Naissance de Salah ad-Dîn
Saladin est né en 1138 à Tikrit ( ville située de nos jours en Irak ).
Dès l'année 1130, le Moyen Orient est dominé par les Turcs Seldjoukides. Deux califats s’opposent pour le pouvoir, celui de Baghdâd, dirigé par la dynastie des Abbassides sunnites et celui du Caire, dirigé par les Fatimides chiites.
Dans ce contexte instable, un rapprochement s'opère entre les Turcs et les Kurdes, et c’est ainsi qu’en 1130, un officier kurde du nom de "Najm ad-Dîn Ayyub", est nommé gouverneur de Tikrīt par l’atabeg "Imad ad-Dîn Zengui". En mars 1132, l'atabeg est contraint de fuir pour sauver sa vie, il se réfugie alors chez "Najm ad-Dîn" ( le père de "Salah ad-Dîn" ). Vers 1137 les Ayyubides sont chassés de la région, mais le jeune frère de "Najm ad-Dîn", "Shirkuh" assassine le commandant de l’armée d'occupation. Les Ayyubides doivent alors se réfugier à Mossoul auprès de "Zengui".
Deux modèles pour le jeune Saladin
alah ad-Dîn grandit entouré d'hommes d’action qui marqueront considérablement son éducation. Le premier est l’émir Turc "Nur al-Dîn", fils de Zengui. Le second fait partie du cercle familial de "Salah ad-Dîn", c'est son oncle paternel, le général "Shirkuh".
"Nur ad-Dîn" est un homme très pieux qui hérite de l’intelligence militaire de son père. Il souhaite unifier la Syrie et l’Irak sous une seule banière afin de combattre les Chrétiens installés en Orient depuis la première croisade en 1099. C'est dans ce but, que "Nur ad-Dîn" rassemble une armée considérable et s’empare d’Antioche en 1149.
En 1154, "Nur ad-Dîn" conquiert Damas avec l’aide de "Shirkuh". La cité prospère sous l'administration musulmane sunnite. "Nur ad-Dîn" consacrera toute son ernergie pour unifier les musulmans sunnite afin de reconquérir toute la Terre Sainte.
"Salah ad-Dîn" accompagne constamment son oncle, le général "Shirkuh" dans les entreprises que lui confie "Nur ad-Dîn". La mission qui marquera durablement "Salah ad-Dîn" débute en 1161 lorsque "Shirkuh" est choisi pour rétablir la position du chiite "Shāwar ibn Mujīr al-Saʿdī" au poste de Vizir d’Egypte. Mais Shāwar ne sera pas reconnaissant, et trahira celui qui lui était venu en aide. Dès lors, le général décidera de s’approprier l’Egypte.
L’ascension de Saladin
près une campagne militaire appuyée par les troupes du calife de Baghdâd "Al-Mustanjid" et celles de "Nur ad-Dîn", le général "Shirkuh" ( toujours accompagné de Salah ad-Dîn ) atteint son but, et, il est nommé Vizir par le calife Fatimide "Al-Adid" du Caire en 1169. Malheureusement, "Shirkuh" décèdera deux mois plus tard obligeant "Salah ad-Dîn" à lui succèder prématurément.
Saladin est très rusé et il navigue habilement dans les eaux troubles de la politique égyptienne. Il maîtrise parfaitement les rouages économiques de sa région qui prospère, de plus, il couvre ses émirs et ses vassaux de cadeaux afin d’obtenir de leur part une totale loyauté.
Progressivement, "Salah ad-Dîn" remplace l’élite chiite par ses hommes, c'est alors que le calife "Al Adid" tombe malade voyant ainsi son pouvoir s'étioler. Dans ce contexte, le pouvoir des Fatimides s'amoindrit tandis que les forces militaires Ayyubides dissuadent d’agir ceux qui ne sont pas en accord avec l’ascension du Sunnisme en Egypte. Les Fatimides admettent leur déclin, et dans un soucis d'épargner des luttes intestines inutiles, ils n’opposent pas de résistance.
Le 13 septembre 1171, le dernier calife Fatimide décède et "Salah ad-Dîn" explique au fils du défunt qu’il n’a pas été nommé successeur et n’hérite donc pas du titre de Calife. "Salah ad-Dîn" prend officiellement le pouvoir et obtient le titre de Sultan.
Les conquêtes de Saladin
’émir "Nur ad-Dîn" décède en 1174, et dans la foulée "Salah ad-Dîn" s’empare de la ville de Damas. De suite il oeuvre à réaliser le rêve de Nur ad-Dîn, à savoir, la reconquête de Jérusalem. Contre toute attente, trois ans plus tard, en 1177, "Salah ad-Dîn" essuie une défaite cuisante en affrontant le roi Baudouin IV ( le Lépreux ) à Montgisard. Mais, "Salah ad-Dîn" ne renonce pas et deux ans plus tard il s’empare de la forteresse du Chastelet ( construite par Baudouin IV ) le 29 août 1179 à la bataille du gué de Jacob.
Ces premiers affrontements avec les Chrétiens sont plus difficile que prévu et "Salah ad-Dîn" changera son programme pour récupérer Jérusalem, en effet avant de pousuivre ses actions militaires il aura besoin de toute la puissance militaire Egyptienne et Syrienne. Mais, unifier les musulmans sous un seul étendard n’est pas chose aisée, car il doit affronter ses ambitiaux coreligionnaires.
C'est dans ce contexte compliqué, qu'en 1182 "Salah ad-Dîn" rassemble toute ses troupes devant le Caire afin de lancer sa campagne Syrienne. Le 20 juin 1183, le Sultan récupère Alep, grâce aux querelles qui existent dans le camp des Zengui depuis le décès du fils de "Nur al-Dîn" en 1181.
Fin de l'aventure Chétienne
n nouveau venu au prôche orient, Renaud de Châtillon va tout bouleverser. Il reproche aux seigneurs Chrétiens locaux de se soumettre aux Musulmans et de n'avoir aucun courage. Ceux-ci ont beau lui expliquer que la diplomatie proche orientale n'est faite que de compromis, il ne veut rien entendre. Il organise moult raids contre les caravanes musulmanes. Rien ne l'arrête, au point qu'il décide d'attaquer la ville sainte de Médine. "Salah ad-Dîn" réplique en attaquant la forteresse de Kérak en octobre 1183 ( emplacement stratégique entre l’Egypte et Damas ). L’opération se solde par un échec et "Salah ad-Dîn" rentre à Damas.
En mars 1185, Baudouin IV décède et son neveu, Baudouin V lui succède sous la régence de Raimond de Tripoli qui signe une trêve avec "Salah ad-Dîn", ce qui permet au Sultan de concentrer ses efforts sur la ville musulmane de Mossoul ( dans le but d'unifier toute la région sous sa banière ). C'est sans combattre véritablement que le 3 mars 1186, la ville prête allégeance au Sultan et s’engage à lui fournir les moyens pour la reconquête de Jérusalem.
A l’été 1186, Baudouin V décède et sa mère, Sybille, monte sur le trône avec son époux, Guy de Lusignan. Renaud de Châtillon qui exècre tous ces seigneurs Chrétiens ne respectera pas la trêve de 1185. Comme à son habitude, il continue d’attaquer les caravanes entre le Caire et Damas. C'est lors d'un de ces raids qu'il anéantit une caravane ou selon la légende la sœur du Sultan y était présente. Guy de Lusignan furieux exigea que Renaud de Châtillon retourne les prisonniers à "Salah ad-Dîn", mais celui-ci refusa.
La bataille de Hattin
"Salah ad-Dîn" rassemble une armée comptant plus de 30 000 hommes et, le 27 juin 1187, l’avant-garde se dirige vers la Jordanie. De leur côté, les Chrétiens ont une armée de 20 000 hommes. Le 2 juillet 1187, "Salah ad-Dîn" assiège la ville de Tibériade. Initialement, le roi de Jérusalem qui se trouve à Séphorie ne souhaite intervenir que lorsqu’il sera certain que l’armée pourra se déplacer à proximité des points d’eau. Cela étant, cette nuit-là, Gérard de Ridefort ( Le plus mauvais de tous les Maîtres de l'Ordre du Temple ) convainc le jeune Roi de se diriger vers "Salah ad-Dîn" dès le lendemain. L’armée Chrétienne avance alors vers Tibériade. Le trajet est difficile à cause de la chaleur et du manque d’eau. De plus, les hommes de "Salah ad-Dîn" harcèlent les chrétiens. La nuit, les musulmans jouent du tambour pour perturber le sommeil des Chrétiens afin de les épuiser avant la confrontation finale. Les deux armées arrivent à Hattin le 4 juillet 1187 et, après quelques heures de combats féroces, l’armée de "Salah ad-Dîn" écrase les forces Chrétiennes. le Sultan récupère la Sainte Croix et capture Guy de Lusignan, Gérard de Ridefort et Renaud de Châtillon.
Après sa victoire à Hattin, "Salah ad-Dîn" s’empare des cités portuaires afin d’isoler la ville Sainte et empêcher toute arrivée de renforts venus de l’Occident. Le Sultan arrive devant les portes de la ville Sainte le 20 septembre 1187. La défense est vaillamment organisée par Balian d’Ibelin, mais, en infériorité numérique il n’eut d’autre choix que de capituler. La ville se rend le 2 octobre 1187.
Lorsque les Croisés conquirent la ville en 1099, ils optèrent pour une solution radicale en massacrant tous les habitants de la ville. Cette fois, "Salah ad-Dîn" fit preuve de magnanimité et laissa la vie sauve à tous les habitants de Jérusalem. Il ne les fit pas prisonniers et les autorisa à quitter la ville pour rejoindre les territoires Chrétiens. C’est la raison pour laquelle cette décision resta ancrée dans la mémoire collective.
Restaurer la grandeur de l’Islam
alah ad-Dîn continuera son combat contre les Chrétiens encore six années.
Adversaire respecté et admiré, Saladin gagne dans l'Occident médiévale une réputation de souverain chevaleresque. Dante l’incluera parmi les âmes des limbes dans la Divine Comédie.
Saladin n’a eu qu’une seule épouse, Ismat Al-Din qui ne luidonnera pas d’enfants, mais ses concubines lui ont donné 17 fils et une fille. Il mourra à l'âge de 55 ans, le 4 mars 1193 à Damas. Il y est inhumé dans son mausolée, qui se trouve près de la mosquée des Omeyyades. Lui qui vécut en ascète, dans une simplicité extrême, ne laissa à sa mort ni biens, ni terres, ni richesses. Selon la légende on ne retrouva dans son coffre que 1 dinar en or et 47 dirhams en argent.