Dernier bucher Templier
e 18 mars 1314, Jacques de Molay, emprisonné depuis le 13 octobre 1307 dans la prison du Temple, fut conduit devant la cathédrale de Notre-Dame pour entendre le verdict du procès, en compagnie de Dernier commandeur de l'Ordre du Temple pour la baillie de Normandie.
a rejoint l'Ordre du Temple vers 1268/70 et a occupé successivement des fonctions importantes en son sein. D'abord en 1271 comme simple compagnon de Mathieu Sauvage alors commandeur de Sidon puis en 1283, il est peut-être commandeur du Lieu-Dieu du Fresne, puis de la commanderie de Villemoison en 1294 et de celle de Fretay en 1295 avant de retourner en Orient et d'occuper la fonction de drapier en 1304 puis d'être nommé commandeur de la baillie de Normandie en 1307 peu de temps avant l'arrestation des templiers. Il fut livré aux flammes du bûcher sur l'île aux Juifs à Paris le 18 mars 1314 en compagnie de Jacques de Molay.Geoffroy de Charnay , Précepteur et Bailli de la Normandie, de Visiteur général de l'Ordre du Temple. Hugues de Pairaud est d'une famille noble du Forez. C'est par son oncle Humbert de Pairaud qu'il est reçu dans l'Ordre du Temple, à Lyon (1263). Il a été commandeur de Chalon-sur Saône, ou de sa baillie, mais à une date indéterminée. Il fut commandeur de Bonlieu, commandeur d'Epailly en 1280 et 1284. Quatre ans plus tard, il est commandeur de Bures, puis maître de province de l'Ordre du Temple en France en 1296. Ensuite, il devint Visiteur de France ( représentant du maître de l'Ordre du Temple dans la province ). Hugues de Pairaud fut arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres templiers, emprisonné à Loches et finalement amené à Paris. Il fait partie des dignitaires de l'Ordre que le pape Clément V souhaite interroger en personne, mais sa requête ne sera pas satisfaite. Au cours de son interrogatoire en novembre 1307, il mentionne la présence d'Henri de Dole lors de sa réception à Lyon et l'on sait grâce au témoignage d'un certain Dominique de Dijon que cet Henri était vers 1280 « magister passagii ultramarini ». Le maître du passage outremer, « C'est-à-dire qu'il avait la responsabilité de l'acheminement et du passage vers l'Orient latin des moyens et des hommes nécessaires à l'action du Temple ». Après le relaps de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay, Hugues de Pairaud est conduit en prison à Montlhéry, où il fut probablement emprisonné jusqu'à sa mort.
En 1307, il est arrêté avec de nombreux autres templiers par Philippe IV le Bel. Le pape se réserve le droit de le juger en personne avec quatre autres dignitaires de l'ordre : Jacques de Molay, Hugues de Payraud, Geoffroy de Charnay et Rimbaud de Caromb. Pendant son interrogatoire par Guillaume de Nogaret, il donne des détails sur le rituel obscène voire hérétique que le roi de France attribue au Temple. Le 18 mars 1314, alors que le maître de Molay et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux et sont condamnés au bûcher pour relaps, Geoffroy de Gonneville reste sur sa position et est condamné à la prison à vie. La sentence des juges est la prison à vie. Mais Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay haranguèrent la foule en disant que leurs aveux avaient été volés, que les Templiers n'avaient commis aucun crime et étaient victimes d'une machination. Les deux hommes considérés relaps furent alors condamnés au bûcher.
Malédiction lancée par les Templier
ur le bucher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité, dans la nuit du 18 au 19 mars 1314, Jacques de Molay s'écrie :
"Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !" La malédiction du grand-maître allait s'avérer :
Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement.
Philippe IV le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs.
2/5 Que deviennent-ils après 1307 ?
Templiers de France
'ordre dissous en 1312, le pape Clément V ordonne de faire juger tous les Templiers des provinces par des conciles provinciaux. S'ils sont absous, ils obtiendront une pension prise sur les biens de l'Ordre. En Catalogne par exemple, le mot de la fin revient à l'archevêque de Tarragone, Guillem de Rocabertí, qui innocente le 4 novembre 1312 tous les Templiers catalans. La commanderie du Mas Deu, devenue possession hospitalière, verse des pensions aux chevaliers, aux non-nobles et aux frères servants.
En décembre 1318, le pape Jean XXII s'adresse aux évêques de France, pour les avertir que certains frères de l'ex-ordre du Temple « avaient repris les vêtements laïques », et leur demande de supprimer les pensions aux frères qui ne se soumettraient pas à cet avertissement.
Templiers d'Aragon
our ce qui est du royaume d'Aragon, certains Templiers furent intégrés dans différents ordres, principalement dans l’ordre de Montesa, créé en 1317 par le roi d’Aragon Jacques II.
Mais également dans l'ordre de Saint-Georges d'Alfama, créé dans la même période par fusion entre l’ordre de Calatrava et les Templiers de France réfugiés en Espagne.
Quant aux biens des Templiers, dans le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone, ils iront à l’Hôpital lorsque les Templiers ne les avaient pas déjà vendus à des personnes de confiance, et dans le royaume de Valence, les biens templiers et ceux des hospitaliers seront fusionnés dans le nouvel ordre de Montesa.
Templiers du Portugal
u Portugal, les Templiers passèrent à l'ordre du Christ. Successeur légitime du Temple, la Milice du Christ est fondée en 1319 par le roi Denis Ier et le pape Jean XXII. Les biens des Templiers ont été répartis à l'initiative du roi, pour la Couronne portugaise à partir de 1309, et transférés à l’ordre du Christ en 1323. On retrouve de nombreuses influences de l’ordre du Christ dès le début des « Grandes découvertes » portugaises, dont on verra la croix templière sur les voiles des navires de Vasco de Gama (alors que les voiles des navires de Christophe Colomb lors de sa traversée de l'Atlantique en 1492, portent la croix de l’ordre de Calatrava).
Templiers d'Angleterre
our ce qui concerne l'Angleterre, le roi Édouard II refuse d’arrêter les Templiers. Il convoque son sénéchal de Guyenne et lui demande un rapport, à la suite duquel, il envoie le 30 octobre, puis le 10 décembre 1307, des lettres au pape, ainsi qu'aux rois du Portugal, de Castille, d'Aragon et de Naples. Il y défend les chevaliers du Temple, et encourage les autres rois à faire de même. Le 14 décembre, il reçoit confirmation du Pape d'arrêter les Templiers. Il ordonne, le 8 janvier 1308, que l'on arrête tous les Templiers présents dans son royaume, en les assignant à résidence.
Un tribunal mis en place pour l'occasion en 1309, finit par innocenter les Templiers en 1310. Le transfert des biens des Templiers vers les Hospitaliers, tardera et ne sera exécuté qu'en 1324. C’est à cette date que le siège des Templiers à Londres, sera transférée aux Hospitaliers, avant de revenir à la couronne d’Angleterre en 1540 lorsque le roi Henri VIII abolira l’ordre des Hospitaliers.
Templiers d'Écosse
our l'Écosse, l'ordre de Clément V de confisquer tous les biens des Templiers, n'est que partiellement exécuté, car depuis que Robert Ier d'Écosse a été excommunié, il n'obéit plus au pape. William de Lamberton, évêque de Saint Andrew, accorde en 1311 sa protection aux Templiers en Écosse. En 1312, ils sont absous comme en Angleterre, et réconciliés dans l'Église. En 1314, les Templiers aideront Robert le Bruce à remporter la bataille de Bannockburn contre les Anglais.
Templiers Germaniques
our ,'Europe centrale, les biens de l'Ordre furent redistribués aux Hospitaliers et à l'ordre Teutonique. Aucun Templier ne fut arrété.
Les princes allemands, avaient pris parti pour les Templiers. les Templiers, soutenu par la noblesse et les princes, furent absous par le synode de la province de Mayence ainsi que par le synode de la province de Trêves. Les Templiers s'installèrent sur les bords du Rhin, dans le Luxembourg et les régions de Trêves et de Lorraine.
Restés sous la protection des seigneurs, beaucoup de chevaliers se virent attribuer une rente à vie. D'importantes indemnités compensatoires durent également leur être versées par les Hospitaliers, en dédommagement des biens confisqués.
3/5 Résurgence Templière
Naissance du Templarisme
près la révolution Française de 1789 à 1799 la population retrouva la liberté de s'exprimer sans risquer la guillotine. C'est dans ce contexte de renouveau que naquit une mode post-révolutionnaire. Apparue dans le cadre du bouillonnement des libertés retrouvées avec ses excès en tous genres, à partir de 1804, encouragé par Napoléon Bonaparte et grâce à l'infatigable Fabré-Palaprat, naquit le Templarisme. Malheureusement, très vite apparurent dans ce monde très fermé ( déjà 'border line' ) des pratiques ésotériques fumeuses. Ce courant de pensée périclitera rapidement pour devenir totalement anecdotique au début du XX ème siècle.
Ce courant philosophique encouragé officiellement par Napoléon Bonaparte dès janvier 1804 consistait à faire revivre l'Ordre du Temple. Dans cette résurection initiée par la Franc-maçonnerie l'aspect religieux de ces moines soldats fut gommé. La mémoire de ces glorieux moines soldat était ainsi honorée d'un point de vue totalement maçonnique, dans les nouvelles commanderies ainsi crées la religion Catholique y était "persona non grata" et le mot Catholique était remplacée par des mots tels que "Christique" "Chrétien" "Gnose", leurs travaux se basant exclusivement sur le nouveau testament mais surtout sur les évangiles apocryphes ( Marie Madeleine épouse de Jésus ... ) rejetés par la religion Catholique en 382 au concile de Rome. Napoléon comptait s'appuyer sur ce nouveau réseau de chevaliers pour conserver son pouvoir.
Bernard-Raymond Fabré-Palaprat fut la cheville ouvrière de cette nouvelle institution, en s'appuyant sur une pseudo filiation templière : la charte Larmènius ( un modéle en matière de faux ).
C'est ce courant qui émettra des thèses fumeuses sur les Templiers, c'est à cette époque ( au milieu du XIX ème siècle ) que le terme et son image associée "Baphomet" feront leur apparition. La légende des neufs créateurs du Temple et la légende du sceau Templier firent leur apparition également à cette époque. Un siècle plus tard vers 1950, le néo-Templarisme actualisera ces thèses en les transformant en dérives ésotèriques délirantes - Prieuré de Sion, Da Vinci code, l'Abbé Saunière, Marie Magdala, les rois Mérovingiens, l'Ordre d'Amus, Rose line etc
Pour mieux comprendre ce courant philosophique lisez ce qui suit
À l'image des Templiers, l'ordre des Hospitaliers se militarise pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants.
Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des Hospitaliers, nom finalement donné aux chevaliers de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Les Hospitaliers ont survécu à leurs cousins 'Templiers' grâce à leur sens de la diplomatie et à leur faculté d'adaptation, ils ont perçu dès 1291 que leur salut résidait dans une allégeance au roi de France au détriment de la Papauté.
Au fil de leur histoire mouvementée, les hospitaliers seront successivement chevaliers de Chypre puis chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours sa dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIII ème siècle un des meilleurs d’Europe.
Révolution Française et Hospitaliers
onaparte atomisera les Hospitaliers. Contrairement à ce que vous pourriez penser Maximilien Robespierre croyait en Dieu, mais il était profondément dégouté par le comportement d'un grand nombre d'écclésiastiques. Il n'aimait pas les Hospitaliers il leur préférait les Templiers qui étaient à ses yeux des hommes intégres qui avaient été injustement traités par la Royauté et l'Eglise Française. Augustin Robespierre le jeune frère de Maximilien était très ami avec le jeune lieutenant Bonaparte ( lui aussi très croyant ) qu'il contribua à promouvoir au grade de Général à la suite du siège victorieux de Toulon contre les Anglais. Les deux hommes s'estimaient beaucoup et Augustin plaida ( entre autres ) la cause des Templiers auprès de son ami Bonaparte entre 1793 et 1794 quand Augustin était représentant de la Nation en mission pour l'armée ( celle du sud de la France et d'Italie ). Bonaparte retiendra la leçon concernant la fin tragique des Templiers, et, comme les frères Robespierre il considérera les hospitaliers comme des traitres et des spoliateurs de l'Ordre du Temple.
En 1798 Bonaparte se lance dans la campagne d'Egypte, mais avant, le 12 Juin il s'arrete à Malte pour venger les Templiers, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem remettent (sans combattre) à l’armée française la ville et les forts de la Valette. Ils renoncent, en faveur de la République Française, aux droits de souveraineté et de propriété qu’ils ont tant sur cette ville que sur les îles de Malte, de Gozzo et de Cumino.
L'Ordre qui s'était placé sous la protection de Paul 1 er de Russie après son banissement par Bonaparte, voit une majorité de ses chevaliers s'exiler à Saint-Pétersbourg où ils élisent le tzar comme grand maître en 1798. Mais avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'Ordre des hospitaliers une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur Catholique est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ( fondé officiellement en 1961 ).
Devenu Empereur, Bonaparte qui avait conservé toute son admiration pour les frères Robespierre, accordera en 1804 une pension à vie à leur soeur ( Charlotte ) qui vivait cachée et dans le plus grand dénument depuis que ses deux frères avaient été décapités en 1794, il restituera dans la foulée au clergé Français une grande partie des biens qui lui avaient été confisqués pendant la révolution.
C'est au XVIII ème siècle qu'apparaissent les premiers restaurateurs de l'ordre du Temple : les Chevaliers de la croix, d'obédience maçonnique, revendiquent l'héritage de l'ordre en
se fondant sur des généalogies très douteuses entre les templiers et les francs-maçons de l'époque moderne. La loge sera récupérée par le régime napoléonien, et l'empereur fera célébrer une messe à Paris, à l'église Saint-Paul & Saint-Antoine, en mars 1808, le jour anniversaire de la mort de Jacques de Molay, sous la direction du docteur Bernard-Raymond Fabré-Palaprat, autoproclamé grand-maître de l'ordre du Temple restauré.
Il convient enfin de noter que Bonaparte qui oeuvra à la reconnaissance du Templarisme dès 1804, fut imité par ses successeurs ( Louis XVIII, Charles X, Louis Philippe ) qui lui emboitèrent le pas.
Les Illuminés
'ésotérisme ne date pas de la période post-révolutionnaire, il est né en même temps que s'épanouissaient les religions monothéistes. Néanmoins en France, l'ésotérisme prit un essort considérable après la révolution Française, les lettrés et les bourgeois avaient eu tellement peur de perdre la vie qu'ils se laissèrent aller aux modes les plus folles en matières de distractions, d'habillement, d'art culinaire. Ces Français tellement heureux d'être encore en vie après ces années de terreur se laissèrent aller à tous les excés y compris en matière de religion. Chacun réinventait sa conception religieuse, l'heure n'était plus à la négation de Dieu comme au siècle précédent, mais à l'accomodement de ce dernier en fonction de ses aspirations propres ! Tous les lettrés et les bourgeois croyaient de nouveau en Dieu mais chacun à sa façon, et, c'est ainsi que de nouvelles églises virent le jour. Le XIX ème siècle vit l'avénement d'une débauche de nouvelles conceptions philosophiques, le Templarisme, les ésotérismes, les gnoses, l'occultisme ...
Le début du XIX ème siècle vit l'émergence de nombreuses sociétés philosophiques ou religieuses en France. Quelques années plus tôt la terreur révolutionnaire était telle, qu'elle avait annihilé toute forme de contestation ou de proposition dans ce pays. De ce bouillonnement philosophique et religieux naquit l'Ordre du Temple rénové, qui accusait d'imposture les Templiers écossais et les frères de Saint-Jean de Jérusalem, faux héritiers des Templiers. Le 4 novembre 1804, les chevaliers réunis au sein de la loge des « chevaliers de la Croix » se constituent en Convent général et décident de l’élection à la charge de grand-maître de Bernard Raymond Fabré-Palaprat. La loge deviendra le vivier pour ce nouvel Ordre qui recevra sa patente du Grand Orient le 23 décembre 1805. L’Ordre rénové se développera sur une souche templière revue et corrigée à la mode ( c'est à dire l'éviction dans le rite de tout ce qui à trait à la Chrétienté ). L’Ordre rénové fut complètement structuré en 1806 ( une Maison d’Initiation, une Maison de Postulance et des Convents ) et ses statuts furent rédigés en latin. La Maison d’initiation, connue sous le nom d’Ordre d’Orient, regroupait en gros les membres revêtus des quatre premiers grades de la maçonnerie écossaise. La Maison de Postulance regroupait les membres succeptibles de postuler à la dignité Templière. Les Convents regroupaient les Écuyers et les Chevaliers ou Lévites, c’était l’Ordre Intérieur.
La charte du 14 Aout 1830 promulguée par le roi Louis Philippe, ayant proclamé la liberté religieuse dans son articles 5 ainsi que le financement de ses représentants Chrétiens dans son article 6, Fabré-Palaprat jamais à cours d'idée quand elles peuvent se révéler lucratives, en profita pour créer officiellement la religion « Johannite »
, une nouvelle doctrine dont il se proclama le patriarche et le souverain-pontife.
Fabré-Palaprat compila dans un ouvrage intitulé le Lévitikon
les thèses et rituels du Johannisme, qui confinait au panthéisme : négation du miracle, tous les hommes seront sauvés, sacrements : baptême, eucharistie et sacerdoce. Les prêtres ne sont pas astreints au célibat et peuvent exercer une autre profession ( ce qui correspondait très exactement à son statut, car, comme chacun le sait on n'est jamais si bien servi que par soi même ! ).
Ainsi donc, tel un cuisinier Fabré-Palaprat venait avec son 'Lévitikon', de créer un plat nouveau, en reprenant une petite partie du nouveau testament des Chrétiens à laquelle il ajoutait des interprétations toutes personnelles d'écrits apocryphes Grecs, le tout, arosé de quelques grosses inepties. Mais ce nouveau plat très spécial ne pouvait être servi qu'à des Chrétiens ne possédant aucune connaissance des canons testamentaires et du
Dogme
des grandes églises Chrétiennes. Ce faisant, Fabré-Palaprat s'était créé un outil d'exploitation de la crédulité de beaucoup de chrétiens, très peu renseignés sur leur religion, et très peu regardant sur l'aspect factuel et sur la cohérance de cette nouvelle doctrine.
Cet individu rejoignait ainsi ses premières amours : le sacerdoce. Toutes les pièces produites pour construire son édifice philosophique étaient fausses, mais la fin justifie les moyens. Néanmoins il faut bien reconnaitre son indéniable talent dans la façon qu'il eut de rassembler autour de lui de nombreux adeptes ( même s'ils étaient peu regardant quant à la nature de cette nouvelle religion ). Fabré-Palaprat eut une activité hors du commun et je vous épargnerai ses multiples aventures avec des personnages aussi peu recommandables que Ferdinand-François Chatel ... fort de ses relations privilégiées avec le régime impérial français et en particulier avec l'archi chancelier CAMBACERES duc de PARME ce personnage aura marqué son époque ( ou tout ou presque était permis ).
Je ne résiste pas à l'envie de vous présenter un autre illuminé du XIX ème siècle : monsieur
Alphonse-Louis Constant, plus connu sous le nom d'Éliphas Lévi, une autre pointure dans le domaine de l'illumination ! Un ecclésiastique défroqué devenu Franc-maçon, qui se spécialisa dans une des branches de l'ésotérisme : l'occultisme. C'est lui qui dessina pour la première fois en 1854 dans son ouvrage intitulé 'Dogme et rituel de la haute magie' le Baphomet.
Cet individu lui aussi se laissera aller toute sa vie durant aux délires les plus fous, mais à l'article de la mort il se confessera en reniant tous ses mensonges passés, et en demandant l'absolution de toutes ses fautes envers les Chrétiens. Il souhaitera retourner dans le giron de l'église Catholique, et Éliphas Lévi mourrut dans la misère le 31 mai 1875.
Comme vous le voyez, après le XVIII ème siècle qui se voulait être celui des lumières, le XIX ème siècle fut celui des illuminés !
Les lettrés, les bourgeois, les curés défroqués furent très nombreux à servir la cause du Templarisme ( avec ses différentes branches, ésotérisme, occultisme, magie etc ) il serait ici bien trop long d'en faire un inventaire exhaustif mais cette époque fut une bénédiction pour ces sciences 'non exactes'.
Naissance du Néo-Templarisme
Les hallucinés
Au sortir de la seconde guerre mondiale après 5 années terribles, les Français comme après la révolution devinrent à nouveau libre de faire et de penser ce que bon leur semblait. Cest donc dans ce contexte de liberté qu'à partir des années 1950 le Templarisme fut remis au gout du jour ! Abandonnant les stéréotypes par trop abracadabrantesques, mais en y ajoutant de nouveaux plus dans l'ère du temps, le néo-Templarisme naquit avec la bénédiction des médias. Une fois de plus les acteurs de ce nouveau courant de pensée laissèrent libre cour à leur imagination, et, les anciennes pratiques ésotériques fumeuses du XIX ème siècle se transformérent en dérives ésotériques délirantes ( Prieuré de Sion, Da Vinci Code, Marie-Magdala, les descendants des Mérovingiens, Ley lines, Rose line, Pic noir etc ).
Cette nouvelle philosophie vulgarisée par les médias prit un essort fulgurant ! La littérature y trouva donc un nouveau créneau très porteur succitant de nombreuses vocations. Et, c'est ainsi qu'apparut une kyrielle de pseudos 'écrivains spécialisés dans l'ésotérisme moderne'. Le sieur Plantard avec son 'prieuré de Sion' est un beau spécimen de ce genre nouveau d'écrivains.
Le Prieuré de Sion est une association Française fondée en 1956, et, dissoute la même année par Pierre Plantard visant à créer un ordre néo-chevaleresque. Au cours des années 1960, Plantard déclara que son ordre était la résurgence d'une société secrète fondée par Godefroy de Bouillon en 1099, sur les lieux de l'actuel monastère de l'abbaye de la Dormition de Jérusalem situé sur le mont Sion. Cette abbaye rétablissait la tradition monastique d'une basilique du V ème siècle qui fut détruite après la défaite des Croisés en 1291.
Plantard affirmait être à la fois le « Grand Monarque » prophétisé par Nostradamus et un prétendant mérovingien ( car il se disait descendant de
Childéric III décédé en l'an 751 dans une prison à Saint-Omer ), et qu'en outre le Prieuré de Sion s'était engagé au fil des siècles dans une conspiration pour installer une lignée de la dynastie mérovingienne sur les trônes de France et d'Europe.
Les élucubrations de Pierre Plantard n'ont pas résisté longtemps à l'analyse des historiens et se sont révélées être un canular dont les prétendues preuves furent fabriquées de toutes pièces par Plantard et d'autres membres de l'association.
Pierre Plantard finit lui même par admettre ultérieurement la supercherie !
Toutefois, à la grande surprise de Plantard, ses élucubrations furent reprises pour accréditer une autre dérive sur le thème de la descendance de Jésus de Nazareth et de Marie-Madeleine, popularisé en 1982 par les auteurs du livre The Holy Blood and the Holy Grail dont la synthèse fut ensuite reprise, en 2003, par Dan Brown dans son roman Da Vinci Code.
De 1964 à 1967, Pierre Plantard et son ami Philippe de Chérisey fabriquèrent des supposées preuves pour donner de la crédibilité à la lignée et à l'origine inventées. Ils déposèrent à la Bibliothèque nationale de France une série de faux documents dont le plus célèbre d'entre-eux est intitulé Dossiers secrets d'Henri Lobineau.
Plantard va ensuite se servir de la popularité de Bérenger Saunière et du soi-disant trésor de Rennes-le-Château pour attirer l'attention sur ces faux documents déposés à la BnF. Il fait appel à Gérard de Sède avec qui il avait déjà travaillé, en 1962, sur Les Templiers sont parmi nous : L'Énigme de Gisors. Il l'aide, en 1967, à réécrire un livre basé sur son manuscrit jamais publié et les documents de la BnF, L'Or de Rennes : La Vie Insolite De Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château qui fut un vrai succès populaire.
En 1989, Pierre Plantard essaya, sans y parvenir, de sauver sa réputation. Il se déclara mystagogue dans les cercles ésotériques en prétendant maintenant que le Prieuré de Sion avait été fondé en 1681 à Rennes-le-Château. Il réorienta ses activités sur l'exploitation du pouvoir paranormal des ley lines ou sunrise lines ( des lignes de forces invisibles censées nous gouverner ! ) et d'un promontoire appelé "Roc Noir 52" .
En septembre 1993, après le jugement en première instance dans l'affaire Pechiney-Triangle, il avait été porté à l'attention du juge d'instruction que Roger-Patrice Pelat, accusé mais non jugé car décédé en mars 1989, avait été un grand maître d'une société secrète appelée le Prieuré de Sion.
Le nom de Pelat avait été ajouté sur la deuxième liste des grands maîtres par Plantard après sa mort.
Pelat était un ami personnel de François Mitterrand, ils avaient visité ensemble Rennes-le-Château le 2 mars 1981, peu de temps avant son élection à la présidence de la République.
Le juge ordonna un complément d'instruction et fit perquisitionner le domicile de Plantard, ce qui permit de découvrir toute une série de faux documents que
Pierre Plantard avoua sous serment avoir tous fabriqués y compris la participation de Pelat au Prieuré de Sion.
En 2014, le professeur d'études religieuses Barrie Wilson, de l'Université York de Toronto (Canada) et l’écrivain israélo-canadien Simcha Jacobovic ont traduit un manuscrit vieux de 1 500 ans rédigé en araméen. Cet ouvrage fut découvert à la British Library de Londres.
Ils publiérent leurs recherches dans un ouvrage intitulé L'Evangile perdu (The Lost Gospel), le mardi 11 novembre 2014.
Selon les deux auteurs, le manuscrit permet d'affirmer non seulement que Jésus a eu deux enfants avec Marie-Madeleine, mais qu'il était aussi marié avec cette femme.
Le Sunday Times précise que le livre, qui donne à Marie-Madeleine "une importance beaucoup plus grande qu'on ne le pensait jusqu'alors", parle également d'une "tentative d'assassinat sur Marie-Madeleine et ses deux enfants", il revient aussi sur les rapports qu'entretenait Jésus avec les hommes politiques de son temps.
Il convient de noter cependant que ce manuscrit fut dès son exhumation par ces deux chercheurs, immédiatement contesté par l'immense majorité des scientifiques et historiens spécialisés en "écrits apocryphes chrétiens" qui classèrent ce manuscrit parmi les innombrables faux soi-disant
"évangiles et êpitres apocryphes" !
4/5 Templiers Maçonniques modernes
Chez les Francs-maçons ( et ce, quelles que soient les obédiences ) les templiers sont omniprésents dans leurs rites. Pour ne citer qu'un exemple parmi tant d'autres, le grade du trentième degré du rite écossais ancien et accepté est celui de chevalier Kadosh. Charlatans et escrocs, n’ont jamais hésité à créer des avatars dégénérés de l’ordre du Temple, afin de satisfaire
leur goût du pouvoir, de l’argent ou de l’asservissement d’autrui, débouchant parfois sur le meurtre, comme dans la secte du Temple
solaire. Les Ordres Templiers maçonniques, arborent sur le manteau blanc la croix patriarcale et portent les gants blancs, avec sautoirs et médailles caractéristiques de la maçonnerie.
De plus ces ordres maçonniques font toujours référence au 'Grand Prieuré de France' dont ils se réclament. Vous devez savoir que le 'Grand Prieuré de France' était une entité Catholique regroupant moult diocèses avant 1789. Ce 'Grand Prieuré de France' fut dissous pendant la révolution Française, et, il n'existe donc plus depuis 235 ans !
Enfin, il est quand même amusant de constater que ces ordres tous anti-Catholique ( même s'ils affirment le contraire ! ) se placent sous la direction du 'Grand Prieuré de France' Catholique qui n'existe plus ! Mais dans ces ordres qui pratiquent un Templarisme débridé, leurs membres ne sont pas à une contradiction près.
5/5 Templiers Catholiques modernes
Comme nous venons de le voir plus haut, la résurgence Templière se manisfesta juste après la révolution Française, et fut initiée par les Francs-maçons. Ce Templarisme maçonnique existe toujours en 2026. Mais, depuis le début du XXI ème siècle, des Catholiques ont choisi une autre démarche que celle des Francs-maçons pour raviver et honorer la mémoire des Templiers. Il suffit de parcourrir le net pour constater que certains Ordres Templiers se réclament aujourd'hui de la religion Catholique, ce qui est bien normal puisque les Templiers furent le bras armé de l'église au moyen-âge en Orient. De nos jours nous observons dans la population, un intérêt croissant pour tout ce qui est relatif à l'histoire des Templiers.
Si les Templiers Catholiques vous inspirent et vous attirent, et si vous désirez en savoir plus
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