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20 Novembre 2024

Croisés & Templiers



Baudouin premier roi

histoire   des templiers audouin de Boulogne : Premier roi de Jérusalem, couronné le 25 Décembre 1100, il régnera sous le nom de Baudouin 1er de Jérusalem jusqu'en 1118.A la mort de son frère Godefroy de Bouillon, Baudouin de Boulogne comte d'Edesse devient roi de Jérusalem en 1100.

Mort de Godefroy de Bouillon

Après la mort de son épouse "Godehilde de Tosny" en 1097 qui était dans le convoi de Godefroy de Bouillon lors de la grande pérégrination, Baudouin de Boulogne qui était lui dans un autre convoi et sur une autre route revint dans le grand convoi afin de diriger les funérailles de son épouse. Passé le deuil il repartit pour rejoindre son convoi et s'empara de la province d'Edesse ou il décida d'y rester. Il devint Comte d'Edesse et ne poursuivit pas sa route vers Jérusalem. Pour se faire mieux accepter de la population de son nouveau royaume il épousa une Arménienne "Arda". Puis, et alors qu'il s'employait à sécuriser son nouveau comté avec l'aide d'un de ses meilleurs amis ( Geoffroy de Saint-Omer ) depuis deux années, il apprit mi-Aout 1100 la mort de son frère Godefroy de Bouillon. Il se mit aussitot en route pour Jérusalem après avoir confié le comté d'Edesse à son cousin Baudouin du Bourcq.
Baudouin de Boulogne comte d'Edesse devient roi de Jérusalem en 1100 Ce voyage ne fut pas de tout repos et son confesseur et chroniqueur "Foucher de Chartres" nous apprend que c'est par miracle que Baudouin rallia Jérusalem, tant il dut faire face à de nombreuses attaques Musulmanes. A chaque fois qu'il sera attaqué par les musulmans il les mettra hors d'état de nuire jusqu'au dernier, c'est pour cette raison qu'il mettra deux mois pour rallier Jérusalem. Arrivé à Jérusalem, nullement marqué par les épreuves qu'il venait de vivre, et avant même de se faire couronner en remplacement de son frère, il entreprit une campagne de sécurisation de la fin Octobre au 21 décembre 1100. Avec cent cinquante chevaliers, et cinq cents fantassins, il fit une reconnaissance du port musulman d'Ascalon, il le trouva si fortement défendu qu'il renonça à l'attaquer. Rebroussant chemin vers l'est, il se dirigea vers Beit Djibrin où se cachaient dans des grottes des pillards qui, depuis longtemps, faisaient régner la terreur dans cette contrée en détroussant les pèlerins qui, débarquant à Jaffa, se rendaient à Jérusalem. Il enfuma ces pillards qui étaient au nombre d'une centaine et les massacra jusqu'au dernier.
histoire   des templiers oin d'être rassasié de vengeance, il se remit en marche avec des guides arabes en direction de la Mer Morte. Baudouin longea la Mer Morte jusqu'à sa pointe méridionale, Foucher de Chartres exprime la surprise qu'il éprouva en voyant, sur le rivage, des montagnes de sel brillantes comme la glace, étant descendu de sa mule, il voulut boire, mais il trouva cette eau plus amère que l'hellébore. les 4 états latins Les Francs, contournant la mer au sud, trouvèrent une oasis fort agréable qui s'appellait Ségor, avec des palmiers-dattiers en abondance, ils se régalèrent de leurs fruits toute une journée. Ils appelèrent ce lieu « locus palmarum » en français « chambre des palmiers ». Les habitants de la ville s'étaient enfuis, « à part quelques-uns à la peau plus noire que la suie, écrit Foucher, dont nous n'eûmes pas cure davantage que des algues de la mer ». La troupe se rendit ensuite dans la région de Pétra que Baudouin trouvera fort agréable et ou plusq tard il y reviendra plusieurs fois. Il était enfin de retour dans sa capitale le 21 décembre, et le jour de Noël avait lieu son couronnement dans la basilique de Bethléem.

Le roi de Jérusalem

histoire   des templiers insi dans le prolongement de la première croisade venaient de naître les 4 Etats Latins d'Orient :
le Comté d'Édesse, de 1098 à 1146 liste des 6 comtes
la principauté d’Antioche, de 1098 à 1268 liste des 3 princes
le comté de Tripoli, de 1102 à 1288 liste des 7 comtes
le royaume de Jérusalem, de 1099 à 1291 liste des 8 rois

Il fallait à Baudouin des ports et il n'en avait qu'un seul Jaffa, le 15 avril arriva dans le port une flotte génoise venant de Laodicée. Baudouin alla au-devant de cette flotte avec deux navires, bannières déployées et au son des trompettes. Le roi établit un contrat avec les Génois qui s'engagèrent à l'aider, ce qu'ils firent en attaquant, à dix-huit kilomètres au nord de Jaffa, le port d'Arsouf qui capitula à la fin d'avril. Immédiatement Baudouin y installa un bataillon de croisés. Puis son armée et les génois allèrent plus au nord attaquer le port de Césarée. Là fut organisé un siège en règle avec grand renfort de mangonneaux. Au terme de quinze jours de combats, les Francs ayant construit une tour de bois plus haute que les murailles, réussirent à pénétrer dans la ville le 17 mai 1101 et ce fut un massacre. Là encore, Baudouin y installa un bataillon de croisés. Puis se séparant des Génois Baudouin regagna l'intérieur des terres et atteignit Ramla où il construisit une tour. En août il apperçut une armée égyptienne qui se dirigeait vers Ascalon. Il demanda de suite à Jérusalem des renforts. Cependant il était trop tard, et il dut se résigner à affronter seul l'ennemi. Il n'avait que deux cents chevaliers et mille fantassins, la supériorité numérique de l'armée égyptienne était écrasante. L'assaut eut lieu le 7 septembre 1101 dans la plaine de Ramla, Baudouin avait divisé ses forces en cinq parties : les trois bataillons furent écrasés, les deux autres, chevaliers croisés de Jérusalem et de Judée commandés par lui-même, rétablirent la situation. Il avait galvanisé les soldats : "Si vous êtes tués vous serez des martyre" "Si vous vainquez, c'est la gloire éternelle". "Quant à fuir, n'y pensez pas la France est trop loin ils vous tueront". La vraie Croix portée par un évêque l'accompagnant, Baudouin avait chargé avec furie, monté sur sa jument appelée "la Gazelle" à cause de sa vitesse, il y fit des merveilles. Attaqué par un émir, il lui trancha la tête, les musulmans se replièrent vers Ascalon. En mai 1102 Baudouin, dont les possessions s'étendaient, faillit tout perdre dans une bataille à Ramla. Revanchard, le vizir d'Egypte al Afdal avait concentré une armée de vingt mille combattants au nord d'Ascalon, le long de la côte. Baudouin, apprenant cette nouvelle, mais ignorant les réélles forces musulmanes, commit l'imprudence d'attaquer avec ses maigres forces ( deux cents chevaliers ). Les Francs furent encerclés le 17 mai 1102 à Yasour. Ce fut un massacre, le soir, Baudouin put, avec les survivants, s'enfermer provisoirement dans Ramla. Alors se produisit un événement providentiel : un sheikh se présenta à l'entrée de la ville et demanda à parler à Baudouin 1er. Le roi avait naguère sauvé la femme de ce sheikh qui lui en gardait une grande très reconnaissance. Il l'engageait à s'enfuir à la faveur de la nuit, avant l'assaut du matin. Baudouin s'élança donc avec son écuyer et quelques compagnons au milieu de l'armée ennemie. Baudouin 1er cédant une partie du Palais du roi Salomon à Geoffroy de Saint-Omer Il fut poursuivi, mais il put s'échapper. Au petit jour, Ramla fut reprise par les musulmans et presque tous les Francs furent massacrés. A Jérusalem le bruit se répandit que Baudouin était mort, la terreur fut si grande que l'on parla d'évacuer la ville pour gagner la côte. Un des rares rescapés de la bataille, Gutman de Bruxelles, redonna le moral aux habitants. Cependant Baudouin arrivait à Arsouf, blessé et épuisé, le 19 mai. De là il gagna par mer Jaffa. Là aussi, ayant arboré sur son bateau la bannière royale, des navires égyptiens se mirent à sa poursuite, mais le vent leur fut contraire. A Jaffa en quelques jours Baudouin regroupait les forces Franques et le 27 mai il sortait de la ville et attaquait une armée égyptienne qui campait non loin de là. Au bout de quelques heures de combat, elle prenait la fuite vers Ascalon. Les Francs firent un grand butin. Baudouin rentra en triomphe à Jérusalem.
histoire   des templiers u début de l'année 1102, Baudouin 1er a conscience de l'importance de la position de Saphet la route de Damas à Acre, et demande à un fidèle "Hugues de Saint-Omer", prince de Galilée, d'y ériger une forteresse. En juillet 1103 pour protéger les pèlerins, le roi de Jérusalem organisa une expédition sur la côte, entre Haïfa et Césarée. La route était resserrée entre la mer et les contreforts méridionaux du mont Carmel formant un défilé appelé "le Destroit ou Pierre-Encise", des pillards arabes s'y abritaient pour attaquer et détrousser les caravanes de pèlerins. Lors de cette expédition, Baudouin reçut dans les reins un coup de lance qui le fit tomber évanoui de son cheval. Il gardera des séquelles de cette blessure toute sa vie. Plus tard, dans de ce défilé de Pierre-Encise, les chevaliers du Temple bâtiront la puissante forteresse d'Athlit (Château Pélerin). En avril 1104 une flotte génoise forte de soixante-dix galères ayant aidé le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles, à s'emparer du port de Byblos (Djebeil), Baudouin demanda à cette escadre de l'aider à conquérir le port d'Acre. Le siège commença à terre et en mer les 5 et 6 mai. Trois semaines après, les habitants capitulèrent le 26 mai. Saint-Jean-d'Acre deviendra le port Franc le plus important de la Judée avec le plus gros trafic commercial de toute la côte. Après la prise d'Acre, il restait encore aux musulmans, les ports d'Ascalon et de Tyr, de Saïda et de Beyrouth. En 1105, "Hugues de Saint-Omer" construit près de Tyr le fort du Toron (Tibnin), à la fois pour surveiller la garnison musulmane de Tyr mais aussi pour en faire une position forte utilisable le jour où l'on attaquerait le port. En 1105, Baudouin construisit le chastel Arnoul, un fortin dans la plaine pour surveiller la route des pèlerins allant de Jaffa à Jérusalem par Ramla et Lydda. En février 1107, ayant appris que les Damasquins construisaient une forteresse pour interdire le passage aux pélerins chrétiens, il organisa la riposte, il chassa les Musulmans et détruisit leur forteresse de plus il ramena des chrétiens captifs de Pétra pour les établir dans les terres fertiles de Judée. En 1108, il essaya avec l'aide de navires italiens de prendre le port de Sidon, mais il échoua. En 1109, Baudouin monta une expédition vers Baalbeck pour piller la plaine fertile de la Béqa, mais Togtekin fit avec lui une convention établissant qu'un tiers de la récolte de cette contrée appartiendrait aux Francs. Un peu plus tard, un traité analogue fut conclu pour les récoltes du Sawad et du Djebel Adjloun au-delà du Jourdain. Ainsi Baudouin s'assurait des ressources agricoles dans des régions prospères situées en bordure des frontières naturelles de son nouveau royaume. En 1109, il vint en aide à Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, pour prendre le port de Tripoli, ce qui eut lieu le 12 juillet 1109. Ainsi s'achevait la sécurisation au Liban du comté de Tripoli. En février 1110, Bertrand vint à son tour participer au siège de Beyrouth qu'entreprenait Baudouin. Des vaisseaux génois et pisans y organisaient le blocus. Le 13 mai, la ville capitula. En juillet 1110, arriva à Tripoli une flotte de pèlerins Scandinaves conduite par le prince norvégien Sigurd. Baudouin 1er accueillit solennellement celui-ci et l'accompagna au Saint-Sépulcre. Après quoi, il lui demanda son appui pour s'emparer de Sidon. L'escadre fit donc le blocus du port tandis que Baudouin, assisté de Bertrand de Tripoli, attaquait la ville avec de nombreuses machines de siège. Dans l'intervalle, arriva sur la côte, une escadre vénitienne qui prêta main forte à la flotte norvégienne. Le 4 décembre, Sidon ouvrait ses portes. En 1115, il décide de sécuriser la région située à l'est de la Mer Morte. Ayant choisi à une trentaine de kilomètres au nord de Pétra un site agréable, fertile et pourvu d'eau, naturellement bien défendu au sommet d'une montagne, il y entreprit la construction d'une forteresse ( Montreal ) pour surveiller les routes empruntées par les caravanes commerçantes qui sillonnaient la Syrie, le pourtour de la mer Rouge, et l'Egypte, et aussi les routes des pèlerins, le Derb El Hadj, qui se rendaient en Arabie vers les villes saintes de Médine et de La Mecque. En contre partie, le seigneur de la Terre d'oultre le Jourdain prélevait une dîme sur les caravaniers et les pèlerins. En 1116, le roi, "toujours impatient d'ouvrir des voies de communications nouvelles", écrit Albert d'Aix, fit avec deux cents chevaliers une marche jusqu'à la mer Rouge. Ils trouvèrent près de la mer le village d'Ailat, proche des ruines de l'antique Elath. C'est peu après que les Francs édifièrent une forteresse à Ailat et une autre dans l'île de Graye toute proche. Des postes de garde fortifiés furent edififiés le long de la route du Hedjaz ( le Derb el Hadj ) : au nord Ahamant (Amman) puis au sud, Tafilet et près de Pétra, Hormoz, li Vaux Moïse et Sela. Cette ligne de forteresses servait de frontière pour interdire les communications entre l'Egypte et la Syrie musulmane, entre Le Caire et Damas. En 1116, irrité par les des razzias musulmanes fréquentes de la garnison de Tyr, Baudouin voulut les neutraliser en construisant, au sud, la forteresse de Scandélion. Au début de 1118, Baudouin entreprit avec deux cent chevaliers et quatre cents fantassins un voyage d'exploration vers l'Egypte, il passa par Hébron et le désert. En mars, il pénétra dans Farama. Il marcha jusqu'au lieu le plus oriental du delta du Nil. Mais le roi gravement malade décida de rebrousser chemin. Il mourut à El Arish le 2 avril. Comme il avait demandé à reposer au Saint-Sépulcre auprès de son frère Godefroy de Bouillon, son cuisinier Addon enleva les viscères pour empêcher une décomposition rapide, et ces viscères furent enterrées à El Arish. On éleva pour marquer l'endroit un monticule de pierres que l'on nomma la pierre de Baudouin. Ce nom était encore usité, au début du XX ème siècle, employé par les bédouins et un étang à l'ouest d'El Arish, s'appelle Sebkat Berdaouil ( le marais de Baudouin ).

Baudouin un grand souverain

histoire   des templiers gissant en souverain responsable à l'égard des autres princes et seigneurs de la Terre Sainte, le comte de Tripoli, le prince d'Antioche et le comte d'Edesse, il leur apporta son concours militaire et aussi son arbitrage dans leurs conflits. En mars 1109, Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, et Guillaume Jourdain, neveu de ce dernier, sont en compétition pour devenir comte de Tripoli. Tancrède soutenant Guillaume Jourdain, Baudouin trancha l'affaire et donna raison à Bertrand. Un mois plus tard, il arrive avec ses troupes pour prêter main-forte à Bertrand devant Tripoli assiégée depuis dix ans, ce coup de force s'avère payant car la ville ouvre ses portes. L'année suivante, il repousse les prétentions de Tancrède à la suzeraineté sur Edesse et rétablit Baudouin de Bourcq ( son cousin ) qu'il avait mis lui-même en 1100 à la tête du comté d'Edesse. En 1111, ses efforts de conciliation entre les seigneurs Francs portent leurs fruits, face à une menace d'invasion des Musulmans. Accourant de toutes parts, les armées Franques se retrouvent à Chastel Rouge près de l'Oronte : le roi est là, avec sa chevalerie, ainsi que Bertrand de Tripoli et Tancrède, prince d'Antioche, avec leurs contingents. Bientôt Baudouin de Bourcq et Jocelin de Courtenay les rejoignent avec leurs troupes. C'est une armée Franque de seize mille hommes qui fera mouvement vers Apamée tandis que l'armée musulmane prenait position devant la citadelle de Sheïzar sur l'Oronte. Il y eut des combats féroces, mais aucune des forces en présence ne put revendiquer la victoire. Baudouin Ier, en dix-huit ans de règne, a donné au royaume de Jérusalem une administration chrétienne féodale et l'a doté d'une milice de moines soldats. Baudouin 1er de Jérusalem décéda le 02 Avril 1118 à El-Arich, une ville située à 80kms au Sud Ouest de Jérusalem. Baudouin et son frère Godefroy reposèrent tous deux dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.
Seuls les deux ports de Tyr et Ascalon ne furent conquis, qu'en 1124 et 1153. Les frontières naturelles étaient constituées :
au Nord, le royaume était limité par le comté de Tripoli, la frontière paraissant s'être trouvée au Nahr al Muamiltain à peu de distance au nord de Beyrouth le long de la côte au sud, au-delà de Gaza et du petit fort avancé du Darum, se trouve un immense désert sans eau que les Francs appelaient la Grande Berrie cette étendue dénudée suffisait à protéger de toute invasion le royaume côté sud.
à l'Est, la grande dépression appelée la fosse syrienne, parcourue par de grands fleuves et encadrée de chaînes de montagnes, formait une frontière naturelle aux Etats chrétiens.
Cependant les Francs s'établirent au-delà. Ainsi nous avons vu que par des traités, Baudouin 1er s'assura, au-delà du Jourdain et du lac de Tibériade par une sorte de condominium avec Damas, une part des récoltes dans le Sawad (terre de Suète) et plus au sud dans le Djebel Adjloun même il établit un poste de vigie avec une garnison, la grotte d'El Habis, pour surveiller le voisinage et protéger les métairies ( casaux ) exploitées par des cultivateurs musulmans et chrétiens. Baudouin occupa aussi tous les territoires environnant la mer Morte, au sud l'Idumée, à l'est le pays de Moab où fut créée la Terre "oultre le Jourdain". Baudouin créa une ligne de forts véritables sentinelles, au-delà de la mer Morte et du Ouadi Araba. Le plus méridional de ces forts, Ailat sur la mer Rouge, devientdra un port de commerce très important. Là arrivaient les produits, pierres précieuses, œuvres d'art, denrées de la Perse et de l'Inde. Les caravanes des négociants de Damas les recevaient et les transportaient à travers le territoire du prince Franc d'Oultre le Jourdain, puis, de Damas les marchandises étaient acheminées vers Saint-Jean-d'Acre et Tyr. De ce fait, le commerce avec l'Asie se développa et ces produits nouveaux, grâce aux navigateurs italiens, provençaux et catalans, affluèrent en Europe. Les abords de la mer Morte furent valorisés par d'importants travaux d'irrigation, avec sur la rive ouest la création de plantations d'arbres fruitiers. Au nord de Jéricho et aussi au sud près de Kérak, de vastes plantations de cannes à sucre virent le jour, le sucre de cette région s'exportait au loin ( dans l'île de Chypre on vendait une poudre de sucre provenant de Kérak ), et de nos jours existent encore, au pied de la forteresse de Kérak, sur les bords du Ouadi el Frandji ( la rivière des Francs ), des vestiges des moulins à sucre. Au sud-est se trouvait l'oasis de Ségor ( chambre des palmiers ) où les palmiers-dattiers croissaient en abondance. On exploitait aussi à Ségor le baume et, pour la teinturerie, l'indigo. Enfin on recueillait sur la mer Morte le bitume et le sel. Tout ce développement agricole, industriel, commercial, ne se réalisa pas entièrement sous le règne de Baudouin 1er , mais c'est lui qui en fut le précurseur.

Une colonisation à minima

histoire   des templiers audoin Ier, roi de Jérusalem, donnant l'investiture à Gérard Le Pieux, premier grand-maître de l'ordre des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, dans l'église de l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem le 15 février 1113.
Dans l'église de l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem le 15 février 1113. Baudoin Ier, roi de Jérusalem, donnant l'investiture à Gérard Le Pieux, premier grand-maître En 1113, les troupes de Jérusalem étaient en campagne militaire sous les ordres du roi dans la région de Tibériade, lorsque l'armée égyptienne vint jusque sous les murs de la capitale qui, privée de défenseurs, fut sur le point de capituler. Lors de la première Croisade, avant la prise de Jérusalem par les Francs, les Musulmans avaient renvoyé les chrétiens qui y habitaient et lorsque les Croisés y furent entrés ils en chassèrent les Infidèles. Ainsi la ville se trouvait-elle fort peu peuplée. Baudouin 1 er vit de suite tout le danger qu'une telle situation pouvait générer et agit en conséquence. Il fit informer secrètement les chrétiens syriaques et grecs qu'il leur proposait de venir s'établir à Jérusalem où il leur assurerait une existence convenable. Un grand nombre de chrétiens, vivant sous la domination musulmane, accoururent avec leurs familles et leurs biens. Ainsi Baudouin assura non seulement le repeuplement de Jérusalem mais il installa aussi des populations agricoles dans les casaux de Judée Samarie, qui prospérèrent. Et il avait si bien assuré le gouvernement de son Etat que la confiance d'y vivre dans la sécurité et l'aisance se propagea outre mer et que beaucoup d'Occidentaux vinrent se fixer définitivement en Terre Sainte. Cette fusion entre Croisés installés en Judée Samarie et immigrants arrivés après la croisade est clairement exprimée par Foucher de Chartres, le chapelain de Baudouin et quelques années après la mort de celui-ci il écrivait : "Dieu a transformé l'Occident en Orient. Le Français d'hier est devenu, transplanté, un Galiléen ou un Judéen. Tel d'entre nous a pris pour femme non pas une compatriote, mais une Syrienne ou une Arménienne, parfois même une Sarrasine baptisée. La confiance rapproche les races les plus éloignées...
Chaque jour des parents et des amis viennent nous rejoindre. Ceux qui étaient pauvres en leur pays, ici Dieu les a faits riches. Pourquoi retournerait-il en Occident celui qui a trouvé l'Orient si favorable!". Il convient néanmoins de pondérer les affirmations de certains historiens modernes qui estiment que la colonisation Chrétienne en orient fut très importante. Cela ne tient pas, car les états latins y compris l'Arménie Cilicienne étaient très étendus, et pour s'implanter durablement en orient les nouveaux seigneurs chrétiens orientaux auraient aimé une plus grande collaboration avec les seigneurs occidentaux. En effet les seigneurs occidentaux ne voyaient pas d'un bon oeil l'exil de leurs serfs pour l'orient, et rapidement vers l'année 1200 un système de dissuasion à l'exil fut mis en place dans tous les royaumes occidentaux. Qui aurait cultivé les terres si tous les serfs s'étaient massivement exilés ? Qui aurait gardé et élevé les troupeaux d'animaux, qui aurait construit les ponts les forteresses les moulins etc... Pour garder les états latins il eut fallut une politique de colonisation chrétienne beaucoup plus ambitieuse, mais les seigneurs occidentaux n'y avaient pas intérêt. Alors discrétement a partir de l'an 1187 ( Saladin ayant repris Jérusalem ) les seigneurs occidentaux se désengagèrent de ce qu'ils considéraient comme une aventure orientale vouée à l'échec.

Conquéte laborieuse

histoire   des templiers l ne faudrait pas croire que les chevaliers chrétiens en orient se soient uniquement interressés à l'aspect militaire de cette campagne. Ils se sont également préoccupés du développement économique des nouveaux états latins, et ils ont élaboré une charte qui se nomme les « Assises de Jérusalem », fondement de l'organisation du royaume, calquée sur les royaumes d'occident. Quand le légat de Frédéric II, le maréchal Filanghieri, s'arrogea au nom de l'empereur des droits dictatoriaux, les seigneurs et notables chargèrent Balian de Sagette de le rappeler au respect des coutumes et franchises de la Chrétienté d'Orient inscrites dans les Assises. On sait qu'après la prise de Jérusalem (15 juillet 1099), nombre de Croisés, estimant leur devoir rempli, s'en retournèrent chez eux. Ceux qui fort peu nombreux décident de rester sur place doivent penser à assurer l'avenir. Tancrède pare au plus pressé en occupant la Galilée il relève les murs de Tibériade et de Beisan, l'ancienne Scythopolis, pour se garder des incursions ennemies venues de l'Est. Afin de se prémunir contre une attaque qui viendrait du sud de la mer Morte, Godefroy de Bouillon fortifie Hébron. Il convient de renforcer les défenses côtières, Jaffa, indispensable pour assurer les relations avec l'Occident et se défendre des attaques des flottes égyptiennes. La prise de Haiffa par Tancrède le 20 août 1100, un mois après la mort de Godefroy de Bouillon fournit un second port. L'année suivante, c'est le tour d'Arsouf et de Césarée, en 1104 Baudoin s'empare d'Acre qui deviendra le grand port du royaume. C'est en 1104 que Baudouin 1er conscient du danger demande à Geoffroy de Saint-Omer de créer une milice armée dans les états latins nouvellement créés. En 1118 à la mort de Baudouin 1er cette milice sera totalement opérationnelle. Quant à Beyrouth et Saïda elles ne tomberont qu'en 1110, et dans ces victoires les flottes de Gênes, de Pise et de Venise furent déterminantes. En 1124 deux ports fortement défendus par les Égyptiens constiuent toujours un danger : Tyr et Ascalon. lequel des deux fallait-il attaquer en premier ? Dans l'incapacité de se mettre d'accord les seigneurs s'en remirent à la Providence. Deux papiers portant chacun le nom d'une des deux villes furent posés sur un autel, et un jeune enfant fut appelé à choisir : Tyr fut ainsi désignée. Croisés et Vénitiens s'en rendirent maîtres en 1124. Après bien des combats en 1153, Ascalon tombait aux mains des Francs. Puis le roi Amaury fit construire en 1170 le château de Darum, au sud de Gaza, folle entreprise qui eut pour résultat de cimenter l'union des princes musulmans. Ceux-ci étaient à présent à la merci des Francs et l'Egypte était vulnérable. Saladin réglera le problème en reprenant Jérusalem en 1187.

Echec programmé

histoire   des templiers l serait trop fastidieux de relater les innombrables batailles des Francs, il convient simplement de rappeller que rien ne fut simple en orient et rien ne fut jamais acquis car les Francs ne s'étaient pas donnés les moyens de réussir une implantation durable en orient. Pour réussir ce projet aurait du faire la part belle à un vaste plan de colonisation Chrétienne, ce qui ne fut pas le cas car les seigneurs occidentaux avaient besoin de tous leurs serfs pour gérer leurs biens. Tous les rois de Jérusalem useront de courage mais également de finesse pour conserver leurs biens le plus longtemps possible, Baudouin 1er décédera en 1118, lui succéderont :
- Baudouin II de Bourcq du 14 Avril 1118 au 21 Août 1131
- Mélisende du 21 Août 1131 au 10 Novembre 1143
- Foulques d'Anjou du 21 Août au 1131 10 Novembre 1143
- Baudouin III du 10 Novembre 1143 au 10 Février 1162
- Amaury Ier du 10 Février 1162 au 11 Juillet 1174
- Baudouin IV le Lépreux du 11 Juillet au 1174 16 Mars 1185
- Baudouin V du 20 novembre 1183 au 11 août 1186
Les deux derniers rois du grand royaume de Jérusalem furent :
- Sibylle du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
- Guy de Lusignan du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
Comme Jérusalem fut reprise par les Musulmans en 1187, les rois suivants du royaume de Jérusalem ne furent plus inhumés dans cette ville.
Saladin reprendra donc Jérusalem en 1187, ce qui sonnera le glas des états latins d'orient. Il y aura encore descroisades pour essayer de reconquerrir les territoires perdus mais les armées Chrétiennes trop peu importantes ne pourront jamais plus rivaliser avec les armées Musulmanes. Louis VII, Philippe Auguste, Richard coeur de lion, Saint Louis, et bien d'autres souverains occidentaux tenteront de reprendre les territoires perdus en orient mais ils ne se donneront pas les moyens de leur politique et les 2 ème 3 ème 4 ème 5 ème 6 ème 7 ème 8 ème croisades se solderont toutes par des échecs. Les Chrétiens au proche Orient tomberont de Charybde en Scylla.

Après 1187 ce qui reste des états latins deviendra le royaume d'orient à Saint-Jean d'Acre et Guy de Lusignan en sera le premier souverain, puis, se succéderont Isabelle 1ere, Conrad Ier, Henri de Champagne, Amaury II, Marie, Jean 1er, Isabelle II, Frédéric II. En 1250, les seigneurs se débarrasseront des hommes de Frédéric II et organiseront un gouvernement collégial. Ils maintiendront un semblant de royauté, mais celle-ci sera purement nominale et les rois ne viendront plus dans le royaume. Plusieurs membres de la famille royale se proclameront régents du royaume, sans véritablement en assumer la charge. Il y aura donc encore deux rois : Conrad IV de Hohenstaufen et Conradin. Il y aura ensuite cinq régents : Alix de Champagne, Henri Ier de Lusignan, Plaisance d'Antioche, Isabelle de Lusignan, Hugues III de Poitiers-Lusignan. Il y aura pour finir cinq gouvernements : Jean d'Ibelin, Balian d'Ibelin, collège de barons, Saint Louis, collège de barons. La milice des pauvres chevaliers du christ prendra le nom d'Ordre du Temple en 1118, mais sans un apport massif de recrues venues d'occident ils ne feront pas de miracles face à des ennemis bien plus nombreux qu'eux. Et en l'an 1200 ils combattront à 1 contre 3 sans jamais démériter, puis à partir de l'an 1250 ils combattront à 1 contre 10 et devront se résoudre à accepter des trèves humiliantes. De trèves humiliantes de dix ans en défaites cuisantes, les Templiers, les Hospitaliers et les Teutoniques seront définitivement chassés d'orient après la défaite de Saint-Jean d'Acre en 1291. Le comté d'Edesse, le comté de Tripoli, la principauté d'Antioche, le royaume de Jérusalem, et la Cilicie Arménienne qui formaient les états latins disparaitront à jamais.




La milice des Chrétiens

L'ancêtre de l'Ordre

histoire   des templiers la mort de Godefroy de Bouillon, empoisonné par l'émir de Césarée en Juillet 1100, c'est son frère Baudouin de Boulogne qui lui succédera le 25 Décembre 1100, il régnera pendant 18 années sous le nom de Baudouin 1 er. Immédiatement le roi et les seigneurs des états latins prirent la décision de sécuriser les territoires conquis. C'est Geoffroy de Saint-Omer qui sera chargé de cette tâche, dont il s'acquittera en 1116. En 1116 la milice était opérationnelle dans tout le moyen-orient. En 1119 cette milice des Pauvres Chevaliers du Christ prendra le nom d'Ordre du Temple. Dès 1102 et pendant 20 années environ, la milice des pauvres chevaliers du christ louera des navires marchands afin d'acheminer en Terre Sainte Pélerins, victuailles, matériels, matériaux, animaux etc... Vers 1125 l'Ordre entreprendra de bâtir des Commanderies Templières cotières afin de servir de comptoirs marchands pour les échanges entre la France et le proche orient. A partir de 1145 les navires affrétés par les Templiers battront pavillon "Templier" voiles blanches et croix pattée rouge, ils seront de grande capacité mais navigueront uniquement le long des côtes. Les matières premières comme l'huile le sel le vin les céréales les métaux circulaient entre la France l'Allemagne l'Italie le Portugal l'Espagne la Belgique les Pays Bas l'Ecosse la Grèce Chypre la Palestine etc.... Leur port d'attache était Acre, ville fortifiée bâtie sur une langue de terre offrant une excellente protection par son double port.

La première croisade

histoire   des templiers ’origine de la Milice des Pauvres Chevaliers du Christ ✳️ remonte à la première croisade en terre Sainte. Après la conquête de Jérusalem le 15 Juillet 1099, certains croisés décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ, d'autres sécuriseront les chemins de pélerinage de Constantinople à Jérusalem.
En 1110 Baudouin 1er de Jérusalem officialise l'Ordre de l'Hopital dirigé par le frère Gérard et consigne sur une charte toutes les donnations faites à l'Ordre. Puis en 1113 l’Ordre des Hospitaliers est reconnu officiellement par le Pape. Sa mission est d’assurer aux pèlerins chrétiens hébergements et soins.
Dès 1102 Baudouin 1er de Jérusalem demande à Geoffroy de Saint-Omer de constituer une milice armée pour sécuriser les états latins. Cette mission sera achevée en 1116, à cette date la milice des Pauvres Chevaliers du Christ sera opérationnelle dans tous les états latins. Foucher de Chartres nous apprend dans ses chroniques qu'en janvier 1118 Baudouin 1er de Jérusalem officialisa cette milice. Quelques années plus tard, Guillaume de Tyr ( dans "Historia rerum in partibus transmarinis gestarum" qui se référe aux chroniques de Foucher de Chartres ) et l'Anonyme rédacteur ( dans ses "Gesta francorum" ) consignent que 7 autres chevaliers principalement originaires du Nord de la France rejoignent cette milice des Pauvres Chevaliers du Christ. En 1129 lors du concile de Troyes cette milice changera de nom pour s'appeler Ordre du Temple et cet Ordre sera reconnu par le Pape. A cette date, les deux chefs de cet Ordre sont :
Hugues de Payns
et
Geoffroy de Saint-Omer

Ces deux ordres organisent en Occident un important réseau de commanderies, comme celles du Larzac, destinées à alimenter l’effort de guerre en Terre Sainte.
Dès sa création, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ bénéficie d’avantages matériels de toutes sortes ainsi que d’appuis considérables : celui de Saint-Bernard qui édicte sa règle, et celui du Pape Honorius II, qui lui permet d’être indépendant de la hiérarchie de l’Eglise. Respectant les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, l’Ordre se développe rapidement en Occident. Les donations faites par les familles nobles, mais également le talent à faire fructifier les terres et les biens légués ou achetés confèrent à l’Ordre une grande prospérité. A la fin du XIII ème siècle, après la perte de la Terre Sainte, les Templiers sont extrêmement riches. A Paris, à Londres et dans les commanderies, ils gèrent les fonds royaux et privés qu’ils ont reçus en dépôt. Alors que les cathares sont pourchassés dans le Sud de la France, les Templiers sont devenus les banquiers du royaume. La tour du Temple de Paris abrite même le trésor royal. Leur puissance, leur rôle en Terre Sainte et la symbolique spirituelle très complexe de l’Ordre sont sans doute à l’origine de la fascination mais aussi des spéculations les plus folles que l’histoire des Templiers ait engendré au cours des siècles.

Extermination des Templiers

histoire   des templiers a réussite des Templiers finit par susciter convoitises et jalousies, tant du côté de la couronne de France que du clergé. Ce dernier forge au cours du XIII ème siècle <une image négative des Templiers , représentés comme des hommes arrogants et avares.
De son côté, Philippe le Bel, roi de France, veut s’approprier les richesses de l’Ordre et briser son indépendance. En 1305, les rumeurs s’amplifient et l’on accuse les Templiers de faits très graves : hérésie, idolâtrie et même, sodomie. Le vendredi 13 octobre 1307 eu lieu l’arrestation en masse des Templiers qui furent ensuite emprisonnés et jugés.
Cette opération fut La plus extraordinaire opération de police de tous les temps.
Le procès dure près de sept ans et, un à un, sous les tortures prodiguées par Guillaume de Nogaret, les Chevaliers du Temple finissent par avouer les crimes qu'on leur impute. Sous la pression de Philippe le Bel, le pape Clément V émet le 02 mai 1312 la bulle Ad providam, annonçant la suppression de l'Ordre. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, emprisonné depuis octobre 1307 dans la prison du Temple, est conduit devant la cathédrale de Notre-Dame pour entendre le verdict du procès, en compagnie de Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, de Hugues de Payraud, visiteur général de l'Ordre, et de Geoffroy de Gonneville, Commandeur d'Aquitaine. La sentence des juges est la prison à vie, mais dans un sursaut de dignité, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay haranguent la foule en disant que leurs aveux ont été volés, que les Templiers n'ont commis aucun crime et sont victimes d'une machination. Alerté immédiatement de la tournure des événements le roi décide alors que les deux hommes seront condamnés au bûcher le soir même.

Malédiction des templiers

Le lendemain, 19 mars 1314, sur le bûcher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité, Jacques de Molay s'écrie : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !" La malédiction du grand-maître allait s'avérer exact :
Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement.
Philippe IV le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs.
C’est l’Ordre des Hospitaliers qui, finalement, hérita des biens des Templiers. Sur le Larzac, ils prirent le relais de leurs « cousins » Templiers pour administrer les commanderies, ceci jusqu’à la Révolution française, en 1789. Après la révolution Française, les Hospitaliers disparaitront par la volonté de Napoléon Bonaparte.




Hugues de Payns

Des origines controversées

histoire   des templiers ce jour personne n'est capable de fournir le début d'une preuve concernant le lieu et la date de sa naissance, certains prétendent que Hugues de Payns serait natif
- de Bretagne,

- d'autres d'Ardéche, pour Michel des Chaliards Hugues de Payns serait né en 1070 au château de Mahun, en Vivarais. Cette hypothèse se retrouve dans la Revue du Vivarais, tome LXXXVI n° 2 d'avril - juin 1982, qui cite page 125, une référence à Hugues de Pagan, « originaire du Vivarais, d'un château près de Vérines, prieuré dépendant de celui de Macheville », d'après le Père Odon de Gissey, Histoire de Notre-Dame du Puy, 1644. Le lien est fait avec le château de Mahun, commune de St-Symphorien-de-Mahun. Il est fait mention d'Aymon 1 er, qui serait le grand-père d'Hugues de Pagan. Diverses références aux armoiries sont alors données (article de F. Malartre). Ainsi : Anno milleimo centesimo trigesimo, Hugo de Paganis, vivariensi, primo militiæ Templi magistro…, de Polycarpe de la Rivière : Carpentras, Biblothéque municipale, ms 515, page 679. )

- d'autres encore émettent l'hypothèse que Hugues de Payns serait natif de Flandre ( voir le dernier chapitre ci-dessous ),

- les plus nombreux enfin ont adopté la "Doxa" qui le déclare natif de Champagne près de la ville de Troyes, à Payns. Le problème est que personne à ce jour n'a été capable d'accréditer cette thèse ( Hugues de Payns natif de Champagne à Payns ) par la moindre petite preuve.

Du XV au XIX ème siècle plus de 50 orthographes différentes ( Païens, Payen, Payens, Peanz, Painz, Pahans, Pedaneis, Paienz, Paaent, Pedannus, Pedannis, Paencio, Paganis, Peantio, Paanz, Painis, Pedano, Pedans, Pedaneis, Pedennagio, Paens, Paianis, Payns, Paieno… etc ) seront utilisées pour nommer ce personnage dans les ouvrages traitant des Templiers ou du Templarisme.
Durant cette même période, tous les historiens qui travailleront sur le moyen-âge central et sur la première croisade, nommeront invariablement ce personnage "Hugues des Païens" co-fondateur de l'Ordre du Temple dans leurs ouvrages, conformément aux chroniques de Foucher de Chartres et aux premiers narrateurs de la grande croisade.

Étymologie de 'PAYNS'

histoire   des templiers lors, factuellement, intéressons nous au nom propre 'PAYNS' :
Voilà ce que Wikipédia affirme concernant le village de Payns : La première trace officielle mentionnant la zone géographique du village de "Payns" ( que nous connaissons aujourd'hui dans le département de l'Aube ) remonterait à l'an 887, ou il serait précisé sur une charte la vente par Hildemar à Arrémar d'une maison appelée " villa Pendennagio ".
Wikipédia fait bien d'utiliser le conditionnel pour faire référence à cette charte car l'origine et l'interprétation du texte de ce parchemin sont pour le moins sujets à controverses. Sachez encore qu'en latin "Pendennagio" signifie Pendentif ou Pendant.
①Le nom de "PAYENS" utilisé pour désigner ce tout petit village n'apparaitra sur des documents officiels qu'au XVI ème siècle, et, en 1790, le célébre topographe "Cassini" établira sa carte de France qui sera la référence pendant plus d'un siècle, le village est toujours nommé "PAYENS" et vous pouvez vérifier cette allégation en cliquant    ICI  .
② Dans la littérature Templariste, ce nom "PAYENS" utilisé au XIX ème siècle sera progressivement abandonné. Ce nom "PAYENS" sera remplacé par un autre nom : "PAYNS" au XX ème siècle.
③ C'est pour cette raison ( Payns et Payens n'existaient pas au XII ème siècle ) que les noms de Payns ou de Payens ne pouvaient pas être cité dans les écrits des premiers narrateurs de la grande croisade, et que le nom écrit par Foucher de Chartres, par Guillaume de Tyr, et par l'anonyme rédacteur dans ses Gesta Francorum est : "Hugues des Païens". Il convient encore de savoir que Foucher de Chartres restera à Jérusalem jusqu'à sa mort en 1127. Il consignera dans son journal chaque jour, jusqu'à sa mort, les événements survenus dans les Etats Latins.
Tous les historiens se serviront de son journal pour écrire leurs ouvrages entre 1145 et 1245.
Jamais les noms de "PAYNS ou PAYENS" ne sont utilisés dans ces écrits, les noms utilisés pour les deux fondateurs du Temple sont "Hugues des Païens" et "Geoffroy de Saint-Omer". Le nom "PAYENS" est apparu comme par miracle au milieu du XIX ème siècle dans la littérature traitant du Templarisme, sujet devenu très à la mode et encouragé par Napoléon Bonaparte, pour une raison politique. En effet, Napoléon Bonaparte a favorisé l'essor de ce mouvement Templariste afin de disposer d'un nouveau réseau d'individus sur lequel il pourrait s'appuyer pour consolider son pouvoir d'Empereur.

Une histoire inventée

En France, la légende officielle ( apparue pour la première fois au début du XIX ème siècle ) retenue par la Doxa pour sa biographie, mais jamais prouvée par le moindre écrit est donc la suivante si l'on doit croire Wikipédia :
Hugues II de Payns vivait en Champagne pendant la première période de sa vie. La date exacte de sa naissance est inconnue, mais on peut la situer entre 1070 et 1080 ( remarquez ici la précision ! ). C'est en l'année 1100, et en qualité de témoin, qu'il aurait apposé sa signature sur deux chartes de Hugues de Troyes, Comte de Champagne ( à la connaissance des historiens ces documents n'existent pas !! ). Il est probable que Hugues de Payns, fut vassal d'Hugues de Troyes, proche de la famille comtale, puisque fils d'un des vassaux ( le seigneur de Montigny ) de celle-ci ( ici nous abordons le domaine de la probabilité, c'est à dire selon la définition du dictionnaire : qui n'est pas absurde, mais qui n'est pas prouvé ! ). En 1095, le pape Urbain II>, lors du concile de Clermont, déclenche le mouvement de reconquista au Proche-Orient. C'est le départ massif de la première croisade le 15 Aout 1096 qui s'achèvera le 15 Juillet 1099 à Jérusalem lors de la victoire par les croisés sur les musulmans. Hugues de Payns n'y participa point, car il était encore à la cour du Comte de Champagne. C'est bien plus tard, en 1104, qu'il aurait accompagné son suzerain Hugues de Champagne en Terre sainte, où il y aurait séjourné pendant trois ans. De retour chez lui en 1107, Hugues de Payns se serait vu confier le domaine de Payns, celui de ses ancêtres ( maintenant nous sommes dans une dérive historique, car si ce domaine était véritablement le sien en 1107, il l'était également en l'an 1100 et avant, et, si tel était le cas, il y aurait des preuves écrites de sa filiation !! ), par son suzerain. Portrait de Hugues de Payns par Charles Ernest Rodolphe Henri Lehmann, né Karl Rudolph Heinrich Lehmann à Kiel ( duché de Holstein ) le 14 avril 1814 et mort à Paris ( 8ème arrondissement ) le 30 mars 1882 est un peintre français d'origine allemande. Il aurait épousé l'année suivante (1108) une jeune fille noble du Sud de la Champagne, Élisabeth de Chappes. Ils auraient eu quatre enfants nés entre 1108 et 1114. En 1113, Hugues de Payns aurait signé une charte de donation du Comte de Champagne. Le document porterait l'inscription suivante : « Hugo, dominus (seigneur) de Peanz » ( à la connaissance des historiens ce document n'existe pas !! ). En 1115, il serait retourné en Terre sainte avec Hugues de Champagne, mais cette fois-ci, il s'y serait installé définitivement. On peut considérer que sa femme serait décédée entre 1113 et 1114 ( encore des considérations !! ). A ce stade de la légende, et selon wikipédia, Hugues de Payns aurait 4 enfants agés de 1 à 6 ans en 1114, et il serait veuf. Il aurait abandonné ses enfants pour suivre Hugues de Champagne qui partait en pélerinage à Jérusalem en 1115 !

Toujours selon Wikipédia :
Hugues de Payns dirigea l'ordre du Temple pendant près de vingt ans, jusqu'à sa mort en Terre sainte en 1136. Les derniers actes l'évoquant datent de 1133 et 1134, et les chroniques consignent sa mort en 1136. Les circonstances de sa mort, curieusement, ne sont pas connues. Il était âgé d'environ 56 à 66 ans. Un obituaire de la commanderie de Reims indique que les Templiers célébraient sa mémoire le 24 mai, mais rien ne prouve qu'il s'agit de la date précise de sa mort ( remarquez encore la précision de toutes ces affirmations ! ).

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Voila donc pour la légende de la filiation d'Hugues de Payns, qui le voudrait natif de Champagne, et qui serait arrivé à Jérusalem en fin d'année 1115, sans aucun document à ce jour produit pour accréditer cette thèse !

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La position des historiens

histoire   des templiers es historiens modernes acceptent la doxa arrêtée au début du XIX ème siècle, sans trop s'y attarder car il semble que le sujet soit très scabreux. Ils notent toutefois que d'autres hypothèses existent concernant la date et le lieu de naissance de ce Hugues de Payns ou Hugues des Païens.

C'est le minimum qu'ils puissent faire car, ni dans les chroniques de Foucher de Chartres ( présent lors de la première croisade et chapelain de Baudouin 1er qui tiendra son journal quotidien jusqu'à sa mort en 1127 à Jérusalem ), de Guillaume de Tyr, ni dans les récits de tous les autres narrateurs de la première croisade, le nom "Hugues de Payns" y est écrit, par contre, ils écrivent tous le nom "Hugues des Paiens", associé à celui de "Geoffroy de Saint-Omer". C'est étonnant car lorsqu'ils narraient des récits sur la vie des personnages importants, ces chroniqueurs étaient très précis dans la retranscription de leurs noms !
Pour nous, membres de la commanderie Geoffroy de Saint-Omer et adeptes du factuel, nous accordons tout le crédit que méritent les récits de Foucher de Chartres ( qui restera à Jérusalem jusqu'à sa mort en 1127 et qui tiendra son journal jusqu'à cette date ), de Guillaume de Tyr, d'Albert d'Aix et des autres, qui nommèrent les deux fondateurs du Temple, comme suit : Hugues des Paiens et Geoffroy de Saint-Omer.



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Dans tous les récits des chroniqueurs seuls deux chevaliers sont mentionnés comme fondateurs de l'Ordre : Geoffroy de Saint-Omer et Hugues des Païens.

sources :
   Récits de quatre participants à la croisade : Foucher de Chartres, Raymond d’Aguilers, Pierre Tudebode et l’anonyme rédacteur des Gesta Francorum.
   Récits de trois autres clerc qui n’ont pas participé à l’expédition mais qui ont reçu des informations de première main : Baudri de Bourgueil (ou de Dol), Robert le Moine, et Guibert de Nogent.
   Récits d'Albert d’Aix, dont les historiens modernes ont découvert un peu tardivement l’importance. Chancelier et gardien de l'église d'Aix-la-Chapelle, il rédigea entre 1125 et 1150 une importante chronique sur la première croisade et les et les États latins d'Orient jusqu’en 1121, intitulée "Liber Christianæ expeditionis pro ereptione, emundatione, restitutione sanctæ Hierosolymitanæ ecclesiæ", en douze livres ( les six premiers portant sur la première croisade elle-même ).
   Au XIII ème siècle Jacques de Vitry historien et Archevéque d'Acre relatera lui aussi les évenements qui se déroulérent au Proche Orient sans contredire Guillaume de Tyr ( éditions Robert Burchard Constantijn Huygens, E. J. Brill 1960 | rapports de croisades ).
   Plus tard Ernoul (Ecuyer de Balian d'Ibelin) écrira également des chroniques Templières dans la continuité de celles de Guillaume de Tyr ( Chronique d'Ernoul et de Bernard le Trésorier, éditéd par L. de Mas-Latrie pour la Société de l'histoire de France, Paris, 1871 ).
   Michel le Syrien ( Chrétien Syrien ) relata également l'histoire des Templiers et des États latins d'Orient à la fin du XII ème siècle sans démentir non plus Guillaume de Tyr ( Chronique de Michel le Syrien, traduction française ( tomes 1 à 3 ) et texte syriaque ( tome 4 ) par J-B Chabot, 4 volumes, Pierre Leroux editeur, Paris 1899-1901-1905-1910 ).

Légende créée en 1804

histoire   des templiers insi donc, dès 1804 les écrivains spécialisés dans le Templarisme ( littérature devenue très à la mode, encouragée et soutenue par l'empereur Napoleon Bonaparte ) décidèrent de changer le nom du fondateur de l'Ordre ( Hugues des Païens ) en Hugues de Payens. Ces écrivains établirent à cet effet des biographies ( fausses ) d'Hugues de Payens destinées à conforter le mythe ainsi créé.

Circulez il n'y a rien à voir !

Rien à voir vraiment ?

Nous nous permettons d'en douter !


Vous savez que Geoffroy de Saint-Omer avait des frères partis comme lui lors de la première croisade dans l'armée de Godefroy de Bouillon. L'un d'eux s'appelait Hugues, et dans les environs de Saint-Omer tout le monde le surnommait Hugues le Païen, depuis qu'il avait perdu sa mère en l'an 1091. Il semble que ce garçon n'ait pas supporté ce lourd fardeau et que son comportement en fut affecté au point que la population lui donna le surnom de "Païen". Avouez qu'il y a là, pour le moins, matière à réflexion !
Il se peut donc fort bien que ces deux Hugues ne soient qu'une seule et même personne, que ce Hugues de Payns soit Hugues des Païens. Cette hypothèse est crédible car par exemple sur le sceau des Templiers, nous voyons 2 cavaliers sur un même cheval, ce qui a généré une multitude d’interprétations différentes à propos de la symbolique de ce sceau. Par exemple, une légende contemporaine avance que ce symbole représente la pauvreté de l'ordre à son origine, et que les templiers devaient partager un cheval pour deux hommes !! Cette hypothèse est peu vraisemblable car les articles 33 & 34 de la règle de l'Ordre sont précis, ils définissent que le Templier doit avoir au moins 1 cheval et 1 écuyer, la règle préconise d’ailleurs qu’il est préférable que le Templier possède trois chevaux. Cette règle est donc en contradiction avec l'emblème des Templiers ( représentant 2 cavaliers sur un même cheval ! ), cet emblème est pour l'époque peu banal, incongru, voire invraisemblable car contraire a la règle mais surtout contraire aux convenances de l'époque.
Nous avons une autre explication concernant le symbolisme de ce sceau .
Nous pensons que Hugues des Païens n’est pas cet homme venu de Champagne dont le nom fut très tardivement ( 1804 ) changé en « Hugues de Payns », et pour qui personne n’a jamais pu produire la moindre preuve de sa naissance en Champagne. Nous pensons que Hugues des Païens ( cité tel quel par Guillaume de Tyr, Foucher de Chartres présent lors de la grande croisade aux cotés de Baudoin de Boulogne, puis par tous les autres narrateurs ) était le frère de Geoffroy de Saint-Omer que tout le monde appelait « Hugues le Païen ». Sous ces auspices, toutes les hypothèses émises depuis deux siècles pour expliciter le symbolisme de ce sceau deviennent caduques. Si nous avons raison, l'explication de la symbolique de ce sceau devient très claire, et cet emblème aurait été adopté en l'honneur des deux fondateurs de l'Ordre, Hugues le Païen de Saint-Omer et Geoffroy de Saint-Omer son frère, et, comme ces deux chevaliers étaient frères de sang, la moralité n’en souffrait pas.

Du bon sens pour conclure

   Si l'on en croit donc la légende, Hugues de Payns serait arrivé en fin d'année 1115 à Jérusalem, et c'est lui qui à peine arrivé en terre Sainte, aurait pris l'initiative de créer l'Ordre du Temple ( rien de moins ! ).

   Factuellement, en fin d'année 1115 Geoffroy de Saint-Omer et ses frères Hugues et Gérard ( amis du Roi de Jérusalem, Baudouin de Boulogne ) étaient à Jérusalem depuis le 15 juillet 1099, ils avaient donc ( si je puis m'exprimer ainsi ) 17 ans d'ancienneté dans les Etats Latins d'Orient et sur les lieux Saints, et surtout, avant ces 17 années d'ancienneté ils avaient participé durant 3 longues années à d'innombrables batailles depuis leur départ de Saint-Omer en 1096 jusqu'à la prise de Jérusalem en 1099 !!

Les frères Saint-Omer et leurs compagnons de l'époque devaient donc être des hommes endurcis en cette fin d'année 1115, et si l'on doit croire cette légende ( Hugues de Payns natif de Champagne arrivé à Jérusalem en fin d'année 1115 ), c'est un nouveau venu, un ouvrier de la 11 ème heure qui aurait dicté sa loi à ces guerriers sans peur en qui le roi de Jérusalem avait toute confiance ?
Il en faut de l'imagination pour accepter de croire pareille chose !

Pour nous, les deux fondateurs du Temple sont Geoffroy de Saint-Omer et son frère Hugues le Païen, et l'Ordre leur a rendu hommage en adoptant comme sceau officiel la représentation de deux chevaliers sur un même cheval. Les membres de notre Commanderie continueront sans relâche leurs travaux de recherches concernant ce Hugues de Payns, afin de pouvoir un jour peut-être connaitre la vérité sur ce personnage.

Connaitre un jour la vérité

En 2014 une édition originale des œuvres complètes de l'auteur de "Hamlet" fut retrouvée par : Rémy Cordonnier

[ Docteur en histoire de l'art, Chevalier de l'Ordre des arts et des lettres. Responsable du fonds ancien de la Bibliothèque d'agglomération du Pays de Saint-Omer. Chercheur associé de l'Institut de Recherche Historiques du Septentrion ( Lille III - CNRS ). Chercheur associé de l'Institut d’Études Médiévales ( Université Nouvelle de Lisbonne ) ]

, cet ouvrage dormait depuis plus de deux cents ans dans les rayons de la bibliothèque de Saint-Omer. lisez la suite

A l'instar de cette extraordinaire découverte, nous gardons l'espoir de retrouver un jour à Saint-Omer, à Arras, à Paris ou ailleurs des documents qui mettront fin à des siècles d'interrogations concernant la véritable identité du second fondateur de l'Ordre, Hugues de Payns.

S'il plait à Dieu!




Les batailles d'Orient

Prise de Jérusalem

Le 7 juin 1099, trois ans après leur départ d'Occident, les soldats du Christ, déguenillés, tombèrent à genoux en pleurant lorsqu'ils aperçurent au loin les remparts puissants et élevés de Jérusalem, la Ville Sainte ! Sur les 300 000 au départ de Constantinople et après avoir bataillé à Nicée, Dorylée, Césarée, Edesse, Alep, Homs, Tripoli, Damas, Antioche, Acre, ils n'étaient plus que 20 000 devant Jérusalem ! Les Croisés bénéficièrent cependant des rivalités entre musulmans. Pendant que les Turcs étaient à Antioche, les Egyptiens fatimides avaient pris la ville de Jérusalem. Godefroy de Bouillon fit dresser les tentes autour de la ville et installer les machines de sièges, les tours pour l'escalade des remparts, construites par les charpentiers génois, les catapultes et tous les engins conçus par les techniciens militaires. La garnison de la place, qui ne dépassait pas le millier, observa tous ces travaux avec étonnement et quelque crainte. Le calife égyptien envoya ses ambassadeurs auprès des chefs croisés : il promettait, comme autrefois, toute liberté aux pèlerins chrétiens pour séjourner dans la ville et visiter les lieux saints. Jérusalem 1099 Les chefs de la croisade tinrent conseil. Allait-on abandonner, si près du but, l'objectif principal de l'expédition et s'interdire de former des royaumes latins en Orient, alors même que certains chevaliers s'étaient déjà taillé quelques fiefs dans les territoires conquis ? Aussi exigèrent-ils une reddition sans conditions. Les musulmans refusèrent. Le siège de la ville commença. Durant quarante jours, les mille défenseurs résistèrent aux douze mille croisés qui les assiégeaient. Jérusalem 1099 Le 15 juillet, Godefroy de Bouillon, Tancrède et leurs hommes réussirent à escalader les remparts de la ville. A coups de hache, ils atteignirent les portes, qu'ils ouvrirent toutes grandes. Les soldats se ruèrent dans la cité. Exaspérés par les privations, exaltés par les harangues des prédicateurs, affamés, ils ne pensèrent plus qu'à se venger et à rançonner la population, comme ils l'avaient fait à Antioche. Ce fut une page peu glorieuse de la croisade qui ne dura heureusement que 48 heures.

Bataille de Dorylée

Après la prise de Nicée, sur la rive orientale du Bosphore, les Francs de la première croisade ( Godefroy de Bouillon, Tancrede de Hauteville, Bohémond de Tarente,…) se dirigent vers Dorylée où les attend le Turc Kilidj Arslan, sultan de Roum. Ce dernier, qui a exterminé sans trop de mal la croisade populaire à Civitot l'année précédente, est certain de récidiver son exploit. Le 1er juillet 1097, il tend une embuscade à l’avant-garde des croisés en zone montagneuse. Dans un premier temps, Bohémond de Tarente et ses chevaliers sont submergés,ils forment un cercle pour résister. Leurs charges sont sans effet sur les archers à cheval turcs qui pratiquent le harcèlement. Les autres bataillons Francs arrivent enfin en renfort et se précipitent en plusieurs escadrons vers le champ de bataille sans attendre l'infanterie.Godefroy de Bouillon, premier arrivé à la tête d'une centaine de chevaliers, donne un coup de boutoir décisif qui permet de libérer Bohémond de Tarente et ses chevaliers. Le sultan se retranche alors sur des hauteurs se croyant à l'abri. Mais les croisés se réorganisent et attaquent sa position à 4 endroits distincts simultanément. Les Turcs sont défaits.

La 1ère bataille de Ramla

En 1101, les armées Franques du roi Baudouin 1 er de Jérusalem avec 300 chevaliers et 900 fantassins défont les Égyptiens qui sont plus de 10.000 hommes. Le roi a divisé son armée en cinq corps et prend le commandement des deux derniers, avec la chevalerie de Jérusalem accompagnée de la Vraie Croix. Les trois premiers attaquent le 7 au matin, et sont anéantis. Avec ce qui reste des troupes Baudouin écrase les Egyptiens qui dix fois supérieurs en nombre, puis revient le 8 à Ramla pour s'emparer de leur camp.

2ème bataille de Ramla

Le 17 mai 1102, une armée égyptienne de 20 000 hommes, commandée par Charaf, le fils du vizir Al-Afdhal, arrive en Palestine et surprend les troupes de Baudouin 1 er de Jérusalem à Ramla , près du port de Jaffa. Le roi ne doit son salut qu’en se cachant dans les roseaux. La plupart des 500 chevaliers sont tués ou capturés. Charaf tergiverse pour reprendre Jérusalem et son indécision permet aux renforts Francs d'arriver par mer, Charaf doit retourner en Égypte. En 1103 et 1104, le vizir du Caire lancera de nouvelles expéditions contre les Francs en vain .

Bataille de Harran

En 1104, les croisés sont installés en Terre Sainte et les décès ou captures des principaux chefs croisés n’ont pas réussi à mettre en péril leur installation. En effet, contrairement aux musulmans où la disparition d'un prince entrainait des luttes de succession et de pouvoir, au sein des États latins d'Orient, à la mort ou à la capture d'un prince, un successeur était immédiatement nommé. Barkiyârûk, sultan depuis 1104, se dispute avec son frère Muhammad qui réclame un fief, prétendant partager le sultanat, et à son oncle Sanjar qui profite de la guerre entre ses deux neveux pour s'affranchir de leur tutelle. Barkiyârûk se rend compte que cette guerre mène le sultanat à sa ruine et accepte un partage avec son frère. Il lui confie la région de Mossoul, le Jazira et la suzeraineté nominale sur la Syrie. Barkiyârûk marque clairement son désintérêt des affaires syriennes, et Muhammad ne réussit pas à se rendre maître de son fief et à se faire reconnaître suzerain des émirs syriens. Profitant de cette désorganisation, Baudouin du Bourg, comte d’Édesse décide de s’emparer de la forteresse de Harran. Cette place forte, si elle est prise, ouvre aux croisés la route de Mossoul et de Bagdad. Comme Baudouin ne dispose pas de forces suffisantes pour cela, il demande l’aide de son vassal Josselin de Courtenay, seigneur de Turbessel, et de ses voisins, Bohémond de Tarente, prince d’Antioche, et Tancrède de Hauteville. La situation est propice car, Harran qui était gouverné par un Turc, Qarâjâ très impopulaire avait été tué par un de ses lieutenant, Muhammad d’Isfahan, lui-même ensuite assassiné par Jawali, un fidèle de Qarâjâ. L’émir de Mossoul, Jekermish est aux prises avec un de ses voisins et ennemi, Il Ghazi ibn Ortoq.
Baudouin et Josselin arrivent à Harran avec tous leur chevaliers Francs. Bohémond et Tancrède arrivent avec trois mille cavaliers et sept mille fantassins. Lorsque les troupes franques arrivent aux abords de la place forte, au printemps 1104, celle-ci suite aux troubles n'avait plus de réserves de vivres. Les Francs pensent alors qu’un blocus de la ville suffira à la faire tomber et négligent d’installer des mangonneaux pour entamer les fortifications. Lorsque la ville est sur le point de se rendre, au début du mois de mai, une querelle éclate entre Baudouin et Bohémond à propos du premier étendard à dresser sur la muraille et les Francs décident de remettre au lendemain la prise de possession de la ville.
De leur côté, Soqman ibn Ortoq, le frère d’Il Ghazi, et Jekermish se réconcilient pour faire front commun aux Francs. Soqman, avec sept mille cavaliers turcomans, et Jekermish, avec trois mille cavaliers turcs, arabes et kurdes font leur jonction à Khâbûr et se dirigent vers Harran. Les Francs, qui prévoient de prendre possession de la ville, se portent à la rencontre de l’armée musulmane en apprenant son arrivée imminente. Selon les chroniqueurs Albert d’Aix, Ibn al-Athir et Raoul de Caen, il semble que les Francs prévoient un mouvement d’encerclement. Le corps d’armée composé des forces d’Édesse est chargé d’engager le combat contre les Turcs, tandis que les forces d’Antioche doivent attendre que le combat soit engagé pour encercler les forces turques. Mais dès le premier choc, les Turcs recourent à leur tactique habituelle, la fuite simulée, et l’armée d’Édesse se met à poursuivre les Turcs, loin de l’armée d’Antioche et fonce droit dans une embuscade où ils se retrouvent face à dix mille turcs qui n’ont pas de difficultés à les battre épuisés par la poursuite. Les Normands d’Antioche n’ont aucun mal à défaire les troupes turques envoyées en leurre, mais lorsqu’ils voient revenir l’armée d’Édesse en déroute et poursuivis par les Turcs, ils comprennent que la bataille est perdue et profitent de la nuit tombante pour fuir à leur tour et parviennent à revenir à Édesse.
Baudouin du Bourg et Josselin de Courtenay sont capturés, après que leurs chevaux se soient embourbés en tentant de traverser le Balîkh, une rivière entre Harran et le champ de bataille. Les soldats qui réussissent à franchir cette rivière sont en proie aux habitants d’Harran qui, apprenant la victoire musulmane, se mettre à battre la campagne pour tuer les Francs isolés. Pour la première fois, les Francs que les populations locales croyaient invincibles subissent une grave défaite qui met définitivement fin à leur expansion dans l'arrière pays syrien. L'issue de cette bataille nuit considérablement à leur prestige auprès des populations chrétiennes d’Orient. Leurs rivaux et leurs ennemis profitent de l'affaiblissement de la principauté d'Antioche pour regagner du territoire : les Turcs d’Alep reprennent Artâh et les Byzantins s'emparent de la Cilicie et Lattakié. Mais les vainqueurs de la bataille ne parviennent pas à exploiter leur victoire, car ils se disputent immédiatement les prisonniers et se séparent. Jekermish assiège Édesse, défendue par Tancrède de Hauteville, qui a réussi à rejoindre la ville et à organiser la défense. Cela donne à Bohémond de Tarente le temps de lever une armée à Antioche et à marcher sur Édesse, obligeant Jekermish à lever le siège. Soqman est appelé par le cadi Fakhr al-Mulk et marche avec son armée pour dégager Tripoli assiégé par Raymond de Saint-Gilles, mais succombe à Baalbek d’une maladie. Tancrède de Hauteville assure la régence d’Edesse et, afin de conserver les revenus du comté, manœuvre pour prolonger la captivité de Baudouin qui ne sera libéré qu’en 1108. Une brouille opposera alors Tancrède et Baudouin, à tel point qu’on verra Baudouin du Bourg allié à Jawali, alors émir de Mossoul, affronter Tancrède allié à Ridwan, sultan d’Alep, au mois d’octobre 1108, guerre qui causera la mort de deux mille Francs.

3ème bataille de Ramla

Le 27 août 1105, Baudouin 1 er de Jérusalem repousse une offensive fatimide appuyée par l’atabek (Seldjoukide) de Damas.

Bataille du Champ du Sang

La bataille de l'Ager Sanguinis, ou Champ du Sang, ou bataille de Balat , opposa la principauté croisée d'Antioche et le gouverneur Ortogide d'Alep en 1119. Le Turc Ortogide Il-Ghazi se rend maître d’Alep et défait l’armée d’Antioche près d’Artah. Roger de Salerne est tué et le nombre des morts est si grand que le lieu de la bataille prend le nom d’ager sanguinis, Le «Champ du Sang». En 1117, l'Ortogide Ilghazi devint Atabey (gouverneur) d'Alep. En 1118 Roger captura Azaz, qui était sorti d'Alep pour attaquer les chrétiens Ilghazi riposta en envahissant la principauté en 1119. Roger sortit d'Artah avec Bernard de Valence, le patriarche latin d'Antioche. Bernard conseillait d'y rester car Artah était une puissante forteresse très proche d'Antioche et Ilghazi n'aurait pas pu aller plus loin si on la tenait. Le patriarche suggéra aussi à Roger d'appeler Baudouin, devenu entre temps Roi de Jérusalem, ainsi que Pons. Mais Roger ne voulut pas attendre leur arrivée.
Roger s'installa dans le défilé de Sarmada pendant qu'Ilghazi assiégeait le château d'El-Atharib. Un petit détachement commandé par Robert du Vieux-Pont voulut rompre le siège. Alors Ilghazi fit semblant de battre en retraite, stratagème turc habituel qui marcha une fois de plus : Les gens de Robert quittèrent le château et tombèrent dans l'embuscade. Ilghazi attendait aussi des renforts de Tughtekin, l'émir bouride de Damas, mais lui aussi se trouva fatigué d'attendre, aussi encercla-t-il le camp de Roger dans la nuit du 27-28 juin 1119. L'armée de Roger était forte d'environ 3 700 hommes (700 chevaliers et 3 000 fantassins, dont des turcoples formant 3 bataillons commandées par Roger, Geoffroy le Moine et Guy Fresnel. Dès que les musulmans ( certainement en nette supériorité, situation habituelle pendant cette période ) arrivèrent, le cadi Abou El-Fadl Ibn El-Khachab, portant le turban de sa dignité mais brandissant une lance, caracola devant les combattants. Ils commencèrent par être stupéfaits d'être harangués par un lettré mais à la fin de sa prédication passionnée sur les devoirs et mérites des combattants de la guerre sainte, si l'on en croit Kamal Ed-Din chroniqueur contemporain d'Alep, ces massacreurs professionnels éclatèrent en larmes et coururent au combat. Le matin du 28 juin, l'armée normande engagea le combat avec avantage mais les Turcs reprirent vite le dessus. Robert de Saint-Lô et les turcoples furent rejetés sur la ligne de Roger, qui fut disloquée. Durant la mêlée, Roger fut tué d'un coup d'épée en plein visage au pied de la grande croix ornée de pierres précieuses qui lui servait d'étendard. Le reste de l'armée fut exterminée : 2 chevaliers seulement survécurent ! L'un d'eux, Renaud Mazoir, se réfugia dans le château de Sarmada pour attendre le roi Baudouin 1 er de Jérusalem mais fut plus tard pris par Ilghazi. L'autre Guillaume le Chancelier, qui plus tard raconta la bataille.

La Bataille de Ba'rin-1137

La bataille de Ba'rin (ou Mont Ferrand) se déroula en juin 1137. L'armée du roi de Jérusalem Foulque V d'Anjou y fut défaite par l'atabeg de Mossoul Zengi. Celui-ci s'empara alors définitivement du château de Ba'rin. Foulque d'Anjou, qui s'était laissé enfermer dans la forteresse, dut verser 50.000 dinars pour pouvoir se retirer avec le reste de ses troupes.

Bataille d'Inab

Après la mort au combat de Raymond de Poitiers (1115 † 1149), le 29 juin 1149 lors de la bataille d'Inab , Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil achève la reconquête du comté d'Édesse, et s'empare de la principauté d'Antioche ainsi que des dernières places fortes d'outre Oronte ( Apamé, Artah et Albara ). La tête de Raymond sera envoyée dans un coffre d'argent au calife de Bagdad.

Second siège d'Ascalon

En 1150, Baudouin III de Jérusalem se rendit avec toute son armée sur l’emplacement de l’antique Gadres ( aujourd’hui Gaza ), qui n’était plus qu’un tas de ruines, avec la ferme intention de lui redonner vie. L’emplacement avait été choisi avec un remarquable discernement stratégique puisque Gadres, sise à quelques 20 kilomètres au sud d’Ascalon , coupait tout lien terrestre entre cette dernière et l’Egypte. Relevant les anciennes murailles de la ville, Baudouin établit une véritable forteresse sur la butte qui constituait anciennement la ville haute. La construction fut achevée au printemps, et la cité donnée aux Templiers. La relève de la garnison ascalonite éprouva d’ailleurs tout de suite la force de la nouvelle forteresse en se heurtant à la pugnacité des frères du Temple. Dès lors, les relèves de la garnison ne se feraient plus que par mer. Baudouin III, profitant de troubles en Egypte à la cour du calife fâtimide, parut sous les murs d’Ascalon avec son armée le 25 janvier 1153. Pour marquer sa détermination à prendre la ville, il s’était fait accompagné par tout le clergé de Jérusalem ainsi que de la Vraie Croix, lesquels devaient insuffler l’élan mystique propre à permettre de réduire la ville qui, depuis cinquante ans déjà, défiait la couronne de Jérusalem. Le second siege d'Ascalon-1153 Gérard de Sidon fut chargé d’assurer le blocus des communications maritimes à l’aide de ses quinze galères, tandis que sur terre étaient dressées toutes les machines nécessaires à un siège en règle. Au dire des chroniques, ce siège fut particulièrement agréable pour les assiégeants, qui purent jouir des bienfaits des jardins, vignobles et vergers d’Ascalon. Le siège durait depuis plus de deux mois lorsqu’aux environs de Pâques, parurent les renforts annuels de pélerins en provenance d’Occident, lesquels vinrent peu à peu grandir les rangs des assiégeants. Ces derniers construisirent finalement une immense tour de bois, recouverte de cuir pour échapper aux flammes et dont la hauteur était suffisante pour dominer la muraille et accabler les défenseurs de traits. Le gouvernement fâtimide, malgré les luttes intestines dont il faisait l’objet, parvint tout de même au bout de cinq mois de siège à envoyer aux assiégés une importante flotte de près de soixante dix navires, lesquels firent se replier à leur arrivée les nefs franques postées devant la ville. Cette arrivée inespérée rendit le moral aux assiégés, qui dès lors devinrent plus audacieux. Alors que les machines de siège continuaient leur inéxorable bombardement, les assiégés prirent le parti d’incendier la haute tour de bois en amoncelant dans l’intervalle la séparant du rempart qu’elle dominait un ensemble de sarments badigeonnés d’huile et de poix, auquel ils mirent le feu. Cependant, ce stratagème s’avéra désastreux car un léger vent détourna la flamme du « château de fût » et la repoussa vers les murailles, dont un pan de mur s’effondra au petit matin. Les Templiers furent les premiers à se ruer dans la brèche dont ils interdirent pour une raison assez floue, l’accès aux autres combattants. Si, dans un premier temps, les assiégés furent en proie à la stupeur et la panique, la vue de la quarantaine de Templiers entrés seuls dans l’enceinte leur fit reprendre courage, et ces derniers se virent rapidement submergés, pendant que des poutres étaient hâtivement amenées des navires pour combler la brèche. Après quoi, les assiégés pendirent aux murs de la ville les dépouilles des quarante impudents frères du Temple et de leur maître, Bernard de Tremelay. Cette déconvenue, due selon certaines chroniques à l’égoïsme et la cupidité des Templiers, aurait certainement achevé de décourager le camp chrétien et fait lever le siège si le clergé n’était pas intervenu pour convaincre les « clercs » de continuer l’entreprise. Il semble que peu après cet épisode, les Égyptiens, ragaillardis par leur précédent succès face aux Templiers, opérèrent une sortie et qu’une véritable bataille ait eu lieu sous les murailles d’Ascalon, se soldant par un cinglant revers pour les assiégés.
Devant l’inexorable détermination franque, les Ascalonitains se résignèrent à demander l’âman. Une délégation de notables fut à cet effet envoyée au roi Baudouin 1 er de Jérusalem pour demander une capitulation honorable, ce qui leur fut accordée. Le 19 août 1153, après six mois de siège, les habitants et la garnison d’Ascalon évacuèrent la ville, en bon ordre et « avec tout leur harnois ». Conformément à la promesse du roi, cette évacuation se déroula sans anicroche, les troupes royales accompagnant même les Ascalonitains jusqu’à Laris ( El – Arish ), à l’orée du delta du Nil. L’entrée des Francs dans la cité, en procession derrière la Vraie Croix, se fit dans une ferveur rappelant les premiers temps de la conquête. Cette précieuse victoire complétait l’oeuvre des premiers rois de Jérusalem, parachevant ainsi la maîtrise Franque du littoral et ouvrant surtout de nouvelles perspectives d’expansion, dorénavant toutes tournées vers l’Egypte fâtimide, alors en pleine décadence. Ainsi, durant les deux décennies suivantes, Ascalon devint de lieu de rassemblement des armées latines en partance pour l’Egypte sous la férule de l’infatigable roi Amaury de Jérusalem, qui organisa durant son règne pas moins de six expéditions vers le Delta.

Bataille du gué de Jacob

La bataille du gué de Jacob ou bataille du lac Méron a lieu le 19 juin 1157. Elle voit la défaite des Francs et la capture de 80 Templiers dont le Grand-Maître Bertrand de Blanquefort par Nur ad-Din.

Bataille d'Harenc

En août 1164, Nour ed Din marcha sur Harrenc. Une armée franque, grecque, arménienne et des contingents de l'Hôpital et du Temple s'assemblèrent. L'émir affecta de battre en retraite pour les attirer dans la Plaine d'Artah. Malgré l'opposition de Renaud de Saint Valéry, seigneur de Harrenc, les Chrétiens poursuivirent les Musulmans. Le 11 août ils furent écrasés et le 12, Nour ed Din prit possession de Harrenc . En 1177, Bohémond III demanda à Philippe d'Alsace, Comte de Flandre, de l'aider à reprendre Harrenc. L'armée parut devant la place fin de novembre 1177, devant la résistance acharnée de la garnison, les Francs abandonnèrent le siège en mars 1178.

Bataille de Montgisard

En 1177, profitant de l'absence de presque toutes les armées franques parties guerroyer en Syrie du nord, Saladin prit la tête de ses armées et marcha rapidement vers le royaume de Jerusalem. Apprenant l'arrivée de Saladin dans les royaume, les Templiers se barricadèrent dans leur forteresse de Gaza qui se trouvait sur le chemin des envahisseurs, tandis que Baudouin IV, le Roi Lépreux, rassembla 500 chevaliers, prit la Vraie Croix et marcha vers Ascalon pour la défendre. La bataille de Montgisard-1177 Voyant Gaza bien défendue par les Chevaliers du Temple, Saladin laissa la ville derrière lui et se dirigea vers Ascalon, où il y trouva Baudouin IV retranché derrière les murailles. Sachant ainsi les derniers défenseurs francs tous retranchés à Ascalon, Saladin décida de continuer sa marche vers Jerusalem, mais au lieu de s'y rendre directement, il laissa ses armées s'éparpiller dans le pays pour piller et détruire les petites villes et villages rencontrés. Baudouin IV fit avertir les Templiers de Gaza, et lorsqu'il eut réuni ses forces et celles du Temple, moins de 600 chevaliers, il décida de porter secours à Jerusalem pour combattre l'ennemi en campagne, plutôt que de rester enfermer dans des murs.
Les francs établirent un énorme mouvement tournant en longeant la côte vers le nord et ensuite en descendant vers le sud-est à la rencontre de Saladin. La rencontre eut lieu au sud de Montgisard, dans l'Oued de Tell al-Safiya. En infériorité numérique écrasante, les chevaliers francs n'hésitèrent pas un instant à fondre sur les armées musulmanes dispersées dans l'Oued et ils massacrèrent un nombre important d'ennemis dont plusieurs généraux de Saladin. Saladin, devant la débâcle de ses troupes se réfugia au sein de sa garde d'élite, composée de mille mameluks. La chevalerie franque se regroupa pour charger cette dernière résistance, enfonca les lignes musulmanes et parvint presque jusqu'à Saladin qui faillit être tué au cours des affrontements. Sauvé par la nuit qui tombait sur le champ de bataille, Saladin ordonna la retraite et s'enfuit vers l'Egypte avec les lambeaux de son armée .
Ce fut l'une des plus belles victoires franques de toute l'histoire des Croisades et des Etats Latins d'Orient .

Bataille de Marj Ayoun

Victoire de l'Ayyoubide Saladin contre une armée croisée conduite par le roi Baudouin IV de Jérusalem. Le roi chrétien, atteint de la lèpre, a échappé de peu à la capture. En 1177, Saladin avait tenté d'envahir le royaume de Jérusalem depuis l'Égypte. Baudouin, avec une armée infèrieure en nombre avait réussi à prendre son armée par surprise et à lui infliger une cuisante défaite. En 1179, Saladin essaie de nouveau, à la tête d'une armée enn provenance de Damas. Mais la sécheresse qui sévit en Syrie diminue les récoltes des états musulmans. Saladin installe son armée à Banias et envoie des raids pour piller les villages et les campagnes autour de Sidon, pour ramener ce qu'ils pouvaient en récolte et détruire le reste. Les fermiers et les villageois pillés ne sont plus en mesure de payer les loyers et les impôts à leurs seigneurs. Si la politique de saccage de Saladin n'est pas interrompue, le royaume de Jérusalem disparaitra. En réaction, Baudouin IV marche à la tête de son armée en direction de Tibérias, au bord de la mer de Galilée. Il poursuit sa route vers Safed, puis vers le château de Toron, près de Tyr. Rejoint par les Templiers menés par Eudes de Saint-Amand et un détachement du comte Raymond III de Tripoli, Baudouin prend la direction du nord
Juché sur un mont à 900 mètres d'altitude ( que Guillaume de Tyr nomme Mesaphar ), les Francs repèrent le camp de Saladin. Baudouin et son conseil décident de descendre dans la plaine pour l'attaquer. Alors que les troupes Franques descendent du plateau, les chevaliers et les fantassins se séparent. Après quelques heures, la chevalerie rencontre des troupes sarrasines commandées par Farrukh-Shâh, neveu de Saladin, qui reviennent d'un raid et les chevaliers croisées, au nombre de six cents défont aisément la horde musulmane le 9 juin. Mais quelques éclaireurs leur échappent et arrivent au camp de Saladin, et les soldats croisés ne peuvent pas maitriser les troupeaux ramenés par les pillards qui fuient vers le camp ayyoubide. Croyant la bataille gagnée, les Francs baissent leur garde, ils restent dispersés, les Templiers et les chevaliers de Tripoli patrouillent entre Marj Ayoun et la Litani, tandis que l'infanterie se repose de sa marche forcée. Saladin, avertit par les rescapés de l'escarmouche, donne l'alarme et met son camp en état de défense, craignant une incursion Franque. En raison de la dispersion des troupes Franques, cette incursion ne vient pas et Saladin décide d'attaquer les Croisés. Fatigués, les Francs sont sévèrement battus. Ce sont d'abord les troupes templières et celle de Tripoli qui se heurtent aux troupes musulmanes et qui sont rapidement désorganisées. Très rapidement, le reste de l'armée Franque prend la fuite. Baudouin IV échappe de peu à la capture. Incapable de monter un cheval à cause de la lèpre, il est évacué par un chevalier alors que sa garde se fraie un chemin à travers les lignes sarrasines. De nombreux rescapés Francs fuient et trouvent refuge au château de Beaufort à environ huit kilomètres au sud du champ de bataille. Les fuyards croisent les troupes que Renaud de Sidon apporte en renfort, et lui assurent de l'inutilité de poursuivre plus avant. Les témoins de la bataille attribuent la défaite à Eudes de Saint-Amand, maître de l'Ordre du Temple, qui est capturé au cours de la bataille et qui meurt en captivité le 9 octobre 1179. Aux dires de l'Estoire d'Éracles, il serait allé de l'avant en entrainant les chevaliers de Tripoli au lieu de rester aux côtés du roi, causant la dispersion des troupes du royaume.
Saladin profite de son avantage pour assiéger le Chastelet que Baudouin IV venait de faire édifier au Gué de Jacob. Durant les années qui suivent, les chefs Francs deviennent plus prudents, et les campagnes suivantes, la bataille de Belvoir (1182) et la bataille d'Al-Fule (1183) seront plus étudiées.

Bataille du gué de Jacob

Les Templiers, s’étaient érigés en puissance foncière. Ceux-ci avaient choisi un lieu stratégique, passage entre la Palestine et la Syrie au Gué de Jacob sur le Jourdain, pour construire une forteresse militaire. La bataille du gué de Jacob, au Sud du lac de Hûlé et au Nord Ouest du Chastel-Neuf, se déroula en 1179, entre les forces de Baudouin IV Roi de Jérusalem et celles de Saladin. Elle marque la prise du Chastellet du Gué de Jacob, la forteresse d'Ateret, par les forces musulmanes. En Mars 1179, les Templiers commencent la construction du Chastelet. Le 23 août, le chef militaire musulman Saladin est arrivé devant le Chastellet et a ordonné à ses troupes de tirer des flèches sur la forteresse, amorçant ainsi le siège du château. Saladin, était le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Egypte de 1169 à 1250, en Syrie de 1174 à 1260, et qui a dirigé Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Dans le même temps, Baudouin IV, ayant appris cette attaque, a ordonné à des renforts de Jérusalem de se mettre en route pour aller à la rescousse de la forteresse assiégée, mais trop tard. Le 30 août 1179, les envahisseurs musulmans pillèrent le château du Gué de Jacob et tuèrent la plupart de ses résidents lors d'une sanglante bataille de six jours. Le Maître de l'Ordre, Eudes de Saint-Amand, est capturé au cours du combat et emmené en captivité. Le même jour, Baudouin et son armée arrivent par Tibériade, seulement pour découvrir de la fumée à l'horizon au-dessus du Chastellet. Ils sont arrivés trop tard pour sauver les 700 chevaliers et les 800 architectes et ouvriers qui construisaient ce bâtiment. Les 700 chevaliers du Temple ont été tués et les 800 autres résidents ont été emmenés captifs. Baudouin et ses renforts se sont rabattus vers Tibériade et Saladin ordonna de démolir les restes de la fortification. Bien que Saladin ait remporté une victoire militaire au Chastellet, ses troupes ont été victimes d'un autre ennemi. Directement après le siège, les corps des 700 croisés tués ont été jetés dans le puit de la forteresse, avec des porcs... En raison de la chaleur du mois d'août, les cadavres dans la fosse ont commencé à pourrir et, par conséquent, à contaminer l'eau, Saladin perdit dees centaines d'hommes. En 1180, Saladin et Baudouin signenté une trêve, mais sept ans après cette paix entre les musulmans et les croisés, Saladin reprend Jérusalem aux chrétiens après la bataille de Hattin en 1187. Depuis la conquête réussie de Saladin au Gué de Jacob en 1179, Jérusalem était devenu extrêmement vulnérable. Après ses succès militaires, Saladin rencontre Richard Cœur de Lion, avec lequel il a été forcé de faire la paix en 1192. Il mourut l'année suivante et Baudouin IV lui, contracta la lèpre et mourut à l'âge de vingt-trois ans en 1185.

Bataille de Hattin

Après le décès, à Acre, du roi Baudouin V, âgé de huit ans, le régent Raymond III de Tripoli est destitué, le trône de Jérusalem échoit à Guy de Lusignan, nouvel époux de Sibylle, la sœur du roi Baudouin IV le Lépreux, décédé le 16 mars 1185. Fin 1186, Renaud de Châtillon, seigneur d'Outre-Jourdain et de Montréal, brise la trêve en vigueur depuis près de six ans entre Francs et musulmans en s'emparant d'une caravane, pourtant sous forte escorte, qui se rend du Caire à Damas. Il en massacre les hommes en armes et emprisonne les commerçants et les caravaniers dans sa citadelle de Kérak. Par la suite, il attaque d'autres caravanes de pèlerins allant à La Mecque. Saladin patiente, préférant se consacrer à la reconstruction de son pays délabré par de nombreuses années de guerre civile entre seigneurs arabes. Il vient d'achever l’unification des musulmans, et même la ville de Mossoul, qu’il a assiégée à plusieurs reprises, a signé la paix ( en 1186 ). La trêve, signée avec Raymond de Tripoli, doit lui permettre de préparer la riposte, mais il estime que le moment de la rompre n'est pas encore arrivé. Il envoie donc des émissaires porteurs de messages d’indignation à Renaud de Châtillon, et le somme de respecter la trêve, de relâcher les prisonniers et de restituer les biens saisis. Méprisant, Renaud lui conseille de demander à Mahomet de venir les sauver.
Saladin réunit un peu plus de 12 000 soldats à Damas, et, dès le mois de mars assiège la citadelle de Al-Karak puis la citadelle de Shaubak, avant de se diriger vers Banias près de Tibériade. Les troupes musulmanes rencontrent par hasard une délégation de barons francs, qu'elles tuent. De leur côté, les croisés s’enlisent dans leurs querelles internes. En mars 1187, Raymond de Tripoli, fort de la trêve de quatre ans signée avec Saladin et sûr de son soutien, refuse de prêter allégeance au nouveau roi de Jérusalem. Celui-ci, désireux de se débarrasser de son rival qu'il accuse de complaisance envers les musulmans, se prépare à attaquer Tibériade, qui appartient à la femme du comte de Tripoli. Alerté, ce dernier conclut une alliance avec Saladin. Le 30 avril 1187, conformément à leur alliance, Saladin demande à Raymond de Tripoli de laisser ses éclaireurs faire une reconnaissance du côté du lac de Tibériade. Le comte, ne peut refuser. Il exige cependant que les soldats musulmans quittent son territoire avant le soir. Le 1er mai, 7 000 cavaliers passent sous les murs de la ville. Le soir même, alors qu'ils font le chemin en sens inverse, ils rencontrent 150 chevaliers de l'Ordre du Temple qui ont attaqué une colonne près de Séphorie, au nord de Nazareth. C'est le massacre. Seuls trois Templiers parviennent à s'enfuir, dont le maître de l'Ordre, Gérard de Ridefort. Suite à ce désastre, Raymond de Tripoli se repent et met ses forces à la disposition de Guy de Lusignan. Le 24 juin, les Francs ont réuni 2 000 chevaliers ( dont 1 200 Templiers commandés par Gérard de Ridefort et Hospitaliers, menés par le grand-maître hospitalier Garnier de Naplouse ) et 13 000 fantassins. Ils sont soutenus par 40 000 mercenaires musulmans, dont 2 500 cavaliers et 7 000 fantassins payés et armés par les Templiers. En face, de nouvelles troupes ont rejoint Saladin, qui dispose au total de plus de 60 000 soldats. La bataille de Hattin-1187 Le 2 juillet, dans l'après-midi,les Francs arrivent à Séphorie. Ils disposent de vivres en quantité et d'eau à volonté, grâce aux fontaines de la cité. Pour forcer les Francs à venir à lui, Saladin attaque la cité de Tibériade où se trouve toujours la comtesse Échive de Bures, l'épouse de Raymond de Tripoli. Ses troupes réussissent à prendre la ville basse, qui est incendiée, et poussent la population à se réfugier dans la forteresse, tout en laissant passer des messagers qui rejoignent l'armée franque à Séphorie, distante d'environ 27 kilomètres de Tibériade. Saladin espère ainsi pousser les Francs à l’affrontement. Le soir même, le roi réunit le conseil. Les trois beaux-fils de Raymond de Tripoli veulent que l'armée vole au secours de leur mère, mais Raymond s'oppose à eux : selon lui, il convient d'attendre Saladin en position de force. Renaud de Châtillon accuse Raymond de lâcheté en vain. Après la fin du conseil, Gérard de Ridefort va s'entretenir personnellement avec le roi pour le convaincre de changer d'avis. Il rappelle la réputation de traîtrise de Raymond de Tripoli et argue que cette décision serait un signe de faiblesse que les Templiers n'admettraient pas. Guy de Lusignan se range à l'avis du Maître de l'Ordre. L'armée franque, divisée en trois corps, s'ébranle le 3 juillet. Avec la chaleur les réserves d'eau sont vite épuisées. Saladin a pris soin d'empoisonner les trous d'eau. Sans jamais engager le combat, des cavaliers les harcelèrent de leurs flèches, et ralentissent la marche. Cette tactique réussit si bien, qu'au soir du 3 juillet, le roi propose de rejoindre le village de Hattin où se trouve l'un des rares points d'eau. Mais Saladin devine le projet et lui barre la route. À la nuit tombée, les Francs sont obligés de bivouaquer parmi les pierres brûlantes et sans eau. Ils sont harcelés, et doivent veiller pour la troisième nuit consécutive.
Au matin du 4 juillet,Saladin fait mettre le feu aux broussailles. Le vent pousse la fumée et le feu vers les croisés. Sans eau pour se rafraîchir, les Francs étouffent sous leurs cuirasses. Ils combattent néanmoins pour tenter de percer les lignes ennemies et de gagner les rives du lac de Tibériade. Raymond de Tripoli réussit à s'enfuir vers Séphorie en emmenant avec lui le fils du prince d'Antioche, ses chevaliers et quelques barons syriens. Quelques détachements réussissent également à s'enfuir vers Tyr. Le grand-maître hospitalier Garnier de Naplouse, blessé, réussit à gagner Ascalon avec quelques cavaliers. Le roi et ses grands barons parviendront néanmoins à trouver refuge dans la forteresse de Tibériade. Le reste des troupes Franques se rassemble sur un piton basaltique appelée les Cornes de Hattin. La bataille est terrible et les morts nombreux des deux côtés. Saladin remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine.

Bataille d'Arsouf

Après la chute de Jérusalem en 1187, une troisième croisade est lancée. Des querelles entre les rois de France et d’Angleterre retardent le projet. À elle seule, l'armée allemande de l’empereur Frédéric Barberousse pouvait inquiéter Saladin, mais la noyade accidentelle de ce dernier entraîne la dispersion de son armée. Les rois Français et anglais Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion ainsi que le grand-maitre de l'Ordre du Temple, Robert de Sablé arrivent enfin en Terre Sainte au printemps 1191 et permettent la prise de Saint-Jean-d’Acre assiégée depuis deux ans. Philippe Auguste retourne alors en France, en laissant sur place une partie des troupes françaises ( 10 000 hommes sous le commandement du duc Hugues III de Bourgogne ). Des négociations sont entamées entre Saladin et Richard Cœur de Lion, à propos de la libération des défenseurs d’Acre en échange de la restitution de la Vraie Croix et du versement d’indemnités mais, trouvant que Saladin fait traîner les choses, Richard ordonne le massacre des prisonniers musulmans, commettant ainsi une faute politique qui révolte les populations musulmanes. La bataille_Arsouf Richard Cœur de Lion s’engage avec son allié le Grand-maitre Templier, Robert de Sablé dans la reconquête du littoral palestinien et quittent Saint-Jean-d’Acre le 22 août 1191 en direction de Caïffa. Dès la sortie de la ville, l’armée croisée est assaillie par les cavaliers musulmans qui sont repoussés, et l’armée se regroupe en une masse compacte et protégée par les armures que les musulmans ne parviennent à entamer. Le ravitaillement est assuré par la flotte qui suit l’armée, laquelle ne s’éloigne pas des côtes. Après avoir pris sans encombre Caïffa, évacuée la veille par sa garnison, les Francs continuent leur route et arrivent en vue d'Arsouf le 5 septembre. Richard envoie un émissaire à Saladin pour des pourparlers et ce dernier, désirant gagner du temps délègue son frère Al-Adel. Onfroy IV de Toron sert d’interprète, mais les négociations n’aboutissent pas, et l’armée repart vers Arsouf le 7 septembre. Le poète Ambroise fait une description précise de l’ordre de marche de l’armée : d’abord les Templiers menés par Robert de Sablé, suivis des troupes angevines et bretonnes, puis Guy de Lusignan avec les chevaliers poitevins, les Normands, les Anglais, les Français avec le chevalier flamand Jacques d’Avesnes et les barons capétiens avec le comte Robert II de Dreux, son frère Philippe, évêque de Beauvais et Guillaume des Barres, et à l’arrière garde les Hospitaliers mené par Garnier de Naplouse. Henri II, comte de Champagne, garde le flanc gauche de l’armée, face à la plaine, et Richard Cœur de Lion et Hugues III de Bourgogne patrouillent en permanence le long de la colonne, prêts à faire face au danger qui peut venir de n’importe où. Quand l’armée croisée atteint les abords d’Arsouf, Saladin donne le signal de l’attaque et les cavaliers turcs, au nombre de trente mille selon les dires d’Ambroise, encerclent les croisés et les criblent de flèches. La bataille_Arsouf Les soldats, protégés par leurs armures n’ont que peu de perte, mais de nombreux chevaux sont tués. Un moment les croisés sont au bord du désastre rappelant celui de la bataille de Hattin. Mais Richard, bien que piètre politique, met en œuvre ses qualités de stratège. Il ordonne aux Hospitaliers de l’arrière-garde de tenir coûte que coûte, et adopte dans un premier temps une attitude défensive, et interdit aux chevaliers de poursuivre les Turcs, qui tentent leur technique de la fuite simulée. La discipline est telle que les chrétiens obéissent. Faisant preuve d'adresse, les archers et les arbalétriers de Richard infligèrent des pertes notables aux cavaliers turcs. Mais comme les troupes ne peuvent tenir indéfiniment et que les pertes s’accumulent, il commence à mettre en place une charge destinée à entourer les cavaliers turcs pour les anéantir. Au moment où les chevaliers chrétiens entourent les cavaliers ayyoubides, les sons des trompettes devaient indiquer aux croisés d’infléchir leur charge vers l’intérieur afin de tailler en pièces les soldats musulmans et d'anéantir l’armée de Saladin. Mais l’impatience d’un Hospitalier et du chevalier anglais Thomas Carrew déstabilise la manœuvre qui devient une charge directe, qui balaye l’armée de Saladin, mais ne peut pas l’empêcher de se replier. Les archers musulmans, qui étaient descendus de leur monture et qui se trouvent en première ligne sont décapités ou renversés, et achevés par les sergents. La charge croisée enfonce ensuite les cavaliers turcs qui prennent la fuite. Craignant un piège, Richard interdit la poursuite et leur ordonne de faire demi-tour, tandis que Saladin regroupe ses troupes, au nombre de vingt mille soldats, sur une colline voisine. Ils attaquent la cavalerie franque qui revient vers Arsouf et tuent un certain nombre de chevaliers dont Jacques d’Avesnes, mais les Francs font volte-face et chargent à nouveau, dispersant encore les troupes sarrasines, lesquelles fuient une nouvelle fois et se réfugient dans des collines boisées. Conscient qu’il est dangereux de continuer dans ce terrain couvert, Richard Cœur de Lion ordonne de nouveau la fin de la poursuite.
Saladin, qui n’a pas réussi à vaincre les croisés voit son prestige diminué auprès de ses troupes. Il tente de défendre Ascalon, mais ses émirs refusent de le suivre et il doit se résoudre à pratiquer la tactique de la terre brulée, en ordonnant la destruction de Jaffa, d’Ascalon et de Ramla. Richard Cœur de Lion n’exploite pas son succès. Il entreprend la reconstruction de Jaffa, alors qu’il aurait pu surprendre l’armée de Saladin à Ascalon, ou reprendre Jérusalem, mal défendue par une garnison trop faible et des fortifications qui n’ont pas encore été réparées depuis le siège de 1187.

Bataille de Mansourah

La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade, survenu en Égypte.
Durant plusieurs affrontements à proximité de Mansourah du 8 au 11 février 1250, les croisés français vainquirent les musulmans.
Mais ils ne purent tirer avantage de cette victoire, et Louis IX fut même fait prisonnier au cours de la retraite.Après la prise de Damiette, les croisés hésitent entre aller prendre Alexandrie pour isoler l’Égypte, ou attaquer directement Le Caire. Cette option l’emporta quand les renforts amenés par Alphonse de Poitiers arrivèrent d'Europe. Les croisés progressent vers le sud à partir du 21 décembre. Mansourah était la seule ville protégeant Le Caire, aussi les Ayyoubides décidèrent de la défendre. Ils purent bloquer les croisés sur un bras du Nil qui protégeait Mansourah.
Pendant plus d’un mois, les croisés restent bloqués, toutes leurs tentatives de franchissement du bras du Nil, notamment par la construction d’une digue, échouent. À la faveur d’une complicité, l’armée franque franchit ce bras du Nil par un gué, le matin du 8 février. Malgré les conseils de prudence des templiers, Robert d’Artois qui commande l’avant-garde, est pressé par son ancien gouverneur Fourcaut du Merle qui l'entraîne par la bride. Ils se jettent sur les Turcs, suivis des Templiers du grand-maître Guillaume de Sonnac et des Hospitaliers de Jean de Ronay. La bataille de Mansourah-1250 Ils bousculent le petit corps gardant la rive ; sans attendre le gros de l’armée, Robert d’Artois exploite son avantage, entraînant à sa suite les Templiers, et traverse presque sans opposition le camp sarrasin. L’émir Kahreddin est tué. Les croisés entrent par surprise à l’intérieur de Mansourah et se répandent dans la ville, quand les mamelouks turcs, qui s’étaient repliés, sont repris en main par leur chef Rukn ad-Dîn Baybars (Baybars l’Arbalétrier). Les assaillants sont tous massacrés, dont le comte de Salisbury, à l’exception de quelques chevaliers, dont Guillaume de Sonnac qui y perd un œil. En arrière, le gros de l’armée croisée affronte les Sarrasins dès sa traversée du fleuve et réussit à repousser la cavalerie adverse qui l’avait contre-attaquée. Dès le lendemain ( 9 février ), Baybars attaque les croisés qui résistent et installent leur camp devant Mansourah. Une nouvelle bataille générale a lieu le 11 février. Les mamelouks utilisent du feu grégeois. Si Charles d’Anjou est sauvé de la capture par Louis IX, qui remporte la victoire, Robert d'Artois, Guillaume de Sonnac et Jean de Ronay sont tués. Le 5 avril, touchés par une épidémie, privés de ravitaillement par la perte de leur flotte, capturée par les Mamelouks, les croisés font retraite. Le 7 avril, le roi est fait prisonnier. Alors que les Mamelouks réclament le prix fort pour le libérer ainsi que d'autres prisonniers croisés, Louis IX décide de négocier. Début mars, il se dit prêt à accepter la proposition faite en 1249 par le sultan Malik al-Salih Ayyoub de rendre Damiette en échange de Jérusalem. Mais le nouveau sultan al-Mu'adham, qui vient d’arriver en Égypte, refuse. À la mi-mars, les galères égyptiennes détruisent ou capturent les nefs de la flotte franque, coupant toute retraite vers Damiette.
Louis IX est le premier souverain Franc à être capturé sur un champ de bataille.
Le 6 mai 1250, Damiette est restituée aux musulmans. Louis IX est libéré contre le retrait de ses troupes du territoire égyptien et du paiement d’un million de dinars de rançon. Fin mai, tous les Francs ont quitté le pays.

Bataille d'Aïn Djalout

Qoutouz, sultan mamelouk d'Egypte, décide d'attaquer les Mongols alors qu'ils sont désorganisés par la mort de leur Khan, Möngke. Hülegü qui avait envahi le Proche-Orient rentre avec la majeure partie de son armée, ne laissant derrière lui qu’un faible contingent de 20 000 hommes commandé par le général mongol Kitbouka. Ce petit contingent campe dans les steppes pour éviter les chaleurs estivales. Le 26 juillet 1260 l'avant-garde égyptienne quitte Le Caire. Mais la route de Damas est tenue par les Croisés. Le chef musulman demande le droit de passage au baron des Croisés qui, contre toute attente, accepte de le laisser passer sur ses terres ( les chrétiens ne désirent pas s’allier aux Mongols pour lutter contre les Musulmans ). Les Mamelouks avancent en Syrie sans être inquiété. Surpris, les Mongols vont à leur rencontre avec quelques détachements Arméniens et Géorgiens. En oute, ils perdent du temps pour réprimer une insurrection populaire à Damas.
L'affrontement a lieu à Aïn Djalout, le 3 septembre 1260, près de Nazareth, Qoutouz a le temps de cacher la plupart de ses troupes, ne laissant sur le champ de bataille qu’une avant-garde commandée par le plus brillant de ses officiers, Baibars. Kitbouka arrive précipitamment, et tombe dans le piège. Avec toutes ses troupes, il se lance à l’attaque sans garder de réserve. Baibars recule, et bientôt les Mongols se voient entourés de toute part. Et là, pour la première fois, les Mongols sont battus surpassés en nombre. Kitbouka est capturé et décapité.
Le 8 septembre au soir, les cavaliers mamelouks entrent en libérateurs dans Damas en liesse.

Siège d'Antioche

En 1268, Baybars assiége la cité d'Antioche, qui était mal défendue par son patriarche et abandonnée par la plupart de ses habitants. Après une faible résistance, la cité fut envahie le 18 mai et la citadelle tomba deux jours plus tard. Antioche était affaiblie par ses affrontements avec l'Arménie et par des luttes de pouvoir internes. De fait, ses habitants acceptèrent rapidement de capituler, à la condition que leurs vies soit épargnées. Avant que l'armée de Baybars s'installe aux portes de la ville, Simon Mansel et un groupe de chevaliers avaient tenté une attaque contre l'armée musulmane pour empêcher l'encerclement de la ville, mais sans succès. Mansel fut capturé au cours de l'attaque, et Baybars lui demanda d'ordonner à ses lieutenants de se rendre immédiatement la garnison refusa. Le Siège d'Antioche-1268 Les défenses étaient en bon état, mais la garnison insuffisante pour protéger les ramparts. Tous les hommes trouvérent la mort, les femmes mises à la vente publique, les richesses partagées par les assiégeants, les croix renversées, les feuilles de l'Évangile déchirées et jetées à tous les vents, et les tombeaux des patriarches profanés, les musulmans piétinérent le tabernacle, et immolérent dans le sanctuaire les moines, les prêtres et les diacres .
Baybars distribua le butin entre ses soldats, les mamelouks se réservant les femmes, les filles et les enfants. Un petit garçon valait douze dirhams, une petite fille cinq. En un seul jour, la ville d'Antioche perdit tous ses habitants, et un incendie allumé par ordre de Baybars. La plupart des historiens s'accordent à dire que quatorze mille chrétiens furent massacrés et des centaines de milliers d'autres réduits en esclavage.

Siège de Tunis

25 août 1270 : Saint Louis s'éteint dans le camp de l'armée croisée, près de l'ancienne Carthage. Partis au début du mois de juillet d'Aigues-Mortes, les barons et les chevaliers qui ont pris la croix à la suite du roi de France débarquent à Tunis quelques jours plus tard. Paralysés par l'attente toujours différée du roi de Sicile, épuisés par les chaleurs de l'été tunisien, les croisés sont rapidement décimés par la maladie qui emporte le roi et plusieurs hauts personnages. Après quelques combats menés pour sauver les apparences, l'armée rembarque au mois de novembre. La destruction de la flotte dans un port sicilien par une tempête empêche l'expédition de se poursuivre en Terre sainte. Les survivants n'ont plus d'autre choix que de rentrer en France.
Entreprise à grands frais, précédée de nombreux préparatifs de toutes sortes, la huitième et dernière croisade s'avère un échec complet.

Déroute de Saint Jean d'Acre

Cette date, marque la perte des Etats Latins en Orient, et, elle est considérée par les historiens comme celle de la fin des croisades médiévales.
Profitant des discordes entre les différentes factions de la ville de Tripoli, le sultan mamelouk Qala'ûn avait pris la ville de Tripoli le 28 avril 1289. Henri II, roi de Chypre et de Jérusalem réussit cependant à négocier en mars 1289 une trêve de dix ans avec Qala'ûn, lequel meurt le 6 décembre 1290. Son fils Al-Ashraf Khalil n'attend qu'une occasion pour reprendre les hostilités. L'ancien royaume de Jérusalem se réduisait alors aux villes de Saint-Jean-d'Acre, Beyrouth, Tyr, Saïda et à la forteresse d'Hatlith. Une croisade de pèlerins non combattants arrive alors à Saint-Jean-d'Acre. Ils n'ont aucune expérience militaire et ils imaginent que leur bonne volonté suffirait à reprendre Jérusalem. Sans connaissance de la situation politique de la Terre sainte, ils accusent les Latins d'Orient de complaisance à l'égard des musulmans, n'hésitant pas à les qualifier de traîtres à la cause chrétienne. Ils refusent le principe de la trêve. Par sécurité, une interdiction de quitter la ville leur est intimée. La déroute de Saint Jean d'Acre-1291 Ils vont passer à l'action dès le 13 mars 1291, en massacrant des paysans musulmans venus en ville vendre leurs produits. Ils ne s'arrêtent pas à ce premier massacre. Ils décident d'envahir le bazar et ils égorgent les marchands supposés musulmans. Atterrés, les consuls de la ville et les grand-maîtres des Ordres militaires préférèrent avertir directement le sultan Al-Ashraf, lequel réclame le châtiment des coupables. Seul Guillaume de Beaujeu, grand maître de l'Ordre du Temple plaide pour l'exécution des criminels. Les autres membres du conseil de Saint-Jean-d'Acre sont persuadés que le sultan se contentera d'excuses. De plus, ces derniers ne croient pas à la déclaration de guerre du mamelouk, pensant qu'il s'agit uniquement de menaces. Par conséquent, ils envoient des ambassadeurs chargés de présents pour l'amadouer. Al-Ashraf les jette en prison. Le sultan Al-Ashraf arrive devant Saint-Jean-d'Acre le 5 avril 1291. En plus d'une armée de 220 000 soldats, il dispose de nombreuses machines de siège. La ville abrite 30 000 à 40 000 habitants, dont 16 000 soldats. Le sultan commence par placer ses quatre énormes catapultes à des emplacements stratégiques, face aux plus importantes tours de défense de la ville, et des mangonneaux et balistes dans les intervalles. Le 15 avril, Guillaume de Beaujeu tente une sortie à la tête de Templiers. Ils surprennent les avant-postes, mais leurs chevaux trébuchent dans les cordages et les musulmans se ressaisissent. Les Templiers parviennent difficilement à retourner en ville et leur tentative d'incendier une des catapultes a échoué. Ils retentent l'opération quelques jours après, mais les mamelouks, prévenus, les tiennent encore en échec. Le 4 mai, le roi Henri II débarque à Saint-Jean-d'Acre, avec 200 chevaliers, 500 fantassins et des vivres en quantité. Le courage des assiégés remonte et Henri II, en tant que roi de Jérusalem essaye de traiter avec le sultan, qui ne veut rien savoir, exige la reddition pure et simple de la ville, mais accorde la vie sauve aux habitants. Le 7 mai, Henri repart vers Chypre, en laissant son armée sur place.
Le bombardement de la ville par les machines mamelouks s'intensifie, et des esclaves creusent des mines sous les principales tours. Le 15 mai, une partie de la Tour Neuve s'écroule. Guillaume de Beaujeu fait construire une tour en bois ( ou chat ) pour combler la brèche, mais n'y arrive que de manière incomplète. Une tempête au large empêche l'évacuation des femmes et des enfants par la mer. Les quelques navires déjà partis sont obligés de revenir se réfugier au port. Le vendredi 18 mai 1291, à l'aube, les Musulmans lancent l'assaut. Ils prennent pied sans problème dans la Tour Neuve, puis se divisent en deux groupes pour s'emparer de la zone entre les deux enceintes et bombarder les assiégés de feux grégeois et de flèches. Guillaume de Beaujeu, grand-maître du Temple, et Jean de Villiers, grand-maître de l'Ordre des Hospitaliers, longtemps rivaux mais réconciliés, défendaient le point le plus menacé, la Porte Saint-Antoine. Atteint d'une flèche sous l'aisselle, Guillaume se retire du combat,on l'emporte à la Commanderie du Temple où il expire quelques heures plus tard. Jean de Villiers, également grièvement blessé, est transporté sur un navire en direction de Chypre.
Les Mamelouks prennent alors la Porte Saint-Antoine et se ruent dans la ville, massacrant les habitants. Certains tentent de fuir avec les navires dont quelques-uns, surchargés, coulent. 10 000 habitants ont pu se réfugier dans la Voûte d'Acre, la citadelle des Templiers, qui tient encore. Cette citadelle donne sur la mer et les rescapés peuvent embarquer et se réfugier à Chypre. Pendant dix jours, la citadelle résiste avant de succomber à son tour, le 28 mai.
Le siège de Saint-Jean-d'Acre est une opération militaire qui se solda en 1291 par la prise de la ville et la fin de la présence Franque en Terre Sainte.




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