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20 Novembre2024

Ordres Militaires et Religieux



Liste non exhaustive

21 Novembre 2024

1) Saint-Sépulcre de Jérusalem

L'ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et Ordre ne peut pas être considéré comme un Ordre Militaire, c'est un Ordre armé.
L’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, fut créé peut être par Godefroy de Bouillon en l'an 1100, et supprimé par Innocent VIII avec incorporation à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1489. Cet Ordre Mineur fut strictement affecté à la défense des lieux Saints de Jérusalem de l'an 1102 à l'an 1291. Il joua plus un rôle diplomatique que militaire, privilégiant toujours la négociation à l'affrontement militaire. Meme si cet Ordre fut longtemps confondu avec l'Ordre du Temple par les historiens du XVIII ème siècle, nous savons aujourd'hui que ces deux Ordres n'avaient rien à voir entre eux. L'Ordre du Saint Sépulcre doit plus etre considéré comme un Ordre Religieux armé que comme un Ordre Militaire et Religieux. L'Ordre du Saint Sépulcre était un Ordre armé, avant tout pour se défendre des attaques Musulmanes et non pour combattre en terre Sainte comme les Croisés et les Templiers.

Fin de l'Ordre du Saint Sépulcre

En 1291, la ville de Saint-Jean-d’Acre, dernière place forte des croisés, tombe aux mains des musulmans. Cependant les franciscains, qui s’étaient réfugiés à Chypre, où se trouvait le siège de la province d’Orient, s’efforcent d’assurer une présence à Jérusalem et dans les autres secteurs de sanctuaires en Palestine. Le pape Jean XXII permet alors au ministre provincial de Terre sainte d’envoyer chaque année deux de ses frères dans les Lieux saints. Leur présence au Saint-Sépulcre est certifiée durant la période allant de 1322 à 1327. On doit le retour définitif des Frères mineurs en Terre sainte, avec la possession légale de certains lieux saint et le droit d’usage dans d’autres, au roi de Naples, Robert d’Anjou, et à Sanche de Majorque. En 1333, ils font l’acquisition du Cénacle auprès du sultan d’Égypte, grâce à la médiation du franciscain Roger Guérin, et obtiennent le droit d’officier au Saint-Sépulcre. Il est établi, en outre, que les frères mineurs jouiraient de ces droits au nom de la chrétienté. En 1342, le pape Clément VI, par les bulles « Gratias agimus » et « Nuper carissimae », approuve l’entreprise des rois de Naples et fixe les dispositions pour la nouvelle entité. Les religieux destinés à la Terre sainte peuvent désormais provenir de toutes les provinces de l’Ordre et une fois au service de la Terre sainte, se trouvent sous la juridiction du père custode, « Gardien du mont Sion à Jérusalem ». Jusqu'en 1555, elle est située au Monastère du Mont Sion. En 1336, ils peuvent se rétablir définitivement en Terre sainte. Dès lors, le siège central de la Custodie est établi près du Cénacle, sur le Mont Sion. Les franciscains en sont expulsés par les Turcs en 1551.


En 1560, ils acquièrent l'actuel couvent du Saint-Sauveur de Jérusalem où ils transfèrent leur custodie. Cependant, le professeur Sylvia Schein souligne l'influence de l'antisémitisme franciscain à partir de 1333. Selon cette historienne, les frères mineurs développèrent auprès des pèlerins le mythe du peuple juif « assassin du Christ », ce qui contribua à propager l'antisémitisme à travers l'Europe. Cette propagande, « systématique » selon l'analyse de Sylvia Schein, cherchait en particulier à empêcher le retour des Juifs en Terre d'Israël, même si, sur place, les relations entre Juifs, Franciscains et pèlerins restaient assez pacifiques. La présence constante des franciscains en Terre sainte a été déterminante pour le développement de l’Église locale, jusqu’à rendre possible la restauration du Patriarcat latin à Jérusalem en 1847. Depuis lors, la Custodie et le Patriarcat latin œuvrent dans un esprit de collaboration à l’accomplissement de leurs mandats respectifs. Monseigneur Guiseppe Valerga, nouveau Patriarche, fut le dernier a être adoubé par le Custode le 16 janvier 1848. L’Ordre est refondé par un bref du Pape Pie IX en janvier 1868 avec l’approbation de nouveaux statuts de l’Ordre. Le Pape Pie IX autorise en 1871 à décerner la croix de l’Ordre à une première dame, Lady Lomax. Le Bref du 3 août 1888 du Pape Léon XIII, autorise que les dames ainsi décorées soient appelées Dames du Saint Sépulcre.

2) Les Moines Soldats espagnols

Les Moines Soldats espagnols u milieu du XII ème siècle, la plaine du Campo de Calatrava est le théâtre de luttes incessantes entre chrétiens et musulmans. En 1147, le roi de Castille, Alphonse VII l'empereur conquiert la forteresse musulmane de Qal’at Rabah (en espagnol Calatrava), bâtie au bord du fleuve Guadiana, et la confie aux Templiers. Dix ans plus tard, incapables de la défendre face à l'offensive des Almohades, les Templiers renoncent et la remettent à son successeur Sanche III.


Face à une situation critique, en particulier pour la ville de Tolède, ce dernier réunit ses conseillers et ses proches et offre la forteresse à celui qui se sentirait capable de la défendre. A la surprise et sous les moqueries des présents, Raymond, abbé du monastère cistercien de Santa María la Real de Fitero en Navarre ( petite-fille de l'abbaye de Morimond ) relève le défi. Conseillé par Diego Velázquez, un ancien guerrier devenu moine, il y installe quelques chevaliers le 1er janvier 1158. A eux deux, et avec l'aide de l'abbaye de Fitero, ils arrivent à constituer une armée de 20 000 moines-soldats. Les Musulmans refusent la bataille et se retirent plus au sud.


La communauté mise en place pour la défense de la forteresse est érigée en ordre militaire par une bulle du pape Alexandre III en date du 14 septembre 1164.
Lors de l'offensive almohade de 1195, le roi Alphonse VIII de Castille est battu par Abu Yusuf Yaqub al-Mansur à la bataille d'Alarcos et l'ordre doit abandonner sa forteresse et se retirer à Ciruelos, dans la province de Tolède. Par un audacieux coup de main, quelques chevaliers de l'ordre réussissent à prendre le château de Salvatierra, aux confins de la Sierra Morena, et à le conserver jusqu'en 1211 bien qu'isolé de tout secours extérieur. C'est ainsi que durant ces années, l'ordre prend temporairement le nom d'ordre de Salvatierra.
Comme d'autres ordres militaires, Calatrava participe à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212 et, l'ordre, redevenu maître de la région, décide d'installer son siège dans une nouvelle forteresse bâtie non loin de Salvatierra, et qui prendra le nom de Calatrava la Nouvelle. La forteresse d'origine de l'ordre, désormais désignée comme Calatrava la Vieille, devient une commanderie. Ayant reçu de larges donations de terres qu’ils organisent en commanderies ( en espagnol encomiendas ) selon le modèle templier, l'ordre bénéficie vite d'un grand pouvoir politico-militaire. 'ordre règne sur de nombreux châteaux le long de la frontière de Castille et sur des milliers de vassaux il est capable d'aligner 2 000 chevaliers sur un champ de bataille, ce qui constitue à l'époque une troupe considérable. Cette force et son autonomie - l'ordre ne reconnaît que l'autorité du pape, ainsi que celle, plus spirituelle, de l'abbé de Morimond - provoqueront quelques heurts avec la monarchie espagnole…
La règle reçue du pape et de Cîteaux par Dom García, le premier Grand Maître de l'ordre, est très stricte. En plus des vœux religieux habituels obéissance, chasteté et pauvreté, les chevaliers doivent garder le silence dans le dortoir, le réfectoire et l'oratoire, jeuner quatre jours par semaine, dormir en armure et n'être vêtu que de la robe blanche cistercienne agrémentée de la croix fleur-de-lysée noire ( qui deviendra rouge au XVI ème siècle ). En 1487, le roi Ferdinand le Catholique obtient d'être nommé Grand Maître de l'ordre par une bulle papale, nomination qui sera confirmée pour tous ses successeurs.
L'ordre participe en 1492 à la prise de Grenade, dernière étape de la Reconquista.
A partir de cette date, l'ordre perd petit à petit son esprit militaire et son âme religieuse, pour ne s'occuper plus que de gérer ses revenus et conserver ses reliques.
Les biens de l'ordre sont confisqués en 1808 sur instructions de Joseph Bonaparte pendant son bref règne espagnol, pour être restitués en 1814 par Ferdinand VII d'Espagne, et finiront par être définitivement sécularisés par Pascual Madoz.
L'ordre de Calatrava est supprimé par la Première République espagnole puis rétabli en 1875 en accord avec la papauté.
De nos jours :
Aujourd'hui, l'ordre de Calatrava est une distinction honorifique espagnole mais des religieuses comendadoras ( dames commandeurs ) vivent encore dans deux couvents, à Madrid et à Burgos.

Dignitaires de l'ordre
Les Moines Soldats espagnols es hautes fonctions sont apparues au fur et à mesure du développement et de l'organisation de l'ordre pour être finalement confirmées dans ses statuts définitifs (1467). Elles sont au nombre de sept, énoncées ci-après dans l'ordre hiérarchique décroissant: Autorité suprême de l'ordre, il est nommé à vie. L'ordre a connu 30 Grands Maîtres jusqu'à sa prise de contrôle par la monarchie espagnole.
Les Grands Commandeurs de Castille et d'Aragon
Supervisent l'ensemble des commanderies de leurs royaumes respectifs.
Le Clavier
Lieutenant du Grand Maître. Responsable de la défense du siège de l'ordre (Calatrava-la-Nouvelle).
Le Prieur
Représentant de l'abbé de Morimond, chargé de l'accompagnement spirituel des chevaliers.
Le Sacristain
Chargé des reliques, objets sacrés et de culte de l'ordre.
Le Haut Marguillier
Chargé de superviser les travaux et constructions de l'ordre.

Liste des Grands Maîtres de l'ordre :
• Dom García (1164-1169)
• Fernando Escaza (1169-1170)
• Martín Pérez de Siones (1170-1182)
• Nuño Pérez de Quiñones (1182-1199)
• Martín Martínez (1199-1207)
• Ruy Díaz de Yanguas (1207-1212), blessé à la bataille de Las Navas de Tolosa et obligé d'abandonner sa fonction.
• Rodrigo Garcés (1212-1216)
• Martín Fernández de Quintana (1216-1218)
• Gonzalo Yáñez de Novoa (1218-1238)
• Martín Ruiz (1238-1240)
• Gómez Manrique (1240-1243)
• Fernando Órdoñez (1243-1254)
• Pedro Yáñez (1254-1267)
• Juan González (1267-1284)
• Ruy Pérez Ponce (1284-1295)
• Diego López de Santsoles (1295-1296)
• Garci López de Padilla (1296-1322)
• Juan Núñez de Prado (1322-1355)
• Diego García de Padilla (1355-1365)
• Martín López de Córdoba (1365-1371)
• Pedro Muñiz de Godoy (1371-1384)
• Pedro Álvarez de Pereira (1384-1385)
• Gonzalo Núñez de Guzmán (1385-1404)
• Enrique de Villena (1404-1407)
• Luis González de Guzmán (1407-1443)
• Fernando de Padilla (1443-1443)
• Alonso de Aragón (1443-1445)
• Pedro Girón (1445-1466)
• Rodrigo Téllez Girón (1466-1482)
• Garcia López de Padilla (1482-1487)
• Monarchie Espagnole à partir de 1487

3) Milice du Christ du Portugal

Milice du Christ du Portugal près l’abolition de l’Ordre du Temple, le roi de Portugal Dinis Ier obtint en 1319 du pape Jean XXII, l’autorisation de créer la " Milice du Christ " (en portugais : Ordem Militar de Christo). Ce fut dans le principe, une simple continuation, sous un nom nouveau de celui du Temple et de nombreux Templiers y trouvèrent refuge. Les chevaliers du Christ, comme ceux du Temple étaient destinés à combattre les Maures ils conservèrent l’habit blanc et la croix rouge du Temple. Même s’il était exclusivement Portugais, l’Ordre du Christ restait cependant affilié à celui de Calatrava. Le chef-lieu de l’ordre était à Castro-Marino plus tard, il fut transporté à Tomar.


Cet ordre était soumis à la règle de Saint Benoît et les chevaliers jouissaient de tous les privilèges, droits exemptions et juridictions dont avaient bénéficié les chevaliers du Temple. Ils furent peu à peu déchargés des trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Alexandre VI ( pape de 1492 à 1503 ) leur permit de se marier et les rois de Portugal les comblèrent de richesses. Jean Ier (roi de 1385 à 1433) leur abandonna même toutes les possessions et les colonies de l’Afrique, ne se réservant que le droit de suzeraineté. Mais l’ordre devint si puissant qu’il fut décidé que ses nouvelles conquêtes seraient une propriété de la couronne et le pape Jules III réunit, en 1550, la grande maîtrise de l’ordre à la couronne de Portugal. Les rois, à dater de ce jour devinrent les administrateurs de l’ordre. A la fin du Moyen Age, l’Ordre du Christ est le seul ordre ibérique qui continue à mener une mission originale inspirée de l’idéal des croisades. Il est l’élément moteur de toutes les expéditions des Portugais le long des côtes d’Afrique (Vasco de Gama était chevalier du Christ). En 1789, l’Ordre du Christ, comme celui d’Aviz, fut réorganisé par la reine Maria qui lui donna de nouveaux statuts, en vigueur jusqu’en 1918. Il était devenu purement honorifique. Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963 et l’ordre prend place après celui d’Aviz. Il est actuellement conservé par la république, en tant que récompense pour d’éminents services civils, et peut être décerné à de hautes personnalités étrangères. Il est communément admis que dans l’autorisation originelle de créer l’Ordre du Christ du Portugal, en 1319, la papauté se réservait le droit d’admettre des chevaliers mais il n’existe aucune trace de cette pratique à cette époque. Au cours du XVII ème siècle, Rome créa quelques " Chevaliers du Christ ". Cependant, les rois du Portugal s’opposèrent énergiquement à cette pratique. Toutefois, en 1905 le pape Pie X créa l’ " Ordre Suprême de Notre Seigneur Jésus Christ ", en tant que plus important ordre pontifical. Depuis Paul VI, il n’a été conféré qu’à des chefs d’états pour des raisons exceptionnelles.
Quelques dates :
1118 Création de l’Ordre du Temple et de nombreuses commanderies à travers l’Europe pour soutenir l'effort de guerre en Terre Sainte.
1128 Les Templiers s’établissent au Portugal. La reine Thérèse, veuve du comte Henri et tutrice de leur fils Alphonse, concède au Temple le château de Soure et ses dépendances.
1145 Sancie, fille de la reine Thérèse, et son mari, donnent au Temple le château de Longrovia, en Estrémadure portugaise, ainsi que de nombreuses dépendances dans le terroir de la métropole de Braga.
1147 Les templiers participent à la prise de Santarem et l’Ordre obtient du roi Alphonse la faculté de recevoir tous les droits perçus à Santarem à titre religieux.
1150 Début de l’extraordinaire croissance de l’Ordre. Le Temple reçoit du roi un important domaine agricole au confluent du Nabao et du Zezere et y entreprend la construction du château de Tomar, appelé à devenir le siège du Temple au Portugal. Le roi impose que les ressources de I’Ordre ne soient utilisées que dans le royaume notamment pour y poursuivre la reconquête.
1160 Dom Gualdim Pais, Maître de l’Ordre du Temple au Portugal, fait construire à Tomar le couvent de l’Ordre du Christ.
1171 Le château d’Almourol est confié aux chevaliers de l’ordre du Temple qui en font une base pour leurs opérations entre le Mondego et le Tage, et pour la protection de la capitale d’alors, Coïmbra.
1190 Le roi du Maroc assiége les Templiers à Tomar, lesquels résistent vaillamment grâce à leur puissance militaire. L’Ordre dévient une pièce incontournable de la défense du Nord du Portugal. 1195 Dom Pais décéde en 1195, après 50 ans de règne.
1312 Influencé par le roi Philippe IV le Bel, le pape Clément V donne l’ordre d’arrêter tous les Templiers à travers la France et l’Europe pour hérésie. Naissance (renaissance) de l’Ordre du Christ (Ordem dos Cavaleiros de Nosso Senhor Jesus Cristo. Les chevaliers de l’ordre font vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance au roi. L’Ordre du Christ siége à Castro Marim, en Algarve.
1357 L’ordre déménage à Tomar, l’ancien siège de l’Ordre du Temple au Portugal.
1417 Suite à la demande du roi Jean Ier, le prince Henri « le Navigateur » devient le Grand Maître de l’ordre de 1417 à sa mort en 1460. Le roi Alphonse V accorde à l’Ordre une taxe de 5% sur toutes les marchandises des nouveaux territoires africains. Après Henri, le titre de Grand Maître reste au sein de la famille royale.
1425 Henri colonise Madère et les Canaries.
1445 il colonise les Açores et entame systématiquement l’exploration de la côte ouest de l’Afrique.
1496 Les frères sont dispensés de célibat puis de pauvreté .
1505 Ils doivent continuer de verser un tiers de leurs revenus à l’Ordre (donation initialement prévu pour la construction et la maintenance du couvent à Tomar).
1501 Le pape substitue le vœu de pauvreté en une taxe, la « meia-anata », soit un versement des trois-quarts des revenus annuels de l’Ordre.
1516 À la fin du règne de Manuel Ier, l’ordre comptait 454 commanderies au Portugal, en Afrique et dans les Indes.
1522 L’ordre est divisé en deux branches: un religieux sous les ordres du pape et un civil répondant au roi.
1523 Jean III réunit l’ordre pour donner pour mission au frère Antoine de Lisbonne de réformer l’ordre.
1529 Les nouveaux statuts sont approuvés par les frères. Jean III démilitarise l’ordre, et le transforme en un ordre plus religieux suivant les préceptes de Bernard de Clairvaux. Le Grand Maître est démis de ses fonctions et tous les prêtres et religieux de l’Ordre doivent reprendre une vie monastique à Tomar, en embrassant les règles de l’Ordre et en portant la croix de l’Ordre.
1551 Jean III obtient l’administration perpétuelle de tous les ordres militaires et religieux, y compris l’Ordre du Christ, et le titre de Grand Maître revient à la couronne. Il crée un conseil spécial, la « Mesa das Ordens », pour l’administration de ces ordres.
1567 Sébastien Ier de Portugal proteste contre la réforme d’Antoine et demande à se faire remettre le titre de Grand Maître. Il en résulte une division de l’Ordre en deux branches, militaire et religieuse.
1627 Des nouveaux statuts sont promulgués par Philippe IV d’Espagne. Pour entrer dans l’Ordre, il faut désormais être de sang noble et avoir soit trois ans de service en Afrique soit trois ans dans la flotte. Le pape Pie VI et Marie Ire de Portugal effectuent une dernière réforme de l’Ordre, laquelle rétablit le couvent de Tomar comme commanderie de l’Ordre. Le souverain demeure le Grand Maître de l’Ordre, mais un Prieur de l’Ordre remplace le Supérieur du couvent.
1789 L’Ordre du Christ perd son caractère religieux. Depuis, exception faite du Grand Maître et du Grand Commandant, l’Ordre est constitué de six Chevaliers de la Grande Croix, 450 Commandants et un nombre illimité de Chevaliers. Les étrangers sont exemptés des règles mais ne perçoivent pas de revenus de l’Ordre. Seuls les catholiques de noble lignée peuvent y être admis. L’Ordre du Christ a également survécu au Brésil jusqu’en 1889.
1834 Le gouvernement devient anti-catholique après la défaite de Michel Ier lors de la guerre civile, et l’Ordre perd ses propriétés sous la monarchie constitutionnelle. Les anciens ordres militaires sont transformés par la constitution libérale et sa législation en de simples « Ordres du Mérite ». Les privilèges associés à l’appartenance à l’Ordre sont abolis.

4) Ordre Saint-Jacques de l'épée

Ordre Saint-Jacques de l'épée en Espagne uand la menace des Maures fut plus importante en 1158, un groupe de 13 Chevaliers qui opéraient des attaques près de CACERES en CASTILLE, offrirent leurs services au Chanoine de St ELOI en LEON pour la protection des pélerins voyageant sur les routes de St Jacques de COMPOSTELLE. Au début de 1164 ces Chevaliers de CACERES reçurent la ville frontière de UCLES à défendre. En 1171, le Clergé et les Chevaliers décidèrent de suivre la règle de St Augustin et en 1175 la confrérie fut reconnue par le pape comme un nouvel ordre. La règle fut adaptée sur base de celle de St Augustin et des Templiers. Les frères furent divisés en Chevaliers et piétons, l'ordre était commandé par un maître et un Chapitre sous la supervision générale du Pape. L'ordre de St Jacques fut le moins orthodoxe des ordres militaires religieux. En réalité il ne fut pas un ordre monastique bien que les frères vivaient en communauté dans leur château et furent inspirés d'une grande ferveur religieuse. Les Chevaliers étaient autorisés à se marier, avoir des possessions personnelles et à annuler 2 ou 3 fois leurs voeux. Ceci semble avoir été un privilège spécial garanti par le Pape. Comme toujours lors de la mort d'un Chevalier, tout ses biens et richesses revenaient à l'ordre. L'ordre avait alors la responsabilité de subvenir et protéger sa famille. Le premier rôle de l'ordre a toujours été militaire et ses Chevaliers rendirent de fameux services dans les incessantes guerres de frontières. Après quelques années la puissance de l'ordre s'était tellement étendue qu'ils ignorèrent les trèves conclues entre le Roi et les Maures, ils estimaient ne pas avoir à tenir compte des décisions du Roi dans leur combat contre l'infidèle.


L'ordre prit de l'ampleur rapidement dans la nouvelle décade et acquit des terres en France, Italie, Palestine, Hongrie et Angleterre. Le siège de l'ordre était établi à MONTALBAN en ARAGON. Parmi les possessions de l'ordre il y avait un château à PALMELA au Portugal, devenu une Commanderie et recrutant des Chevaliers portugais. En 1287 les Chevaliers de cette Commanderie se formèrent eux-même en un ordre séparé, l'ordre de "SAO THIAGO" avec leur propre Maître. Malgré leur indépendance d'identité, ils ne furent reconnus par le Pape qu'en 1317. Au milieu du XIII ème siècle, la renommée de l'ordre de SANTIAGO fut telle qu'il lui fut promis un grand territoire en Asie Mineure, s'il pouvait envoyer des Chevaliers combattre pour BAUDOUIN de CONSTANTINOPLE, mais l'ordre n'avait pas suffisamment d'effectifs pour honorer l'offre. A partir de cette date, l'ordre insista sur la qualité de Noble pour servir comme Chevalier. Cette augmentation de la noblesse dans l'ordre le conduisit vers un cercle trop fermé avec la Cour royale et cela correspondit avec l'augmentation de l'intérêt royal pour les activités de l'ordre. En 1254 le Roi exigea d'avoir son mot à dire dans l'élection des officiers et en 1275 il promut un de ses favoris au poste de Maître. En 1342 le Roi donna la maîtrise à son bâtard âgé de sept ans, malgré les protestations provenant notamment du maître de l'ordre d'ALCANTARA qui fut assiégé dans son château et décapité. Après une courte guerre, le Maître de CALATRAVA fut assassiné par PEDRO le cruel pour complot contre le favori du Roi. Le dernier épisode de la reconquête réveilla l'esprit de la vieille croisade et le connétable de l'ordre Alvaro de LUNA (Maître en 1445) remporta une grande victoire a HIGUERA en 1431. Il fut cependant assassiné lors d'une révolution de palais en 1453. En 1485, la maîtrise de l'ordre fut définitivement réservée à la Couronne.

Reconnaissance de l'ordre par le pape :
En 1175, Pedro Fernàndez se rend à Rome auprès du pape Alexandre III, (1105-pape 1159-1181), qui ratifie, le 5 juillet 1175, la bulle d'approbation de l'ordre religieux et militaire de Santiago. En 1176, quelques chevaliers revinrent dans le royaume de León et s'établirent dans le couvent San Marcos, sur un terrain situé près du pont sur la Bernesga, où existaient, depuis 1151, une église et un hôpital pour pèlerins. Ils fondèrent également l'hôpital de las Tiendas, à la frontière de Castille. Le nombre de chevaliers était alors 400 et ils pouvaient rassembler plus de 1000 lances. Les rois de Castille après la Bataille de Las Navas de Tolosa (1212), à laquelle les chevaliers ont participé, leur ont accordé des privilèges qui ont permis à l'ordre de repeupler des régions étendues d'Andalousie et de Murcie. Le château de Segura de la Sierra, reconquis par Alphonse VIII en 1214, leur est confié : ils y installent leur commanderie pour le royaume de Jaén. C'est de cette forteresse qu'ils mèneront leurs opérations militaires dans la région. Au XVI ème siècle, l'Ordre possédait une centaine de commanderies, dont trois étaient réservés aux Grands Commandants, autant de châteaux, une trentaine de couvents, 26 hôpitaux, 240 églises, 5 hôpitaux, 178 villes et villages, et une université à Salamanque. Le 2 janvier 1492, jour de la reddition de l’émir Boabdil, la bannière de l'ordre flottera sur la plus haute tour de l’Alhambra à Grenade.

Extrait de la règle :
« Vous vivrez sans bien propres dans l’humilité et la concorde en obéissant à un maître, en suivant l’exemple des apôtres qui pour prêcher la foi chrétienne vendaient leur bien et ce qui restait, était considéré comme commun. Celui qui ne pourra être continent se mariera, gardera foi en son épouse et inversement. Et vous ne pourrez avoir qu’une épouse. Une fois admis dans l’ordre et faite la promesse d’obéissance nul ne peut retourner au siècle, ni à un autre ordre sans autorisation du maître. » — Extrait de la confirmation de la règle de l’ordre par le pape Alexandre III en 1175. - Migne, Patrologie latine, t 200. Ces actes pontificaux, rassemblés en Bullarium ont fixés tous les privilèges et exemptions de l’Ordre.

Organisation de l’ordre :
En 1174, le roi Alphonse VIII de Castille leur cède Ucles, dans la Province de Cuenca, qui depuis a été considéré comme le siège de l'ordre ,là le Grand Maître a habituellement résidé, et les archives de l'ordre ont été préservées jusqu'en 1869. Elles se trouvent actuellement à l'"Archivo Historico Nacional" de Madrid. L'ordre se compose de deux branches :
une branche de l'ordre de groupe les clercs, sous la direction d'un Grand Prieur, suivant la règle des chanoines de Saint-Augustin, et établis à Uclès les chanoines réguliers de l'ordre de Santiago ( en français : de Saint Jacques de l'épée ) y vivent de la dîme de tous les acquêts de l'ordre : ils se chargent de la vie religieuse des chevaliers qui, tous, une fois l'an, doivent faire retraite à Uclès et y font élever leurs fils .
une branche de l'ordre groupe les laïcs, chevaliers de Santiago, formant la seconde branche de l'ordre, sous la direction du Maître, laïque comme eux et élu par eux en chapitre général à San Marcos de Leòn. Les chevaliers prêtent vœu de pauvreté individuelle, d'obéissance au maître, et de fidélité conjugale. En cas de veuvage, d'isolement ou de pauvreté, les chevaliers et leurs femmes se retirent à Uclès.
En ayant opté pour la règle de saint Augustin au lieu de la règle cistercienne, ses membres n’avaient pas l’obligation de faire vœu de chasteté, et ont pu contracter mariage (certains des fondateurs étaient mariés). Le droit de se marier, que d'autres ordres militaires n’ont obtenu à la fin du Moyen Age, leur a été accordé dès le début de l’ordre dans certaines conditions, telles que l'autorisation du roi, de l'engagement d'observer la continence pendant les fêtes de Noël,et le Carême, et sur certaines fêtes religieuses de l'année, ainsi que pendant la période de retraite faite à Uclés une fois par an. La douceur de cette règle a promu la diffusion rapide de l'ordre, qui a éclipsé les ordres plus anciens comme ceux de Calatrava et d'Alcantara. Les chevaliers transmettent leurs biens patrimoniaux à leurs fils, qui peuvent rester en dehors de l'ordre, mais ils donnent à l'ordre les terres gagnées dans la Reconquête. Les commanderies, confiées à des chevaliers Commandeurs, sont édifiées sur ces nouveaux territoires chrétiens, et les dîmes de tous les revenus vont aux clercs d'Uclès. Par-delà le Maître, le seul souverain de l'ordre est le pape, et l'ordre est propriétaire des terres conquises en Estrémadure et en Andalousie. Mais l’Ordre prête son concours au roi dans toutes les opérations militaires. Ainsi, le troisième Maître, Sancho Fernandez, meurt en 1195 de blessures reçues lors de la bataille d'Alarcos et le maître Pelayo Perez Correa (1242-1275) est le principal artisan de la prise de Séville en 1248. L'ordre protège les routes et les hospices du pèlerinage à Santiago, où les femmes des chevaliers trouvent à s'employer. Les Espagnols de toutes les couches sociales s'y affilient en confréries, aidant l'ordre de leurs deniers et de leurs soins. Enfin, des commanderies s'élèvent dans les terres offertes en Aragon, Catalogne, Valence et au Portugal. Les Frères portaient l'habit blanc, chape et chaperon de même couleur marqué, sur le côté gauche de la poitrine, de la célèbre épée de satin rouge et d'une coquille, dans le même tissu, posée en abîme sur l'épée. Avec un bouclier d’or portant en croix une épée à poignée de lis. Dissolution de l'ordre religieux et militaire :
L’ordre religieux et militaire fut dissous par les souverains d'Espagne, sans le même acharnement cependant que celui qu'eurent à subir les Templiers en 1307. Les monarques agirent avec un grand sens politique. À la mort de Don Alonso de Cardenas, quarantième grand maître de l’ordre, Isabelle Ier la Catholique (1451-1474-1504) faisant en sorte que son époux fût élu grand maître de l'ordre en 1493. Ce qui facilita sa fin programmée. La nomination du Grand Maître était ainsi passée sous la tutelle royale. Dans le but de dissiper la méfiance des chevaliers lors du chapitre général de 1513, Ferdinand II le Catholique, roi d'Aragon (1452-roi 1479-1516), devenu régent de Castille (de 1504 à 1516), décida la reconstruction du monastère-hôpital de San Marcos de Leòn, et offrit la somme de 300 000 maravédis.
En 1501, le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia, né à Xativa, près de Valence - 1431-pape 1492- 1503) nomme Ferdinand II administrateur perpétuel des ordres militaires, qui seront désormais des ordres de soins, de polices et de récompenses de bons services.
En 1523, le pape Adrien VI (1522-1523) confirme le rattachement à la Couronne des ordres castillans. Il attribua à la couronne d'Espagne les grandes maîtrises perpétuelles des trois ordres :
de Saint-Jacques,
TEMPLIERS de Calatrava,
TEMPLIERS d'Alcantara.
En 1556, sous Charles Ier d’Espagne (1500-1516-1556) un conseil général des ordres les fait fusionner.
Enfin en 1592, le roi Philippe II (1527- règne 1556-1598) incorpore tous les ordres à la couronne. Depuis cette époque, les rois d’Espagne ont conservé les titres et dignité de grand maître et administrateur de l’ordre qui est ainsi placé sous la protection de la couronne.

5) Ordre de Montesa

Ordre de Montesae et ordre qu'on trouve aussi désigné parfois sous les noms d'ordre des frères de Notre-Dame et d'ordre de Notre-Dame de Montesa, fut créé en 1317 , à Montesa (Espagne), par Jacques II, roi d'Aragon et de Valence il le plaça sous les auspices de Notre-Dame et lui donna les biens des Templiers, notamment Montesa, où fut établi son chef-lieu. Il adopta la règle bénédictine et reconnut pour chef l'ordre de Calatrava. Les chevaliers de Montesa acquirent une réputation de bravoure qui les rendit célèbres et, plusieurs fois, ils repoussèrent et battirent les Maures. Les papes Jean XXII en 1438, Martin V en 1440, Jules ll en 1512, Léon X en 1543, Grégoire XIII en 1565, Sixte V en 1567, approuvèrent l'institution et la protégèrent. Dès 1399, les biens provenant de l'ordre de saint-Georges d'Alfama avaient été donnés à celui de Montesa lors de la réunion du premier de cet ordre au second et, en 1587 date à laquelle il cesse d'être un ordre militaire, la grande maîtrise de Montesa fut annexée à perpétuité à la couronne d'Espagne qui l'a conservée jusqu'au XIXe siècle. L'ordre, dégagé des articles des statuts qui n'étaient plus en harmonie avec les mesure et les idées modernes, avait fini par devenir un des plus illustres de l'Espagne. Aboli en 1872, il fut rétabli en 1874. Il se composait de deux classes de chevaliers profès et novices. La tenue officielle était le manteau blanc orné de la croix rouge.
Rappel :
Après la suppression des Templiers en 1312, le roi d’Aragon Jacques II le Juste s’opposa à la décision pontificale de transfert des biens du Temple à l’ordre de l’Hôpital. Après quelques affrontements, un compromis fut trouvé : dans le royaume d’Aragon et le comté de Barcelone, les biens du Temple iraient à l’Hôpital, mais dans le royaume de Valence, les biens des deux ordres seraient fusionnés dans un nouvel ordre, nommé d’après sa principale forteresse, Montesa. Les territoires relevant de cet ordre ont reçu le nom de Maestrat ( en valencien ) ou Maeztrazgo ( en castillan ). Le Maestrat est divisé aujourd’hui en Baix Maestrat et Alt Maestrat. Ce nouvel ordre fut confirmé par une bulle en date du 10 juin 1317, la règle le 22 novembre et avec acceptation le 03 décembre 1317, par le pape Jean XXII, qui lui donna, à l’instar des autres ordres militaires hispaniques, la règle cistercienne, et placé sous la tutelle de l’abbaye catalane de Santa Creus. Tous les biens du Temple lui sont transférés en 1319, lorsque ceux-ci furent jugés par le pape « non coupable et réconcilié avec la Foi. » Le rôle fondamental de l’ordre était la défense de la frontière sud du royaume valencien. En 1400, il absorbe l’Ordre de Saint-Georges d’Alfama, du royaume d’Aragon-Catalogne, dont il adopte la simple croix rouge c’était l’ancienne croix du Temple. En 1487, il fut rattaché à la Couronne d’Espagne, et le roi en devint le Grand Maître en 1494. Actuellement c’est un des ordres religieux-militaire qui peut prétendre être le successeur légitime des Templiers depuis que l’Ordre du Christ a été transformé par la monarchie portugaise en ordre honorifique. Maîtres de l’Ordre :
Guillermo de Eril (1319-1319)
Arnaldo de Soler (1319-1327)
Pedro de Thous (1327-1374)
Alberto de Thous (1374-1382)
Berenguer March (1382-1409)
Romero de Corbera (1410-1445)
Gilberto de Montsoriu (1445-1453)
Luis Despuig (1453-1482)
Felipe Vivas de Cañamanes y Boll (1482-1484)
Felipe de Aragón y Navarra (1484-1488)
Felipe Vivas de Cañamanes y Boll (1488-1492)
Francisco Sanz (1493-1506)
Francisco Bernardo Despuig (1506-1537)
Francisco Llansol de Romaní (1537-1544)
Pedro Luis Galcerán de Borja (1545-1587)
Monarchie Espagnole (1587-…)

6) Chevaliers Porte Glaive

Chevaliers Porte Glaive ou Chevaliers des Deux Epées L'histoire de cet Ordre religieux et militaire est liée à la christianisation des régions paiennes du nord de l'europe, et particulièrement de la région située sur les rives orientales de la mer Baltique, la Livonie. Vers 1180, Meinhard, chanoine du monastère Augustinien de Segeburg qui avait beaucoup d'amis marchands et navigateurs cotiers lui ayant raconté d'innombrables récits de leurs aventues dans cette région de la Baltique, décide de s'aventurer à l'embouchure de la Dvina ( région peuplée par les tribus des Lettes et des Lives ) pour christianiser ces peuplades paiennes. Après des débuts prometteurs dans sa mission d'évangélisation, Meinhard décide de bâtir en 1184, une première église dans le village de Ikšķile, cet édifice sera tres vite sécurisé par la construction d'un chateau fort suite à la résistance de certaines tribus païennes et à leurs attaques contre ce village. En 1186, Meinhard est consacré évêque de Ikšķile par l'archevêque de Brême dont son évêché dépend . A sa mort en 1196, Meinhard est remplacé par Berthold, abbé du monastère cistercien de Loccum. Chevaliers Porte Glaive ou Chevaliers des Deux Epées Ce dernier reprend la mission d'évangélisation entamée par Meinhard, mais se heurte à une population de plus en plus réticente à recevoir le baptème et il échappera de peu à la mort. Berthold n'étant pas homme à se laisser faire, il décide de sécuriser son évangélisation par les armes . C'est ainsi qu'en 1197, il part discrètement en Saxe pour y rassembler une armée de croisés avec la quelle il revient en Livonie au printemps 1198. En juillet 1198, l'armée croisée rencontre une armée de tribus Lives sur les rives de la Dvina, à proximité de Ikšķile. Dès le début de la bataille Berthold trouve la mort, mais les tribus Live sont taillées en pièces et les croisés envahissent tout le pays. Plusieurs centaines de Lives se rendent à Ikšķile pour se soumettre aux croisés et recevoir le baptème.Leur mission terminée, les croisés retournent en Saxe, mais à peine sont ils partis les Lives renoncent à ce baptème et se révoltent contre les chrétiens, pourchassant et tuants tous les prêtres Chrétiens. Berthold mort, Hartwig l'archevêque de Brême décide de nommer à sa place son neveu, Albrecht von Buxthoeven comme nouvel évêque de Ikšķile. Albrecht aura une approche du problème de la christianisation de la Livonie différente de celle de ses deux prédécesseurs. Il débarquera en Livonie accompagné d'une importante armée de croisés Saxons et muni d'importants privilèges qui lui ont été garantis par le pape et l'empereur germanique. L'une de ces prérogatives papales était qu'il pouvait recruter de nouveaux croisés sans en référer au pape. Il créera la "croisade perpétuelle", chaque soldat qui était recruté pour cette croisade devait servir pendant deux années au terme desquelles il recevait les mêmes indulgences que les soldats partis en croisade en Terre Sainte. Albrecht von Buxthoeven fera de nombreux voyages vers Lübeck pour prêcher et recruter toujours plus de croisés. Le siège de son diocèse, Ikšķile, protégé par un seul château et situé loin de l'embouchure de la Dvina, était difficilement défendable .Il entreprit donc de fonder une nouvelle ville près de l'embouchure de la Dvina. Cete ville deviendra s'appelera Riga. Il érigera enfin face à Riga de l'autre côté du fleuve, la forteresse de Daugavgrīva.
Création :
En 1202, alors que l’évêque de Riga Albert de Buxhövden s’était absenté de son diocèse pour aller faire connaitre en terre d’Empire la situation de son Eglise, le moine cistercien Dietrich amena en Livonie une troupe de chevaliers, enrôlés en Allemagne par ses soins, et il fonda dans la cité épiscopale un nouvel ordre, celui des frères du Christ de Livonie, connus sous le nom de Porte-Glaive (Schwertbrüder). Cet Ordre devait préserver militairement les progrès de l’évangélisation du pays. Deux ans plus tard, elle fut officialisée par le pape Innocent III. Les frères adoptèrent la règle du Temple et ils reçurent également le manteau blanc, qu’ils différencièrent toutefois en ajoutant l’ornement d’une épée sous la croix pattée rouge. Cet insigne figura aussi sur le sceau de l’ordre, accompagné de l’inscription : S. MAGISTRI ET FRM MILICIE XPI DE LIV0NIA. Les historiens n’ont pu s’accorder pour déterminer si Dietrich avait vraiment agi seul ou bien avec l’assentiment de l’évêque, mais en tout cas, à son retour Albert de Buxhövden reconnut la fondation et s’attacha les Porte-Glaive par un serment de fidélité. Certes, l’ordre fut exempté du paiement de la dîme, mais il resta subordonné à l’évêque de Riga, comme à ceux de Dorpat (Tartu) et d’Ösel-Wiek ( Saare-Lääne ), dont les diocèses allaient été créés un peu plus tard. En cela, il se distingua des Ordres en Terre sainte, qui ne dépendaient que du pape. Se conformant à la règle du Temple qu’on leur avait donnée, les Porte-Glaive n’entretinrent nul hôpital, mais œuvrèrent à la soumission des Lives encore païens, aux côtés des croisés et des vassaux de l’Eglise de Riga. Ce ne fut pas avant 1207 ou 1208 qu’Albert de Buxhövden concéda un territoire à l’ordre, sur le cours de la Gauja, au nord-est de Riga. Le maître des Porte-Glaive y fit construire des châteaux, où il installa des communautés, d’abord à Segewold ( aujourd'hui Sigulda ), puis, en amont, à Wenden. Disposant de ces leviers, l’ordre fut en mesure de conquérir la Latgalie, dans l’intérieur des terres, et d’en évangéliser les populations lettones jusqu’aux abords de la principauté russe de Pskov. Par ailleurs, il obtint d’établir une autre enclave plus au sud, dans les terres entourant la forteresse d’Ascheraden ( aujourd'hui Aizkraukle ) sur les deux rives de la Daugava, aux confins de la Sélonie. Vers le nord, à l’extrémité opposée du territoire christianisé, les frères parvinrent également dans les années suivantes, à se tailler un vaste domaine aux confins de l'Estonie, en Sakala, où ils purent fonder la puissante commanderie de Fellin ( Viljandi ). Ils durent toutefois en 1225, en vertu de l’arbitrage du légat pontifical Guillaume de Modène, renoncer à la partie orientale du territoire conquis pour que le nouvel évêché de Dorpat pût être institué. En 1226-1227, une campagne conjointe des Porte-Glaive, des vassaux de l’Eglise de Riga et de contingents de croisés acheva de soumettre l’Estonie en s’emparant de l’île d’Osel, et l’ordre annexa même la partie septentrionale du pays, que les Danois revendiquaient. Si la grande île et la côte occidentale de l’Estonie continentale constituèrent à la fois le diocèse d’Osel-Wiek et la seigneurie de son évêque le cistercien Gottfried, consacré par Albert de Buxhövden dès 1228, la plus grande part du butin revint aux Porte-Glaive, et le centre de gravité de l’institution se déplaça alors vers le nord de la Livonie. Au sud, les chrétiens obtenaient également la soumission d’une partie des Coures, et l’ordre reçut de ce fait des terres en Courlande. Ainsi, en 1230, il tenait en ses mains près de la moitié de la Livonie et constituait désormais l’élément le plus puissant de la confédération livonienne. Cependant, dès cette époque, le maître des Porte-Glaive Volkwin de Naumburg chercha à se rapprocher de l’ordre Teutonique, qui, jouissant de privilèges plus importants, était exempté du contrôle épiscopal. Malgré des négociations en cours, l’Ordre des Porte-Glaive assisté de ses vassaux et de contingents venus d’Allemagne du Nord, engagea la bataille face aux Lituaniens le 22 septembre 1236 ,l'Ordre subit une défaite écrasante, qui causa la mort du maître et de la moitié des frères chevaliers. L’approche de l’hiver empêchant l’arrivée de renforts en provenance de l’Occident, les frères qui restaient ne furent guère en mesure de préserver l’intégralité de leur territoire : ils perdirent le Courlande et les espaces conquis en Sémigallie et en Sélonie. Sitôt la nouvelle de la défaite de Saule parvenue à la curie pontificale, alors à Viterbe, Grégoire IX incorpora les Porte-Glaive à l’ordre Teutonique, dont le grand-maître, Hermann de Salza, était présent à ses côtés. La décision fut prise le 14 mai 1237, à condition que l’Estonie du Nord fût restituée au roi de Danemark. Au cours de sa brève existence, l’ordre des Porte-Glaive réunit des frères chevaliers, clercs et servants. Les premiers, composant la cavalerie lourde, étaient le groupe le plus important : en majorité, ils venaient d’Allemagne du Nord, et c’est en leur sein qu’étaient désignés tous les dignitaires. A la tête de l’institution se trouvait le maître, dont la résidence principale, le Jürgenhof ou Georgenhof était à Riga. Peu à peu, l’ordre érigea d’autres châteaux ou commanderies, dirigés par des commandeurs ou des baillis, qui dépendaient du maître . Citons Ascheraden, Segewold, Wenden, Fellin et Reval.
Sécularisation et Intégration de l'Ordre :
Les quartiers généraux de la confrérie étaient à Fellin (Viljandi) en Estonie, où les murs du château du Grand-Maître subsistent encore. D'autres places fortes se trouvaient à Wenden ( Cēsis ), Segewold ( Sigulda ) et Ascheraden ( Aizkraukle ). Les commandeurs de Fellin, de Goldingen ( Kuldīga ), Marienburg ( Alūksne ), de Reval ( Tallinn ), et le bailli de Weissenstein ( Paide ) formaient un Conseil de cinq membres autour du maître de l'Ordre.
Les Frères furent pratiquement annihilés par les Lituaniens et les Semigalliens à la bataille de Šiauliai en 1236. En conséquence, la confrérie fut incorporée l'année suivante à l'ordre des Chevaliers teutoniques. À partir de ce moment, ils furent sur tous les points ( règle, habillement et activité ) une branche autonome de l'Ordre teutonique, avec leur propre Maître ( qui était sujet de jure du Grand-Maître de l'Ordre teutonique ). Entre 1237 et 1290, ils conquirent en totalité la Courlande, la Livonie et la Semigallie. En 1346, l'Ordre acheta le reste de l'Estonie au roi du Danemark Valdemar IV.
L'ordre teutonique sombra dans le déclin après sa défaite à la bataille de Grunwald en 1410 puis la sécularisation de ses territoires prussiens par Albert de Prusse en 1525, mais l'Ordre de Livonie parvint à maintenir une existence indépendante. Pendant la guerre de Livonie, cependant, ils souffrirent de la défaite décisive que leur infligèrent les troupes de la Russie moscovite à la bataille d'Ergeme en 1560. L'ordre de Livonie chercha alors une protection auprès du roi Sigismond II Auguste, qui était intervenu au cours d'une guerre entre l'évêque Guillaume de Riga et les Frères en 1557.
Après être parvenu à un accord avec le roi polonais et ses représentants ( particulièrement Mikołaj « Czarny » Radziwiłł ), le cinquantième et dernier grand-maître, Gotthard Kettler, sécularisa l'ordre et se convertit au luthéranisme. Dans la partie méridionale des domaines appartenant aux Frères, il créa pour sa famille le duché de Courlande et de Semigallie. Cette création fut possible grâce au Pacte de Wilno, le 28 novembre 1561, qui décida aussi de la cession de territoires au royaume polono-lituanien de Sigismond II Auguste, et du Nord de l'Estonie au Danemark et à la Suède.

7) Ordre des Hospitaliers

Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem trouve son origine dans un hôpital fondé par un groupe dirigé par Frère Gérard (appelé par erreur de traduction Gérard Tenque), dans la Ville sainte au milieu du XIe siècle pour héberger les pèlerins venus prier sur le tombeau du Christ. Pendant deux siècles, les frères accueillent des voyageurs, riches ou pauvres, malades ou non portent assistance aux déshérités et délivrent des soins médicaux aux blessés de guerre. D’abord ordre religieux, il est investi de responsabilités militaires dès le XII ème siècle avant même de devenir pleinement un ordre religieux-militaire. Pour preuve, l’apparition de frères d’armes, engagés avec les Templiers dans la défense des Lieux saints et des États latins d’Orient, et la grande forteresse du Crac des Chevaliers, qui atteste aujourd’hui encore de l’importance des moyens consacrés à cette tâche. La Terre sainte, mais aussi la péninsule Ibérique, sont le terrain d’élection de leur engagement dans les combats et la défense des forteresses. Pour mener leurs missions sur le « front », ils peuvent s’appuyer sur des ressources accumulées à « l’arrière », dans la chrétienté latine d’Occident, grâce à un puissant réseau de maisons et provinces. Chassé de Terre sainte à la chute d’Acre en 1291 en meme temps que les Templiers, l’hôpital se replie à Chypre avant de s’établir à Rhodes à partir de 1310. Assiégé par Soliman le Magnifique, il se réfugie à Malte fin 1521. Organisation de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem :
Vers 1130 Raymond du Puy rédige et applique une première règle modelée sur celle de saint Augustin. La règle de saint Augustin est certainement la règle la plus communautaire, elle insiste plus sur le partage que le détachement, plus sur la communion que la chasteté et plus sur l'harmonie que l'obéissance. Composée en latin, elle comporte dix-neuf chapitres :
Comment les frères doivent faire leur profession
Les droits auxquels les frères peuvent prétendre
Du comportement des frères, du service des églises, de la réception des malades
Comment les frères doivent se comporter à l'extérieur
Qui doit collecter les aumônes et comment
De la recette provenant d'aumônes et des labours des maisons
Quels sont les frères qui peuvent aller prêcher et de quelle manière
Des draps et de la nourriture des frères
Des frères qui commettent le péché de fornication
des frères qui se battent avec d'autres frères et leur portent des coups
Du silence des frères
Des frères qui se conduisent mal
Des frères trouvés en possession de biens propres
Des offices que l'on doit célébrer pour les frères défunts
Comment les statuts, dont il est question ci-dessus, doivent être rigoureusement observés
Comment les seigneurs malades doivent être accueillis et servis
De quelle manière les frères peuvent corriger d'autres frères
Comment un frère doit accuser un autre frère
Les frères doivent porter sur leur poitrine le signe de la croix
Cette règle établit clairement trois choses, c'est bien une règle monastique, elle parle par deux fois de l'accueil des malades et elle fixe le signe distinctif des croisés, le signe de la croix sur la poitrine, pour les frères Hospitaliers la chasuble sera noire et la croix sera blanche. La date exacte de l'approbation de la règle par le pape Eugène III n'est pas connue avec exactitude mais les historiens la fixent avant 1159. Il est maintenant possible de parler de la fraternité de l’Hôpital : « C'est la convergence entre la mise en place des premières structures administratives régionales et l'élaboration de la règle par le maître Raymond du Puy et son approbation par le pape Eugène III au milieu du XII ème siècle qui permettent de dire que, alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre ». Un nouvel ordre est né, l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem. L'Ordre des Hospitaliers, une puissance maritime :
Ayant trouvé refuge dans l'île de Chypre et installés à Limassol, les Hospitaliers constatent que la ville est ouverte aux saccages des pirates arabes. Le chapitre ayant refusé l'installation en Italie pour rester au plus près de la Terre sainte à reconquérir, il devient évident qu'il faudra armer une flotte pour défendre l'île. En Terre sainte, l'Ordre armait quelques bâtiments qui permettaient aux membres de l'Ordre de se déplacer et de convoyer des pèlerins. Un certain nombre de ceux-ci se retrouvent à Chypre ayant ramené les réfugiés et les frères de Palestine et d'autres amené d'Europe les participants au chapitre général. L'historien de l'Ordre Giacomo Bosio (1594-1602) écrira : « Bientôt on vit sortir des différents ports de l'île plusieurs petits bâtiments de différentes grandeurs, qui revenaient souvent avec des prises considérables, faites sur les corsaires infidèles » . Établis sur une île, ils n'ont pas d'autre moyen pour continuer le combat que d'aller sur mer et de se payer sur l'ennemi. Si des pirates infidèles sillonnaient les mers pour enlever des pèlerins, le prétexte était parfait pour justifier une guerre de course. Ces deux nouvelles activités de l'Ordre, la marine et la course, vont donner les moyens d'une nouvelle puissance aux Hospitaliers. Le pape Clément V autorise en 1306 le nouveau grand maître Foulques de Villaret (1305–1319) à armer une flotte sans l'autorisation de Henri II roi de Chypre. L'Ordre dispose alors de deux galères, une fuste, un galion et deux dromons. Dans cette région de la Méditerranée orientale, les côtes très découpées, peu accessibles par terre, et la présence de nombreuses îles procurent de nombreux repaires aux pirates favorisant tous les trafics commerciaux mais aussi humains. À cette période, l'île de Rhodes est un refuge sûr pour tous ces trafics. Installé à Malte, l'Ordre développe sa puissance maritime et maintient la paix en Méditerranée en combattant les Ottomans et les Barbaresques avec, pourtant, une flotte nettement inférieure, en unité navale, aux flottes musulmanes. Servir sur les galères de l'Ordre devient un passage obligé pour tous les aspirants chevaliers, souvent reçus dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dès leur plus jeune âge. Les familles nobles, majoritairement françaises, payaient à prix d'or le passage de leurs fils à Malte pour que ceux-ci deviennent pages du grand maître ou d'autres dignitaires de l'Ordre. Après une période de noviciat de douze mois, les novices devenaient chevaliers en prononçant leurs vœux. Ils devaient alors faire leurs caravanes. Ces caravanes, au nombre de trois, ( quatre au XVII ème siècle ) duraient généralement six mois chacune et formaient entre vingt et trente chevaliers par galère. Rapidement, la flotte de l'Ordre devient une sorte d'académie navale avant l'heure, de grande réputation, attirant des nobles de nationalités étrangères à l'Ordre comme des Russes ou des Suédois qui s'engageaient comme volontaires pour une durée de deux ou trois ans. C'est ainsi que de grandes personnalités navales ont été formées dans l'incubateur maritime de l'Ordre. Quand il fallut recréer une marine française pour affirmer la puissance maritime de la France, le cardinal de Richelieu choisit pour modèle la tradition navale de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem . L'Ordre des Hospitaliers, une puissance coloniale :
Déjà au XVI ème siècle, un l'Hospitalier Nicolas Durand de Villegagnon commande la flotte de Gaspard II de Coligny qui colonisera la cote du Brésil sous le nom de France antarctique. Il donne son nom à l'ilha Villegaignon dans la baie de Rio de Janeiro. Au XVII ème siècle, lors de la colonisation française des Amériques, parmi les administrateurs figuraient des chevaliers Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem comme Aymar de Chaste, Isaac de Razilly en Acadie, Charles Jacques Huault de Montmagny au Québec ou Philippe de Longvilliers de Poincy aux Antilles. Ils participaient à la colonisation en tant que représentants du roi de France mais non comme membre de l'Ordre. Mais de 1651 jusqu'en 1665, les Hospitaliers interviennent en leur nom comme colonisateur-administrateur aux Antilles. Déjà en 1635, Razilly propose sans succès au grand maître Antoine de Paulo d'établir un prieuré et des commanderies en Acadie. Poincy qui avait servi sous les ordres de Razilly comme commandant de fort en Acadie partageait les vues de son supérieur. Poincy est nommé gouverneur de l'île Saint-Christophe pour le compte de la compagnie des îles d'Amérique avant d'être nommé lieutenant-général pour les Caraïbes par Louis XIII en février 1639. Poincy va investir à titre personnel dans le développement de l'île. Il charge en 1640 François Levasseur de prendre possession de l'île de la Tortue. Son action est considérée comme trop indépendante de ses commanditaires. L'ordre des Hospitaliers lui reproche aussi d'utiliser les produits qu'il tire de sa commanderie française pour entretenir un train de vie non compatible avec celui d'un membre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il est finalement remplacé dans ses fonctions par Noël Patrocle de Thoisy le 25 février 1645. Le 25 novembre 1645, Poincy s'oppose au débarquement de Thoisy à Saint-Christophe. Après de multiples péripéties Poincy se fait livrer prisonnier Thoisy et le renvoie en France en 1647. Malgré l'appui des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la cour du Roi, Poincy doit payer 90 000 livres en dédommagement à Thoisy. Resté à Saint-Christophe, Philippe de Longvilliers de Poincy établit en 1648 la première colonie européenne sur Saint-Barthélemy et envoie un renfort de 300 hommes sur Saint-Martin pour conforter la petite colonie française en parallèle au traité de Concordia qui a fixé la frontière entre les établissements français et néerlandais, traité toujours en vigueur aujourd'hui. Il fonde en 1650 une colonie sur Sainte-Croix. En 1651, la compagnie des îles d'Amérique fait faillite et Poincy réussi à convaincre le grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Jean-Paul de Lascaris-Castellar d'acheter Saint-Christophe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Sainte-Croix pour 120 000 écus. C'est Jacques de Souvré qui négocie l'accord qui sera confirmé en 1653 par le roi de France Louis XIV qui reste souverain des îles. Les Hospitaliers ont compétences temporelle et spirituelle sur leurs îles à la condition de ne nommer que des chevaliers des langues du royaume de France et fournir au roi 1 000 écus d'or chaque année anniversaire. Philippe de Longvilliers de Poincy est confirmé dans sa charge de gouverneur mais l'Ordre nomme Charles Jacques Huault de Montmagny, ancien gouverneur de la Nouvelle-France, « général-proconsul » avec siège à Saint-Christophe avec mission de transférer au couvent général de l'Ordre les profits des colonies. Le précédent de Noël Patrocle de Thoisy, engage Montmagny à la prudence et quand il apprend que Poincy refuse de le reconnaître comme général-proconsul, il rentre en France. L'Ordre le renvoie en 1653 avec le titre de « lieutenant-gouverneur » et devant le refus réitéré de Poincy, Montmagny se retire à Cayonne attendant la mort de Poincy. Mais Montmagny meurt en 1657, trois ans avant Poincy. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem nomme Charles de Sales, nouveau « lieutenant-gouverneur » de 1660 à 1664, qui se fait facilement accepter par les populations. Mais la situation est de plus en plus difficile : le traité signé par Poincy peu avant sa mort avec les Anglais et les Caraïbes dure peu les revenus que les Hospitaliers tirent de leurs colonies sont de peu de rendement. En 1660, l'Ordre doit toujours de l'argent à la France pour l'achat des îles. Colbert très intéressé par le développement des colonies fait pression sur les Hospitaliers pour récupérer leurs îles. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, alors que Claude de Roux de Saint-Laurent est « lieutenant-gouverneur » en 1665, cède ses colonies antillaises à la toute nouvelle compagnie française des Indes occidentales mettant ainsi fin à 14 ans de gestion coloniale. L'Ordre des Hospitaliers, et la médecine médiévale :
Du XVI ème au XVII ème siècle, les Hospitaliers vont développer les techniques de médecine et de chirurgie comme des éponges imbibées d'opium que les malades suçaient jusqu'à s'évanouir. Mais tout commence réellement avec l'Hospital de Jérusalem dès le XII ème siècle, les statuts de Roger de Moulins du 14 mars 1182 officialisent pour la première fois dans le personnel soignant de l'Ordre, des médecins et des chirurgiens, puis avec celui de Rhodes. En 1523 les Hospitaliers innovent dans la médecine d'urgence en créant le premier navire hôpital avec la caraque Santa Maria ils inventent les infirmeries de campagne sous des tentes afin de pouvoir soigner les militaires blessés durant la guerre contre le corsaire ottoman Dragut en 1550. Parallèlement, entre 1530 et 1532, le grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam crée une « Commission de santé » composée de deux chevaliers et de trois notables et recrée un grand hôpital la Sacra Infermeria ( la Sacrée Infirmerie ) et une apothicairerie à Malte. En 1595, une école de médecine est créée puis en 1676, c'est l'école d'anatomie et de chirurgie, puis l'école de pharmacie de Malte en 1677 et enfin en 1687, la bibliothèque médicale. Mais c'est en 1771 qu'est créée la célèbre université de médecine qui ajoutera au rayonnement des Hospitaliers dans toute la Méditerranéenne mais aussi dans tout le monde occidental en 1794, c'est la création de la chaire de dissection. On peut également noter la création de l'école de mathématiques et des sciences nautiques au sein de l'université de Malte en 1782 . Les frères Robespierre, Bonaparte et les Hospitaliers :
À l'image des Templiers, l'ordre des Hospitaliers se militarise dès 1123 pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants. Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des Hospitaliers, nom finalement donné aux membres de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem. Contrairement aux Templiers, les Hospitaliers comprirent dès leur retour en France après avoir perdu les Etats Latins en 1291 que le climat politique n'était pas bon pour eux. Les Hospitaliers se mirent donc immédiatement au service du roi Philippe IV le Bel et renièrent l'autorité du Pape, ce qui leur sauva la vie. Les Templiers eux restèrent fidèles au Pape et se mirent le roi à dos, si bien que ce dernier finit par envisager leur extermination. Les Hospitaliers par leur vision opportuniste furent qualifiés de traitres par les Templiers . Au fil de leur histoire mouvementée, les chevaliers hospitaliers deviennent successivement chevaliers de Chypre puis chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours une dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIII ème siècle un des meilleurs d’Europe. Mais avec l'avénement de la révolution Française le vent tourna pour ces Hospitaliers opportunistes. Contrairement à ce que vous pourriez penser Maximilien Robespierre croyait en Dieu, mais il était profondément dégouté par le comportement d'un grand nombre d'écclésiastiques . Il n'aimait pas les Hospitaliers qu'il considérait comme des traitres envers le Pape, et il leur préférait les Templiers qui étaient à ses yeux des hommes intégres qui avaient été injustement traités par la Royauté et l'Eglise Française. Augustin Robespierre le jeune frère de Maximilien était très ami avec le jeune lieutenant Bonaparte ( lui aussi très croyant ) qu'il contribua à promouvoir au grade de Général à la suite du siège victorieux de Toulon contre les Anglais. Les deux hommes s'estimaient beaucoup et Augustin plaida ( entre autres ) la cause des Templiers auprès de son ami Bonaparte entre 1793 et 1794 quand Augustin était représentant de la Nation en mission pour l'armée ( celle du sud de la France et d'Italie ). Bonaparte retiendra la leçon concernant la fin tragique des Templiers, et, comme les frères Robespierre il considérera les Hospitaliers comme des traitres et des spoliateurs de l'Ordre du Temple.


En 1798 Bonaparte se lance dans la campagne d'Egypte, mais avant, le 12 Juin il s'arrete à Malte pour venger les Templiers, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem remettent (sans combattre) à l’armée française la ville et les forts de la Valette. Ils renoncent, en faveur de la République française, aux droits de souveraineté et de propriété qu’ils ont tant sur cette ville que sur les îles de Malte, de Gozzo et de Cumino. L'Ordre qui s'était placé sous la protection de Paul Ier de Russie après son banissement par Bonaparte, voit une majorité de ses chevaliers s'exiler à Saint-Pétersbourg où ils élisent le tzar comme grand maître en 1798. Mais avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'Ordre des Hospitaliers une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents. En plus des ordres historiques issus de la scission protestante comme le très vénérable ordre de Saint-Jean, son principal successeur catholique est l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ( fondé officiellement en 1961 ). Devenu Empereur, Bonaparte qui avait conservé toute son admiration pour les frères Robespierre, accordera en 1804 une pension à vie à leur soeur (Charlotte) qui vivait cachée et dans le plus grand dénument depuis que ses deux frères avaient été décapités en 1794, il restituera dans la foulée au clergé Français une grande partie des biens qui avaient été confisqués pendant la révolution.
Il convient enfin de noter que Bonaparte oeuvrera au renouveau du Templarisme dès 1806 , et ses successeurs ( Louis XVIII,Charles X,Louis Philippe ) lui emboiteront le pas.

8) Hospitaliers de Saint-Lazare

Les Hospitaliers de Saint-Lazare de Jérusalem la différence des autres ordres militaires et religieux qui s’établirent en Terre-Sainte, Saint-Jean, Le Temple ou Sainte-Marie des Teutoniques qui dépendaient de l’Eglise Latine, l’Ordre de Saint-Lazare était sous la juridiction de l’Eglise d’Orient. En l’absence du Patriarche Grec Melkite, le Maître de Saint-Lazare était suffragant (grand électeur) de l’archevêque des Arméniens. Après la prise de Jérusalem par les croisés, en 1099, les chevaliers devenus lépreux vinrent se faire soigner à l’Hôpital Saint-Lazare, certains restèrent au sein de la communauté monastique et prononcèrent leurs vœux tout en conservant leur engagement chevaleresque.


Au 12 ème siècle les chevaliers hospitaliers adoptèrent la règle de Saint-Augustin. Ainsi apparut l’identité définitive de l’Ordre de Saint-Lazare. Il fut confirmé comme Ordre religieux, militaire et hospitalier par une bulle du Pape Alexandre IV donnée le 11 des calendes d’avril 1255. Couverture de la règle du XIVè siècle Les hospitaliers de Saint-Lazare soignaient les lépreux et devaient accueillir parmi eux les chevaliers des autres ordres atteints de cette maladie. C’est ainsi que les Templiers prévoyaient dans leur règle l’accueil dans l’Ordre de Saint Lazare de leurs frères devenus lépreux. Après la prise de Jérusalem par Saladin en 1157, l’action militaire des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Lazare se développe. Ils participent à la prise de Saint-Jean d’Acre en 1191. On les retrouve ensuite aux côtés de l’Empereur Frédéric II de Hohenstaufen, Roi de Jérusalem, dans sa croisade de 1227. En 1244, ils prennent une part héroïque à la funeste bataille de Gaza. Puis, aux côtés du Roi de France, les chevaliers de Saint-Lazare participent au combat de Damiette et à la bataille de la Mansourah (1249). Lors du siège de Saint-Jean d’Acre en 1291, ils sont avec les chevaliers des autres ordres, les défenseurs héroïques de la dernière citadelle des Chrétiens en Orient. Les commanderies de l’Ordre existent alors dans de nombreux pays : France, Angleterre, Ecosse, Allemagne, Hongrie, Espagne, Italie, Suisse, Flandres, etc. En 1154, le Roi de France, Louis VII, donne à l’Ordre de Saint-Lazare le château royal de Boigny près d’Orléans. Après la perte de ses possessions en Terre Sainte l’Ordre regagne ses commanderies européennes et le Grand Maître, frère Thomas de Sainville, s’installe à Boigny qui accueillera ainsi le siège du Magistère de l’Ordre jusqu’à la Révolution Française. Afin de leur éviter toute spoliation, en 1308, le Roi de France, Philippe IV le Bel, prend l’ensemble des Chevaliers de Saint-Lazare sous sa garde et protection, qui, depuis lors, devient héréditaire. Depuis son siège de Boigny le Grand Maître dirige et développe les commanderies réparties dans toute l’Europe en recentrant leurs activités sur le soin des lépreux. Cette expertise médicale particulièrement appréciée est à l’origine de nombreux dons et legs qui permettent à l’Ordre de construire un important réseau de léproseries. Tous les deux ans, lors des célébrations de la Pentecôte, le Grand Maître réunit l’ensemble des chevaliers en Chapitre Général dans ce petit village de l’Orléanais devenu siège européen de Saint-Lazare.


Au cours des 14 ème et 15 ème siècles, les chevaliers développent leur activité hospitalière et leur fonction militaire s’affirme. Ils sont notamment aux côtés du Roi de France pendant la Guerre de Cent Ans ; certains d’entre eux sont compagnons de Jeanne d’Arc au siège d’Orléans. Mais l’Ordre de Saint-Lazare doit, à la fin du 15 ème et au cours du 16 ème siècle, faire face à de nombreuses difficultés. En 1517, le Prieuré de Capoue se détache du Grand Magistère de Boigny et constitue une branche distincte de l’Ordre, laquelle, en 1572, est unie à l’Ordre de Saint-Maurice pour former l’ordre des Saints Maurice et Lazare, sous la grande maîtrise héréditaire des Ducs de Savoie. En Angleterre, le Roi Henry VIII, lorsqu’il rompt avec l’Eglise Catholique en 1534, réunit au domaine royal les biens de l’Ordre. En Allemagne et en Suisse lors de la réforme, l’Ordre est dépossédé de ses biens. En France, grâce à la protection héréditaire des Rois de France, l’Ordre de Saint Lazare échappe à toute absorption et spoliation. Les Grands Maîtres de Boigny jouent un rôle important dans le royaume. C’est le cas de François Salviati (1578-1586) qui, avec l’aide de Henri III maintient le caractère international de l’Ordre ou celui de Aimard de Clermont de Chastes (1593-1603) qui est vice-amiral de France et compagnon du Roi.


En 1607, le Roi Henri IV fonde l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et en confie, en 1608, la Grande Maîtrise au Grand Maître de l’Ordre de Saint-Lazare, le marquis de Nerestang. L’union des deux Ordres sous une même Grande Maîtrise est confirmée par la bulle du Cardinal de Vendôme, légat du Pape en France, datée du 05 juin 1668, rappelant et confirmant les privilèges, grâces et indults accordés à l’Ordre de Saint-Lazare. Les deux Ordres réunis ont une vie commune jusqu’en 1788, soit un peu plus d’un siècle et demi, sans qu’il y ait pour cela fusion ou confusion. A partir de 1779, chaque Ordre reprend un recrutement et des insignes propres. En 1612, des vaisseaux de guerre arborant le pavillon des Ordres réunis prennent part à des expéditions au Niger. En 1666, dans le cadre de la restructuration de la marine française oulue par le Roi Louis XIV, les Ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel constituent une flotte de guerre battant pavillon aux armes de l’Ordre dont le port d’attache est Saint-Malo. Cette escadre comprend dix frégates. Ces navires armés par les chevaliers eux-mêmes sont rapidement engagés contre les bâtiments anglais. En mai 1666, le Chevalier de Groslieu, commandant la frégate « Saint-Lazare » meurt au combat après avoir rejeté plusieurs abordages de trois frégates anglaises. En avril 1677, le Chevalier de Cicé prend le commandement d’une escadre de quatre frégates, au mois de mai lors d’une sortie il rencontre un corsaire anglais. Après un combat de deux heures et avoir tué le capitaine anglais il est lui-même tué. Enfin, en décembre 1667, les Ordres fondent à Paris une Académie de Marine. S’appuyant sur le dynamisme que les Ordres réunis viennent de démontrer et sur leur compétence hospitalière, le Roi Louis XIV confie en 1672 aux Chevaliers de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel l’administration de toutes les léproseries, hôpitaux et Maisons-Dieu du royaume. Les Ordres réunis constituent ainsi un véritable ministère de la santé jusqu’en 1693. Sous la Grande Maîtrise du Marquis de Dangeau (1693-1720), les Ordres connaissent un nouveau rayonnement et étendent leur recrutement dans divers pays : Espagne, Naples, Saxe, Pologne, Danemark, Suède, Ecosse et parmi les Chrétiens d’Orient, fidèles en cela aux origines de l’Ordre de Saint-Lazare. Après le Duc d’Orléans, premier Prince du sang, qui s’attache à un retour plus rigoureux de la pratique religieuse, notamment celle de la lecture de l’office quotidien prescrite par la règle, le Prince Louis de France, Duc de Berry et futur Roi Louis XVI, est investi de la Grande Maîtrise en 1757. Un différend entre l’Assemblée du Clergé de France et les Ordres réunis portant sur la capacité pour un Ordre essentiellement composé de laïcs de recevoir des biens ecclésiastiques conduit le Pape Clément XIV à rédiger la Bulle « Militarium Ordinum Institutio » du 10 décembre 1772 qui lui enlève capacité tout en le confirmant dans son état. Le Duc de Berry, devenu Roi de France, se démet de sa fonction de Grand-Maître et son frère, le Comte de Provence, futur Louis XVIII, lui succède en 1773. Par un règlement du 21 janvier 1779, le nouveau Grand-Maître sépare le recrutement des Ordres réunis. L’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel est désormais réservé aux seuls élèves de l’Ecole Militaire. La dernière promotion est nommée en juillet 1787 et l’Ecole supprimée en 1788. Le Roi Louis XVI attribue, par lettres patentes de septembre 1788, les bâtiments de l’Ecole Militaire aux Chevaliers de Saint-Lazare. Les évènements de 1789 empêchent l’Ordre de poursuivre ses activités. IL n’y a pas d’investiture lors de la Saint-Lazare, le 17 décembre 1789, comme cela était la tradition, et le gouvernement révolutionnaire confisque tous les biens de l’Ordre en 1791, y compris la commanderie magistrale de Boigny. Le Comte de Provence part en immigration où il continue de diriger l’Ordre et de nommer des Chevaliers. En 1799, il admet dans l’Ordre le Tsar Paul 1er de Russie et le futur Tsar Alexandre 1er,faisant de même en 1808 pour le Roi Gustave IV de Suède. Par la suite, d’autre Chrétiens non catholiques sont admis dans l’Ordre comme Chevaliers d’honneur, permettant ainsi de faire apparaître un aspect particulier de la vocation de l’Ordre, celle de l’unité des Chrétiens. En 1814, lorsque le roi Louis XVIII rentre en France, l’Ordre de Saint-Lazare reprend sa place, mais le roi ne conserve pas la Grande Maîtrise, se contentant d’en être le Protecteur. Tout en restant favorable à l’Ordre, Louis XVIII ne fit rien pour lui redonner son lustre ( cette attitude peut s’expliquer de la manière suivante : le Comte de Provence, lorsqu’il était encore en émigration utilisa une grande partie des fonds appartenant à l’Ordre, devenu roi, il autorisa les chevaliers à reprendre leurs activités, lui-même est représenté sur tous les tableaux officiels avec sa croix de Saint-Lazare, mais, certainement pour éviter un rappel de sa dette, il n’encouragea pas un redéploiement de l’Ordre ). A sa mort en 1824, son successeur, le Roi Charles X devient protecteur de l’Ordre. Celui-ci est alors dirigé par le Conseil des Officiers au nombre desquels figure le Chevalier Du Prat-Taxis, agent général de l’Ordre, secondé par le Baron Silvestre, héraut d’armes et du Baron Dacier historiographe, l’Abbé Picot étant Chapelain du Conseil. Louis XVIII, Protecteur de l’Ordre, ne semble pas avoir autorisé de nomination ou de promotion dans l’Ordre, par contre sous le protectorat du Roi Charles X, une dizaine de nominations et deux promotions témoignent de son renouveau. Lors de la Révolution de 1830, les Chevaliers de Saint-Lazare perdent leur protecteur temporel, le Roi Charles X, contraint à l’exil. Le Conseil des Officiers, auquel se sont joints le Commandeur Comte d’Albignac et le Commandeur Marquis d’Autichamp, s’adressent alors à leur premier Protecteur spirituel, le Patriarche Grec Melkite. Le Patriarche Maximos III accepte, en 1841, de reprendre cette protection. Celle-ci, qui rappelle la première juridiction dont dépendait les Hospitaliers de Saint-Lazare au début de leur présence en Terre-Sainte, se substitue à celle du Roi de France en ce qui concerne la dimension historique et à celle directe du Saint-Siège en ce qui concerne la dimension spirituelle ( le Conseil des Officiers est conscient de l’impossibilité, à cette époque, de faire admettre des chevaliers non catholiques par l’Eglise romaine dite de rite latin ). Le choix du Patriarche grec catholique est un épisode important de l’histoire de l’Ordre. Les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Lazare renouent ainsi avec l’humilité de leurs origines. Dès 1844, ils participent à une œuvre importante dans le cadre de leurs nouveaux engagements. Il s’agit de la reconstruction du monastère du Mont-Carmel près de Jérusalem. Cet important projet mobilise les énergies des membres de l’Ordre de Saint-Lazare dans la deuxième partie du 19 ème siècle. Cette mobilisation s’élabore autour de deux objectifs : retrouver leurs racines en Terre Sainte et recentrer leur action hospitalière sur l’accompagnement des pélerins. Ce retour aux sources et cette action sont encouragés par un comité où l’on trouve le Comte de Montalembert, Alfred de Vigny, Alphonse de Lamartine côtoyant Alexandre Dumas et Victor Hugo. Ce comité constitué pour récolter des fonds édite une notice rédigée en 1844 qui précise : « …Depuis nos croisades l’ordre des Hospitaliers de Saint-Lazare, qui s’est formé en Palestine des premiers compagnons de Godefroy, pour nos compatriotes blessés loin de la Patrie, s’est joint à l’ordre des Carmes, et garde le caractère chrétien, humain et français de sa première institution ». Au cours de ces années, les derniers chevaliers, nommés pendant la restauration, sont rejoints pas des chevaliers nommés par le Conseil des Officiers et confirmés par les Patriarches successifs afin de maintenir le service de l’Ordre. En 1910, le Patriarche Cyrille VIII rétablit la chancellerie de l’Ordre à Paris et celle-ci reprend en main les destinées de l’Ordre. Après la guerre de 1914-1918, il s’étend en France, en Espagne et aux Pays-Bas et s’implante hors d’Europe notamment aux Etats-Unis et au Canada. En 1933, le Grand Magistère est restauré et Françoisde Bourbon, Duc de Séville, en prend la tête avec le titre provisoire de Lieutenant-Général. Les Chevaliers de Saint-Lazare développent leur action hospitalière et plus particulièrement en Terre Sainte dans le cadre des œuvres du Patriarcat (Jérusalem, Alep et Damas). En décembre 1935, le Chapitre général se réunit en France et le Duc de Séville est élu Grand-Maître. L’Ordre continue son développement international en restructurant des prieurés anciens, notamment en Allemagne avec le Prince Ferdinand de Hohenzollern, en Bohème avec le Prince Charles de Schwartzenberg, en Roumanie avec le Roi Carol II, en Bulgarie avec le Roi Boris III. Ces nouveaux prieurs aux noms prestigieux permettent un véritable renouveau de l’Ordre dans le cadre hospitalier comme dans celui de l’unité des chrétiens qui s’affirme comme faisant partie intégrante de sa vocation. En effet, la tradition instaurée par le Comte de Provence de nommer des Chevaliers d’honneur non catholiques se perpétue avec ces nouveaux Prieurs. Le Magistère et le Protecteur spirituel de l’Ordre sont catholiques mais les membres peuvent appartenir aux grandes religions chrétiennes. Les règles et statuts sont modifiés dans cet esprit et permettent dorénavant à des Dames de rentrer dans l’Ordre en souvenir des Sœurs de Saint-Lazare qui, aux côtés des Chevaliers Hospitaliers, soignaient les lépreuses. Lors de sa seconde guerre mondiale, l’Ordre de Saint-Lazare organise dès 1940, un corps d’ambulances pour le front français. Pendant l’occupation, il institue un corps de volontaires secouristes dits « Volontaires de l’Ordre de Saint-Lazare » qui sauve de nombreuses vies lors des bombardements notamment en Normandie et en région parisienne. Son action humanitaire et patriotique est reconnue par le gouvernement français en 1945 et 1947. Celui-ci décerne, à ce titre, la croix de guerre au Grand Capitulaire de l’Ordre. Après le conflit, les Chevaliers de Saint-Lazare reprennent leurs actions hospitalières et leur démarche en faveur de l’unité des chrétiens. Pour cela, des accords sont passés avec Raoul Follereau afin de reprendre le combat contre la lèpre, des dispensaires sont créés en Afrique, un village pour lépreux est construit à titre expérimental au Sénégal, à Djifonghor. Au croisement de la vocation humanitaire et de celle de l’unité des Chrétiens, l’Ordre de Saint-Lazare accueille Albert Schweitzer comme chevalier. Le médecin et pasteur de Lambaréné va accompagner l’Ordre dans ses projets africains. L’ensemble de ces actions vaut à l’Ordre de Saint-Lazare la reconnaissance officielle d’un certain nombre d’états : la Bolivie en 1950, le Canada en 1963, l’Autriche en 1977, la Croatie en 1992 et la Hongrie en 1993. Le 12 septembre 2004, l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem a retrouvé une légitimité comparable à celle qu’il détenait avant 1830. En effet, un événement historique se déroule ce jour-là en la cathédrale d’Orléans. Le Prince Charles-Philippe d’Orléans, qui vient d’être élu la veille par le Chapitre Général, est investi dans ses fonctions de 49 ème Grand-Maître de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem « tant en deçà qu’au delà des mers » par son Eminence le Cardinal Paskaï, Primat de Hongrie, assurant le lien avec le Saint-Siège. Cette cérémonie est couronnée par la proclamation solennelle du Chef de la Maison de France, Monseigneur le Comte de Paris, Duc de France, réaffirmant détenir dans son héritage, depuis le roi Philippe IV le Bel, le titre de « Protecteur de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem ». A cette date, prend fin la Protection substitutive à celle du chef de la Maison de France et à celle du Saint-Siège que les Patriarches Grecs Melkites assumèrent pendant un siècle et demi. Actuellement l’Ordre de Saint-Lazare est déployé dans 24 pays de tous les continents. Son action hospitalière, qui se caractérise par des liens constants entre celui qui aide et celui qui est aidé, conserve sa vocation initiale orientée vers le soin des lépreux mais se développe également autour d’actions hospitalières en Europe centrale et de l’accompagnement des jeunes défavorisés des grandes villes.
L'Ordre en Terre Sainte
Des chevaliers lépreux, maintenant de Saint-Lazare, arborant la croix verte à la place de l'étoile blanche des Hospitaliers, rouge des Templiers ou noire des Teutoniques, se retrouvent les armes en mains dans les combats de Terre sainte comme pour la prise d'Acre en 1191, la bataille de Gaza en 1244, au combat de Damiette, à la bataille de Mansourah en 1250. C'est en adoptant alors la règle augustinienne que l'Ordre est reconnu comme hospitalier par une bulle d'Alexandre IV fulminée le 11 avril 1255. Lorsque la ville d’Acre est perdue lors du Siège de Saint-Jean-d'Acre en 1291, confirmant la perte des États latins d'Orient, le maître général de l'ordre, Thomas de Sainville, regroupe les restes de l'Ordre sur le Royaume de France, lui-même installant le siège de l'Ordre à la commanderie de Boigny-sur-Bionne.
L’Ordre en Occident
Près d'Orléans, le domaine de Boigny-sur-Bionne aurait été fondée par Louis VII et érigé en domaine royal. Au retour de la deuxième croisade, le roi installe sur le domaine des chevaliers de l'ordre de Saint-Lazare. Après son mariage avec Constance de Castille qui y aurait été célébré en 1154, il cédera l'ensemble du domaine à l'Ordre qui en fera sa commanderie mère. En Occident, les Lazarites ont une nouvelle vie et les fondations sont très nombreuses durant les xiiie et xive siècles : des commanderies de l’Ordre existent alors, en plus de la France, en Angleterre, Écosse, Allemagne, Hongrie, Espagne, Italie, Suisse, Flandres, etc.
Dans le même temps où Philippe le Bel cherche à exterminer l'Ordre du Temple, il met sous sa garde, en 1308, l'ordre de Saint-Lazare en déclarant le roi de France comme protecteur héréditaire de l'Ordre. Leur compétence au service des malades est appréciée. Au xve siècle cependant, l’ordre périclite rapidement. En Allemagne, ils sont incorporés à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1498. En France, les Templiers reprennent leurs commanderies à Boigny. Au xvie siècle l'Ordre perd une grande partie de ses ressources en même temps que des biens importants en Italie, Angleterre, Allemagne et Suisse. En 1517, le Prieuré de Capoue se sépare de l'Ordre pour former une branche distincte. En 1572, ce prieuré s'unit à l’ordre de Saint-Maurice pour former l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare qui se place sous la protection héréditaire des Ducs de Savoie. En 1534 lorsqu’il rompt avec l'église catholique, Henri VIII réunit le Prieuré anglais de Burton au domaine royal. En Allemagne et en Suisse, l'Ordre est dépossédé de ses biens par les princes protestants lors de la Réforme.
Union de l'Ordre avec l'ordre Notre-Dame du Mont-Carmel
En 1607, Henri IV fonde l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel pour sceller la réconciliation du roi de France, converti au catholicisme en 1593, avec le Saint-Siège. En 1608, il en confie la direction au grand maître de l’ordre de Saint-Lazare, Philibert de Nerestang. Après un refus du pape, l’union est confirmée le 5 juin 1668 par une bulle du Cardinal de Vendôme, légat du pape en France. Depuis lors, les deux ordres réunis sont plus soumis à la royauté qu'à la papauté. C'est le roi de France, et non le pape ou même les chevaliers, qui désigne le grand maître conjoint des deux ordres. Ils aident leur protecteur, le roi de France, en fonction de ses désirs, dans le secours aux vieux soldats, dans la course barbaresque ou sus à l'« Anglais » en armant dix frégates à Saint-Malo, en créant en 1667 l'académie de marine à Paris ou en administrant toutes les léproseries et hôtels-Dieu du Royaume entre 1672 et 1693. La royauté se servira aussi de l'ordre royal de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem réunis comme d'un ordre de chevalerie avec l'ordre de Saint-Michel. À la création de l'ordre de Saint-Louis en 1693 par Louis XIV, l'ordre royal de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem fut réservé aux personnes de fraîche noblesse, voire à de simples roturiers. Avec la nomination, en 1720, de Louis, duc d'Orléans comme grand-maître des ordres réunis (1720-1752), la grande maîtrise n'échappera plus à un prince de sang. Le duc d'Orléans va s'attacher à redonner aux ordres une plus grande rigueur religieuse en réinstituant une lecture de l’office quotidien tel que le veut la règle. Suivra Louis, duc de Berry (1757-1773), futur Louis XVI, qui devra régler un différend avec l’assemblée du Clergé de France au sujet de la capacité pour un ordre essentiellement laïque de recevoir des biens ecclésiastiques. Clément XIV règlera le problème avec la bulle Militarium Ordinum Institutio, le 10 décembre 1772, déniant cette capacité à un ordre non religieux. Enfin Louis, comte de Provence (1773-1814), futur Louis XVIII, est le dernier grand maître, il donnera une indépendance à chacun des deux ordres en 1779. C'est par un nouveau règlement du 21 janvier 1779, que le comte de Provence réserve l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel aux seuls élèves de l’École militaire.
Retour à un ordre hospitalier
Après la dernière promotion à l'École militaire en juillet 1787, le comte de Provence ferme l’École en 1788 et supprime l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel en attribuant par lettres patentes de septembre 1788, ses biens à l'ordre de Saint-Lazare de Jérusalem. La Révolution va précipiter la fin de l'ordre de Saint-Lazare quand le gouvernement révolutionnaire confisque tous les biens de l’ordre en 1791, à commencer par la commanderie magistrale de Boigny-sur-Bionne. Le comte de Provence part en exil à Coblence, à Kalmar, Riga et enfin Mittau d'où il continue de diriger l’ordre en nommant des chevaliers. En 1799, il admet le tsar Paul Ier de Russie, grand admirateur des ordres de chevalerie et son fils le futur tsar Alexandre Ier de Russie. En 1808, c'est le roi Gustave IV Adolphe de Suède qu'il nomme chevalier. Il s'installera dès 1807 en Grande-Bretagne qui lui versera, ainsi que la cour du Brésil, des fonds. Le futur Louis XVIII épuisera aussi les derniers biens de l'ordre de Saint-Lazare pour entretenir la petite cour qui l'entoure. Devenu roi de France en 1814-1815, il ne porte plus le titre de grand maître mais celui de protecteur de l'ordre de Saint-Lazare. Il se gardera bien de nommer un nouveau grand maître, laissant l'ordre à la direction d'un administrateur général, Claude-Louis, duc de La Châtre (1814-1824). À la mort de Louis XVIII, la protection de l'ordre revient à Charles X qui laisse la direction de l'ordre à un conseil des officiers. Après la Révolution de 1830 et le départ du roi en exil, l'ordre de Saint-Lazare n'a plus d'activité et les derniers chevaliers recherchent, pour renouer avec les origines, la protection du patriarche grec-melkite qui n'acceptera la charge de protecteur qu'en 1841 quand il ne reste plus rien à protéger.
Liste des grands maîtres de l’ordre de Saint-Lazare
Le manque de documents sur l'origine de l'Ordre ne permet pas de connaitre avec certitude les premiers responsable de l'Ordre. Il existe même une confusion avec les Hospitaliers de Saint-Jean qui fait attribuer certains de ses responsables aux Hospitaliers de Saint-Lazare comme frère Gérard, Boyant Roger et même Raymond du Puy. Nous possédons une liste dressée par Dorat de Chameulles dans son Armorial des Ordres de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare qui fait débuter la liste des supérieurs de l'ordre en 1234.
Supérieurs de l'Ordre en Terre Sainte
Raynaud de Flory (1234-1254) : les Flory tenaient un rang distingué dans le royaume de Jérusalem, mais leurs origines et leurs armes ne sont pas connues. Vers 1200, un Flory de Fouquerol était prieur de France des Hospitaliers de Saint-Jean.
Jean de Meaux (1254-1277) : titré précepteur général de l'ordre. Plusieurs membres de cette famille se croisèrent et l'un d'eux escorta de Terre Sainte à la Sainte Chapelle de Paris la Sainte Couronne d'épines du Christ.
Thomas de Sainville (1277-1312) : titré maître général de l'ordre.
Supérieurs de l'Ordre au Royaume de France
Adam de Veau (1312-1342).
Jean de Paris (1342-1349).
Jean de Coaraze (1349-1354/55) : dit fautivement Courras et Couraze.
Jean Le Conte (1354/55-1368).
Jacques de Besnes alias de Baynes (1368-1384).
Pierre des Ruaux (1413-1454).
Guillaume des Mares (1454-1469) : il existe en Normandie, province dont ce maître des Hospitaliers de Saint-Lazare était originaire, une famille des Mares de Bellefossé qui revendique Guillaume pour l'un des siens.
Jean Le Cornu (1469-1493).
François d'Amboise (1493-1500) : neveu d'Aimery d'Amboise, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Agnan de Mareuil (1500-1519).
François de Bourbon, comte de Saint-Pol (1519-1521) : son inscription sur la liste des chefs de l'ordre n'est justifiée que par un acte du 18 juin 1521 le qualifiant commandeur de Boigny. Il appartenait à la branche des Bourbon-Vendôme et c'est par son mariage, en 1535, qu'il devint duc d'Estouteville.
Claude de Mareuil (1521-1524) : neveu d'Agnan de Mareuil.
Jean Conti (1524-1557).
Grands maîtres de l'Ordre
Jean de Levis (1557-1564) : il est mis à la tête de l'ordre en vertu de la bulle Nos igitur de 1489. Prend le titre de grand maître.
Michel de Sèvre (1564-1578) : chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, l'un des plus remarquables grands maîtres de Saint-Lazare avec ses successeurs Salviati et Clermont-Chastes.
François Salvati (1578-1586) : parent et conseiller de Catherine de Médicis.
Michel de Sèvre (1586-1593) : en renonçant à sa charge en faveur de Salviati, il s'en était réservé certains droits honorifiques et reprit ses fonctions après la disparition de ce dernier.
Aymar de Clermont de Chastes (1593-1603) : maréchal de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Vice-amiral des mers du Ponant. Selon certains auteurs, dont Dorat de Chameulles qui le cite dans son armorial, Clermont aurait eu pour successeur immédiat Hugues Catelan de Castelmore dont le magistère fut bref.
Charles de Gayand de Monterolles (1603-1604) : neveu de Clermont et assumant les fonctions de grand maître dès 1599 d'après Gautier de Sibert.
Philibert, marquis de Nérestang (1604-1620) : grand maître de Saint-Lazare puis (1608) des ordres réunis de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel.
Claude, marquis de Nérestang (1620-1639) : fils du précédent.
Charles, marquis de Nérestang (1639-1644) : fils du précédent.
Charles-Achille, marquis de Nérestang (1645-1673) : frère de Charles.
Michel Le Tellier, marquis de Louvois (1673-1691) : avec le titre de vicaire général jouissant des pouvoirs attachés à celui de grand maître.
Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau (1693-1720).
Louis d'Orléans, duc de Chartres, puis duc d’Orléans (1720-1752).
Louis de France, duc de Berry (1757-1773) : il quitta le grand magistère en devenant dauphin et fut le roi Louis XVI.
Louis de France, comte de Provence (1773-1814) : frère du précédent et futur Louis XVIII. Le futur Louis XVIII épuisera aussi les derniers biens de l'ordre de Saint-Lazare pour entretenir la petite cour qui l'entoure. Devenu roi de France en 1814-1815, il ne porte plus le titre de grand maître mais celui de protecteur de l'ordre de Saint-Lazare. Il se gardera bien de nommer un nouveau grand maître, laissant l'ordre à la direction d'un administrateur général, Claude-Louis, duc de La Châtre (1814-1824). À la mort de Louis XVIII, la protection de l'ordre revient à Charles X qui laisse la direction de l'ordre à un conseil des officiers. L'ordre disparaît définitivement en 1830, à la chute de Charles X.

9) L'Ordre de Sainte Marie d'Espagne

L'Ordre de Sainte Marie d'Espagne 'Ordre de Sainte Marie d'Espagne, est peut-être le moins connu des ordres militaires, on peut dire que sa brève histoire condense tous les espoirs, les idéaux et toutes les frustrations de son fondateur, le roi Sabio. Son nom invoque la Vierge et l'Espagne. Créé le 16 Novembre 1272, comme mentionné, sous le titre de "Dame de l'Espagne" fidèle exposant de la foi mariale Sage Roi et son idée de supracastellana de "Je sors de l'Empire ". L'idée qui a conduit créer ce nouvel ordre militaire était celle de "Fechos de la mer" et d'encourager les idéaux de la chevalerie de guerre contre les infidèles en mer. L'idée est que nous ne pouvons pas découpler le déjà mentionné "Je sors de l'Empire", un projet ambitieux qui répond également à la position hégémonique de Castille dans la péninsule ibérique. Même si nous savons que des années plus tard, selon les circonstances historiques que connaît Castille, il pensera à utiliser la force militaire pour défendre la frontière espagnole à Grenade. L'Ordre de Sainte Marie d'Espagne, mode avéré de l'Ordre de Calatrava, était composée de clercs, chevaliers et autres frères laïcs.
4 monastères principaux, vrai capitaine général des départements maritimes : Cartagene, San Sebastian, La Corogne et Puerto de Santa Maria castillan couvrant l'ensemble du littoral et les forces navales unifié sous la direction d'un amiral, ( qui serait l'infant Don Sancho, 2 ème fils du monarque ), tout cela nous donne une preuve supplémentaire de l'importance qu'ils voulaient donner au projet. Mais le sage roi voulait plus, donc il a demandé l'ajout de « Santa Maria d'Espagne » dans l'Ordre cistercien au chapitre général de l'ordre a eu lieu en Janvier 1273 dans lequel il est apparu Maestre Gaufrido de Everle, aumônier roi de Castille, présentant les articles de Sainte-Marie d'Espagne et de plaider en intégrant leurs monastères et couvants à l'ordre cistercien. Ainsi, lorsque le sage roi accorde le château Medina Sidonia à l'Ordre de Santa Maria, il apparait dans les minutes comme ordonnance ETOILE "nous portons le nom ETOILE". D'autres dispositifs furent utilisés par Alfonso pour consolider l'ordre, tels que l'octroi de privilèges et de récompenses pour une meilleure gouvernance, et avantages économiques pour faciliter leur développement.
Ainsi, l'Ordre a acquit plus d'indépendance. La mort de Don Fernando de la Cerda en 1275 et l'auto-proclamation de Don Sancho de Castille comme héritier allait provoquer un changement dans la direction de l'Ordre, ( jusque-là détenu par Don Sancho ), avec l'ajout que le successeur devenait "Maestre".
Le début de la Reconquista
Ce sont donc des États riches, structurés et détenteurs d’une technologie aussi avancée que celle du califat de Cordoue qui vont mener la Reconquista. L’intolérance religieuse et la violence d’Al-Mansur a laissé des traces : les États espagnols bénéficient du soutien de la population dans les territoires repris (l’instauration de la religion catholique obligatoire n’aura lieu qu’au XVIe siècle). Mais après l’effondrement du califat omeyyade de Cordoue au XIe siècle et son émiettement en une multitude de royaumes, les divisions au sein de l’espace musulman deviennent également importantes. De plus, ils ne purent que rarement compter sur un soutien du reste du monde musulman, au contraire des Chrétiens à partir de 1064 qui bénéficiaient de réguliers renforts venus notamment de France. Ces derniers parvinrent de ce fait à rétablir au fil de victoires et de reconquêtes leur domination sur la péninsule.

L’Andalousie musulmane perd son indépendance à la fin du XIe siècle avec la conquête des Almoravides berbères, venus du Maroc, qui donnent un coup d’arrêt à l’avancée chrétienne à Zalaca. C’est aussi la fin d’un âge d’or culturel : les Almoravides, sunnites austères et rigides, favorisent plus les religieux que les poètes ou les philosophes. L’affaiblissement du sultanat almoravide entraîne une seconde vague de l’islam berbère, celle des Almohades de tendance chiite, qui en 1147 dominent le Maroc et al-Andalus, après avoir infligé une défaite aux Castillans lors de la bataille d’Alarcos (voir conquête des Almohades). Mais ce contre-mouvement est annihilé au XIIIe siècle lorsque les royaumes chrétiens s’unissent et, soutenus par une nouvelle croisade, défont les Musulmans à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212.
La prise de Cordoue et de Séville par les Castillans est complétée par les dernières campagnes de la Reconquista aragonaise ( Valence et Baléares ) et portugaise ( Algarve ). Les musulmans ne dominenent plus que dans le royaume abencérage de Grenade. Dans les derniers temps d’al-Andalus, la Castille – unie définitivement au Royaume de León depuis 1230 – a suffisamment de forces militaires pour conquérir le royaume de Grenade, mais ses souverains préfèrent soumettre les taïfas à un tribut ( paria ). C’était avec le commerce des productions de Grenade le principal mode d’introduction de l’or africain dans l’Europe médiévale. Le Royaume de Grenade, alors sous la forme de l’émirat de Grenade, avait été reconnu comme vassal par la Castille depuis 1246 et ainsi devait lui payer un tribut. Le grand élan de la reconquista espagnole s’appaise après 1250. Seul le royaume de Grenade, dans le sud de l’Espagne, reste aux mains des musulmans. La Castille veut contrôler le détroit de Gibraltar pour empêcher la dynastie mérinide du Maroc de secourir Grenade et déjà l’on envisage des croisades en Afrique du Nord. Alfonso X le Sage crée alors à Carthagène, en 1272, l’Ordre de Sainte-Marie d’Espagne ( Órden de Santa Maria ), sur le modèle de Calatrava. La vocation militaire de l’ordre est appelée à s’exercer sur les mers, et c’est le premier du genre ( avant l’ordre de Malte et l’ordre toscan de San Stefano ). La défaite navale d’Algésiras en 1279 bloque net son essor . L’ordre est supprimé en 1281.

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