Templarisme, Quésaco ?
ne création post-révolutionnaire apparue dans le cadre du bouillonnement des libertés retrouvées avec ses excès en tous genres, à partir de 1804, encouragé par Napoléon Bonaparte et grâce à l'infatigable Fabré-Palaprat, naquit le Templarisme, malheureusement très vite des thèses fumeuses apparurent dans ce monde très fermé. A partir des années 1950 avec le néo-Templarisme ces thèses se sont transformées en dérives ésotériques délirantes ( Prieuré de Sion, Da Vinci Code, Marie-Magdala, les Mérovingiens, Rose line etc ).
e courant philosophique encouragé officiellement par Napoléon Bonaparte dès janvier 1804 consistait à faire revivre l'Ordre du Temple. Dans cette résurection initiée par la Franc-maçonnerie l'aspect religieux de ces moines soldats fut gommé. La mémoire de ces glorieux moines soldat était ainsi honorée d'un point de vue totalement maçonnique, dans les nouvelles commanderies ainsi crées la religion Catholique y était "persona non grata" et le mot Catholique était remplacée par des mots tels que "Christique" "Chrétien" "Gnose", leurs travaux se basant exclusivement sur le nouveau testament mais surtout sur les évangiles apocryphes ( Marie Madeleine épouse de Jésus ... ) rejetés par la religion Catholique en 382 au concile de Rome. Napoléon comptait s'appuyer sur ce nouveau réseau de chevaliers pour conserver son pouvoir.
Bernard-Raymond Fabré-Palaprat fut la cheville ouvrière de cette nouvelle institution, en s'appuyant sur une pseudo filiation templière : la charte Larmènius ( un modéle de faux ).
C'est ce courant qui émettra des thèses fumeuses sur les Templiers, c'est à cete époque que le terme "Baphomet" fera son apparition. La légende des neufs créateurs du Temple et la légende du sceau Templier firent leur apparition également à cette époque. Plus tard vers 1950, le néo-Templarisme actualisera ces thèses en les transformant en dérives ésotèriques délirantes - Prieuré de Sion, Da Vinci code, l'Abbé Saunière, Marie Magdala, les rois Mérovingiens, l'Ordre d'Amus, Rose line etc
!!
Pour mieux comprendre ce courant philosophique nous vous proposons de lire ce qui suit.
À l'image des Templiers, l'ordre des Hospitaliers se militarise pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants.
Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des Hospitaliers, nom finalement donné aux chevaliers de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Les Hospitaliers ont survécu à leurs cousins 'Templiers' grâce à leur sens de la diplomatie et à leur faculté d'adaptation, ils ont perçu dès 1291 que leur salut résidait dans une allégeance au roi de France au détriment de la Papauté.
Au fil de leur histoire mouvementée, les hospitaliers seront successivement chevaliers de Chypre puis chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours sa dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIII ème siècle un des meilleurs d’Europe.
Révolution Française et Hospitaliers
Bonaparte atomisera les Hospitaliers. Contrairement à ce que vous pourriez penser Maximilien Robespierre croyait en Dieu, mais il était profondément dégouté par le comportement d'un grand nombre d'écclésiastiques. Il n'aimait pas les Hospitaliers il leur préférait les Templiers qui étaient à ses yeux des hommes intégres qui avaient été injustement traités par la Royauté et l'Eglise Française. Augustin Robespierre le jeune frère de Maximilien était très ami avec le jeune lieutenant Bonaparte ( lui aussi très croyant ) qu'il contribua à promouvoir au grade de Général à la suite du siège victorieux de Toulon contre les Anglais. Les deux hommes s'estimaient beaucoup et Augustin plaida ( entre autres ) la cause des Templiers auprès de son ami Bonaparte entre 1793 et 1794 quand Augustin était représentant de la Nation en mission pour l'armée ( celle du sud de la France et d'Italie ). Bonaparte retiendra la leçon concernant la fin tragique des Templiers, et, comme les frères Robespierre il considérera les hospitaliers comme des traitres et des spoliateurs de l'Ordre du Temple.
En 1798 Bonaparte se lance dans la campagne d'Egypte, mais avant, le 12 Juin il s'arrete à Malte pour venger les Templiers, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem remettent (sans combattre) à l’armée française la ville et les forts de la Valette. Ils renoncent, en faveur de la République Française, aux droits de souveraineté et de propriété qu’ils ont tant sur cette ville que sur les îles de Malte, de Gozzo et de Cumino.
L'Ordre qui s'était placé sous la protection de Paul 1 er de Russie après son banissement par Bonaparte, voit une majorité de ses chevaliers s'exiler à Saint-Pétersbourg où ils élisent le tzar comme grand maître en 1798. Mais avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'Ordre des hospitaliers une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur Catholique est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ( fondé officiellement en 1961 ).
Devenu Empereur, Bonaparte qui avait conservé toute son admiration pour les frères Robespierre, accordera en 1804 une pension à vie à leur soeur ( Charlotte ) qui vivait cachée et dans le plus grand dénument depuis que ses deux frères avaient été décapités en 1794, il restituera dans la foulée au clergé Français une grande partie des biens qui lui avaient été confisqués pendant la révolution.
C'est au XVIII ème siècle qu'apparaissent les premiers restaurateurs de l'ordre du Temple : les Chevaliers de la croix, d'obédience maçonnique, revendiquent l'héritage de l'ordre en
se fondant sur des généalogies très douteuses entre les templiers et les francs-maçons de l'époque moderne. La loge sera récupérée par le régime napoléonien, et l'empereur fera célébrer une messe à Paris, à l'église Saint-Paul & Saint-Antoine, en mars 1808, le jour anniversaire de la mort de Jacques de Molay, sous la direction du docteur Bernard-Raymond Fabré-Palaprat, autoproclamé grand-maître de l'ordre du Temple restauré.
Il convient enfin de noter que Bonaparte qui oeuvra à la reconnaissance du Templarisme dès 1804, fut imité par ses successeurs ( Louis XVIII, Charles X, Louis Philippe ) qui lui emboitèrent le pas.
Les Illuminés
'ésotérisme ne date pas de la période post-révolutionnaire, il est né en même temps que s'épanouissaient les religions monothéistes. Néanmoins en France, l'ésotérisme prit un essort considérable après la révolution Française, les lettrés et les bourgeois avaient eu tellement peur de perdre la vie qu'ils se laissèrent aller aux modes les plus folles en matières de distractions, d'habillement, d'art culinaire. Ces Français tellement heureux d'être encore en vie après ces années de terreur se laissèrent aller à tous les excés y compris en matière de religion. Chacun réinventait sa conception religieuse, l'heure n'était plus à la négation de Dieu comme au siècle précédent, mais à l'accomodement de ce dernier en fonction de ses aspirations propres ! Tous les lettrés et les bourgeois croyaient de nouveau en Dieu mais chacun à sa façon, et, c'est ainsi que de nouvelles églises virent le jour. Le XIX ème siècle vit l'avénement d'une débauche de nouvelles conceptions philosophiques, le Templarisme, les ésotérismes, les gnoses, l'occultisme ...
Le début du XIX ème siècle vit l'émergence de nombreuses sociétés philosophiques ou religieuses en France. Quelques années plus tôt la terreur révolutionnaire était telle, qu'elle avait annihilé toute forme de contestation ou de proposition dans ce pays. De ce bouillonnement philosophique et religieux naquit l'Ordre du Temple rénové, qui accusait d'imposture les Templiers écossais et les frères de Saint-Jean de Jérusalem, faux héritiers des Templiers. Le 4 novembre 1804, les chevaliers réunis au sein de la loge des « chevaliers de la Croix » se constituent en Convent général et décident de l’élection à la charge de grand-maître de Bernard Raymond Fabré-Palaprat. La loge deviendra le vivier pour ce nouvel Ordre qui recevra sa patente du Grand Orient le 23 décembre 1805. L’Ordre rénové se développera sur une souche templière revue et corrigée à la mode ( c'est à dire l'éviction dans le rite de tout ce qui à trait à la Chrétienté ). L’Ordre rénové fut complètement structuré en 1806 ( une Maison d’Initiation, une Maison de Postulance et des Convents ) et ses statuts furent rédigés en latin. La Maison d’initiation, connue sous le nom d’Ordre d’Orient, regroupait en gros les membres revêtus des quatre premiers grades de la maçonnerie écossaise. La Maison de Postulance regroupait les membres succeptibles de postuler à la dignité Templière. Les Convents regroupaient les Écuyers et les Chevaliers ou Lévites, c’était l’Ordre Intérieur.
La charte du 14 Aout 1830 promulguée par le roi Louis Philippe, ayant proclamé la liberté religieuse dans son articles 5 ainsi que le financement de ses représentants Chrétiens dans son article 6, Fabré-Palaprat jamais à cours d'idée quand elles peuvent se révéler lucratives, en profita pour créer officiellement la religion « Johannite »
, une nouvelle doctrine dont il se proclama le patriarche et le souverain-pontife.
Fabré-Palaprat compila dans un ouvrage intitulé le Lévitikon
les thèses et rituels du Johannisme, qui confinait au panthéisme : négation du miracle, tous les hommes seront sauvés, sacrements : baptême, eucharistie et sacerdoce. Les prêtres ne sont pas astreints au célibat et peuvent exercer une autre profession ( ce qui correspondait très exactement à son statut, car, comme chacun le sait on n'est jamais si bien servi que par soi même ! ).
Ainsi donc, tel un cuisinier Fabré-Palaprat venait avec son 'Lévitikon', de créer un plat nouveau, en reprenant une petite partie du nouveau testament des Chrétiens à laquelle il ajoutait des interprétations toutes personnelles d'écrits apocryphes Grecs, le tout, arosé de quelques grosses inepties. Mais ce nouveau plat très spécial ne pouvait être servi qu'à des Chrétiens ne possédant aucune connaissance des canons testamentaires et du
Dogme
des grandes églises Chrétiennes. Ce faisant, Fabré-Palaprat s'était créé un outil d'exploitation de la crédulité de beaucoup de chrétiens, très peu renseignés sur leur religion, et très peu regardant sur l'aspect factuel et sur la cohérance de cette nouvelle doctrine.
Cet individu rejoignait ainsi ses premières amours : le sacerdoce. Toutes les pièces produites pour construire son édifice philosophique étaient fausses, mais la fin justifie les moyens. Néanmoins il faut bien reconnaitre son indéniable talent dans la façon qu'il eut de rassembler autour de lui de nombreux adeptes ( même s'ils étaient peu regardant quant à la nature de cette nouvelle religion ). Fabré-Palaprat eut une activité hors du commun et je vous épargnerai ses multiples aventures avec des personnages aussi peu recommandables que Ferdinand-François Chatel ... fort de ses relations privilégiées avec le régime impérial français et en particulier avec l'archi chancelier CAMBACERES duc de PARME ce personnage aura marqué son époque ( ou tout ou presque était permis ).
Je ne résiste pas à l'envie de vous présenter un autre illuminé du XIX ème siècle : monsieur
Alphonse-Louis Constant, plus connu sous le nom d'Éliphas Lévi, une autre pointure dans le domaine de l'illumination ! Un ecclésiastique défroqué devenu Franc-maçon, qui se spécialisa dans une des branches de l'ésotérisme : l'occultisme. C'est lui qui dessina pour la première fois en 1854 dans son ouvrage intitulé 'Dogme et rituel de la haute magie' le Baphomet.
Cet individu lui aussi se laissera aller toute sa vie durant aux délires les plus fous, mais à l'article de la mort il se confessera en reniant tous ses mensonges passés, et en demandant l'absolution de toutes ses fautes envers les Chrétiens. Il souhaitera retourner dans le giron de l'église Catholique, et Éliphas Lévi mourrut dans la misère le 31 mai 1875.
Comme vous le voyez, après le XVIII ème siècle qui se voulait être celui des lumières, le XIX ème siècle fut celui des illuminés !
Les lettrés, les bourgeois, les curés défroqués furent très nombreux à servir la cause du Templarisme ( avec ses différentes branches, ésotérisme, occultisme, magie etc ) il serait ici bien trop long d'en faire un
inventaire exhaustif mais cette époque fut une bénédiction pour ces sciences 'non exactes'.
Les hallucinés
ujourd'hui, méditation transcendantale, voyance, occultisme, guérison par imposition des mains sont toujours à la mode. Tous ces courants de pensées et ces sciences divinatoires sont de plus en plus débridés à l'instar de nos sociétés occidentales. Et, pour beaucoup, ces nouvelles modes ne sont plus que des dérives ésotériques délirantes censées donner aux individus le sentiment de mieux comprendre et contrôler leur existence. Dans le grand bazar du sacré, l'ésotérisme a encore de beaux jours devant lui, le chaland n'étant pas très regardant sur la cohérence des messages délivrés par les charlatans ! Comme le chaland est de moins en moins cultivé en matières de religions de sciences et d'histoire il est de plus en plus réceptif aux thèses délirantes !
Il suffit de surfer sur Internet ou dans les librairies spécialisées pour constater que les offres de stages d'initiation, d'objets et d'ouvrages ésotériques en tous genres foisonnent. L'ésotérisme se veut une science relative aux « choses cachées » de la vie et de la mort et des esprits, aux mystères en tous genres, ou encore à une doctrine sacrée à laquelle seuls quelques élus auraient accès, initiés par un maître spirituel. Nous reconnaissons donc dans cette définition complexe, les rose-croix, les francs-maçons, les gnostiques, certains ordres templiers, etc. Vous l'aurez compris le terme 'ésotérique' recouvre tout ce qui concerne le religieux marginal, l'anticlérical, l'occulte, le spirituel, le paranormal, le parapsychique, etc. Il y en a pour tous les goûts !
L'Ordre d'Amus
ertains "Romanciers Historiens" ont écrit dès le début du XIX ème siècle que
Godefroy de Bouillon, le Pape Sylvestre II, Raymond de Saint-Gilles, le roi Henri 1er d’Angleterre, les fondateurs du Temple, etc ... faisaient partie d’une société secrète appelée l’Ordre d’Amus.
De nos jours, chez certains ésotéristes, la légende de
l’Ordre d’Amus tient encore une place importante dans leurs discours.
L'Ordre d'Amus c'est quoi ?
'Ordre d'Amus aurait été inspiré des Chevaliers Kadosh (Ordre des Solitaires), cet Ordre lui même d'inspiration Essénienne Gnostique et Johannique ( au sens de Saint Jean ).
Il aurait existé à Thèbes une société secrète appelée l’Ordre du Kadosh, ou Ordre des Solitaires ( Ordre des Purs, des Parfaits ), ordre d’inspiration essénienne, gnostique et johannique. Un certain Arnaud de Toulouse serait parti en Judée Samarie vers le début du IX ème siècle pour étudier et pénétrer les mystères de cette société. Il aurait accédé à l’initiation des trois grades et aurait obtenu l’autorisation de fonder une émanation de l’Ordre en Europe. La première loge aurait été fondée en 804 à Toulouse par Arnaud sous le nom d’Amus. L’ordre aurait compté parmi ses membres des personnages tels que : Gerber d’Aurillac ( futur pape Sylvestre II ), Raymond de Saint-Gilles ( comte de Toulouse ), Godefroi de Bouillon et les chevaliers fondateurs de l’Ordre des Templiers. Au musée de Vienne est exposée une médaille à l’effigie de Dante réalisée par Pisanello. Au revers de la médaille, qui représente Dante, on peut lire l’étrange suite de lettres suivante : « F.S.K.I.P.F.T. ». Selon René Guénon, ces lettres signifient « Fidei Sanctae Kadosh Imperialis Principatus Frater Templarius ». En 1104, bien avant la fondation de l’Ordre du Temple, le comte Hugues de Champagne qui aurait été le Grand Maître occulte du Temple, aurait rencontré à Byzance, accompagné d’Hugues de Payns et de Geoffroy de Saint-Omer, le Maître des Frères d’Orient, dont le patronyme était Melchissédek, le nom même du roi de Salem, ( le « roi de Justice », dont parle la Bible ) et qui avait succédé à Michel Psellos ( Michel Psellos, fondateur de l'Ordre des Frères d’Orient, était initié aux doctrines hermétiques, néo-pythagoriciennes et néo-platoniciennes ). Une des hypothéses, s'appuyant sur cette découverte, est que l'ordre du Temple est né en Terre sainte, en 1118.
Factuellement et pour traiter le sujet avec le sérieux qu'il mérite, reprenons ce qu'en disent les historiens. L'Ordre est né après la première croisade, à l'initiative de 2 chevaliers qui voulaient protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. Il a été officialisé par le concile de Troyes, neuf ans plus tard, à l'initiative de saint Bernard de Clairvaux. Il tire son nom du temple de Salomon, à Jérusalem, où il a installé son siège à ses débuts ( c'est aujourd'hui la mosquée al-Aqsa ). Ses membres, les Templiers, aussi appelés Chevaliers du Temple ou Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, sont des moines issus de la chevalerie, donc de la noblesse, qui vivent selon la règle bénédictine tout en mettant leur épée au service de l'Église. Avec leurs homologues de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean, ils constituent l'essentiel de l'armée permanente dans les États Francs de Judée Samarie. La devise des Templiers exprime la double identité des moines-chevaliers : Memento finis : Pense à ta fin, en chrétien... et Pense à ton but en soldat. Ses forteresses à l'architecture puissante et efficace, comme Mont-Thabor, ont marqué durablement le paysage de la Judée Samarie. Ses commanderies destinées au recrutement des nouveaux chevaliers et à l'hébergement des invalides, ont couvert l'Europe. À Cressac, au sud d'Angoulême, nous pouvons encore voir la chapelle de la commanderie du Dognon et ses émouvantes peintures murales qui racontent la croisade. Le prestige des moines-soldats au manteau blanc frappé d'une croix rouge a été immense pendant les deux siècles qu'ont duré les croisades... malgré la trahison ignominieuse du grand maître Gérard de Ridefort à la bataille de Hattîn, en 1187. Après l'échec de la 8 ème croisade, l'ordre, dont la raison d'être était la défense des Etats Latins et de la Terre Sainte, fut considéré comme une menace par le pouvoir à cause de sa trop grande importance en France.
Il fut donc décapité par le roi Philippe le Bel. Quelques Templiers survivants trouvèrent refuge en Ecosse en Angleterre en Espagne en Italie au Portugal, ou ils se firent oublier du pouvoir Français. L'imaginaire cependant s'empara de leur destinée, et, très vite les Templiers furent apperçus en Amérique, au Canada, au Danemark etc..
Pour les ésotéristes
ordre du temple n'aurait pas été « créé » dans le but de protéger les chemins de pélerinages, mais il aurait été délibérément mis en place par une structure secrète orientale, et que nos chevaliers ne furent en fait que des « prête-noms » pour « occidentaliser », ou « christianiser » cette structure.
Voila résumée la thèse ( à ce jour jamais étayée par la moindre petite preuve ) qui voudrait que l'Ordre d'Amus ait existé et qu'il aurait été le précurseur de l' Ordre du Temple, et que donc, celui ci ne serait pas Catholique mais d'essence gnostique essénienne !
Une autre théorie
ssure qu'en Irlande les Templiers qui avaient créé un centre important vers la fin du XII ème siècle dans le Comté de Dublin, à Clontarf, préceptorie de Saint-Congal se seraient alliés avec les Jomsvikings (la légende raconte que cette confrérie fut importée de Scandinavie). La légende veut que ces Jomsvikings croyaient au troisième oeil donnant la clairvoyance et la connaissance. La légende veut également que ces Jomsvikings possédaient une statuette à trois faces appelée « Mimère » avec sur chaque face, une pierre insérée entre les yeux à l’emplacement du troisième œil. Mimère, dans la mythologie, était le gardien de la «fontaine cachée», de l’esprit et de la sagesse. L'écriture de ces Jomsvikings aurait été runique et ils se seraient proclamés dépositaires de la tradition primordiale. La légende veut enfin qu'après avoir été persécutés et chassés par l’Eglise pour hérésie, les Jomsvikings se seraient, pour la plupart réfugiés dans des Ordres secrets, comme celui du Temple, et, en s’agrégeant aux Templiers, ils leurs auraient confié la tradition primordiale, de nombreux symboles et l’explication des lettres sacrées de leur écriture. Les Templiers auraient ajouté cette tradition à la leur. On trouverait encore des traces des Jomsvikings en Chaldée, en Irlande et en Ecosse. Cette thèse aussi "fumeuse" que la précedente voudrait nous faire croire que les Templiers étaient tous initiés aux pratiques religieuses qui avaient cours en europe quelques siècles avant l'avénement de Jésus Christ !
Si ces pratiques existaient bien cinq siècles avant J.C, les Templiers comme le reste des populations en eurent vent en tant que pratiques antiques abandonnées par tous depuis plus de 1500 ans.
A la connaissance des historiens sérieux comme Alain Demurger ( pour n'en citer qu'un seul ) les croisés qui partirent de Boulogne sur mer lors de la première croisade étaient Catholiques, certains de ces hommes qui décidérent d'offrir leurs vies pour défendre la Chrétienté devinrent Templiers. En 1291 lors de la défaite des Templiers à Saint Jean d'Acre par les Musulmans, les Templiers étaient toujours Catholiques, car si tel n'avait pas été le cas, ils seraient restés en Terre Sainte sans être inquiétés par les Musulmans.
D'après les propagateurs de cette théorie les Templiers n'étaient donc pas Catholiques mais des "initiés" aux pratiques rituelles des Jomsvikings, ces hommes qui vivaient dans le nord de l'europe au V ème siècle avant Jésus Christ,
ici encore aucune preuve, si petite soit-elle, n'accrédite cette thèse !
Les élucubrations sont légion
l en existe des dizaines. Je ne résiste pas à l'envie de vous en livrer rapidement une troisième qui a actuellement le vent en poupe dans certains ordres initiatiques. Selon leurs initiés, les Templiers n'étaient pas des Catholiques mais des Druides ... Précisons pour rester factuels que les Druides furent exterminés par les Romains dans toute la Gaule et la Grande Bretagne au II éme siècle ... !
Ces innombrables légendes sont véhiculèes par des Ordres Initiatiques issus du Néo-Templarisme des années 1950.
Origine du Templarisme
l'image des Templiers, l'ordre des hospitaliers se militarise pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants. Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des Hospitaliers, nom finalement donné aux chevaliers de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Les Hospitaliers ont survécu à leurs cousins 'Templiers' grâce à leur sens de la diplomatie et à leur faculté d'adaptation, ils ont perçu dès 1291 que leur salut résidait dans une allégeance au roi de France au détriment de la Papauté. Au fil de leur histoire mouvementée, les hospitaliers seront successivement chevaliers de Chypre puis chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours sa dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIII ème siècle un des meilleurs d’Europe.
Mais avec l'avénement de la révolution Française le vent tourna pour les Hospitaliers. Contrairement à ce que vous pourriez penser Maximilien Robespierre croyait en Dieu, mais il était profondément dégouté par le comportement d'un grand nombre d'écclésiastiques. Il n'aimait pas les Hospitaliers il leur préférait les Templiers qui étaient à ses yeux des hommes intégres qui avaient été injustement traités par la Royauté et l'Eglise Française. Augustin Robespierre le jeune frère de Maximilien était très ami avec le jeune lieutenant Bonaparte ( lui aussi très croyant ) qu'il contribua à promouvoir au grade de Général à la suite du siège victorieux de Toulon contre les Anglais.
Les deux hommes s'estimaient beaucoup et Augustin plaida ( entre autres ) la cause des Templiers auprès de son ami Bonaparte entre 1793 et 1794 quand Augustin était représentant de la Nation en mission pour l'armée ( celle du sud de la France et d'Italie ). Bonaparte retiendra la leçon concernant la fin tragique des Templiers, et, comme les frères Robespierre il considérera les Hospitaliers comme des traitres et des spoliateurs de l'Ordre du Temple. En 1798 Bonaparte se lance dans la campagne d'Egypte, mais avant, le 12 Juin il s'arrete à Malte pour venger les Templiers, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem remettent ( sans combattre ) à l’armée française la ville et les forts de la Valette. Ils renoncent, en faveur de la République Française, aux droits de souveraineté et de propriété qu’ils ont tant sur cette ville que sur les îles de Malte, de Gozzo et de Cumino.
L'Ordre qui s'était placé sous la protection de Paul Ier de Russie après son banissement par Bonaparte, voit une majorité de ses chevaliers s'exiler à Saint-Pétersbourg où ils élisent le tzar comme grand maître en 1798. Mais avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'Ordre des Hospitaliers une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur catholique est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ( fondé officiellement en 1961 ).
Devenu Empereur, Bonaparte qui avait conservé toute son admiration pour les frères Robespierre, accordera en 1804 une pension à vie à leur soeur ( Charlotte ) qui vivait cachée et dans le plus grand dénument depuis que ses deux frères avaient été décapités en 1794, il restituera dans la foulée au clergé Français une grande partie des biens qui lui avaient été confisqués pendant la révolution.
Il convient enfin de noter que Bonaparte oeuvrera au renouveau du Templarisme dès 1806, et ses successeurs ( Louis XVIII, Charles X, Louis Philippe ) lui emboiteront le pas.
Fabré-Palaprat, un faussaire
u début de l'année 1794, le Danois MUNSTER aurait découvert dans la bibliothèque du prince CORSINI à ROME, la règle manuscrite de l'Ordre. Puis dans un meuble à double fond, on découvrit la Chartre dite de Jean—Marc larmenius, meuble que détenait un Anglais, cette Chartre portait la signature des grands Maîtres qui se succédèrent jusqu'en 1804. Elle fut soumise à beaucoup d'études, papier, encre, écriture, signatures, deux camps apparurent : un camp scientifique affirmant qu'il s'agissait d'une supercherie grossière, et un autre camp acceptant cette charte.
C'est ainsi qu'apparut un personnage qui avait de grands appuis, le docteur Fabré-Palaprat, grand Maître depuis le 4 Novembre 1804.
Le 18 Mars 1808, une messe solennelle fut célébrée en l'église St. Paul St. Antoine en commémoration du martyre de Jacques de MOLAY, dans l'assemblée au premier rang, une centaine d'hommes portant l'habit Templier, dans l'assistance des officiers d'empire et de hauts fonctionnaires de l'empire. La nef de l'église est tendue de noir et semée de croix templières. Dehors un bataillon d'infanterie, disposé devant le grand portail attend pour rendre les honneurs. C'est ainsi que le bon peuple de Paris apprend que par le bon vouloir de l'empereur NAPOLEON BONAPARTE l'Ordre du Temple est ressuscité.
Pendant tout son magistère le grand Maître B.R. Fabré-Palaprat fit preuve d'une activité peu commune, fort de ses relations privilégiées avec le régime impérial français et en particulier avec l'archi chancelier CAMBACÉRÈS duc de PARME. Comment B.R Fabré-Palaprat pouvait il se prétendre être le maillon de la longue chaîne de transmission depuis Jacques de MOLAY ? Quelles preuves apportait—il ? le testament de celui—ci en faveur de Jean—Marc larmenius, une chartre de transmission appelée également " Lévitique " contresigné par les vingt quatre grands Maîtres de Larmenius à Fabré-Palaprat. L'Ordre prit un essor considérable, surtout parmi la noblesse et les notables du nouvel empire.
De nos jours tous les historiens et les scientifiques s'accordent pour affirmer que cette charte est un faux grossier.