Célébrités Médiévales
21 Novembre 2024
Suger fils de Serf, natif de Saint-Omer
Devenu régent du royaume, l'homme de confiance du Roi Louis VII
uger est né en 1082, et il est mort en 1151 à la cour du roi Louis VII. Il quitte Sithiu pour Saint-Denis dès son plus jeune âge car son père ne peut plus subvenir à ses besoins. Elevé à l’abbaye de Saint Denis avec le fils du roi de France Louis VI "Le Gros" il nouera avec celui-ci des liens indestructibles
Selon l'hypothèse de Jean Dufour historien médiéviste, Suger serait issu d'une famille assez aisée, probablement des minores milites possédant des terres à Chennevières-lès-Louvres situé à 18 km au nord de Saint-Denis.
Cette hypothèse ne tient pas car personne n'a jamais pu produire de preuves concernant sa naissance ( lieu et parents ) tous les chroniqueurs de l'époque s'accordent à reconnaitre à Suger une origine obscure. S'il avait été d'un lignage bourgeois nous connaitrions aujourd'hui le nom de ses parents et aussi son prénom. Ces quelques éléments de réflexion portent à croire que Suger était issu d'un milieu
très pauvre .
Selon les historiens médiévistes Régine Pernoud et Jacques Heers, c'était un fils de serf, et sa famille vivait dans les environs de Saint-Omer.
Sa première éducation lui fut donnée dans l’abbaye de Saint Bertin à Saint-Omer.
En 1092, son père n'ayant plus les moyens de le nourrir confie son enfant agé de 10 ans aux moines de l’abbaye de Saint Denis ( sur les conseils des moines de l’abbaye Saint Bertin ). Saint Denis restera sa maison jusqu'à sa mort. Dans cette abbaye, il rencontra le fils du roi de France avec qui il noua des liens indestructibles. Il se fit également très tôt remarquer pour ses aptitudes par l'abbé Adam en charge de l'abbaye. A la mort de son mentor l'abbé Adam en 1122, il devient son remplaçant à la tête de l'abbaye.
Il faut noter que Suger à la fin de sa vie ordonnera la construction de l'abbaye de clairmarais ( située à 5 kms de Saint-Omer ) et c'est
le Comte de Flandre Thierry d'Alsace qui en sera le maitre d'oeuvre en 1140, cette abbaye relevant des règles de l'Ordre de Cîteaux. Si Suger n'était pas natif de Saint-Omer, il n'avait aucune raison de faire construire une abbaye dans cette zône marécageuse inhospitalière. Cette décision prouve que Suger au fait de sa gloire et de sa puissance voulait honorer le village qui l'avait vu naître.
Suger était fils de Serf et natif de Saint-Omer
out le monde connaît Suger à Saint-Omer , il y a une place à son nom, du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin.
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros, qui fit reconnaître Baudoin VII, fils de Robert I ( Robert le Frison ), comme douzième comte de Flandres. Les châtelains, dont l’origine remonte aux rois francs de la première race, ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III, en 1090.
Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale.
C’est Baudoin VII, comte de Flandres, qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint-Omer, notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu, en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon, qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque, le châtelain de Saint-Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er. Il avait quatre fils, Guillaume, qui deviendra châtelain sous le nom de Guillaume II, geoffroy Gérard et Hugues qui firent partie de l’expédition des Croisés de 1096. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon, et là prend naissance l’histoire des Templiers de Saint-Omer. ( Hugues était appelé le « païen », ce qui fait que certains auteurs l’assimilent à Hugues de Payns ). Nous avons évoqué Bernard de Clairvaux, Geoffroy, Hoston, il reste un homme incontournable dans cette aventure Templière.
Suger un destin fabuleux, régent du royaume
l connut trois rois et quatre papes et des princes étrangers le prirent pour arbitre. Il prépara Philippe I à mourir et présida ses obsèques. Il devint alors conseiller de Louis VI, son ami d’enfance. En 1122 à la mort de l'abbé Adam, Suger est élu abbé du monastère de Saint Denis à 40 ans, et de suite il entreprit d'agrandir l'Abbaye. il se rendit en Italie pour étudier les édifices religieux. A son retour il démarre les travaux d'agrandissement de Saint Denis pour en faire la première Cathédrale Gothique d'Europe, il trouve l'argent grâce aux dons des fidéles qui viennent se recueillir devant les reliques mises en valeur par Suger. C'est alors que Bernard de Clairvaux l'accuse d'avoir la folie des grandeur, mais Suger saura amadouer et calmer Saint Bernard. Après avoir donné lui-même l’exemple dangereux d’une existence trop somptueuse pour un moine, il réforma son abbaye avec un soin scrupuleux.
C’est sa rencontre avec Saint Bernard qui fut déterminante. Auparavant, son église était emplie de dorures, de pierres et de bois précieux. C’était un endroit très à la mode où le beau monde aimait à se rencontrer, loin de la ville, mais aussi bien loin de la rigueur indispensable à un lieu sacré. Après sa rencontre avec Saint Bernard, il appliqua avec fermeté la règle de Saint Benoît, ce qui lui valut d'ailleurs quelques problèmes avec certains moines qui avaient vite pris l’habitude de la vie facile et oisive. Mais il tint bon, et l’abbaye retrouva sa vocation première. On sait, grâce aux courriers échangés, que Suger tenait Saint Bernard en très haute estime et que ce dernier finit par estimer Suger.
Avant son départ pour la croisade, en 1147, Louis VII le nomme régent du royaume. Pendant l'absence du roi, Suger fut très efficace pour recouvrer les impots de sorte qu'à son retour le roi trouva un pays plus riche qu'il ne l'avait quitté.
De plus Suger se montra très habile afin de déjouer tous les complots visant à renverser le roi pendant son absence .
La cathédrale de Saint Denis achevée il revint sur les lieux de son enfance, et décida la construction de l’abbaye de Clairmarais (prés de Saint-Omer) en 1140.
Si Suger n'était pas né à Saint-Omer , que serait il venu y faire à la fin de sa vie, et pourquoi aurait il ordonné la construction d'une Abbaye dans ces marécages ? De cette Abbaye il ne reste de nos jours que quelques ruines.
Enfin, peu de temps avant sa mort il organise une croisade pour vanger celle de son roi qui fut un échec cuisant. Sa santé déclinant, il annula cette croisade et se prépara pour son dernier voyage ! Le roi Louis VII fut fort affecté par sa disparition en 1151.
Ci-contre le tombeau en socle de Suger dans la basilique de Saint-Denis.
Sources de ce travail sur l'histoire de Saint-Omer :
- Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer - 1817 ».
- Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
- Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
- Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
- Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
- Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
- Justin de Pas « Saint-Omer , vieilles rues, vieilles enseignes » .
- Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
- Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».
- Thomas Delvaux « Généalogies controversées de Charlemagne aux Croisades ».
- Bezanger MC., Les Normands de l’Aa à la Seine, Mémoire de maîtrise, Lille III 1972.
- D’Haenens A., Les invasions normandes en Belgique au IX e siècle, P U Louvain 1967.
- D’Haenens A., Les invasions normandes, une catastrophe ?, Flammarion, 1971.
- Depping G.B., Expéditions maritimes Normandes et établissement en France, 1844.
- Derville A., Saint-Omer des origines au début du 14 ème siècle, P U Lille, 1995.
- Ganshof F., La Flandre sous les premiers comtes, La Renaissance du Livre, 1943.
- Haywood J., Atlas des Vikings, Autrement, 1996.
- Le Glay E., Histoire des comtes de Flandre, Pyrémonde, 2006.
- Mériaux Ch., Thérouanne et son Diocèse jusqu’à la fin des carolingiens, 2000.
- Milis L., “L’espérance déçue des Carolingiens”, provinces du Nord, P U, 2008.
- Paillard de St-Eglan, “Histoire des invasions des Northmans en Morinie”, 1858.
- Sommé M., “Les dernières invasions : les Vikings”, Lottin A., Mazarine, 1984.
- Steenstrup J., Les invasions normandes en France, Albin Michel, 1969.
- Vercauteren F., “Comment s’est-on défendu, au IX e siècle, chez les franc", 1936.
- Witte E., Histoire de Flandre, La Renaissance du Livre, 1983.
Louis VII
Louis VII eut une action néfaste aux intérêts de l'Ordre du Temple, et porta atteinte à la conception même que se faisaient les Templiers du pouvoir en Terre Sainte. Arrivé à Jérusalem, Louis VII n'eut qu'une idée en tête : restaurer le droit féodal Franc, rétablir les principes de la monarchie qui selon lui avaient été trop longtemps bafoués en Terre Sainte.
Louis VII un roi peu diplomate
a politique affichée du roi de France pendant la Seconde Croisade (1146-1149) eut des conséquences graves et inédites à Jérusalem. Elle poussa l'Ordre des Templiers dans une opposition à la dynastie hiérosolymitaine et il faudra attendre l 'accession de Guy de Lusignan au trône de Jérusalem (1186) pour que les Templiers retrouvent leur place aux affaires du royaume.
Dans ces conditions, la position du grand maître Evrard des Barres était des plus inconfortable. Mais loin de s'en inquiéter, il continuait à servir son roi, allant jusqu'à suivre Louis VII quand celui-ci se ré-embarqua pour la France à la plus grande stupéfaction de ses frères chevaliers. Il fallait bien se rendre à l'évidence : l'Ordre avait élu un grand maître royaliste. Seulement, il n'y avait pas que les Templiers qui étaient dépités par la tournure des événements.
Il y eut aussi le père spirituel des Templiers, l'abbé de la claire Vallée, Saint Bernard lui-même. Après l'action de Louis VII en Terre Sainte, ressentie comme une véritable trahison,Saint Bernard et les Templiers auront des comptes à régler. Dans une lettre adressée à son oncle, André de Montbard, Sénéchal de l'ordre des Templiers, Saint Bernard révèle le fond de sa pensée : « Je retrouve dans vos lettres le même désir, mais aussi vos craintes au sujet de la terre que Notre Seigneur honora de sa présence et consacra de son sang. Malheur à nos princes ! Dans la terre du Seigneur, ils n'ont rien fait de bon dans les leurs, ils sont rentrés à la hâte, ils exercent une malice inconcevable. » Le projet de Saint Bernard est de créer un nouveau royaume en France qui serait, celui-là, plus favorable à l'idéal porté par l'univers de la Stricte Observance bénédictine. Pour cela, il fallait obtenir l'annulation du mariage de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine
, la puissante duchesse d'Aquitaine. Un obstacle se présentait à ce projet, voire deux : les sages conseillers du roi de France, Suger abbé de Saint-Denis et Evrard des Barres, grand maître des Templiers. Tous deux étaient fermement hostiles à cette annulation qui était dans l'air depuis le retour du roi de la Seconde Croisade. Pour le premier obstacle, c'est André de Montbard, oncle de Saint Bernard et Sénéchal de l'ordre des Templiers - c'est-à-dire numéro deux dans la hiérarchie de l'ordre – qui s'en chargera. André de Montbard écrit en 1149 à Evrard des Barres qui est à Paris auprès du roi. L’objectif est d'éloigner le grand maître de la cour capétienne pour que laissant parler sa rancœur personnelle, Louis VII répudie sa femme. Précisons que Saint Bernard est l'ami personnel d'Aliénor d'Aquitaine et son confesseur. Il était au fait des angoisses les plus intimes de la jeune duchesse et notamment sa crainte d'être stérile. Saint Bernard saura calmer ses angoisses infondées, et l’avenir lui donnera amplement raison. Nous allons citer la lettre d'André de Montbard à Evrard des Barres car elle est un monument de l'histoire française. Avant cela, il faut préciser que dans la cérémonie de l’élection d'un grand maître, les Templiers promettent obéissance au nouvel élu. Mais dans un second temps et au final, on faisait promettre au nouveau grand maître obéissance au couvent. La formule exacte est : « « Commandeur, si Dieu et nous t'avons élu pour maître du Temple, promets-tu d'être obéissant tous les jours de ta vie au couvent et de tenir les bonnes coutumes de la maison et les bons usages ? » Et il doit répondre : « Oui, s'il plaît à Dieu.' » » ( La règle des Templiers, élection du Maître, article 220 ).
La lettre qui devait éloigner Evrard des Barres du roi de France
"Depuis que nous sommes privés de votre chère présence, nous avons eu le malheur de perdre, dans un combat, le Prince d'Antioche avec toute sa noblesse. A cet accident en a succédé un second : les Parthes viennent de faire une invasion dans le pays d'Antioche, et sans que personne osât leur résister, ils en ont fortifié les places, y tiennent garnison, et ne paraissent pas devoir s'en dessaisir de longtemps, si Dieu n'y met la main. A la première nouvelle de ce désastre, nous nous sommes assemblés et de concert avec le Roi de Jérusalem, nous avons résolu d'aller au secours de cette Province désolée. Nous n'avons pu fournir, pour cette expédition, que cent vingt Chevaliers, et mille tant Servants que Soudoyés encore nous a-t-il-fallu emprunter, pour leur équipage sept mille bésans à Acre, et mille à Jérusalem. Votre paternité sait à quelle condition nous avons consenti à son départ elle connaît le besoin extrême dans lequel nous sommes d'argent, de Chevaliers et de Servants nous la supplions avec instance de nous rejoindre au plutôt avec tous les secours nécessaires à l’Église orientale, notre mère commune... A peine fûmes-nous arrivés dans le voisinage d'Antioche que le Sultan d'Alep d'un côté, et les Parthes de l'autre, nous ayant investis et resserrés dans l'enceinte de la ville, ravagèrent impunément nos vignes et nos moissons. Pénétrés et accablés de la plus vive douleur à la vue de l'état pitoyable auquel nous sommes réduits, nous vous conjurons de tout quitter pour vous embarquer sans délai : jamais votre présence ne fut plus nécessaire à vos Frères nulle autre conjoncture ne peut rendre votre retour plus agréable à Dieu. De quelque manière que la Providence dispose de nous ne tardez pas que de vous mettre en route. Nous savons qu'il est aussi facile à Dieu de nous délivrer, de la puissance de nos ennemis, que d'un idolâtre en faire un adorateur du vrai Dieu aussi mettons nous toute notre confiance en celui qui nous a lavés de son sang. Si ceux de nos Frères que nous vous envoyons sont en si petit nombre, n'en soyez pas surpris nous voudrions au contraire rassembler et retenir ici, sous vos ordres tous ceux des nôtres qui sont au-delà des mers. La plupart de ceux que nous avions conduits au secours d'Antioche sont morts, et c'est une des raisons pour lesquelles nous ne craignons pas de vous lasser, en vous conjurant encore une fois d'amener avec vous tout ce que vous pourrez de Chevaliers et de Servants les plus capables de porter les armes. Peut être qu'avec toute la diligence que vous ferez, vous ne nous trouverez plus en vie. Usez donc de toute la célérité possible, et de grâce, n'oubliez pas les nécessités de notre Maison : elles sont telles que nous n'avons ni couleurs pour les peindre, ni termes pour les exprimer. Il est aussi de la dernière importance d'annoncer la prochaine désolation de la Terre Sainte au Pape, au Roi de France, aux Princes et aux Ecclésiastiques, afin de les engager à nous secourir en personne, ou à nous envoyer des subsides. Quelques obstacles qu'on oppose à votre départ, nous espérons de votre zèle qu'il les surmontera, puisque c'est ici l'occasion d'accomplir parfaitement nos vœux, en nous sacrifiant pour nos Frères, pour la défense de l’Église orientale et du Saint-Sépulcre. Pour vous, nos très chers Frères, que les mêmes liens et les mêmes vœux doivent rendre sensibles à nos calamités, joignez-vous à votre chef, entrez dans ses vues, secondez ses intentions et fallût-il vendre tout ce que vous pourrez, venez nous retirer du péril : c'est de vous que nous attendons la liberté et la vie."
Epilogue
'est son couvent en la personne de son Sénéchal qui le rappelait à ses devoirs. Evrard des Barres, probablement à contrecœur, s’exécuta et se rendit en Terre Sainte avec la troupe des Templiers qu'il avait pu rassembler. Avant son départ, il avait réuni un chapitre général à Paris le 14 mai 1150. Le 13 janvier 1151, Suger, abbé de Saint-Denis, meurt. Le dernier obstacle au projet de Saint Bernard vient de sauter. Le grand maître Evrard des Barres figure comme souscripteur dans un acte daté de 1152 par lequel l'évêque de Tortose remet le château de la ville aux Templiers. C'est bien en Terre Sainte qu'Evrard des barres apprit l'annulation du mariage de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine, le 21 mars 1152 à Beaugency. La duchesse d'Aquitaine se remaria aussitôt le 18 mai 1152 à Poitiers avec Henri II Plantagenet, comte d'Anjou, du Maine, de Touraine, duc de Normandie et candidat à la couronne d’Angleterre.
Louis IX
Louis IX ou Saint Louis, neuvième roi Capétien direct, un saint homme. Il dirige la septième croisade de 1248 à 1254, qui débute en Égypte où Louis IX est battu à Mansourah en 1250 et gardé prisonnier jusqu'au paiement de sa rançon. Une fois libéré Louis IX se rend en Judée Samarie, où il y séjourne quatre ans pour sécuriser le pays. Il quitte la Samarie en 1254. La huitième croisade lancée par Saint Louis en 1270, le fut à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars faisait peser sur les États latins d'Orient. Les coisés d'abord victorieux finiront par se replier sur leurs places fortes à la suite de la mort de saint Louis et d'une grande partie de la noblesse Franque.
Jeunesse de Louis IX
l est né le 25 avril 1214 à Poissy et mort le 25 août 1270 à Carthage, près de Tunis, il régna pendant 43 ans. Neuvième roi de France issu de la dynastie des Capétiens directs, c'est le quatrième enfant du roi Louis VIII le Lion, et de la reine Blanche de Castille, de laquelle il reçoit une éducation très stricte et très pieuse. Il règne en véritable chrétien, il gomme les excès générés par la féodalité, et développe la notion de bien commun. Il instaure la justice royale, où le souverain est le justicier suprême. Cette mesure contribue à faire entrer la France dans une ère moderne, ou le roi dirige tout ( vassaux et sujets ). Le 27 mai 1234, le mariage de Louis et de Marguerite de provence est célébré en la cathédrale de Sens, il aimera son épouse jusqu'à son dernier souffle. La conduite de ce roi sera toute sa vie durant irréprochable.
Activités et réformes de Louis IX
e roi aura une activité peu commune pendant toute la durée de son régne et ce, dans son royaume mais aussi dans les autres royaumes chrériens. Il rachétera à prix d'or aux Vénitiens et aux Bizantyns des reliques du saint Sépulcre de Jérusalem, c'est ainsi qu'il raménera en grandes pompes la couronne d'épines de Jésus qui sera entreposée plus tard dans la sainte chapelle construite à cet effet en 1242. Il luttera contre les Cathares, il proscrira l'usure utilisée par les Juifs.
A la suite d'une guérison miraculeuse, Saint Louis part avec ses frères Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou, en Égypte, ce sera la septième croisade
. À son retour, alors qu'il est persuadé que son échec est dû à l'état d'immoralité dans lequel est plongé son Royaume, il travaille à renforcer la moralité chrétienne. Il décide de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêts et la prostitution, il tente également de convertir au christianisme de gré ou de force les juifs de France. Il ménera à bien des réformes judiciaires et monétaires. Il créera l'Abbaye de Royaumont. En 1253, Louis IX fonde le collège de la Sorbonne, pour maîtres ès arts étudiants en théologie, avec Robert de Sorbon, son chapelain. Il créera de nombreux hospices et en fera rénover des existants. Il ordonnera la fortification de plusieurs grosses villes.
Enfin, en 1270, il repart pour la huitième croisade, au cours de laquelle il meurt du typhus. Les croisés signent un accord avec l'émir de Tunis le 30 octobre et rembarquent le 11 novembre. Au terme de leur long périple, qui voit mourir Thibaut II de Navarre, la reine Isabelle d'Aragon, Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse, Philippe III et son armée arrivent à Paris, le 21 mai 1271. Le cercueil de Louis IX est exposé à Notre-Dame et les funérailles ont lieu à Saint-Denis le lendemain. Le 23 mai 1271, son fils Philippe III le Hardi transporte la dépouille de son père, sur son dos, de Notre-Dame de Paris à la basilique de Saint-Denis.
Considéré comme un saint de son vivant, il est canonisé le 11 août 1297 sous le nom de saint Louis par le pape Boniface VIII. Sa fête liturgique est fixée au jour anniversaire de sa mort, c'est-à-dire le 25 août. Aujourd'hui considéré comme un monarque ayant offert à la France un renouveau économique, intellectuel et artistique, il est considéré comme l'un des trois grands Capétiens directs avec son grand-père Philippe II Auguste et son petit-fils Philippe IV le Bel.