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25 Mai 2025

Moyen-âge : des rois des Carolingiens aux rois Capétiens



Célébrités marquantes

21 Novembre 2024



Charles Martel

688 – 741
Charles Martel l convient avant tout de rappeler une chose primordiale que peu de gens connaissent concernant le mode de fonctionnement de la royauté Mérovingienne. Les maires du palais ( fonction apparue au VI ème siècle qui prit de l’importance alors même que s’affaiblissait l’autorité des rois mérovingiens ), étaient les véritables dirigeants du royaume. A cette époque, le maire du palais est le réel détenteur du pouvoir, il est au cœur des intrigues avec l’aristocratie. Le véritable fondateur de la dynastie Carolingienne est Pépin II, dit Pépin de Herstal, petit-fils de Pépin de Landen et de saint Arnoul, maire du palais d’Austrasie en 679, il vainc les Neustriens en 687, et se fait nommer maire du palais pour tout le royaume franc par Thierry III, qui n’a plus de royal que le titre. Pépin II gouverne en s’appuyant sur la religion et s’allie avec la papauté.
Fin des Mérovigiens harles Martel, bâtard de Pépin II, dernier de ses fils vivants, ne mettra que 7 ans pour réunir l’Austrasie et la Neustrie et s’imposer comme maire du palais ( 721-741 ). Il lutte contre l’invasion arabe ( Poitiers en 732 ) et reconquiert des territoires du Sud-Ouest, sauf Narbonne qui reste aux mains des Arabes. Il apparait ainsi comme le protecteur de la civilisation chrétienne. En 734, le pape Grégoire III, se sentant menacé par les Lombards ( qui ont occupé Ravenne, et qui sont aux portes de Rome ), appelle à son secours Charles Martel, auquel il a donné le titre de vice-roi. Mais Charles est peu désireux d’intervenir en Italie. À la mort du roi Thierry IV (737), son successeur Childéric III est expédié dans le monastère bas de Sithiu. De son vivant, Charles partage le royaume en faveur de ses fils légitimes : Carloman administrera l’Austrasie, l’Alémanie et la Thuringe et Pépin, dit le Bref, dirigera la Neustrie, la Bourgogne et la Provence. Pour mémoire, Griffon, le fils illégitime tentera d’obtenir sa part, mais sera très vite neutralisé par ses frères. Face à l’agitation des aristocrates d’Austrasie, les deux frères seront contraints de rappeler Childéric III sur le trône en 743.
Les deux frères rongent leur frein et entreprennent une vaste réforme religieuse que Pépin poursuivra seul car en 747, Carloman se retire dans un monastère. Pépin tissera au fil des années, une toile avec les aristocrates qui emprisonnera le pauvre Childéric.



Pépin le Bref

715 – 768
Pépin le Bref épin, fils de Charles Martel. En 737, à la mort du roi Thierry IV, il fait enfermer son héritier légitime Childéric III, dans le monastère de Saint Bertin à Saint-Omer. Son intention étant d'attendre le moment favorable pour se faire proclamer roi lui-même. Mais il décède en 741, avant d’avoir pu accomplir son souhait. Deux de ses fils, Pépin dit le Bref et Carloman, prétendent accéder au pouvoir. Mais devant l'hostilité des seigneurs Mérovingiens, ils décident de libérer Childéric III de son couvent en 743 pour le reconnaitre roi. En 747, Carloman décide de rentrer dans les ordres, au monastère de Mont-Cassin. Childéric III reste le seul obstacle dans sa course au trône. Rusé, l’audacieux maire du Palais demande en 749 au pape Zacharie l'autorisation de déposer le roi pour prendre sa place. Esseulé face aux envahisseurs Lombards, le souverain pontife accède à cette requête, désireux d’avoir un allié en la personne de Pépin. Le Pape aura alors cette célèbre répartie "Celui qui exerce véritablement le pouvoir doit porter le titre de roi". En novembre 751, Pépin réalise enfin l’ambition de son père : le roi mérovingien Childéric III est déposé et à nouveau enfermé dans le monastère Saint Bertin à Saint-Omer. Le maire du Palais devient roi. C’est la fin de la dynastie mérovingienne et le début des Carolingiens. L’Église vient appuyer l’autorité du nouveau souverain puisqu’il est sacré en recevant la sainte onction. Le Pape va même menacer d’excommunication toute velléité de choisir un roi hors de la descendance de Pépin. C’est une véritable trahison de l'église.



Charles I er ou Charlemagne

748 – 814
Charles I er ou Charlemagne 'est le fils de Pépin le Bref. Il règne pendant 4 ans avec son frère cadet, Carloman I er. Puis il règne seul après la mort de son frère. À l'occasion d'un séjour à Rome en 800, Charlemagne reçoit la couronne impériale des mains du pape Léon III.
charlemagne À Constantinople, on est scandalisé de voir un Barbare se poser ainsi en successeur des empereurs romains. L'Empire carolingien ne constitue cependant pas une simple restauration de l'Empire romain. Charlemagne est un Franc, son Empire s'étend de l'Elbe à l'Èbre, et sa capitale se trouve à Aix-la-Chapelle. Dans ce vaste empire, la principale difficulté est de faire connaître et exécuter la volonté du souverain, pour cela, Charlemagne nomme deux cents Comtes, investis de fonctions administratives, judiciaires et militaires. Une ou deux fois par an, tous se rendent au palais pour préparer les expéditions militaires avec l'empereur. À cette occasion sont approuvées les lois ( les capitulaires ), qui sont ensuite diffusées et appliquées sous la surveillance vigilante des envoyés de l'empereur, les missi dominici.
Charlemagne se considère comme responsable de ses sujets devant Dieu : il réforme le clergé et s'efforce d'améliorer sa moralité. Les moines sont soumis à la règle de saint Benoît, les offices religieux sont désormais célébrés partout de la même façon. La messe du dimanche et le baptême des enfants deviennent obligatoires. Charlemagne, enfin, veut établir un clergé plus instruit et des administrateurs capables de lire les capitulaires et de correspondre avec le palais. Il favorise le développement des écoles au sein des monastères, fait venir à sa Cour des lettrés et des savants. Les livres, les textes de lois, les inventaires de domaines se multiplient. Une nouvelle écriture plus lisible est inventée, et elle devient obligatoire : "la caroline". Durant tout son règne, la capitale n'est plus Paris mais Aix-la-Chapelle. C'est Charlemagne qui crée un nouveau réseau ( sur lequel il pourra s'appuyer pour régner ) en instituant les Comtés avec, à leur tête, une autorité politique, le Comte, qui dépend directement du monarque. Il a également facilité le développement du savoir et des études. Charlemagne est à l'origine de l’essor de l’enseignement, et sous son régne, des hommes de grande qualité comme Éginhard seront mis en exergue.



Louis I er le Pieux

778-840
Louis 1er 'est le fils de Charles I er. A sa mort, le 28 janvier 814, Charlemagne ne compte plus qu’un seul héritier mâle, Louis le Pieux, qui devient alors roi des Francs et empereur d’Occident. L’épouse de celui-ci, Ermengarde, fille du Comte de Hesbaye, lui a déjà donné trois fils. Le 9 avril 817, le roi Louis Ier le Pieux est blessé suite à l’effondrement d’un portique à Aix-la-Chapelle. Cet accident pousse le roi a envisager sa succession. Louis Ier qui espère garder une certaine cohésion au sein de l’empire décide que son fils aîné, Lothaire, prendra le titre d’Empereur, le puîné, Pépin, sera roi d’Aquitaine. Quant au cadet, Louis, il héritera de la Bavière. Ce partage mécontente le neveu du roi, Bernard d’Italie, descendant, lui aussi, de Charlemagne. En 818, s’entourant de fidèles, il marche jusque Chalon-sur-Saône où il est arrêté et condamné à mort par Louis I er. Cependant, le roi le gracie et ordonne que sa peine soit commuée par l'aveuglement au fer rouge, Bernard meurt trois jours plus tard, des suites du supplice. Cette même année, l’épouse de Louis Ier, Ermengarde, décède. Le roi se remarie en 819 avec Judith de Bavière. En 823, la nouvelle reine met au monde un fils, prénommé Charles. Pour ne pas déshériter son quatrième fils, Louis Ier donne à Charles des terres qui revenaient à son fils aîné, Lothaire. Ce dernier et ses deux frères, Pépin et Louis, exigent alors que l’Ordinatio Imperii de 817 soit respecté.


En 831, le roi établit un nouveau partage du royaume non plus en trois mais en quatre. Soutenus par le Clergé et la noblesse, les trois frères s’unissent contre leur père, qui favorise de plus en plus le petit Charles, son fils préféré. En 833, le roi est capturé près de Colmar, destitué, il est transféré au monastère de Soissons. Judith et Charles sont enfermés dans un couvent. Une fois Louis Ier écarté, Lothaire s’impose, s’attirant la colère de ses deux frères, Pépin et Louis, qui s’allient contre lui, estimant qu’ils ont mérité une récompense pour avoir soutenu leur frère aîné. Dés 834, Lothaire doit fuir vers l’Italie tandis que Pépin et Louis ramènent leur père sur le trône, moyennant des terres. La reine Judith et Charles rejoignent le roi. Bien qu’il ait recouvré son trône, le prestige de Louis Ier s’est affaibli. Lorsque Pépin meurt en 838, Lothaire propose que l’Ordinatio Imperii soit finalement appliqué et que l’on donne tout simplement à Charles la part qui devait revenir à Pépin. Mais Louis Ier a changé ses plans et ne souhaite plus que Lothaire lui succède en tant qu’ Empereur. En 839, Louis I er établit un dernier partage : Lothaire a l’Italie, Louis a toujours la Bavière et Charles hérite de l’empire et de l’Aquitaine. Les nobles et Louis le Germanique se révoltent. Le 22 juin 840, Louis I er le Pieux meurt, Lothaire revient pour récupérer "son empire". Charles II le Chauve – surnom du quatrième fils de Louis Ier – s’allie avec Louis le Germanique. Les armées des deux frères battent celle de Lothaire à Fontenoy-en-Puisaye le 24 juin 841. Lothaire n’est toujours pas calmé, ce qui pousse Charles II et Louis à se prêter serment de fidélité : ainsi, le 14 février 842, les deux frères se jurent amitié à Strasbourg. Lors du partage de Verdun, en août 843, Charles II conserve l’Ouest du royaume, Louis prend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière tandis que Lothaire conserve finalement l’Italie et obtient de ses frères Aix-la-Chapelle ainsi que le titre d’empereur d’Occident… sans pour autant avoir le vaste empire qu’avait laissé Charlemagne. Le royaume de Charles II prend le nom de « Francia » ( France de nos jours).



Charles II le Chauve

823-877
Charles II le Chauve 'est le fils de Louis Ier. Il règne sur la Francie Occidentale ( l'ancien royaume des Francs ). Roi de France de 843 à 877 et empereur d’Occident de 875 à 877 ( Francfort-sur-le-Main, Allemagne 823 – Avrieux, Savoie 877 ). Il s’allia à Louis II le Germanique contre leur frère aîné Lothaire I er et Pépin II. Tous deux battirent ces derniers à Fontenoy-en-Puisaye (anciennement Fontenet), dans l’Yonne, le 25 juin 841. Cette bataille devait aboutir au traité de Verdun de 843 qui fixait les limites de la France. Il fut vaincu par son neveu, Louis de Saxe (Louis III le Jeune), fils de Louis II le Germanique, à la bataille d’Andernach, sur le Rhin, près de Koblenz, le 8 octobre 876. Les vikings envahissent le nord du royaume durant son règne.



Louis II le Bègue

846-879
Louis II le Bègue 'est le fils de Louis Ier.

Nommé par son père roi d'Aquitaine en 867, il devient roi des Francs à la mort de ce dernier. Son accession au trône n'est cependant pas reconnue par les grands du royaume et par l'impératrice Richilde, seconde épouse de son père. Il est donc contraint de procéder à une élection ou les Grands du Royaume ne se résignent qu'après moult marchandages. Il est de plus, obligé d'accepter la tutelle de son oncle maternel ( Hugues l'Abbé, marquis de Neustrie, comte de Tours, et archichapelain du palais ). Afin de se constituer une cour de fidèles, il prodigue de nombreux cadeaux, et, finalement Richilde consent à le reconnaitre Roi. Le 08/12/877, il est couronné par l'archevêque Hincmar de Reims dans la chapelle de l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne. Se faire couronner c'est bien, mais encore faut-il ensuite se faire obéir, et, ce roi eut le plus grand mal à régner. A cette époque, la situation précaire du pape Jean VIII, aux prises avec les musulmans et les princes italiens, obligea ce dernier à chercher secours. Le pape vint en Gaule, espérant trouver en Louis le Bègue un protecteur. Jean VIII ne recueillit que désillusions lors de son voyage, néanmoins, après avoir confirmé le couronnement du roi ( 07/09/878 ), il réussit à rapprocher Louis le Bègue et son cousin Louis le Jeune. Ils conclurent un accord concernant les frontières et trouvèrent un accord avec les deux autres rois carolingiens pour rétablir l'unité Franque, respectant ainsi le partage de la Lotharingie effectué par leurs pères en 870 au Traité de Meerssen. Le 10/02/856 à Louviers, son père arrange des fiançailles avec une fille d'Erispoë, roi de Bretagne auquel il concède le duché du Mans. Déclanchant l'ire des vassaux bretons, cet arrangement entraînera l'assassinat du roi breton l'année suivante, sur l'autel de l'église de Talensac. Marié en 862 à Ansgarde de Bourgogne, elle lui donne deux fils, Louis ( futur Louis III ), Carloman ( futur Carloman II ) et trois filles, Gisèle, Hildegarde et Ermentrude. Comme ce mariage avait été contracté sans l'accord de son père, Louis II de guerre lasse répudiera Ansgarde, pour épouser Adélaïde de Paris qui lui donne un fils, Charles, ( le futur Charles le Simple ) qui naît, en septembre 879, après sa mort. Comme l'indique son surnom, Louis II bégaie, ce qui l'empêchera de s'exprimer en public et nuira gravement à son autorité. De santé fragile, Louis meurt précocement dans la nuit du 10 au 11 avril 879, à Compiègne, après deux ans de règne, alors qu'il s'apprêtait à lancer une expédition pour soumettre Bernard 1 er de Plantevelue, comte d'Autun et de Mâcon. Louis II avait 33 ans, il laisse en partage à Louis et Carloman un royaume en grand désordre, un pouvoir monarchique faible.



Carloman II

867 – 884
Carloman II arloman II est le deuxième fils de Louis II le Bègue et d'Ansgarde. Après le décès de son père, en 879, il devint roi de France conjointement avec son frère Louis III. En 880, il reçoit l'Aquitaine, la Bourgogne, la Septimanie, le marquisat de Toulouse et une partie de la Provence. Après la mort de son frère il régna seul. Le 5 août 882, Carloman II abandonne le siège de Vienne, confié à Richard de Bourgogne, et se fait reconnaître comme seul roi des Francs occidentaux par une assemblée réunie au palais de Quierzy le 9 septembre. En octobre, il doit faire face aux Vikings, qu'il bat sur l'Aisne à Avaux, puis regagne Compiègne pour l'hiver. Au plaid de Worms le 1er novembre 882, Carloman II réclame à Charles le Gros la restitution de la moitié occidentale de la Lotharingie promise par Louis III le Jeune. En 883, il subit à Miannay près d’Abbeville une défaite contre l’envahisseur Viking qui ravage le pays de Somme. Face à cette situation, avec l'aval des grands du royaume en 884 à Compiègne il décide d’acheter le départ des Normands contre 12 000 'livres-poids d’argent', somme énorme pour l’époque. En mars 884, il réunit les grands à Vernon et promulgue un capitulaire qui prévoit les peines les plus sévères contre ceux qui pratiquent le brigandage. Il s'agit du dernier capitulaire carolingien. Ayant obtenu le départ des Normands, Carloman II laisse donc la cour au monastère des Andelys et part avec quelques jeunes familiers au palais de chasse de Bézu-la-Forêt, entre Rouen et Gournay-en-Bray. Mais il meurt le 6 décembre 884, quelques jours après avoir été involontairement blessé à la jambe d'un coup de boutoir donné par un des vassaux, au cours d’une partie de chasse au sanglier dans la forêt de Bézu. Disparu à l’âge de dix-sept ans, il est inhumé à Saint-Denis. Le dernier fils de Louis II le Bègue, Charles, étant trop jeune, les grands du royaume font appel à l’empereur Charles III le Gros pour assurer la régence.



Charles III le Gros

839-888
Charles III le Gros etit-fils de Louis Ier le Pieux. Roi de Francie Orientale (884 - 887).
Empereur d'Occident (881 - 887). Fils de Louis le Germanique et d'Emma de Bavière. Il meurt à Reichenau et est inhumé à Neidingen en Souabe. Charles le Gros, roi d'Alémanie depuis 876, était devenu roi d'Italie en 880. En février 881, répondant aux suppliques du pape Jean VIII, il se rendit à Rome pour y être sacré empereur, après avoir donné au pape les assurances que celui-ci réclamait à propos des droits et privilèges de l'Église romaine. Mais Charles le Gros ne fit rien contre les adversaires de l'Église, et cessa en fait de s'intéresser à l'Italie. Dans les années suivantes, le hasard lui donna l'occasion de restaurer l'unité impériale, puisqu'il vit d'abord ses 2 frères mourir sans héritier, ce qui lui permit de réaliser l'unité de toute la Germanie, et qu'il fut ensuite appelé par les grands du royaume Franc à régner sur ce royaume. A la mort prématurée de Carloman, frère de Louis III, et devant le danger normand et l'anarchie intérieure, les grands avaient écarté le fils posthume du deuxième mariage de Louis le Bègue, le jeune Charles le Simple, qui avait 5 ans, et fait appel à, Charles le Gros, qui reçut leur hommage à Ponthieu en juin 885. L'unité territoriale de l'empire ( sauf une partie de la Provence ) était restituée. Malheureusement atteint de ce qu'on appelait alors le haut mal ( l'épilepsie ), il sera un souverain médiocre, incapable de repousser les Normands et de lutter contre les seigneurs qui démantelaient l'Empire. Ainsi à la mort de Boson, qui avait usurpé la royauté en Provence, son fils Louis fit bien hommage à l'empereur, mais c'était seulement en apparence que le royaume de Provence faisait retour à l'empire. Plusieurs grands se bornèrent à étendre leur puissance, par exemple la famille de Robert le Fort, avec Eudes, comte de Paris, mais d'autres se révoltèrent et cherchèrent à échapper au joug carolingien. Le 11 novembre 887, Charles le gros, que l'on dit "malade de corps et d'esprit", tient une assemblée à Tribur, en pays de Hesse, malade et abandonné de tous, il renonça à la couronne impériale. il peut se retirer en Souabe, où il mourut le 13 janvier 888. La dernière tentative pour rétablir l'empire carolingien avait échoué.



Eudes 1 er

852 – 898
Eudes	1er l fut le héros du siège de Paris par les Vikings ( 885-886 ) et devint roi de Francie occidentale de 888 à 898. Comte de Paris, et fils aîné de Robert le Fort, il était aussi comte d'Anjou, duc des Francs, marquis de Neustrie et frère aîné de Robert 1 er qui remplacera Charles III le Simple. Malgré les nombreuses difficultés qu'il affronte tout au long de son règne, Eudes est considéré par les historiens comme un grand monarque, nottamment pour le rôle qu'il joua dans la défense de Paris. Il fut le premier monarque non-carolingien de Francie occidentale et réussit à se maintenir sur le trône pendant dix ans tout en parvenant à tenir à distance les grands du royaume qui soutenaient Charles III le Simple. Contraint à céder de plus en plus de pouvoir à Charles et à ses partisans, Eudes réussit néanmoins à conserver sa couronne jusqu’à sa mort en 898.



Charles III le Simple

879-929
Charles III le Simple 'est le fils de Louis II le Bègue et d'Adélaïde.
Ses droits à la couronne sont contestés à la mort de ses demi frères, Louis III et Carloman II ( issus d'un 1er mariage ). L'assemblée des Grands jetèrent des doutes sur la légitimité de sa naissance, et attribuèrent la couronne à Charles le Gros, sous prétexte que la France assiégée de toutes parts par les Vikings, avait besoin d'un homme à poigne pour la défendre. La France fut mal défendue, et Charles le Gros fut déposé en 887. Ils firent d'Eudes, Comte de Paris et duc de France le nouveau roi.
Le seul moyen de lutter contre les Vikings était de faire bloc autour du roi, par manque de courage ce moyen ne fut pas employé. A cette époque, il y avait un régent ( pour Charles le Simple ), tandis que Charles le Gros s'était décrété Roi. A la mort de Charles le Gros, survenue en 888, Charles le Simple fut encore tenu éloigné du trône à cause de son jeune âge. C'est Eudes, Comte de Paris, fut élu Roi. Mais les opposants à ce coup de force firent sacrer Charles agé de 14 ans à Reims par l'archevêque Foulques, le 28 Janvier 893. Cependant il ne régnera véritablement qu'après la mort d'Eudes Ier en 898. Charles était enfin seul seul Roi de France, mais son pouvoir était mince, au point qu'il en fut réduit à donner a Rollon, chef des Vikings, la Neustrie, et sa fille Giselle en mariage, Rollon accepta à condition de recevoir en plus le duché de Bretagne.
Charles le Simple profite des discordes apparues en Germanie ( à la mort du dernier Carolingien Louis l'Enfant ) pour s'emparer de la Lorraine ( 911 à 920 ). Charles connaissait sa faiblesse, et n'ignorait pas que les seigneurs étaient tous dévoués à Robert, le frère d'Eudes, et que ce dernier désirait devenir roi. Soucieux de son avenir, il choisit un ministre qui n'était que gentilhomme "Haganon", qui avait les qualités nécessaires pour l'aider à gouverner. Personne ne pouvait plus approcher le roi sans sa permission, ce qui fit dire au Duc de Saxe, " Haganon sera bientôt roi avec Charles".
Robert, profitant du mécontentement des seigneurs, sut les rassembler lors d'une assemblée tenue à Soissons. Ils à déclarèrent qu'ils ne reconnaissaient plus Charles pour Roi. Cette révolte se transforma rapidement en guerre civile, et Robert fut sacré en 922. Charles livra aux factieux une bataille ou Robert trouva la mort, Hugues son fils ranima le courage des soldats à la vue du cadavre de son père, et contraint Charles à prendre la fuite. La couronne fut déférée à Raoul ou Rodolphe, duc de Bourgogne, qui fut sacré le 13 Juillet 923, dans l'église de Saint Médard de Soissons. Charles chercha un asile près d'Herbert, Comte de Vermandois, son plus grand partisan. Herbert le tint prisonnier à Château-Thierry, puis à Péronne, et traita avec le parti opposé, d'autant plus à son avantage, qu'il lui suffisait, pour se faire craindre, de menacer de rendre la liberté au Roi, ce qu'il fit en effet, mais pour peu de jours. Charles le Simple meurt 6 ans plus tard le 7 octobre 929, dans sa 50ème année, la 37ème de son règne, et la 7ème de sa captivité. Il laissa la Reine Ogise de Wessex, sa 4ème femme, et son fils, qu'elle emmena en Angleterre, et qui prit le nom de Louis IV d'Outremer. Sa chute marqua le déclin définitif des Carolingiens.



Louis IV d'Outremer

920-954
Louis IV d'Outremer ouis IV d'Outremer fut roi de Francie Occidentale de 936 à 954. Il était le fils du roi de Francie Occidentale Charles III le Simple et d'Eadgifu d'Angleterre, fille du roi d'Angleterre Édouard l'Ancien.




En 923, son père, le roi Charles III le Simple, fut emprisonné et pour le mettre à l'abri sa mère l'emmena en Angleterre. En 936, à la suite des troubles dans le royaume Franc, Louis IV âgé de 15 ans, fut rappelé dans son pays, et couronné roi le 19 juin à Laon par l'archevêque Artaud, restaurant ainsi en partie la dynastie Carolingienne . Ayant grandi en Angleterre, il acquit le surnom de "d'Outremer". Après son accession au trône, Louis IV refusa de n'être qu'une marionnette et déplaça la cour de Paris à Laon pour échapper à l'influence des grands du royaume. En 939, Louis IV lança une attaque contre la Lotharingie, sans succès. La même année, il défia la volonté de son frère Otton Ier et épousa sa sœur, Gerberge de Saxe. En 940, Hugues et Herbert de Vermandois s'emparèrent de Reims et attaquèrent Laon, que Louis IV défendit vaillamment. En représailles aux agissements passé de Louis, Otton Ier envoya des troupes pour aider les rebelles. En 941, Louis IV intelligent et jamais à court d'idées, se réconcilia avec Otton Ier à Visé-sur-Meuse. En 943, après la mort d'Herbert, Hugues se réconcilia également avec Louis IV. Louis IV mourut accidentellement lors d'une partie de chasse en 954.



Lothaire

941-986
Lothaire oi des Francs en 954. Fils de Louis IV d’Outremer, nullement taillé pour être roi, il laissa gouverner son oncle Bruno, archevêque de Cologne et duc de Lorraine, et perdit l'estime et l’appui d’Hugues Capet. Son règne marque l’affaiblissement du pouvoir carolingien, entaché par une conduite honteuse dans le conflit contre l’empereur Otton.


Louis V le Fainéant

967-987
Louis V le Fainéant 'est le fils de Lothaire, meurt très jeune et fort à propos, d'un accident de chasse dans le domaine du duc Hugues Capet, sans descendance. Louis est le dernier roi carolingien qui ait régné dans le royaume Franc. Son règne sera très bref puisqu’il meurt d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse avec Hugues Capet. Avec l’appui d’Adalbéron qui n'hésitera pas à trahir ses anciens protecteurs, Hugues Capet se fait élire roi aux dépens de l’oncle de Louis, Charles de Lorraine.



Hugues Capet

940-996
Hugues Capet es historiens prétendent qu’à la mort du dernier roi carolingien Louis V le 21 mai 987, le duc de Lorraine Charles, dernier descendant de la lignée carolingienne, comptait parmi les Francs un si petit nombre de partisans, que lorsqu’il s’adressa à l’évêque Adalbéron de Reims pour savoir de quelle manière il devait se conduire afin d’obtenir la couronne, ce dernier, conseiller de la reine Emma, veuve de Lothaire et mère du dernier roi, lui répondit : « L’élection d’un roi dépend de tous les grands du royaume, il n’appartient à personne, fût-il archevêque, de choisir le roi : c’est le droit, non d’un seul, mais de tous. » Dès lors, la couronne était de nouveau soumise à l’élection, et elle ne pouvait échapper au Duc Hugues Capet, qui possédait deux places fortes capables d’arrêter les Barbares Vikings. En assurant ainsi la tranquillité du royaume, Hugues, duc de France, Comte de Paris et Marquis d’Orléans avait pour vassal le puissant Comte d’Anjou, Geoffroi Grisegonelle, le duc de Bourgogne, Henri, était son frère, et le duc de Normandie, Richard, son neveu. Les évêques et les grands du royaume, réunis à Noyon, n’hésitèrent pas un instant à le proclamer roi. Adalbéron, cet évêque que tant de liens unissaient à la famille dépossédée du trône, s’empressa de lui conférer l’onction sacrée.
Sachez encore pour rester dans l'ère du temps ( 'celle du réchauffement climatique' ) qu'en 994, il y eut une sécheresse prolongée qui eut pour effet d'assécher les fleuves et les lacs, aucun poisson ,'y résista. La chaleur provoqua des incendies qui dévastèrent les forêts et leur gibier, les moissons, les troupeaux ... Récemment, une étude scientifique de ces phénomènes conclut qu'il y avait eu des températures supérieures à 42°C pendant plusieurs semaines. Les chroniqueurs de l’époque évoquèrent ce phénoméne en décrivant une chaleur infernale pendant près de 3 mois !.
source : 'Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques' du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.
Télécharger l'ouvrage ICI



Robert II le Pieux

972-1031
Robert II obert II, fils d'Hugues Capet fut éduqué par Gerbert d'Aurillac, secrétaire de l'archevêque de Reims Adalbéron ( à qui Hugues Capet devait beaucoup ), et qui deviendra lui même Archevêque puis Pape sous le nom de Sylvestre II. En 988, Robert II âgé de 16 ans sera marié à la veuve du Comte de Flandre Rozala qui a 20 ans de plus que lui. En 992 il répudie sa première épouse qui ne lui a pas donné d'enfant tout en conservant sa dote ( le port de Montreuil et le Ponthieu ( territoire de Picardie ) ). En 996, il s'éprend de la belle Berthe épouse du Comte de Blois, l'attirance est mutuelle. Son père Hugues Capet est opposé à cette liaison mais la même année Hugues et le Comte de Blois décèdent. Robert est roi et Berthe est veuve. Mais, ce mariage est interdit par l'église, car le premier n'a pas été annulé et Robert et Berthe sont cousins au 4 ème degré. Qu'à cela ne tienne ! Robert trouvera un évêque conciliant pour le marier en 996. Deux conciles ( 997 et 998 ) condamnent cette union. Une sentence est finalement prononcée : 7 ans de pénitence et excommunication si l'union n'est pas défaite. L'union étant restée stérile, Robert et Berthe se séparent en 1003. On a vu l'église plus prompte à excommunier mais en 999, le pape Sylvestre II n'est autre que Gerbert d'Aurillac ancien précepteur de Robert. Robert va épouser en 1004 une princesse lointaine qu'il n'a jamais rencontré, Constance d'Arles, qui a 17 ans mais qui va importer une culture différente. Des clans vont rapidement se former, et Robert ne trouvera pas de réconfort dans ce mariage .



Henri I er

1008-1060
Henri Ier 'est le fils de Robert le Pieux, associé au trône en 1027, et seul roi à la mort de son père ( 20 juillet 1031 ). Son frère Robert, que soutenaient la reine mère Constance d'Arles et le comte de Blois, tenta de lui enlever la couronne. L'appui du Duc de Normandie et des Comtes d'Anjou et de Flandre permit à Henri I er de consever le trône. Bon prince, il donnera à son frère la Bourgogne. Le roi accorda beaucoup d'importance à la politique extérieure, rencontrant plusieurs fois l'empereur Henri III, manifestant ses prétentions sur la Lorraine, tenant tête au pape, nouant, enfin, des relations avec Iaroslav, grand-prince de Kiev, dont il épousa la fille Anne en 1051. Leur fils aîné, qui reçut le nom byzantin de Philippe, fut, conformément à l'usage associé au trône dès 1059.



Philippe I er

1052-1108
Philippe Ier 'est le fils d'Henri I er et d’Anne de Russie, il monta sur le trône à l'âge de huit ans. La tutelle de sa personne et la régence du royaume avaient été confiées par le feu roi à Baudouin V, comte de Flandre, à l’exclusion de la reine mère, qui, étant étrangère, ne pouvait avoir aucune autorité, et de Robert, duc de Bourgogne, dont on pouvait craindre l’ambition, puisqu’il était oncle du mineur. Baudouin, qui avait épousé une sœur de Henri, regarda le jeune Philippe comme son propre neveu, s’acquitta avec intelligence de cette tâche, et parvint à réprimer plusieurs frondes. Prince de son temps le mieux fait, et le plus séduisant, il possède aussi toutes les grâces de l’esprit et du caractère. Il fut un des plus habiles politiques qui ont occupé le trône de France. Sous son règne, la ville de Bourges, le comté de Vexin et le Gâtinais furent réunis à la couronne. Il sut profiter de toutes les circonstances pour augmenter la puissance de son royaume. C'est sous son règne que commence la grande saga des croisades, et, il participera à sa façon à la réussite de la grande pérégrination.



Louis VI le Gros

1081-1137
Louis VI le Gros l est né à Paris le 1er décembre 1081, Louis VI dit le Gros, ou le Batailleur, est le fils de Philippe I er et de Berthe de Frise. Le jeune prince Louis, issue du premier mariage de son père, passera toute son enfance avec Suger futur abbé de Saint, qui lui restera fidèle tout au long de son règne. A partir de 1092, il devient Comte du Vexin, et reçoit les villes de Mantes et de Pontoise. Il prendra les armes contre Guillaume le Roux, roi d’Angleterre, en 1097. Adoubé le 24 mai 1098 par le Comte de Ponthieu, il combattra les seigneurs rebelles du royaume. Vers 1101, son père, vieillissant, lui confie le gouvernement du royaume, et reçoit le comté de Vermandois. Il devient roi le 3 août 1108. C'est sous son règne, que les revendications des bourgeois prendront de l'essort à travers "les chartes communales", ces associations professionnelles et religieuses. Dès 1110, de nombreuses villes de son domaine bénéficieront d’avantages fiscaux et auront le droit de s’administrer elles-mêmes par l’intermédiaire d’un maire. Louis VI apportera son soutien aux habitants contre ses vassaux. Durant son règne il luttera contre les seigneurs rebelles et les brigands tels que Hugues de Puiset, Thomas de Marle ou le sire de Coucy. Il devra également parer les attaques des souverains étrangers comme le roi d’Angleterre et l’empereur de Saint-Empire Romain Germanique. En 1124, Henri V, l’empereur germanique, vint soutenir le roi d’Angleterre dans la guerre qui opposait ce dernier à Louis VI pour la conquête du duché de Normandie. Mais, Henri V, impressionné par la grande armée Franque, renonça et se retira sans combattre. Suite à l’assassinat de Charles 1er de Flandre en 1127, Louis VI imposera un homme de sa cour "Guillaume Cliton" ( très connu à Saint-Omer ), comme nouveau comte. En 1129, il couronna son fils Philippe comme roi-associé, mais celui-ci mourut accidentellement. Le cadet, Louis le Jeune, qui se destinait à une carrière ecclésiastique, fut couronné roi-associé à son tour en 1131. En mai 1137, Louis VI conclut la paix avec le roi d’Angleterre. Avant de mourir et après avoir renoué des rapports amicaux avec son vieil ennemi, Guillaume X d’Aquitaine donna sa fille Aliénor à son fils. Après une longue maladie, Louis VI mourut le 1er août 1137.



Louis VII le Jeune

1120-1180
Louis VII le Jeune 'est le fils de Louis le Gros et d'Alix, il fut associé au trône et sacré à Reims par Innocent II dès 1131. En 1137, il épousa à Bordeaux Aliénor, héritière du duc d'Aquitaine, conformément au testament du duc et avec l'assentiment des barons du duché. Louis VII eut une action néfaste aux intérêts de l'Ordre du Temple, et porta atteinte à la conception même que se faisaient les Templiers du pouvoir en Terre Sainte. Arrivé à Jérusalem, Louis VII n'eut qu'une idée en tête : restaurer le droit féodal Franc, rétablir les principes de la monarchie qui selon lui avaient été trop longtemps bafoués en Terre Sainte. a politique affichée du roi de France pendant la Seconde Croisade (1146-1149) eut des conséquences graves et inédites à Jérusalem. Elle poussa l'Ordre des Templiers dans une opposition à la dynastie hiérosolymitaine et il faudra attendre l 'accession de Guy de Lusignan au trône de Jérusalem (1186) pour que les Templiers retrouvent leur place aux affaires du royaume.
Dans ces conditions, la position du grand maître Evrard des Barres était des plus inconfortable. Mais loin de s'en inquiéter, il continuait à servir son roi, allant jusqu'à suivre Louis VII quand celui-ci se ré-embarqua pour la France à la plus grande stupéfaction de ses frères chevaliers. Il fallait bien se rendre à l'évidence : l'Ordre avait élu un grand maître royaliste. Seulement, il n'y avait pas que les Templiers qui étaient dépités par la tournure des événements.


Il y eut aussi le père spirituel des Templiers, l'abbé de la claire Vallée, Saint Bernard lui-même. Après l'action de Louis VII en Terre Sainte, ressentie comme une véritable trahison,Saint Bernard et les Templiers auront des comptes à régler. Dans une lettre adressée à son oncle, André de Montbard, Sénéchal de l'ordre des Templiers, Saint Bernard révèle le fond de sa pensée : « Je retrouve dans vos lettres le même désir, mais aussi vos craintes au sujet de la terre que Notre Seigneur honora de sa présence et consacra de son sang. Malheur à nos princes ! Dans la terre du Seigneur, ils n'ont rien fait de bon dans les leurs, ils sont rentrés à la hâte, ils exercent une malice inconcevable. » Le projet de Saint Bernard est de créer un nouveau royaume en France qui serait, celui-là, plus favorable à l'idéal porté par l'univers de la Stricte Observance bénédictine. Pour cela, il fallait obtenir l'annulation du mariage de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine , la puissante duchesse d'Aquitaine. Un obstacle se présentait à ce projet, voire deux : les sages conseillers du roi de France, Suger abbé de Saint-Denis et Evrard des Barres, grand maître des Templiers. Tous deux étaient fermement hostiles à cette annulation qui était dans l'air depuis le retour du roi de la Seconde Croisade. Pour le premier obstacle, c'est André de Montbard, oncle de Saint Bernard et Sénéchal de l'ordre des Templiers - c'est-à-dire numéro deux dans la hiérarchie de l'ordre – qui s'en chargera. André de Montbard écrit en 1149 à Evrard des Barres qui est à Paris auprès du roi. L’objectif est d'éloigner le grand maître de la cour capétienne pour que laissant parler sa rancœur personnelle, Louis VII répudie sa femme. Précisons que Saint Bernard est l'ami personnel d'Aliénor d'Aquitaine et son confesseur. Il était au fait des angoisses les plus intimes de la jeune duchesse et notamment sa crainte d'être stérile. Saint Bernard saura calmer ses angoisses infondées, et l’avenir lui donnera amplement raison. Nous allons citer la lettre d'André de Montbard à Evrard des Barres car elle est un monument de l'histoire française. Avant cela, il faut préciser que dans la cérémonie de l’élection d'un grand maître, les Templiers promettent obéissance au nouvel élu. Mais dans un second temps et au final, on faisait promettre au nouveau grand maître obéissance au couvent. La formule exacte est : « « Commandeur, si Dieu et nous t'avons élu pour maître du Temple, promets-tu d'être obéissant tous les jours de ta vie au couvent et de tenir les bonnes coutumes de la maison et les bons usages ? » Et il doit répondre : « Oui, s'il plaît à Dieu.' » » ( La règle des Templiers, élection du Maître, article 220 ). C'est le 21 mars 1152 à Beaugency qu'est prononcée l'annulation du mariage de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine. La duchesse d'Aquitaine se remaria le 18 mai 1152 à Poitiers avec Henri II Plantagenet, comte d'Anjou, du Maine, de Touraine, duc de Normandie et futur roi d’Angleterre.



Philippe II Auguste

1165-1223
Philippe II Auguste e 18 septembre 1180 commençait l'un des règnes les plus longs de l'histoire de France, le plus fondamental peut-être puisque dans une société en complète mutation, il porta le pouvoir royal de la petite Ile-de-France jusqu'aux frontières maritimes de la France moderne, créa les conditions mêmes du fonctionnement d'un État ( administration, armée, justice, trésor, monnaie ), contribua à faire de Paris la capitale de son royaume. En 1180, il épouse Isabelle de Hainaut qui lui apporte l'Artois. Mais il entre bientôt en conflit avec le comte de Flandre, oncle de sa femme, et une grande coalition féodale est nouée : le roi parvient à la défaire ( traité de Boves 1185 ), ce qui lui vaut de rattacher à la couronne les comtés d'Amiens, de Montdidier et les châtellenies de Roye et de Thourotte. La nouvelle de la chute de Jérusalem en 1187, est perçue comme une catastrophe en Occident, le pape Grégoire VIII appelle à une nouvelle croisade en 1187. Si Richard répond très vite à l’appel, Philippe II traine les pieds. L’archevêque de Tyr, Josse, parvient à les convaincre mais Henri II meurt avant le départ prévu en 1189. Avant son départ, Philippe II nomme la reine-mère Adèle régente du royaume, étant assistée de l’archevêque de Reims. Les préparatifs étant longs, la date du départ est reportée : Philippe et Richard ne partent qu’en 1190. La courtoisie est de mise chez ces deux rois. Des tensions apparaissent en Sicile : Tancrède, cherche à dresser les deux rois l’un contre l’autre. Après l’épisode sicilien, Philippe parvient à Saint-Jean-d’Acre en avril 1191. Il met le siège devant la ville, mais il ne parvient pas à la prendre avant l’arrivée de Richard, qui a entre temps conquis Chypre ! C’est un motif d’aigreur pour le roi des Francs. Les deux rois contractent une maladie durant le siège, et, Philippe perd ses cheveux. Les assiégés d’Acre capitulent le 12 juillet 1191. Philippe, décide de rentrer tandis que Richard poursuit sa croisade, décidé à reprendre Jérusalem. Inquiet, Richard demande à Philippe de jurer sur les reliques qu’il n’attaquera pas ses terres et ne lui nuirait en rien en son absence. Le roi de France jure. Le 3 août 1191, Philippe quitte Tyr. A son retour, Philippe Auguste s'empare de l’Artois. Il prend le Vexin normand et Gisors, territoires qui constituaient l’ancienne dot d’Aélis, fille de Louis VII, qui s’était mariée avec Henri le Jeune fils de Henri II. Au proche orient, le siège de Jérusalem s'éternise et Richard renonce à la croisade, il conclut un traité avec Saladin et s’embarque pour l’Angleterre le 9 octobre 1192. Le navire de Richard essuie une tempête et doit accoster en Istrie, apprenant cela Léopold d’Autriche ( rancunier envers Richard qui l'avait humilié en croisade ) capture Richard, et le revend à l’empereur Henri VI qui informe Philippe Auguste. Ce dernier demande à ce que Richard soit retenu prisonnier le plus longtemps possible pour profiter de la situation. En Angleterre, Jean fait courir le bruit que Richard est mort et se proclame roi. Philippe Auguste envahit la Normandie, mais Richard est libéré le 4 février 1194 en échange d’une énorme rançon versée par sa mère Aliénor d’Aquitaine. Ces actes de grande fourberie pratiqués par le roi des Francs mettent Richard en furreur. Il est décidé à faire payer le prix fort à Philippe et ses sbires pour l'ensemble de leurs oeuvres. Jean, lui se hâte de demander le pardon de son frère et l’obtient. Richard débarque à Barfleur en mai 1194. À Verneuil, il met fin au siège entrepris par le roi de France, puis il met en déroute les troupes de Philippe Auguste à Fréteval le 4 juillet 1194. Richard, soucieux de consolider ses positions, entreprend en 1196 la construction de Château-Gaillard, forteresse imprenable. Les années 1197 et 1198 sont marquées par des succès diplomatiques pour le roi d’Angleterre : ce dernier soutient la candidature d’Otton de Brunswick pour le trône du Saint-Empire, contre Philippe de Souabe, soutenu par Philippe Auguste. C’est Otton qui est finalement élu. Parallèlement, il se rapproche du comte de Hainaut et de Flandre. Au cours de l’été 1197, une ambassade anglaise dépêchée auprès de Renaud de Boulogne et de Baudoin de Flandre aboutit à un renversement d’alliance : les deux hommes quittent le camp de Philippe pour celui de Richard. En 1198, Baudoin de Flandre envahit l’Artois, prend Aire sur la Lys et Saint-Omer. À Vernon, l’armée Franque est battue par l’armée du Plantagenêt. Près de Courcelles une autre armée, à la tête de laquelle se trouve Philippe, est mise en déroute. En 1199, Richard assiège le château de Chalûs-Chabrol, car ce seigneur était passé du côté des Francs. Il y meurt le 6 avril 1199, atteint par un carreau d’arbalète. Richard décédé, son frère Jean retrouve du courage, et, comme d'habitude les amis d'hier ( Jean et Philippe ) vont au fil du temps devenir des ennemis, avec des guérillas incessantes dans le royaume franc. Il y aura également des tentatives de débarquement en Angleterre, des changements d'alliances entre Jean et le Pape interdisant à Philippe d'attaquer les Anglais sur leur sol. En 1214 la victoire de Bouvines donnera des ailes aux Francs, Louis s’embarque pour l’Angleterre en 1216 avec une importante armée. Au début de l’expédition, Louis est excommunié par le pape en raison de la suzeraineté pontificale sur l’Angleterre. Philippe prend soin de se désolidariser en apparence afin de ne pas s’attirer les foudres du pape. Le début de la campagne d’Angleterre est un véritable succès, et Jean sans Terre doit s’enfuir à Winchester. Des mercenaires flamands changent de camp en rejoignant Louis. La situation semble perdue pour le Plantagenêt qui ne peut compter sur le soutien que d’une petite partie de l’aristocratie et du clergé. Hélas pour Louis, la mort de Jean vient contrarier ses plans. En effet, débarrassés d’un roi tyrannique, les barons anglais rejoignent le camp du nouveau roi Henri III. Suite à la désastreuse défaite Franque de Lincoln ( la moitié des combattants y sont faits prisonniers ), Louis demande une trêve et tente de chercher des renforts. Il ne peut rien attendre de son père, contraint d’adopter une attitude neutre en raison de l’excommunication pontificale. Les renforts rassemblés par Blanche de Castille, sa femme, ne parviennent pas à destination ( la flotte de secours est détruite au large de Sandwich ). Louis doit négociatier : par le traité de Lambeth, signé le 11 septembre 1217, il abandonne son projet en échange d’une somme de dix mille marcs d’argent, le pape lève son excommunication en échange du paiement de la dîme pendant deux ans pour financer la croisade. Louis ne sera jamais roi d’Angleterre. Philippe II aura réussi à réformer en profondeur l'administration l'armée et les finances, et c'est à cette époque que datent les premiers documents désignant Philippe Auguste non plus « roi des Francs » ( rex Francorum ) mais « roi de France » ( rex Franciae ).
La fin du règne de Philippe Auguste est marquée par la croisade contre les Albigeois, le roi décide de ne pas y prendre part, laissant ses nobles s’en occuper. Au pape qui le presse de se croiser, il lui rappelle qu'il a deux grands et terribles ennemis, l’empereur Otton et le roi Jean, et qu'il ne peut sortir de son royaume. Il décède le 14 juillet 1223 à Mantes. Le corps est ramené à Paris et la légende raconte que plusieurs miracles se seraient produits sur le chemin du convoi mortuaire. la dépouille du défunt roi est placé à côté de celle de Dagobert, dans la Cathédrale de Saint-Denis.



Louis VIII le Lion

1187-1226
Louis VIII le Lion n enfant marié à 13 ans en 1200 avec Blanche de Castille qui en a 12 ( fille de Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre - fille d'Aliénor d'Aquitaine qui fut Reine de France avant de devenir Reine d'Angleterre ). Avant d'accéder au trône, il participera à la guerre contre les Plantagenêt. Il remporte sur Jean sans Terre une victoire à La Roche Aux Moines en 1214, alors que dans le même temps son père remporte une éclatante victoire à Bouvines. Il succède à son père, Philippe Auguste, en 1223. Il se rend maître des places de Niort et de Saint Jean d'Angéli. Le 15 juillet il est à La Rochelle aucun secours ne vint d'Angleterre, les barons ne se sentaient pas impliqués. Ni renforts ni argent pour payer les mercenaires ne vinrent d'Angleterre. Le 3 Août La Rochelle tombe aux mains du roi de France. La chute de La Rochelle entraîna le reste de l'Aquitaine . Louis VIII laissa une partie de la Gascogne à Henri III. Il reprend la croisade contre les Albigeois
Après la mort de Simon de Montfort en 1218 et la renaissance du Catharisme, il reprend la croisade contre les Albigeois. Arrivé devant Avignon, en juin 1226, il trouve les porte closes, il décide de faire le siège de la ville. Avignon appartient à Raymond VII Comte de Toulouse dont les forces ne sont pas suffisantes pour attaquer les assiègeants mais qui va harceler les convois de ravitaillement. Le roi s'empare à grand peine de la ville en septembre 1226. Les assaillants connurent la faim et les épidémies de dysenterie mais Avignon tombée, toute la région et la Septimanie n'opposèrent plus de résistance. Les barons qui ne devaient assistance au roi que 40 jours par an retournent dans leurs fiefs, dans ces conditions, la prise de Toulouse est reportée à l'année suivante. Malade Louis VIII meurt en Auvergne sur le chemin du retour. Son fils Louis n'a que 12 ans. Blanche est alors enceinte de son 12 ème enfant.



Blanche de Castille

1187-1226
Blanche de Castille ’est en Espagne à Palencia que Blanche voit le jour le 4 mars 1188. Elle est moitié espagnole, moitié anglaise, car issue de l’union entre Alphonse VIII de Castille et Aliénor d’Angleterre. Blanche compte parmi sa famille Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Elle a 11 frères et sœurs et cette grande famille change très souvent de château. Blanche de Castille fille de roi, fera un mariage princier ou royal : on choisit pour elle l’héritier de la couronne de France, Louis. C’est Aliénor d’Aquitaine, reine de France et d’Angleterre et grand-mère de Blanche de Castille, qui est à l’origine du mariage. Elle veut, instaurer une paix durable entre la France et l’Espagne. Cette vieille dame de 80 ans passés, Aliénor d’Aquitaine, s'occupe elle-même des négociations et se rend auprès d’Alphonse VIII en Castille pour trouver une épouse à l’héritier du royaume de France, Louis. C’est Blanche qu’elle choisit, la trouvant jolie et dotée de caractère, assez pour pouvoir assumer les fonctions de reine. Toutes deux retournent alors en France le 9 avril 1200. Arrivées en Normandie, Blanche et sa grand-mère sont accueillies par un comité comprenant Jean sans Terre et le roi de France, Philippe Auguste. Le mariage peut donc avoir lieu. Seule ombre au tableau : Philippe Auguste, en bon coureur de jupons, a été excommunié par le Pape Innocent III. Aucun mariage royal ne peut donc être célébré sur domaine royal. Ainsi, les époux sont unis à Saint-Martin de Port-Mort, en Normandie ( en dehors du territoire royal ) par l’archevêque de Bordeaux. L’âge des époux est dans la norme de l’époque : 12 pour Blanche et 13 pour Louis. Douze enfants seront issus de ce mariage, dix héritiers mâles et deux filles ( Blanche, Philippe, Alphonse, Jean, Louis, Robert, Jean, Alphonse, Philippe Dagobert, Isabelle, Étienne et Charles ) mais trois meurent très jeunes, et quatre décèdent durant l'adolescence. Blanche de Castille est très à cheval sur leur éducation culturelle et religieuse. Elle ne s’en occupe toutefois pas de son fils héritier Louis ( futur Louis IX, Saint-Louis ) qui est encadré par une armée de serviteurs, de précepteurs ecclésiastiques et de gouvernantes. Blanche de Castille ne se contente pas du rôle de potiche assigné aux reines de France, lorsque son mari, le futur Louis VIII, veut lancer quelques campagnes en Angleterre pour la reconquérir, elle va apostropher Philippe Auguste qui ne veut pas donner d’argent à son fils pour soutenir l'effort de guerre. Philippe Auguste finira par plier, c’est dire si Blanche savait convaincre. Fervente admiratrice de Bernard de Clairvaux, elle entreprend de continuer son œuvre et fonde les très célèbres abbayes de Royaumont, de Maubuisson et du Lys. Lorsque son mari Louis VIII décède en 1226, enceinte, elle cache sa douleur et sa peine et assure à son fils Louis, encore mineur, le trône de France, en le faisant sacrer dans la cathédrale de Reims. Le testament de son mari la nomme régente du royaume.
Une régence difficile
Désormais régente, il lui faut se battre pour garder intact le domaine royal et la couronne de France sur la tête de don fils. Elle intrigue, négocie avec des vassaux pour qu’ils lui apportent leur soutien. Face à une ligue de seigneurs formée contre elle, elle se réfugie avec son fils dans la forteresse de Montlhéry et, c’est le peuple de Paris qui l’escortera. En 1229, la révolte est matée, c’est une victoire pour Blanche. Elle est courageuse, ne se laisse pas démonter par les attaques en tout genre des seigneurs et n’hésite pas à faire exécuter les dissidents odieux. Elle est aussi capable de faire preuve de pardon, comme ce fut le cas le 6 janvier 1227 quand elle accepte de libérer Ferrand de Flandres, infant du Portugal, qui s’est rebellé contre le royaume de France. En 1234, Louis IX a 20 ans, majeur et apte à régner seul, néanmoins il gardera sa mère à ses côtés. Marié plus jeune à Marguerite de Provence, le couple supporte de plus en plus mal l’omniprésence de Blanche à leurs côtés, qui contrôle tout, jusqu’aux relations intimes entre les époux et les accouchements de sa belle-fille. Pour éviter son contrôle, les amoureux trouvent quelques astuces, notamment dresser des chiens qui les préviennent de l’arrivée de Blanche de Castille. Très inspiré par l’éducation catholique qu’a voulu sa mère pour lui, Louis IX se croise. Progressivement, Blanche de Castille s’efface du pouvoir et laisse son fils gouverner seul. Elle réapparaît cependant de temps en temps, quand Louis IX a besoin d’un régent pour partir en croisade en Égypte en 1248. Lassée et fatiguée des intrigues politiques, et profondément fragilisée par les absences répétées de son fils lors des croisades, elle se retire dans la ville de Melun. Dans un ultime sursaut de reine, elle apprend que des chanoines ont emprisonné des paysans d’Île-de-France sans ordre. Outrée, elle veut régler l’affaire elle-même et se fait escorter jusqu’à la prison de Melun, elle règle tout de même la situation, mais en ressort très affaiblie. C’est finalement à l’abbaye de Maubuisson qu’elle s’éteint, en novembre 1252, après avoir demandé à être vêtue d’une robe de religieuse et couchée sur la paille : exemplaire jusqu’au bout. Son fils, prévenu, ne rentrera en France qu’en 1254. En sa qualité de régente et conseillère avisée, Blanche de Castille a ainsi préservé l’intégrité du domaine royal. Sa grande beauté, son courage et sa détermination restent dans la mémoire collective : elle demeure un symbole du pouvoir féminin et une des plus grandes souveraines de France.



Louis IX

1214-1270
Louis IX etit-fils de Philippe Auguste et grand-père de Philippe le Bel, Louis IX est le deuxième fils de Louis VIII, et de Blanche de Castille. Il reçoit de celle-ci une éducation stricte et très pieuse. En 1218, son grand frère Philippe décède, faisant de lui le seul héritier du royaume. Le 8 novembre 1226, alors qu’il n’a encore que 12 ans, son père meurt. Il est alors sacré roi, le 29 novembre 1226 dans la cathédrale de Reims. C’est Blanche de Castille qui exerce la régence du royaume.
Louis IX est le deuxième fils   de Louis VIII, et de Blanche de Castille Très chrétien, le roi, qui assiste quotidiennement aux offices religieux, fait construire la Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité à Paris ( où sont conservées la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion, acquises lors de ses croisades à partir de 1239 ). Il explique que rien ne saurait le séparer de la fidélité qu’il doit à Dieu. L’aumône fait également partie de ses priorités. Saint Louis fait preuve d’une grande générosité à l’égard des plus pauvres, qu’il reçoit parfois à sa propre table, après leur avoir servi la viande et le pain. Si je dépense quelquefois beaucoup d’argent, j’aime mieux le faire en aumônes pour l’amour de Dieu que pour mes frivolités et choses mondaines, explique-t-il. Le sort des malades lui tient aussi à cœur. Il fait construire dans ce sens l’hôpital Quinze-Vingt. Louis IX fait cependant aussi preuve d’une sévérité extrême contre les non chrétiens ou ceux qu’ils considèrent comme mauvais. Les juifs sont par exemple chassés du royaume, les blasphémateurs se font percer la langue au fer rouge et les hérétiques sont brûlés vifs.
Le roi aura une activité peu commune pendant toute la durée de son régne et ce, dans son royaume mais aussi dans les autres royaumes chrériens. Il rachétera à prix d'or aux Vénitiens et aux Bizantyns des reliques du saint Sépulcre de Jérusalem, c'est ainsi qu'il raménera en grandes pompes la couronne d'épines de Jésus qui sera entreposée plus tard dans la sainte chapelle construite à cet effet en 1242. Il luttera contre les Cathares, il proscrira l'usure utilisée par les Juifs.


A la suite d'une guérison miraculeuse, Saint Louis part avec ses frères Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou, en Égypte, ce sera la septième croisade . À son retour, alors qu'il est persuadé que son échec est dû à l'état d'immoralité dans lequel est plongé son Royaume, il travaille à renforcer la moralité chrétienne. Il décide de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêts et la prostitution, il tente également de convertir au christianisme de gré ou de force les juifs de France. Il ménera à bien des réformes judiciaires et monétaires. Il créera l'Abbaye de Royaumont. En 1253, Louis IX fonde le collège de la Sorbonne, pour maîtres ès arts étudiants en théologie, avec Robert de Sorbon, son chapelain. Il créera de nombreux hospices et en fera rénover des existants. Il ordonnera la fortification de plusieurs grosses villes.
Enfin, en 1270, il repart pour la huitième croisade, au cours de laquelle il meurt du typhus. Les croisés signent un accord avec l'émir de Tunis le 30 octobre et rembarquent le 11 novembre. Au terme de leur long périple, qui voit mourir Thibaut II de Navarre, la reine Isabelle d'Aragon, Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse, Philippe III et son armée arrivent à Paris, le 21 mai 1271. Le cercueil de Louis IX est exposé à Notre-Dame et les funérailles ont lieu à Saint-Denis le lendemain. Le 23 mai 1271, son fils Philippe III le Hardi transporte la dépouille de son père, sur son dos, de Notre-Dame de Paris à la basilique de Saint-Denis.
Considéré comme un saint de son vivant, il est canonisé le 11 août 1297 sous le nom de saint Louis par le pape Boniface VIII. Sa fête liturgique est fixée au jour anniversaire de sa mort, c'est-à-dire le 25 août. Aujourd'hui considéré comme un monarque ayant offert à la France un renouveau économique, intellectuel et artistique, il est considéré comme l'un des trois grands Capétiens directs avec son grand-père Philippe II Auguste et son petit-fils Philippe IV le Bel. Grégoire X, élu pape un an après la mort de Louis IX, le 1er septembre 1271, s’engage à le canoniser. C’est finalement son successeur Boniface VIII qui le fera, sous le règne de Philippe le Bel, initiateur de la sortie du pouvoir politique du religieux et opposant au Vatican. Le souverain est alors le premier non religieux canonisé. Boniface VIII met alors en avant les miracles posthumes qui lui sont attribués, ainsi que ses qualités évangéliques reconnues de son vivant. Sa fête est fixée au 25 août, anniversaire de sa mort.



Philippe III le Hardi

1245-1285
Philippe III le Hardi hilippe est né le 1 er mai 1245 et mort en 1285, c'est le dixième roi de la dynastie capétienne. Fils de Louis IX et de Marguerite de Provence, il devient à la mort de son frère Louis en 1260, héritier du royaume. En 1262, il épouse Isabelle d'Aragon avec qui il aura deux fils : Louis, qui décéde en 1276, et Philippe, le futur roi de France. Il accompagne son père durant la huitième croisade, en 1270. Décimèe par la peste, l'armée du roi attend le soutien de Charles d'Anjou, frère de Saint Louis. Saint Louis meurt le 25 août 1270. Philippe est proclamé roi de France à Tunis en 1270. Il conclut aussitôt la paix avec les Musulmans afin de retourner dans son royaume. Il revient à Paris en mai 1271, veuf d'Isabelle d'Aragon. Le début du règne est fortement influencé par Pierre de la Brosse, grand chambellan et conseiller de Saint-Louis, soutenu par Marguerite de Provence. En 1271, il annexe l'héritage de son oncle, Alphonse de Poitiers, permettant ainsi d'incorporer l'Auvergne, le Poitou et la Saintonge au royaume de France. L'année suivante, il acquiert l'Agenais et le Toulousain qui étaient propriétés du comte de Foix. En 1274, Philippe III épouse Marie de Brabant, et le comtat Venaissin est cédé au pape Grégoire X. La même année, le roi achète le comté de Nemours. Par le traité d'Amiens, de mai 1279, l'Agenais est cédé au roi d'Angleterre, Edouard I er. En 1284, Philippe III continue à étendre le domaine royal en y incorporant le Perche, Alençon et le comté de Chartres. Suite au massacre des Français de Sicile, appelé Vêpres siciliennes, qui débute fin mars 1282, Philippe III soutient la politique de son oncle Charles d'Anjou face Pierre III d'Aragon, frère de Marguerite d'Aragon, jugé responsable du massacre par le pape. Pierre III devient néanmoins roi de Sicile, ce qui pousse Philippe III à conquérir l'Aragon : en vain. L'armée Française est vaincue, et, sur le chemin du retour, le 5 octobre 1285, Philippe III meurt de la malaria.



Philippe IV le Bel

1268-1314
Philippe IV le Bel ouverain froid, distant, impitoyable, Philippe IV le Bel est à juste titre surnommé "le roi de fer". C'est le roi Philippe IV le Bel, aussi cupide que méchant, qui fit séquestrer le Pape Boniface VIII, qui expulsa après les avoir spolié les banquiers Lombards et les Juifs, qui fut l'artisan de l'extermination de l'Ordre du Temple, et qui fut 'in fine' victime de la malédiction lancée à son encontre par le dernier maitre du Temple sur le bûcher en 1314. Il devint roi à l'âge de dix-sept ans, en octobre 1285. L'importance de Philippe le Bel dans l'histoire de France est incontestablement reconnue par tous les historiens. Sous son règne, le royaume de France atteint l'apogée de sa puissance, avec vingt millions d'habitants, c'est le royaume le plus peuplé de la chrétienté. A cette époque le royaume connaît une grande prospérité économique, et le pouvoir royal se renforce considérablement, Philippe le Bel est le premier souverain d'un royaume moderne et centralisé. Sous son règne, les traditions féodales sont abandonnées au profit d'une administration centralisée. Mais cette centralisation mécontente les grands seigneurs, et les nouveaux impôts sont impopulaires chez les bourgeois.


Tout au long de son règne une partie du royaume se dressera contre ses agissements despotiques, en effet les Flamands lui livreront pendant deux décennies une guerre ponctuée par quelques trèves. À l'aide de juristes, notamment de Guillaume de Nogaret, Philippe IV transforme le pays en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous (où par exemple la justice royale prévaut sur l'église). Mauvais gestionnaire il est obsédé par l'argent. Le roi et ses conseillers décident l'émission de nouvelles monnaies. Aux dévaluations succèdent les réévaluations, c'est l'incohérence absolue. Ces mutations monétaires aboutissent à un mécontentement général dans le Royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autres, le retour à la stabilité monétaire. Il est accusé par tous ( riches et pauvres ) d'émettre de la fausse monaie, tous réclament le retour à la monaie de Saint Louis. Ce roi fut le premier roi "faux monnayeur", il fut aussi le premier roi à emprisonner un Pape, il fut encore le premier roi à expulser les Juifs hors de France après les avoir dépouillé de tous leurs biens, il fut encore le premier roi à anéantir un ordre religieux "l'Ordre du Temple" qui ne dépendait que de l'autorité du Pape. La liste de ses méfaits est très longue, et pour vous faire une idée de ce personnage, je ne puis que vous conseiller la lecture du livre de Jean Favier : 'Philippe le Bel' écrit en 1979, ou cet historien brosse un tableau exhaustif sans concession du monarque. Philippe IV le Bel a de nombreux contentieux avec le pape Boniface VIII et Bernard Saisset, l'évêque de Pamiers. Ce dernier incite notamment certains comtes à se défaire de la tutelle du roi. Au début de l'année 1303, Philippe le Bel est menacé d'excommunication. Conseillé par son chancelier, Guillaume de Nogaret, il réplique par la convocation d'un concile à Lyon dont le but est de juger le pape, que plusieurs qualifient d'« indigne », pour le déposer. Nogaret est chargé de se rendre en Italie afin de notifier les volontés du roi au pontife, Boniface VIII. Celui-ci, ayant appris les intentions de Philippe le Bel avant l'arrivée de Guillaume de Nogaret, prépare la bulle d'excommunication Super patri solio (Petri solio excelso).
L'apprenant, Guillaume de Nogaret décide d'organiser un coup de force contre le pape avant la fulmination et la mise en vigueur de la bulle, le 8 septembre. Il recrute une troupe de 600 cavaliers et de 1 500 fantassins menés par deux chefs de guerre, par surcroît ennemis du pape, Sciarra Colonna et Rinaldo de Supino. Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1303, ils investissent la petite ville d'Anagni dans le Latium, où réside le pape pendant l'été. Ils réussissent à s'emparer sans trop de mal du palais pontifical de la ville. Cependant, les buts de Guillaume de Nogaret et de Colonna divergent. Nogaret veut simplement lui notifier la citation à comparaître au concile Colonna veut s'emparer de la personne du pape et l'obliger à renoncer à sa charge. Nogaret parvient à calmer son complice et lit solennellement son acte d'accusation au pape. Celui-ci fait face avec dignité sans céder sur aucun point, déclarant : « Voici mon cou, voici ma tête. »
La légende probablement fausse prétend que Nogaret aurait même giflé le pape. Les assaillants sont cependant contraints de quitter la ville au bout de deux jours sous la pression populaire.
Mais profondément humilié, Boniface, déjà âgé de 60 ans mourut un mois plus tard.
Son successeur, Benoît XI abroge la bulle Super Patri Solio. Cependant il refuse d'amnistier les coupables de l'attentat d'Anagni, Sciarra Colonna et Guillaume de Nogaret, en fulminant en particulier contre eux et quelques autres complices la bulle d'excommunication Flagitiosum Scelus, du 7 juin 1304, les citant à comparaître devant son tribunal, dans le délai d'un mois, à Pérouse, sous peine d'être condamnés par contumace. Guillaume de Nogaret, pour sa part, ne se présentant pas, reste excommunié. Le nouveau pape décède à son tour le 7 juillet 1304.

Le nouveau pape, Clément V, élu en 1305, est un Français c'est à Philippe le Bel qu'il doit sa tiare. Il installe la papauté à Avignon en 1309 et lève en 1311 toutes les condamnations portées contre le roi et ses conseillers, déclarant que durant tout le conflit l'attitude de Philippe le Bel avait été juste. Pour détourner l'attention des mécontents envers sa personne, il va désigner les coupables de tous ces désordres financiers. C'est ainsi qu'il expulsera les banquiers Lombards hors du royaume après les avoir délesté de leurs biens.
Puis il expulsera les Juifs du royaume après les avoir délesté de leurs biens.
Enfin il laissera libre cours à sa cupidité en s'attaquant à l'Ordre du Temple qu'il considère comme un danger pour son pouvoir. Il les croit très riches et n'aura plus qu'une obsession : exterminer ces hommes riches et arrogants qui n'obéissent qu'au Pape ! Seulement le Temple est autrement plus important que les Lombards ou les Juifs, il lui faudra ruser et employer des moyens modernes de nuisance, à savoir la publicité. Ce sont ses sbires zélés qui s'emploieront à ruiner la réputation des chevaliers du Temple, dès 1295 et jusqu'en 1307 des publications et des histoires peu ragoutantes seront propagées dans la population de tout le royaume Franc. Philippe le Bel était un roi très en avance sur son temps, car de nos jours, ses méthodes sont toujours employées par le pouvoir quelqu'il soit pour noicir l'image des individus gênants !
C'est en 1305 qu'il réussira enfin à faire élire son pape : Clément V. Dès lors la machination mise en place depuis l'année 1295 scellera le sort des chevaliers du temple. En 1307 tous les templiers du royaume sont arrétés, torturés, et ceux qui ne veulent pas avouer les crimes que le roi impute aux templiers sont brulés vifs en place de grève. Il y aura des centaines de templiers brûlés vifs, d'autres seront relachés à condition qu'ils se fassent tout petit, enfin les dignitaires régionaux et nationaux seront emprisonnés à vie. En 1312 le Pape dissoudra le Temple en accordant ses biens aux Hospitaliers. En 1314 les deux derniers dignitaires seront brûlés sur l'ile aux juifs devant Notre Dame de Paris, et avant de rendre l'âme, Jacques de Molay lancera sa célébre malédiction envers le roi et le pape, " Pape Clément, Roi Philippe, je vous invite à comparaitre au tribunal de Dieu avant un an, afin d'y recevoir votre juste châtiment ". ien que fort affecté depuis le décès de son épouse, et contrarié par le drame qui l'avait privé de ses trois belles filles, Philippe le Bel était encore un homme très vigoureux à 46 ans en cette année 1314. Mais tout bascula en Octobre 1314, lors d'une chasse près de Pont-Saint-Maxence il fit une chute de cheval. Il s'était brisé une jambe, mais la blessure ne semblait pas préoccupante. Ce n'est que quelques jours plus tard que l'infection prit le dessus, il se fit conduire au couvent des Dominicaines de Poissy au début de Novembre pour y recevoir des soins appropriés. Sans amélioration de son état de santé, il se fit conduire à Fontainebleau le 26 Novembre 1314 dans le château qui l'avait vu naître. A la stupeur générale, il y décéda le 29 Novembre 1314, et le peuple se souvint alors de la malédiction lancée par le dernier templier sur son bûcher quelques mois plus tôt !



Louis X le Hutin

1289-1316
Louis X le Hutin éjà roi de Navarre depuis l’an 1304 par Jeanne, sa mère, il s’était fait sacrer, en 1307, à Pampelune. Veuf de Marguerite de Bourgogne, il différa son sacre jusqu’au mois d’août de l’année 1315, à cause des troubles de son royaume, et parce qu’il attendait sa nouvelle épouse Clémence, fille du roi de Hongrie. Pendant ce temps, Charles de Valois, son oncle, s’étant emparé du gouvernement, il destitua Enguerrand de Marigny, administrateur des finances, son ennemi personnel. Sur une fallacieuse accusation de péculat il le fit condamner à mort le 21 juin 1315 aux fourches patibulaires de Montfaucon établies par Enguerrand lui-même. Mais sa mémoire ne tarda pas à être réhabilitée, car Charles de Valois, frappé d’un mal inconnu, faisait distribuer de l’argent aux pauvres en leur ordonnant de prier pour monseigneur Enguerrand de Marigny et pour Charles de Valois. Ni l'assassinat d’Enguerrand, ni le procès intenté à Pierre de Latilly, évêque de Senlis, ne mirent fin aux problèmes financiers, et, la guerre de Flandre vint encore les augmenter. Louis eut alors recours à deux moyens pour se procurer de l’argent, il rappella les juifs que son père avait chassés. Le 3 juillet 1315 il donne des lettres d’affranchissement à tous les serfs de ses domaines. Ceux-ci, forcés de payer leur liberté au prix de leurs biens mobiliers, obéirent sans empressement. L’édit du roi portait que, selon le droit de nature, chacun devait naître franc, et il faisait acheter ce droit de nature. Le règne de Louis X est l’un des plus courts et des plus cahotique de la synastie Capétienne. Il mourut à Vincennes, le 8 juin 1316, âgé de vingt-six ans, les soupçons d'empoisonnement circulent encore de nos jours au sujet de cette mort prématurée. Il n’avait eu qu’une fille de Marguerite de Bourgogne, sa première femme. Le 15 novembre 1316, Clémence de Hongrie, sa seconde femme, mit au monde un fils posthume nommé Jean, mais cet enfant ne vécut que huit jours, Mahaut d'Artois fut soupçonnée d'avoir commandité cette mort. Il s’éleva alors de graves discussions au sujet de la succession. Jeanne, fille du premier lit, élevait des prétentions soutenues par le duc de Bourgogne, son aïeul. Mais les États-généraux décidèrent que la loi salique excluait les femmes de la couronne, et ce fut Philippe-le-Long, second fils de Philippe-le-Bel, qui monta sur le trône. Jeanne eut en partage la couronne de Navarre, qu’elle apporta en dot à Philippe, petit-fils de Philippe-le-Hardi.


Jean Ier le Posthume

1316-1316
Jean Ier le Posthume e nouveau né ne vécut que 8 jours, et Mahaut d'Artois fut soupçonnée d'avoir commandité sa mort !
Qui était Mahaut d'Artois ?
Mahaut mariée en 1285 à lâge de 15 ans a Othon IV ( âgé de 40 ans ), comte de Bourgogne et seigneur de Salins. Son destin bascule en 1302 quand Son père Robert II meurt, son frère ainé Philippe étant décédé quelques années auparavant, c'est à Mahaut et son époux qu'échoit le comté d'Artois, l’un des plus importants apanages du royaume de France, érigé en pairie en 1297. Othon décède en 1298, et, privée de père et de mari, la comtesse, âgée de 33 ans, se trouve face à un enjeu de taille : assumer l'éducation de ses trois enfants encore vivants mais aussi commander aux destinées de la dynastie comtale. Elle peut néanmoins se prévaloir d'être la petite-nièce d'un saint, Louis IX. Surtout, ses liens avec la dynastie capétienne se resserrent grâce aux mariages de ses deux filles, Jeanne et Blanche, qui épousent respectivement les deux fils de Philippe IV le Bel et futurs roi de France, Philippe ( 1316-1322 ) et Charles ( 1322-1328 ). Elle impose son autorité à ses vassaux fidèles et compétents, résiste aux autres pouvoirs locaux et aux nobles révoltés. Mahaut siège au conseil du roi, soutient la couronne avec les autres pairs de France lors du sacre de son gendre Philippe V ( 1316-1322 ), défend âprement ses droits et prérogatives sur le comté d’Artois devant le Parlement face aux ambitions de son neveu Robert, qui menace sa légitimité. Durant ses trente années de pouvoir, Mahaut affrontera des épreuves douloureuses ( défense de son héritage contre les prétentions de son neveu Robert - perte de son fils Robert en 1317 - condamnation et répudiation de sa fille Blanche par Charles IV (1322) révolte des nobles artésiens - accusations d’empoisonnement de Jean Ier, fils posthume de Louis X. Bien que son statut de femme la rendait plus vulnérable, ( elle ne pouvait prendre la tête d’une armée ), Mahaut parvint, grâce à sa force de caractère hors du commun, à se maintenir au pouvoir.



Philippe V le Long

1291-1322
Philippe V le Long 'est le second fils de Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne I ère. Il fut déclaré régent du royaume à la mort de son frère Louis X. Il accéda au trône à la mort du fils posthume de Louis X, après les États généraux de 1317 où il réussit à faire interpréter la loi salique en sa faveur. On le suspecta longtemps d’avoir joué un rôle dans le décès de son neveu, mort à quelques jours. Bon stratège, Philippe le Long arriva à vaincre les oppositions grâce à son esprit de décision, ce qui lui permettra de résoudre les problèmes flamands par la diplomatie. Il centralisa les différentes institutions pour les rendre plus efficaces. Il imposa l’utilisation d’une monnaie unique sur le territoire malgré l’opposition des seigneurs du Midi et des Flamands. Il tenta en vain de normaliser les poids et mesures.



Charles IV le Bel

1294-1328
Charles IV le Bel harles IV le Bel est le dernier roi de la dynastie des Capétiens. Egalement roi de Navarre, c'est le fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne I ère de Navarre. En 1307, il épousa Blanche de Bourgogne fille de Mahaut d'Artois, condamnée pour adultère en 1315. Charles IV épousa alors Marie de Luxembourg le 15 mai 1323 en la Sainte-Chapelle par l'archevêque de Sens Guillaume de Melun. La même année, elle met au monde une fille, prénommée Marie, qui meurt toutefois peu après la naissance. En mars 1324, au cours d'un voyage que le couple royal rend au pape Jean XXII, le carrosse de la reine se renverse dans un fossé près d'Issoudun. Marie de Luxembourg est grièvement blessée et accouche prématurément le 20 mars d'un fils, prénommé Louis, qui meurt dès le lendemain de sa naissance. Malgré les soins prodigués par les médecins de Charles IV le Bel, Marie de Luxembourg ne survit pas à l'accident et décède à Issoudun le 26 mars 1324. Ainsi, trois mois après avoir perdu sa deuxième épouse, le 5 juillet 1324, il épouse en troisièmes noces sa cousine Jeanne d'Évreux. De ces unions ne naquirent que des filles. A sa mort, le trône de France passe aux Valois, en la personne de son cousin Philippe VI de Valois.



Jeanne d'Arc

1412-1431

jeanne d'arc eanne est née en 1412 à Domremy ( village situé en Lorraine, à la frontière des territoires bourguignons ennemis du roi de France ), Jeanne entendit des voix à l’âge de treize ans. Les messages lui sont délivrés par ce qu’elle nomme son conseil ( saint Michel, sainte Marguerite et sainte Catherine ). Ces voix lui dictent des missions précises : lever le siège d’Orléans, faire sacrer Charles VII à Reims et bouter les Anglais hors de France. Elle décide donc, de rejoindre le dauphin Charles en Touraine. Après plusieurs tentatives infructueuses, elle obtint du capitaine de Baudricourt une escorte armée pour l’accompagner jusqu’à Chinon, lieu où réside alors le Dauphin Charles et sa cour. La première rencontre avec Charles se déroule le 25 février 1429, elle est menée jusqu’aux appartements du roi où celui-ci la reçoit en petit comité. Elle est logée dans le donjon du Coudray. Sa virginité est vérifiée par une assemblée de femmes, présidée par Yolande d’Aragon. Puis, Charles VII l’envoie à Poitiers pour que ses conseillers et docteurs en théologie puissent juger de sa santé mentale. A son retour, Jeanne est à nouveau reçue par le roi, entre le 27 mars et le 5 avril 1429. C'est cette seconde audience officielle et en public qu’on attribue à tort à la première entrevue. Elle marque la fin de l’enquête de Poitiers. Charles décide de lui faire confiance et l'aide à minima.
Libération d'Orléans
Le 29 avril 1429 à Orléans, profitant d’un convoi de ravitaillement acheminé par bâteau, Jeanne réussit à s’introduire dans la ville avec quelques hommes. Rapidement, les bastilles qui défendent l’entrée de la ville sont reprises aux Anglais et le siège est finalement levé le 8 mai.
Sacre Charles VII à Reims
Traversant les terres des Anglo-Bourguignons, le futur roi et son escorte arrivent à Reims sans embûche. Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré roi de France. Après le sacre, Jeanne d'Arc continue de se battre mais échoue, faute de moyens. Le roi lui ordonne de cesser ses attaques contre les Anglais, mais elle n'en à cure. Le 23 mai 1430, elle est faite prisonnière par les Bourguignons à Compiègne. En décembre, elle est vendue aux Anglais pour dix mille livres et conduite à la prison du Crotoy puis de-là à Rouen pour son procès.
Un procès inique
Jeanne d'Arc est livrée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et aumônier au service du roi d'Angleterre. Il entend mener un procès religieux pour hérésie, mais il s'agit bien d'un procès politique : il faut prouver que le roi de France doit son sacre à une hérétique. Le 24 mai 1431, invitée à se repentir à la lecture du jugement, Jeanne d’Arc reconnaît ses erreurs et jure de ne plus s'habiller avec des habits d'homme . Mais le 30 mai, afin de ne pas se faire violer par ses geoliers elle est contrainte de s'habiller avec des habits d'homme, de plus comprenant qu'elle sera relapse elle revient sur ses aveux. Aussitôt condamnée comme relapse, elle est brûlée publiquement à Rouen le jour-même. Elle sera béatifiée en 1909 et canonisée en 1920 par l'église Catholique.

Quelques dates importantes

Libération d'Orléans
- 25 / 27 Avril 1429 : Château de Blois
- début Mai 1429 / mi-juin 1429 : Basilique Notre-Dame de Cléry, Cléry-Saint-André
- 04 Mai 1429 : Bastille Saint-Loup , Château de Saint-Loup première victoire
- 08 Mai 1429 : Jeanne d'Arc lors du Siège d'Orléans libère la ville
Libération de quelques places de la Loire
- 22 / 24 Mai 1429 : Château de Loches
- 12 Juin : Prise de Jargeau
- 15 Juin 1429 : Château de Meung-sur-Loire
- 16 / 17 Juin 1429 : Château de Beaugency
- 18 Juin 1429 : Bataille de Patay
- 20 Juin 1429 : Château de Châteauneuf-sur-Loire
- 23 Juin 1429 : Abbaye de Fleury Saint-Benoit-sur-Loire
Pérégrination pour le sacre à Reims
- 26 / 29 Juin 1429 : Château de Gien
- 03 Juillet 1429, Saint-Florentin
- 04 Juillet 1429, Saint-Phal, Jeanne d'Arc adresse une lettre aux habitants de Troyes
- 09 / 12 Juillet 1429, Charles VII et Jeanne d'Arc entrent dans la ville de Troyes
- 21 Juillet 1429, Corbeny
- 22 Juillet 1429, Vailly-sur-Aisne
- 29 / 31 Juillet 1429, Château-Thierry
- 05 / 06 Août 1429, Château de Nangis
- 10 Août 1429 : Château de la Ferté Milon, Duc d'Orléans
- 11 Août 1429 : Crépy en Valois
- 12 Août 1429 : Château de Lagny le Sec
- 14 / 16 Août 1429 : Bataille de Montepilloy
- 07 Septembre1429 : Jeanne d'Arc dans la Cathédrale de Saint-Denis, avant l'assaut de la porte Saint-Honoré
- 08 / 10 Septembre1429 : Siège de Paris, porte de Saint Honoré, quatrième blessure
- 13 Septembre1429 : Jeanne d'Arc dans la Cathédrale de Saint-Denis
- 13 Septembre1429 : Lagny
- 21 Septembre1429 : Château de Gien
- 28 Septembre1429 : Château de Mehun-sur-Yevre, elle se fait soigner par le chirurgien du roi Regnault Thierry
- 20 Octobre 1429 : Bourges, Jeanne d'Arc est hébergée par Marguerite La Touroulde
- 07 Novembre 1429 : Saint-Pierre-le-Moutier prise par Jeanne d'Arc
- 15 Novembre au 20 Décembre 1429 : Siège de la Charité sur Loire
Capture de Jeanne d'Arc
- 05 / 07 Avril 1430 : présente à Lagny pour rencontrer les partisans de Charles VII, pour prendre Paris
- 23 / 24 Avril 1430 : Bataille de Vaires, contre Franquet d'Arras qui pillait au profit des Anglo-Bourguignons
- 01 / 05 Mai 1430 : Vaires, dernière victoire de Jeanne d'Arc, elle capture Franquet d'Arras
- 22 Mai 1430 : Crépy en Valois, Jeanne d'Arc
- 23 Mai 1430 : Capture à Compiègne
Prisons de Jeanne d'Arc
- 28 Mai 1430 : Prison de Jeanne d'Arc à Beaulieu les Fontaines
- 22 Juin 1430 : prison épiscopale de la Cathédrale de Noyon
- entre Juillet 1430 et octobre 1430 : Tentative d'évasion de Jeanne, Château de Beaurevoir
- 09 Décembre 1430 : Ferme de Drugy, Château à Saint-Riquier
- 14 Décembre 1430 : Prison du Crotoy
- 20 Décembre 1430 : Saint Valery sur Somme
- du 25 Décembre 1430 au 30 Mai 1431 : Rouen
- 30 Mai 1431 : Mort de Jeanne d'Arc sur le bûcher de la place du vieux Marché à Rouen